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nous no finirions jamais. Cet exemple sufilt )Our nous convaincre que les cr tiques protestants, qui se croient beaucoup plus labiles que les Pères de l'Eglise dans l'intelligence de l'Ecriture sainte, ne sont pas eux-mêmes des oracles infaillibles , et qu'il y a souvent moins de justesse que de témérité dans leurs conjeclures.
. Nous avons beau chercher de quelle manière les prêtres juifs pouvaient abuser des oracles pour subjuguer le peuple et po. r le tromper, l'histoire n'en fournit aucun exemple, quoiqu'elle fasse acsez souvent mention des désordres dans lesquels ils sont tombés ; aucun d'eux n'a été mis au rang des faux prophètes. Les incrédules, qui les accusent par pure malignité, ignorent une multitude de faits qui pourraient servir à les détromper. Souvent l'on ne s'est pas adressé au grand prêtre dans les occasions même où il s'agissait des plus sérieux intérêts de la nation, comme de faire la paix ou la guerre, de poser les armes ou de combattre ; et nous no voyons rien qui témoigne que les particulier étaient dans l'usage de prendre l'avis des prêtres dans leurs propres affaires. Josué, qui n'était pas prêîre, mais chef du peuple, consultait lui-même, le Seigneur devant l'arche du tabernacle ( Jos. vu, 6 ) ; mais il négligea cette précaution dans l'affaire des Gabaoniles (c. ix , v. 14) ; cependant Dieu lui parfait immédiatement comme à Moïse ( xx, 1 ). Nous lisons ( Jud. in, 10), qu'Olhoniel, neveu de Caleb, avait l'esprit de Dieu. Un ange vint de la part du Seigneur reprocher aux Israélites leurs prévarications ( n, 1 ). Un autre fut encore envoyé à ce peuple et à Gédéon , et communiqua son esprit à ce guerrier ( vi, 11, 22, 3V ). La même faveur fut accordée à Jephté ( xi, 29 ) ; à Manué, père de Samson (xin, 3 ). Le grand prêtre Phinées ne fut consulté qu'avant ie deuxième combat contre les Benjamites ( xx, 28 ). Dans ces différentes circonstances nous ne voyons pas que les prêtres aient eu beaucoup de crédit ni d'influence dans les affaires publiques; ils en eurent encore moins sous les rois. DavM consulta plusieurs fois le Seigneur, mais il n'est plus parlé de ces consultations dans la suite de l'histoire ; lorsque Dieu daigna révéler ses desseins à Salomon, il ne se servit point du ministère des prêtres. Alors Dieu envoya une suite de prophètes, comme il l'avait promis ( Deut. xvm, 15 ). Nous n'avons donc pas à redouter la comparaison que l'on peut faire entre les oracles des Hébreux et ceux des païens, ni que l'on parvienne à prouver que les premiers, aussi bien que les autres, étaient des illusions, des impostures et un artifice des prêtres. Puisque Dieu prodiguait les miracles en faveur de son peuple, il n'est pas étonnant qu'il lui ait aussi accordé des oracles. Ceuxci n'avaient rien d'indécent, on ne les consultait point sur des questions ridicules ni sur des desseins criminels ; ils n'ont trompé personne, ils n'étaient ni captieux ni ambigus, on ne les achetait point par des présents, ils étaient rendus sans aucune marque
de fanatisme ni de trouble d'esprit; il n'en est presque aucun de ceux que l'on a vantés chez les paens dans lequel on ne découvre tous les défauts contraires. Cependant plusieurs anciens philosophes ont eu confiance aux oracles qui étaient consultés de leur temps; Socrate en particulier trouvait bon qu'on les consultât en matière de religion. Plat., de Legib.,\. v. Voy. Devin.
