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Dieu permet, soit pour punir ceux qui, par le crime, ont déjà livré leur Ame au démon, soit pour exercer la patience des gens de bien. L'Ecriture sainte représente la fdle de Raguel comme une personne vertueuse et irréprochable, qui était pénétrée de douleur du funeste sort de ses maris. Les symptômes d'une obsession réelle sont à peu près les mômes que ceux de la possession; l'on doit prendre les mômes précautions et suivre les mômes règles pour juger de l'une et de l'autre; l'Eglise prescrit les mêmes remèdes pour l'un et pour l'autre, la prière , les bonnes œuvres , les exorcismes, sans interdire les moyens naturels de rétablir la santé du corps,, que la médecine peut fournir. Plusieurs critiques, sans être incréduLcs, ont prétendu que les obsessions et les possessions étaient des maladies purement naturelles, auxquelles le démon n'a aucune part; que c'étaient se lement des attaques de mélancolie, d'épilepsic, de catalepsie ou de manie; que l'on peut expliquer ce qui en est dit dans l'Ecriture sainte, sans recourir à l'intervention du démon : nous prouverons le contraire au mot Possession.
OCCASION. Voy. Cause.
OCCURRENCE. En style de bréviaire et de rubriques, on dit que deux offices sont en occurrence lorsqu'ils se rencontrent, le même jour ; ainsi lorsque la fôte d'un saint tombe le dimanche, l'office du saint est en occurrence avec celui du dimanche, et les rubriques enseignent auquel des deux il faut donner la préférence. Voy. Concurrence.
OCTAPLES. L'ouvrage d'Origène , ainsi nommé, était une espèce de Bible polyglotte, rangée en huit colonnes. Elle contenait 1° le texte hébreu écrit en caractères hébraïques; 2° le môme texte en caractères grecs; 3° la version grecque d'Aquila ; k" celle de Symmaque; 5° celle des Septante; 6° celle de Théodotion; 7° celle que l'on appelait la cinquième grecque; S" celle que l'on nom m it la sixième. Ce savant Père de l'Eglise avait très-bien compris qu'une des meilleures manières de prendre le sens du texte sacré, était de comparer ensemble les différentes versions. Voy. Hexafles.
OCTATEUQUE. De même que les cinq livres de Moïse sont nommés le Pentateuque, en y ajoutant les trois livres suivants, qui sont Josué, les Juges et Ruth, on a nommé ce recueil, YOctateuque, mot grec formé deôxrw, huit, et t£ûx<k, livre. Procope de Gaze a fait dix livres de commeniaires sur YOctateuque.
OCTAVE, espace de huit jours destiné à la célébration d'une fôte, pendant lequel on répète tous les jours une partie de l'office de la fôtef comme les hymnes, les antiennes, les versets, avec une ou plusieurs leçons relatives au sujet. Le huitième jour, que l'on nomme proprement Yoctave, l'office est plus solennel que celui des jours précédents. Ordinairement les fêtes les plus solennelles, comme Noël, Pâques, la Pentecôte, la Fête- Dieu, la fôte du patron, sont accompagnées d'une octave. On appelle encore octave la station d'un prédicateur qui proche plusieurs
sermons pendant Yoctave de la Fête-Dieu. Cette coutume a été établie on France depuis l'hérésie des protestants, afin d'instruire particulièrement les peuples sur le sacrement de l'eucharistie et de les affermir dans la foi de ce mystère. Ainsi l'on dit que tel prédicateur a prêché Yoctave dans telle église. Dans quelques diocèses il y a des paroisses où l'on fait une octave des morts. Le titre du psaume vi, qui est le premier des psaumes pénitentiaux, du psaume xn, etc., porte : pro octava ou ad octavam; les commentateurs sont partagés sur le sens de ce mot; les uns croient qu il désigne un psaume destiné à être accompagné par le son d*un instrument à huit cordes; d'autres, qu'il devait être chanté pendant huit jours; d'autres disent que cela désignait le ton le plus élevé que nous nommons Yoctave; quelques-uns enfin entendent la huitième bande de musiciens. Aucune de ces conjectures n'est certaine.
ODEUR. Ce terme, dans l'Ecriture, signifie non-seulement les parfums, comme dans Amos, c. v, v. 21 : « Je n'accepterai plus Yodeur de vos assemblées, » c'est-à-dire l'encens que vous m'offrez; mais il se prend souvent dans un sens figuré , comme en français , pour ce qui nous plaît ou nous déplaît. Gen., c. vm, v. 21, il est dit que Dieu reçut en bonne odeur le sacrifice de Noé, c'est-à-dire qu'il l'approuva, et que ce témoignage de reconnaissance lui fut agréab'e. Ephes., c. v, v. 2, saint Paul dit que Jésus-Christ s'est livré et s'est offert à Dieu pour nous, comme une hostie et une victime de bonne odeur; parce que Dieu, touché par ce sacrifice, a pardonné aux hommes. Odeur signifie encore la bonne réputation çt les heureux effets quelle pro luit. « Pour nous, dit ce même apôtre (II Cor. h, iï , Dieu répand partout Yodeur de sa connaissance ou les bons effets de sa doctrine, parce que nous sommes devant lui la bonne odeur de Jésus-Christ, pour ceux qui sont sauvés et pour ceux qui périssent ; pour les uns c'est une odeur mortelle, pour les autres une odeur qui leur donne la vie. » Ce terme se prend aussi en mauvaise part. Gen. xxxiv, 30, Jacob dit à ses enfants : « Vous m'avez mis en mauvaise odeur chez les Chananéens, » vous m'avez rendu odieux à ces peuples. £2:od.,c.v,v. 21, les Israélites disent à Moïse et à son frère : « Vous nous avez mis en mauvaise odeur auprès de Pharaon et de ses ministres. » Dan., c. m, v. 9i, il e^t dit des trois enfants dans la fournaise, que Yodeur du feu ne passa point en eux, c'est-àdire qu'ils ne ressenti: eut aucun mal ni aucun des effets du fe i.
ODILON (saint), cinquième abbé de Cluny, mort l'an 1049, à l'Age de 87 ans, s'est rendu célèbre dans son siècle par ses talents, par ses vertus et par l'institution qu'il a faite de la commémoration générale des trépassés, qui a été adoptée par toute l'Eglise. On a de lui des sermons, des lettres et des poésies, qui se trouvent dans la Bibliothèque des Pères, et dans celle de Cluny, imprimée par les soins de Duchcsne.