‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 153 sur 228 · OBI · texte numérisé non relu

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vouées, méthode qu'ils ont blâmée avec aigreur, lorsque les Pères de l'Eglise s'en sont servis avec plus de raison à l'égard des hérétiques. Pour calomnier plus coinmodém nf, ils ont dit qu'Origêne avait une double doctrine ou deux systèmes de philosophie différents, l'un pour le vulgaire, l'autre pour les lecteurs intelligents et instruits. Nous pourrons ajouter foi à cette accusation, lorsque ces grands critiques nous auront montré distinctement les articles qui appartiennent à chacun de ces systèmes en particulier. Ils se sont déjà réfutés eux-mêmes, en rassemblant tout ce que ce Père a dit, pour en former un corps de doctrine complet, suivi, raisonné et constant. Nous ne pardonnons pas non plus à Mosheim d'avoir écrit qu'Origêne accordait à la philosophe ou à la raison V empire sur toute la religion. Hist, chris., sœc. m, § 31. Le contraire est déjà prouvé par sa profession de foi, que nous avons citée, mais encore mieux par sa lettre à saint Grégoire Thaumaturge, Op., tom. I, p. 30. Il dit, n. 1, que la philosophie n'est qu'un prélude et un secours pour parvenir à la doctrine chrétienne, qui est la fin de toutes les études. 11 ajoute, n. 2, que trèspeu de ceux qui se sont appliqués à la philosopliie en ont tiré une véritable utilité, que la plupart ne s'en sont servis que pour enfante des hérésies. Il conclut, n. 3, q e pour bien entendre l'Ecriture sainte, il faut que Jésus-Christ nous en ouvre la porte, qu'ainsi le secours le plus efficace est la prière. Nous voyons avec plaisir Mosheim rendre justice aux vertus morales et chrétiennes û'Origène, et avouer que personne ne les a pratiquées avec plus d'héroïsme; quant à sa doctrine, ce critique a poussé à l'excès la préoccupation et l'inconséquence. D'un côté il fait le plus grand éloge de ses talents ; mais il ne veut pas reconnaître en lui un génie original et profond, qui tirait ses idées de lui-même : il n'a fait, dit-il, que copier et suivie les opinions philosophiques de ses maîtres ; de l'autre il lui attribue deux eu trois systèmes profondément raisonnes, dans lesquels brille la plus fine logique, et que lui seul a pu être capable de créer ; trouve-t-on la même supériorité de génie dans les autres discipl es d'Ammonïus'ÏIlist. christ., sœc. 3, § 27, pag. 603 et suiv. 11 dit qu'Origêne n'est pas constant dans ses opinions, qu'il en change, qu'il embrasse le pour et le contre suivant le besoin; cependant i! lui prête un plan de doctrine lié, suivi, uniforme, fondé sur des principes desquels il prétend que ce Père ne s'est jamais écarté. Il blâme les origénistes qui voulurent ériger en autant de dogmes les doutes, les questions, les conjectures modestes et timides de leur maître, et il imite leur injustice et leur témérité. Après avoir loué le travail immense que cet homme infatigable entreprit pour comparer le texte hébreu avec les versions dans ses Hexaplcs, il dit que ce travail ne peut avoir que très-peu d'utilité ; qu'Origêne lui-même n'en fit aucun usage dans se; Commentaires sur V Ecriture sainte,

parce qu'il ne s'attachait pas au sens littéral, mais au sens mystique, et que, par ses exemples aussi bien que par sas préceptes, il engageait les autres à faire de même. Mais, comme il parait que les Hexaplcs et les Oetaples d'Origène ont été les deniers de ses travaux, il n'est pas étonnant qu'il ne s'en soit pas servi dans ses Commentaires qui a voient été faits longtemps auparavant ; d'ailleurs ni ses préceptes ni ses exemples n'ont détourné le prêtre Hésychius, le maityr Lucien et saint Jérôme, d'étudier le texte hébreu et d'en donner des versions. Son ouvrage aurait donc été utile à tous les siècles, s'd n'avait pas péri dans le sac de la ville d ! Césarée par les Sarrasins, l'an 653; c'a été le germe et le modèle des Bibles polyglottes. Voy. Hexaplks.