On nous dira, sans doute, qu'en soutenant la divinité des oracles de la nation juive, nous travaillons h entretenir la crédulité des esprits faibles, et la vaine confiance qu'ils ont eue aux pronostics. Ce'a n'est pas plus vrai qu'il ne l'est qu'en défendant la réalité des miracles de l'Ancien Testament , nous autorisons la croyance des faux prodiges dont on amusait le peuple chez les païens. La manière dont Dieu conduisait son ancien peuple était évidemment surnaturelle et miraculeuse ; elle était nécessaire dans ces temps-là, eu égard à l'enfance du genre humain ; elle n'a pas été inutile, puisqu'elle a conservé sur la terre la connaissance et le culte du vrai Dieu. Depuis qu'il a daigné nous insiruire par Jésus-Christ, et conduire par l'Evangile la raison humaine à sa perfection, nous n'avons plus besoin des leçons é'émentaires ni des soutiens de l'enfance (Gai. iv, 3). Le seul oracle que nous avons à consulter est l'Eglise ; notre divin Maître l'a chargée de nous enseigner. Or, Y Eglise a sagement proscrit tous les moyens superstitieux par lesquels la curiosité humaine voudrait savoir ce que Dieu n'a pas voulu nous découvrir. C'était le faible ou plutôt le crime des païens ; de là le grand nombre d'oracles dont l'histoire fait mention. Le plus célèbre chez les Grecs était celui de Delphes ; on venait des pays les plus éloignés pour le consulter ; les pins grands philosophes, tels que Socrate et Platon, paraissent y avoir eu confiance ; dans la suite les éclectiques ou nouveaux platoniciens en firent un trophée contre le christianisme; les réponses des oracles étaient une des principales preuves qu'ils alléguai nt en faveur du paganisme. Personne n'est tenté aujourd'hui de croire qu'il y avait quelque chose de divin dans ces oracles si vantés ; mais la question est de savoir si c'étaient des prestiges du démon ou seulement une fourberie des prêtres et des autres ministres de la religion païenne. Cette question a été traitée savamment sur la fin du siècle passé et dans le nôtre. Van- Dale, médecin fameux en Hollande, mort en 1708, avait fait une dissertation pour soutenir que les oracles des païens étaient une pure fourberie ; elle fut abrégée et traduite en français par Fontenelle, qui la rendit beaucoup plus séduisante qu'elle n'était ; tout le monde connaît son Uisloire des oracles. Le Père Bal lus, jésuite, en fit la réfutation ; il est à présumer que ses raisons parurent solides : aucun savant de réputation ne lui a répliqué.
Mosheim, dans ses Nntes sur Cudicorth, t. ïl, c. 5, § 89, après avoir comparé les raisons pour et contre, juge que ni l'un m
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l'autre do ces doux sontimcnls n'est invinciblement prouvé. A la vérité, les défenseurs de Van-Dale ne manquent pas de raisons plausibles ; ils ont observé, 1° que la plupart des oracles étaient conçus en termes ambigus, et ne pouvaient pas manquer de se trouver vrais dans un sens ou dans un autre ; 2° qu'ils ne prédisaient pas des événements fort éloignés, et sur lesquels il fût impossible de former des conjectures ; 3° que souvent ils se sont trouvés faux. Après avoir dévoilé toutes les supercheries dont on a pu se servir pour tromper ceux qui consultaient les oracles, ils ont conclu que ce qui est arrivé cent fois a pu arriver de même dans tous les cas. Ils disent que jusqu'à présent l'on n'a pas encore pu citer un seul exemple bien constaté d'un oracle exactement accompli, et dont l'événement n'ait pas pu être naturellement prévu. A tous ceux que Ton a recueillis dans les relations anciennes ou modernes, ils ont répondu ou que le fait n'est pas