‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 151 sur 228 · ORE · texte numérisé non relu

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sem ; il y allait précisément pour demander à Innocent III la confirmation de son institut. La promesse que lui en fit ce pontife ne fut pas donnée à l'insu ni contre le gré du concile. D'ailleurs, saint Dominique portait déjà l'habit des chanoines réguliers de saint Augustin, et il prit la règle de ce saint docteur pour ses religieux. Honoré III ne pouvait donc lui refuser la bulle confirmative de son institut, qu'il lui accorda le 16 décembre 1216. Les différentes branches de franciscains qui se sont formées n'étaient point de nouveaux ordres, mais des réformes d*un ordre déjà é abli. Quant à la variété des liabits, nous en avons rendu raison au mot Habit monastique. De la variété et de la multitude des ordres monastiques il est résulté, dit-on, de grands inconvénients; ils ont eu des intérêts, des desseins, des sentiments différents ; de là sont nées les jalousies , les disputes, les dissensions, cpii ont troublé et scandalisé l'Eglise. S'il n'y avait eu dans J 'Occident qu'un seul et même ordre religieux, comme il n'y en a que deux en Orient, cela ne serait pas arrivé. Mais on ne fait pas attention qu'un seul ordre ne pouvait pas suffire à tous les besoins ni fournir des sujets pour remplir toutes les espèces de devoirs de la charité. Enseigner les lettres et les sciences dans les collèges , soigner les malades dans les hôpitaux , travailler à la rédemption des captifs, faire des missions chez les infidèles et dans les campagnes, remplir les fonctions du ministère ecclésiastique dans 'es villes, catéchiser les enfants du peuple, etc., ne sont pas de bonnes œuvres assez compatibles pour qu'un même ordre religieux puisse s'en charger. Les deux ordres de saint Antoine et de saint Basile ont suffi pour les Orientaux, parce qu'ils ne se sont consacrés qu'au travail des mains, à la prière et à la pénitence ; en Occident , les fondateurs, sans négliger ces ti ois objets, se sont encore proposé l'utilité du prochain, et on ne peut que leur applaudir. C'est cependant contre ces hommes respectables que les incrédules, copistes des protestants, ont évaporé leur bile. Ils disent que le vœu d'obéissance, imposé aux religieux, fait assez connaître quel a été le motif des fondateurs d'ordres; chacun d'eux a voulu se former un empire, devenir une espèce de souverain, commander despotiquement à ses semblables; mais il en est résulté un désordre dans la société civile. Dans tous les temps un moine se crut plus obligé d'obéir à ses supérieurs spirituels et au pape, qu'au souverain, aux lois, aux magistrats de son pays. Dans tous les siècles des moines fougueux, excités par leurs chefs, sont devenus de vrais incendiaires dans les pays chrétiens. Avec un peu plus de sang-froid, les ennemis de l'état religieux auraient vu que leurs calomnies sont réfutées par des faits incontestables. Plusieurs saints sont devenus fondateurs d'ordres sans l'avoir prévu ; ils s'étaient retirés dans la solitude, sans vouloir y entraîner personne ; la bonne odeur de leurs vertus leur a procuré des

disciples qui sont allés les chercher dans leur retraite, et se mettre sous leur conduite. C'est ce cpii est arrivé à saint Benoît, à saint Bruno, etc. D'autres ont refusé d'être supérieurs généraux de leur ordre, ou se sont démis de cette charge le plus tôt qu'ils ont pu, et se sont réduits à la qualité de simples religieux. D'autres enfin ne sont devenus chefs d'ordres que par la réforme la plus sévère qu'ils y ont établie, et en donnant les premiers l'exemple de l'obéissance. Où sont dans tous ces cas les marques d'ambition? Sans l'obéissance aucun ordre ne pourrait subsister. Aucun de ces fondateurs n'a établi pour maxime que l'obéissance aux supérieurs spirituels et au pape dispensait ies religieux d'être soumis au souverain, aux lois, aux magistrats. Aucun ne s'est cru en droit de fonder un monastère sans la permission et l'agrément du souverain et des magistrats. Souvent ce sont les souverains eux-mêmes qui ont invité les fondateurs ou les chefs d'ordres à venir s'établir dans leurs états, et ont doté ces établissements. Les religieux ont donc été attachés au souverain par reconnaissance aussi bien que par la qualité de sujets. Les rois ont toujours été les maîtres d'admettre ou non sur leurs terres tous les ordres religieux quelconques ; nous cherchons vainement les raisons et les prétextes sur lesquels un religieux j ourrait refuser l'obéissance aux lois et aux souverains. Nos spéculateurs politiques n'ont pas mieux rencontré en imaginant que les papes n'ont approuvé et confirmé les ordres religieux, qu'afin d'avoir à leur disposition une milice toujours prête à épouser les intérêts du siège de Borne, au préjudice des évêques et des souverains. Ce ne sont point les papes qui ont suscité les fondateurs, ni qui ont fait éclore de nouveaux ordres, puisqu'ils n'ont fait que les confirmer ; souvent ils en ont refusé l'approbation pendant plusieurs années. Ils n'en ont confirmé aucun contre le gré des souverains ; souvent, au contraire, ce sont les souverains qui ont fait solliciter les bulles à Borne. Mais nous ne finirions jamais, s'il nous fallait réfuter foutes les fables, les visions, les calomnies absurdes, par lesquelles les hérétiques et les incrédules ont cherché à noircir l'état religieux.

OKÉBITES. Voy. Hussites.

OBEILLE. Ce mot dans l'Ecriture sainte est souvent pris dans un sens métaphorique, surtout lorsqu'il est attribué à Dieu. David, dans plusieurs psaumes, conjure le Seigneur de prêter une oreille attentive aux prières qu'il lui adresse, c'est-à-dire qu'il le supplie de l'exaucer. Sap., c. i, v. 10, il est dit que Y oreille jalouse de Dieu entend les murmures secrets des impies, et cela signifie qu'ils lui sont connus. Ps. x, v. 17, Yoreille du Seigneur entend lesdésirsdu cœur des pauvres. En parlant des hommes, découvrir Yoreille à quelqu'un, rcvclare aurem, c'est lui apprendre une chose qu'il ignore (IRcg. xx, 13); lui faire dresser Yoreille, c'est le rendre attentif et docile (Isai. l, k et 5) ; lui percer Yoreille, c'est lui inspirer une» obéissance

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