suffisamment prouvé, ou qu'il y a exagération dans les circonstances, ou que la vérification s'est faite par basard. Quand on leur objecte le sentiment des Pères de l'Eglise qui ont attribué les oracles au démon, ils répondent que ces écrivains respectables ont été souvent trop crédules, qu'il leur a paru plus court d'attribuer à l'esprit infernal toutes les merveilles citées par les païens, que d'entrer dans la discussion de tous les faits, de toutes les circonstances , de tous les témoignages. Mais, d'autre part, ils ne prouveront jamais que le démon ne peut connaître aucun événement futur ni le découvrir aux hommes ; que sur ce point ces connaissances sont aussi bornées que les nôtres. Ils ne peuvent pas démontrer qu'il est plus indigne de Dieu de permettre que les hommes soient trompés par les prestiges du démon, que de souffrir qu'ils le soient par des imposteurs rusés et adroits. Or, tant que l'impossibilité de l'intervention du démon ne sera pas prouvée, la multitude des supercheries faites par des imposteurs no prouvera pas que jamais le démon n'en a fait aucune. Il est donc impossible de réfuter démonstrativement l'opinion de ceux qui soutiennent que cet esprit de ténèbres y est souvent intervenu. L'Ecriture sainte nous apprend que Dieu a quelquefois permis à l'esprit de mensonge de se loger dans la bouche des faux prophètes, pour tromper des rois méchants et impies ( 111 Rcg. xxn, 22 ). A plus forte raison Dieu peut lui permettre de dire quelquefois la vérité, pour tromper d'une autre manière.
Une autre question est de savoir si Dieu, sans blesser aucune de ses perfections, peut révéler lui-même l'avenir à des païens, à des infidèles, et les mettre ainsi en état de le faire connaître aux autres. Pour prouver qu'il le peut et qu'il l'a fait, il ne servirait à rien de citer les exemples de Balaam, de Caïphe, des prophètes avares dont parle Miellée, c. m, v. il ; ceux que Jésus-Christ menace do réprouver au jugement dernier,
etc. Ces personnages n'étaient pas des païens, ils connaissaient Te vrai Dieu. Mais dans le livre de Daniel, c. n, v. 1, etc., nous voyons le Seigneur envoyer à Nabuchodonosor , prince infidèle et idolâtre, des songes prophétiques, et lui révéler un avenir très-éloigné. On ne peut cependant en rien conclure en faveur des prétendus oracles des sibylles d'Orphée, etc., puisqu'il est prouvé que ce sont des écrits supposés. Voy. Sibylles. Il serait encore plus ridicule d'attribuer à l'opération de Dieu les oracles du paganisme. Les motifs pour lesquels on les demandait, la manière souvent indécente dont ils étaient rendus, les profanations dunt ils étaient accompagnés, la confirmation de l'idolâtrie qui en était le résultat, sont des raisons plus que suffisantes pour démontrer que l'opération divine n'y est jamais intervenue pour rien. Pour peu que les païens eussent voulu y regarder de près, ils en auraient facilement connu l'illusion; mais l'obstination des philosophes païens à les faire valoir dut nécessairement augmenter l'aveuglement des peuples. Mosheim lui-même a fait toutes ces réflexions , et elles nous paraissent solides.
ORAISON, prière. Dans l'office divin , l'on distingue les oraisons d'avec les autres parties, d'avec les psaumes, les hymnes, les leçons, etc. Ce sont des prières ou des demandes adressées directement à Dieu, par lesquelles l'Eglise le supplie de nous accorder les biens spirituels et temporels dont nous avons besoin. Elle les conclut toujours ainsi par Jesus-Christ Notre-Seigneur, etc., afin de nous faire souvenir que toutes les grâces nous sont accordées par les mérites do ce divin Sauveur. Voy. Prière.
ORAISON DOMINICALE, ou prière du Seigneur. C'est la prière que Jésus-Christ a enseignée de sa propre bouche à ses disciples (Mat th. vi. 9 ; Luc, xi, 2) ; on la nomme vulgairement le Pater. Depuis lo commencement de l'Eglise chrétienne, cette prière a toujours fait partie essentielle du culte public, elle se trouve dans toutes les liturgies ; on la récitait comme aujourd'hui, non-seulement dans la consécration de l'eucharistie, mais encore dans l'administration du baptême; c'était pour les nouveaux baptisés un privilège de pouvoir la dire dans l'assemblée des fidèles, et d'appeler Dieu notre père; on ne l'enseignait point aux catéchumènes avant qu'ils n'eussent reçu le baptême. Les Constitutions apostoliques, un concile de Gironne, le quatrième concile de Tolède, ordonnent de la réciter dans l'o'.'fice divin au moins trois fois par jour. Bingham, Orig. ceci., 1. xm, c. 7, § k et 5. Les Pères de l'Eglise les plus anciens, Origène, Tertullien, saint Cypnen, dans leurs Traités de la Prière, ont fait les plus grands éloges de celle-ci; ils l'ont rogardée comme un abrégé de la morale chrétienne, comme le fondement et le modèle de toutes nos prières ; ils se sont donné la peine d'en expliquer toutes les demandes l'une après l'autre. Plusieurs auteurs modernes ont fait de même, comme RourJalout»,
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dans le Recueil de ses Pensées; le Pore Lebrun, dans son Explication des cérémonies de la Messe, t. 11, p. 53i, etc. D'aulre côté, les incrédules ont fait leurs ellbrts pour y trouver quelque chose à reprendre. Les uns ont dit (pie Jésus-Christ n'en est pas le premier auteur, qu'avant lui- cette formule était déjà en usage chez les Juifs ; mais ils n'ont pu donner aucune preuve positive de ce fait, c'est une allégation hasardée de leur part. 11 serait singulier (pie l'on eût ignoré cette anecdote pendant les trois premiers siècles, et que l'on se fût obstiné à attribuer à Jésus-Christ l'institution d'une formule qui était d'un usage journalier chez les Juifs.
Quelques autres ont soutenu qu'en disant h Dieu, ne nous induisez point en tentation, nous faisons injure à sa bonté souveraine, qu'il semble que Dieu soit capable de nous porter au mal et d'être la cause du péché. Mais ces censeurs téméraires donnent un faux sens au terme de tentation. Dans l'Ecriture sainte, tenter signifie seulement éprouver, mettre à l'épreuve l'obéissance, la fidélité, la vertu de quelqu'un : or, on peut réprouver autrement qu'en le poi tant au mal ; savoir, en lui commandant quelque chose de fort difficile, ou en lui envoyant des afflictions : c'est en ce sens que Dieu tenta Abraham (Gen. xxn, 1 ); que l'aveuglement de Tobie et les malheurs de Job sont appelés une tentation ( Tob. n, 12 ). Lorsqu'il est dit ( Deut. vi, 16 ) : « Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu, » cela ne signifie pas, vous ne porterez pas Dieu au mal, mais vous ne mettrez point sa puissance et sa bonté à l'épreuve, en attendant de lui un miracle sans nécessité. La demande de Y oraison dominicale signifie donc : ne nous mettez point à des épreuves au-dessus de nos forces, mais donnez-nous les secours nécessaires pour les supporter. Voxj. Tentation. Dans la plupart des exemplaires grecs de saint Matthieu, V oraison dominicale finit par ces mots : « Parce que c'est à vous qu'appartiennent la royauté, la puissance et la gloire pour tous les siècles, amen; » mais ils manquent dans plusieurs manuscrits très-corrects, aussi bien que dans saint Luc et dans la Vulgate. Les protestants font un reproche à l'Eglise catholique de ne pas les ajouter au Pater, comme s'il était incontestable que ces paroles en font partie. S'ils y avaient vu quelque chose de contraire a leurs opinions, ils n'auraient pas manqué de les supprimer. Un anglais, nommé Chamberlayne, a fait imprimer, en 1715, à Amsterdam, Yoraison dominicale, en cent cinquante-deux langues; un auteur allemand y en a encore ajouté quarante-huit, principalement des peuples ne l'Amérique; ainsi cette prière se trouve aujourd'hui traduite en deux cents langues.
Ohaison mentale, prière qui se fait intérieurement sans proférer des paroles. On l'appelle aussi méditation et comtcmplation, ou simplement oraison; faire Yoraison s'entend de Yoraison mentale. Elle consiste à se frapper d'abord l'esprit de la présence de
Dieu, a méditer une vérité du christianisme, à nous en faire à nous-mêmes l'application, à en tirer les conséquences et les résolutions propres à corriger nos défauts, et à nous rendre plus fidèles à nos devoirs, soit envers Dieu, soit envers le prochain. Sur ce simple exposé, il est déjà clair que cet exercice est l';lme du christianisme, c'est l'adoration en esprit et en vérité que Jésus-Christ a enseignée à ses disciples; il est dit que luimême passait les nuits à prier Dieu (Luc. vi, 12); ce n'était sûrement pas à réciter des prières vocales. « Je prierai en esprit, dit saint Paul, et dans lintérieur de mon âme, (/ Cor. xiv, 15).» Le prophète Isaïe disait déjà, c. xxvi, 9 : « Mon âme élève ses désirs vers vous pendant la nuit, et dès le matin mon esprit et mon cœur se tournent vers vous. » C'est ainsi que les saints ont passé une partie de leur vie.
Comme le plus grand nombre de nos fautes vient de la dissipation et de l'oubli des grandes vérités de la foi, nous serions sûrement plus verlueux, si nous étions plus occupés. « Nous avons péché, dit Jérémie, nous avons abandonné le Seigneur; la justice et la vertu se sont enfuies du milieu de nous, parce que la vérité a été mise en oubli, » c. î.ix, y. 12. La science du salut est si importante et si étendue ! est-ce trop d'y donner chaque jour quelques moments? Nous ne devons donc pas être étonnés de ce que les Pères de l'Eglise ont fait des traités de la prière, l'ont recommandée comme un exercice essentiel au christianisme, de ce que les auteurs ascétiques de tous les siècles ont fait tant d'éloges de la méditation, de ce que les personnages les plus éminents en vertu l'ont regardée comme la plus douce et la plus consolante de toutes leurs occupations; une âme sincèrement pénétrée de l'amour de Dieu peut-elle trouver de l'ennui à s'entretenir avec lui. L'oraison est spécialement recommandée aux ecclésiastiques, et, sans ce secours, il est fort à craindre que toutes leurs fonctions ne soient mal remplies; elle est rigoureusement ordonnée aux religieux et aux religieuses par leur règle, et dans toutes les communautés régulières do l'un et de l'autre sexe, elle est faite en commun, au moins une fois par jour. On a multiplié les méthodes et les recueils de méditations, pour en rendre la pratique aisée et agréable.
Mais les ennemis de la piété ne pouvaient manquer de tourner cet exercice en ridicule, de vouloir même persuader qu'il est dangereux. Ce n'est, dit-on, que depuis cinq cents ans que l'on a fait consister la dévotion à demeurer à genoux pendant des heures entières, et les bras croisés ; celte piété oisive a plu surtout aux femmes, naturellement paresseuses et d'une imagination vive; de là vient que tant de saintes des derniers siècles ont passé la meilleure partie de leur vie en contemplation, sans faire aucune bonne œuvre. Si cela est, ce n'est donc que depuis environ cinq cents ans que les femmes sont devenues paresseuses et d'une imagination
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vive; ce phénomène serait singulier. Malheureusement l'on a aussi accusé de ces défauts les so!itaires*de la Théba de, de la Palestine et de l'Asie mineure, parce qu'ils méditaient aussi bien que les femmes; il faut donc que l'habitude de la contemplation soit plus ancienne qu'on ne le prétend. L'on peut s'en convaincre en lisant les Conférences de Cassien, qui a vécu au commencement du v* siècle, mais surtout la neuvième. Saint Benoit, qui recommandait à ses religieux la lecture de ces conférences, forma sa règle sur ce modèle. Si l'on veut lire les traités d'Origène, de Tertullien, de saint Cyprien, sur la prière, qui sont du me siècle, on verra qu'ils tendent à inspirer le goût de l'oraison mentale, encore plus que ue la prière vocale. Les auteurs ascétiques des bas siècles n'ont rien dit de plus fort que ces anciens Pères. I! est fauxquelessaintes religieuses, dontonblàme la contemplation, aient passé leur vie sans faire de bonnes œuvres; elles ont rempli exactement tous les devoirs de leur état, et ont été des modèles de toutes les vertus, de la charité, de la douceur, de la patience, de l'indulgence pour les défauts d'autrui, de la mortification, de la pauvreté évangélique, de la chasteté, de l'obéissance, de l'humilité; cela se peut-il faire sans bonnes œuvres ? On dit que la vie contemplative conduit à Terreur et au fanatisme; témoins les faux gnostiques anciens et modernes, les beggards, les béguins, et dans le dernier siècle les sectateurs de Molinos et les quiétistes. A cela nous répondons que s'il y a eu des fanatiques parmi les contemplatifs, cela est venu de la mauvaise organisation de leur cerveau, et non de l'habitude de Yoraison mentale; il y en a eu un plus grand nombre parmi ceux qui ne l'ont jamais faite. Ce n'est pas cet exercice qui a inspiré aux incrédules leur fanatisme antichrétien et la haine qu'ils ont jurée à toute religion. L'on a reproché un grain de folie à plusieurs philosophes anciens et modernes; faut-il en conclure que les méditations philosophiques sont dangereuses par clles-mômes, et qu'il faut s'en abstenir? Nous sommes obligés de répéter, pour la centième fois, qu'il n'est rien de si saint ni de si utile dont on ne puisse abuser; qu'il faut blâmer l'abus et respecter la chose. Voy. Intérieur, Théologie mystique.
ORALE (loi). Voy. Lof.
ORARIUM.Voy. Etole.
ORATOIRE, lieu destiné à la prière ; il y en a dans les campagnes et dans les maisons des particuliers. Un oratoire est diii'érent d'une chapelle , en ce qu'il y a dans celle-ci un autel , et que l'on y peut dire la messe, au lieu que dans un oratoire il n'y en a point. L'on a donné ce nom d'abord aux chapelles jointes aux monastères, dans lesquelles les moines faisaient leurs prières et leurs exercices de piété avant qu'ils eussent des églises ; ensuite à celles que des particuliers avaient chez eux pour leur commodité, ou qui étaient bâtïos à la campagne, et qui n'avaient point droit de paroisse. Bans
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le vi' et le vir siècle , on appelait oratoires les chapelles placées dans les cimetières ou ailleurs , qui n'avaient ni baptistère , ni office public, ni prêtre-cardinal ou titulaire; l'évoque y envoyait un prêtre quand il jugeait à propos d'y faire célébrer la messe. D'autres avaient un chapelain ou prêtre titulaire, lorsque le fondateur l'avait désiré , ou que! le concours d 'S fidèles le demandait. Dans la suite , plusieurs de ces oratoires ou chapelles , situées dans des hameaux , sont devenues des églises paroissiales ou succursales , lorsque le nombre des habitants a augmenté. Il y avait aussi dans ce temps-là, comme à présent , des oratoires chez les ermites et dans les maisons des particuliers. Les rois et les princes n'ont jamais manqué d'en avoir , et le titre de maître de l'oratoire était une charge occupée par un prêtre ; sa principale fonction était de réciter l'oftice divin avec le prince : aujourd'hui c'est un titre sans fondions. Le conciliabule de Constantinople, tenu en 881 par Photius, défend de célébrer la liturgie et de baptiser dans les oratoires domestiques ; mais ce pont de discipline est établi par des canons plus respectables que ceux de Photius. On trouve encore , dans la plupart des provinces, des oratoires placés sur les grands chemins , et quelquefois au sommet des montagnes, afin que les voyageurs fatigués puissent s'y reposer, et y faire leurs prières. Voy. Chapelle.
Oratoires des Hébreux. Les anciens Hébreux, qui demeuraient trop loin du tabernacle ou du temple, et qui ne pouvaient pas s'y rendre en tout temps, b;Uirent des cours sur le modèle de la cour des holocaustes, pour y otfrir à Dieu leurs hommages ; elles furent nommées en grec ^poc^y^, prière ou oratoire.
I Machab., c. ni, v. 46, il est dit que, pendant que la ville de Jérusalem était déserte , les Juifs s'assemblèrent à Maspha, parce qu'il y avait là autrefois, un lieu de prière dans Israël. En effet , c'est à Maspha que Jephté parla aux députés de Galaad devant le Seigneur (Judith , ii , 11) ; c'est là que les tribus s'assemblèrent devant le Seigneur , pour résoudre la guerre contre les Benjamites (xx; 1; xxi, 5), On s'y assembla encore sous Samuel (7 Reg. vu, 5), et pour l'élection de Saiil (x, 17). Par là même on voit que ces oratoires n'étaient pas fort multipliés. Saint Luc, c. vi, 12, dit que Jésus monta seul sur une montagne pour prier , et qu'il passa la nuit à prier Dieu ; quelques critiques traduisent , il passa la nuit dans l'oratoire de Dieu. Act., c. xvi, v. 3 , il dit : « Le jour du sabbat nous sortîmes de la ville, et nous allâmes vers la rivière , où il semblait que se faisait la prière, v. 16. Et pendant que nous allions à la prière, etc. » Upocs^v, disentils, signifie dans ces passages Voratoire, et non la prière. Cela peut être. Philon parle des oratoires d'Alexandrie , et dit qu'i's étaient accompagnés d'un bois sacré, faaint Epiphane nous apprend que les oratoires des Jud's étaient des cours sans couvertures ,
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semblables aux enclos que les Latins nommaient forum , et que le Samaritains en avaient un près de Sichem. Mais quand Juvénal dit, Sat . m, v. 13, que l'ancien temple et ie bo's sacré de la nymphe Egérie étaient loués à des Juifs, il n'ajoute point qu'ils en avaient fait un oratoire, cela n'est pas même probable; et ce que le poëte nomme proseueha, v. 29G, n'est pas un oratoire.
Dans toutes ces citations nous ne voyons rien d'assez positif pour en conclure, comme certains critiques, que les oratoires des Juifs étaient différents des synagogues , puisque Josèphe et Philon semblent les confondre. 11 s'ensuit encore moins qu'ils étaient ordinairement placés sur des montagnes et accompagnés d'un bois sacré, que c'était la même chose que les hauts-lieux; ceux-ci sont condamnés constamment dans l'Ecriture sainte. 11 n'y a aucune apparence que le sanctuaire du Seigneur , dont il est parlé dans ie livre de Josué , c. xxiv , v. 20 , ait été un de ces oratoires; c'était plutôt le tabernacle. Toutes ces conjectures de Prideaux nous paraissent très-hasardées. Histoire des Juifs, 1. vi, c. 4.
Oratoire, congrégation de prêtres sécuculiers établie en France, l'an 1611, par le cardinal de Bérulle, pour instruire les clercs et les écoliers. Il la forma sur le modèle de celle de Rome, que saint Philippe de Néri avait établie en 155'*, sous le titre de Y oratoire de Sainte-Marie en la Vallicelle; le cardinal de Bérulle nomma la sienne Y oratoire de Jésus, et il fut aidé par les conseils de saint François de Sales et du vénérable César de Bus. "Au mois de décembre 1011 , il obtint de Louis XIII des lettres patentes qui furent enregistrées au parlement l'année suivante, avec cette clause : « A la charge de rapporter dans trois mois le consentement de l'évoque, auquel ils demeureront soumis. » En 1013 , Paul V approuva et confirma cet institut; dès ce moment la congrégation de Y oratoire se répandit et fut établie dans plusieurs villes du royaume.
On ne peut pas en faire un éloge plus flatteur que celui qu'en a fait le célèbre Bossuet, en parlant des vertus de M. Bourgoin, second supérieur général, en 160-2. « Le cardinal de Bérulle forma une compagnie à laquelle il n'a point voulu donner d'autre esprit que l'esprit môme de l'Eglise, d'autres règles que les canons, ni d'autres supérieurs que les évêques , d'autres liens que la charité, ni d'autres vœux solennels que ceux du baptême et du sacerdoce; compagnie où une sainte liberté fait le saint engagement , où l'on obéit sans dépendre , où l'on gouverne sans commander, où toute l'autorité est dans la douceur, et où le respect s'entretient sans le secours de Ja crainte; compagnie où la charité, qui bannit la crainte , opère un si grand miracle, et où, sans autre joug qu'ellemême , elle sait non-seulement captiver , mais encore anéantir la volonté propre ; compagnie où, pour former de vrais prêtres , on les mène à la source de la vérité , où ils ont toujours en main les livres saints,
pour en rechercher sans relâche la letlro par l'esprit, l'esprit par l'oraison, la profondeur par la retraite, l'estime par la pratique, la fin par la charité , à laquelle tout se termine , et rjui est l'unique trésor de Jésus- Christ. » D'autres personnages très-respectables en ont parlé de même. On peut dire, h la louange de cette congrégation, qu'elle est à peu près au^si pauvre aujourd'hui que dans le temps de son établissement, qu'elle, n'a presque fait aucune acquisition , et qu'elle a toujours donné l'exemple d'un noble désintéressement. Elle a aussi donné à l'Eglise et aux lettres des hommes distingués , de grands prédicateurs, de savants théologiens, des écrivains très-habiles dans la critique sacrée et dans les antiquités ecclésiastiques , et de bons littérateurs. Il en est sorti d'excellents ouvrages. La plupart des membres qui l'ont quittée, après y avoir é;é instruits , ont conservé de l'estime et do l'attachement pour elle , et ont fait honneur à la république des lettres. Elle gouverne aujourd'hui environ soixante collèges et cinq ou six séminaires. Les protestants mêmes n'ont pu refuser de rendre , a quelques égards, justice à cette congrégation; Mos heim en parle avec estime , et nomme plusieurs des savants qu'elle a produits ; mais il donne à entendre qu'elle fut formée par esprit de rivalité contre celle des jésuites, et que l'antipathie entre ces deux sociétés célèbres a toujours été sensible. Malheureusement l'éloge qu'il fait de Quesnel et do son livre , et les torrents de bile qu'il vomit contre les jésuites, contribuent beaucoup h décréditer son jugement; la passion y perce de toutes parts. Hist. ecclés., xvnc siècle, sect. 2, ire part. , c. 1, § 28 et 32.
ORBIBARIENS , secte d'hérétiques qui firent du bruit vers l'an 1198. C'étaient des vagabonds auxquels, selon les apparences, on donna le nom d'orbibariens, tiré du mot latin orbis , parce qu'ils couraient le monde sans avoir aucune demeure fixe. Ils paraissent être sortis des vaudois. Ils niaient la sainte Trinité , la résurrection future, le jugement dernier , les sacrements ; ils croyaient que Jésus-Christ n'était qu'un simple homme, et qu'il n'avait pas souffert : ils furent condamnés par Innocent III. Comme ils étaient fort ignorants , on ne voit pas qu'ils aient subsisté longtemps. D'Argentré, Coll. Jud., tom. I ; Sponde, ad ann. 1192.
ORDALIE ou ORDÉAL. Voij. Epreuves