Pour juger de lu capacité d'Origène, il faut savoir que cet infatigable écrivain avait fait sur l'Ecriture sainte trois sortes d'ouvrages, des commentaires, des scholies et des homélies. Les commentaires et les scholies étaient pour les savants; il s'y attachait principalement au sens littéral, ii y faisait usage non-seulement d( s différentes versions grecques delà Bible, mais aussi du texte hébreu. Dans les homélies, qui étaient pour le peuple, il suivait la version des Septante, et se bornait ordinairement au sens allégorique, duquel il tirait des leçons pour les mœurs. Voy. la Note de Valois sur l'Hist. ecclés. d'Eusèbe, liv. vi, c. 37, où cela est prouvé par les témoignages de Sédulius, de Butin et de saint Jérôme. Mais les critiques n'ont pas été assez équitables pour avoir égard a. ces divers genres de travail. Il est évident qu'Origêne, sortant, pour ainsi dre, des écoles de philosophie, vers l'an 230, fit ses livres des Principes, non pour dogmatiser, mais pour essayer jusqu'à quel point l'on pouvait concilier les opinions des ph losophes avec l'Ecriture sainte. Celle-ci est toujours la base de ses spéculations; souvent, à la vérité, il ne prend pas le vrai s^ns des passages, mais aussi il ne parle qu'avec le doute le plus timide; il fait de même dans sa Préface sur la Genèse et ailleurs. Etonné de l'abus que l'on faisait de ses ouvrages, il écrivit sur la fin de sa vie au pape saint Eabien [tour lui témoigner son repentir. Saint Jérôme, Epist. 41, ad Pammach., Opp. t. IV, col. 347. Ainsi lorsqu'il a été condamné par le cinquième concile général, cette censure est moins tombée sur lui que sur les dis pute urs entêtés, qui voulaient faire de ses doutes autant d'articles de croyance; il n'en était pas moins mort dans la paix et la communion de l'Eglise deux cents ans auparavant. Mais on lui a fait un crime de ce mélange de la philosophie avec la théologie, l'on en a exagéré les conséquences fâcheuses. Comme cette prétendue faute lui et commune avec les autres Pères de l'Eglise, nous aurons soin de la justifier aux mots Pèkes, Philosophie, Platonisme. On n'a pas relevé avec moins d'affectation celle qu'il commit réellement en se mutilant lui même, soit pour éviter tout danger d'impudicilé,

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soit pour prévenir tout soupçon désavéhtri geux à l'égard des personnes du sexo qu'il instruisait, il o eu la bonne foi de condamner lui-même sa conduite, hom. 15 iuMntt., n. 1 et suiv. Mosheim convient que; l'on a eu tort de l'en blâmer avec tant d'aigreur. Cette action fut défendue dans la suite par les lois ecclés astiques. Les critiques protestants lui ont encore reproché son goût excessif pour les allégories, la sévérité de sa moi aie touchant la chasteté conjugale, les austérités, les secondes noces, la virginité, etc. Voy. Allégorie, Bigame, Chasteté, Mortification, Testament, etc. Les anciens ennemis de ce Père poussèrent l'entêtement jusqu'à l'accuser d'avoir approuvé la magie illicite, et de n'y a oir trouvé aucun mal. Beausobr s Hist. de Manich., t. 1!, 1. i\, c. 13, p. 801, a réfuté cette accusation. Mais il a commis une injustice manifeste envers ce Père, en affirmant qu'il a enseigné l'opinion de la transmigration des âmes ; nous ferons voirie contraire au mol Transmigration. Le vrai malheur d'Origène est d'avoir eu des disciples obstinés à soutenir tout ce qu'il avait dit bien ou mal, et à l'entendre dans un sens qui n'avait jamais été le sien. La même chose est arrivée à. saint Augustin. Enfin, quelques auteurs ont écrit qu Origène avait succombé pendant la persécution de Dèce, et avait jeté de l'encens dans le foyer d't;ii autel pour se soustraire à un traitement abominable dont on le menaçait; et des personnages respectables ont ajouté foi à ce récit. Mais il n'est pas croyable qu'un homme aussi courageux qu'Origine ait ainsi contredit les leçons qu'il avait données à tant de martyrs, *et que de tant d'ennemis qui l'ont noirci après sa mort, aucun n'ait fait mention de cette odieuse accusation ; tant il est vrai qu'une grande réputation est souvent un très-grand malheur!

ORHJÉNISTES.On a ainsi nommé ceux qui s'autorisaient des écrits d'Origène pour soutenir que Jésus-Christ n'est Fils de Dieu que par adoption, que les âmes humaines ont existé avant d'être unies à des corps, que les tourments des damnés ne seront point éternels, que les démons mêmes seront un jour délivrés des tourments de l'enfer. Quelques moines de l'Egyj te et de la Palestine donnèrent dans ces erreurs, les soutinrent avec opiniâtreté, et causèrent de grands troubles dans l'Eglise; c'est ce qui attira sur eux la censure du cinquième concile général, tenu à ConstantinOi'le l'an 553, dans laquelle Origène lui-même s'est trouvé enveloppé. Les origénistes étaient pour lors divisés en deux secte*, qui ne suivaient ni l'une ni l'autre tout s les opinions fa. sses qui se trouvent dans les livres d'Origène. Ceux qui soutenaient que Jésus-Christ net dt Fils de Dieu que par adoption, prétendaient aussi qu'au jour de la résu. rection générale les apôtres seraient rendus égaux à Jésus-C jrist ; pour cette raison ils furent nommés isochristes. Ceux qui enseignaient que les âmes humaines avaient existé avant d'être unies à des corps, furent aussi appelés protoctistes, nom

qui désignait leur erreur. On ne sait pas pourquoi ces derniers furent appelés télrndites ou entêtés du nombre de quatre. 11 ne faut pas confondre cet crigénieme avec les erreurs d'une autre secte dont les partisans furent aussi nommés origénistes ou origéniens, parce qu'ils avaient eu pour ci ef un certain Origène, personnage très-peu connu. Ils condamnaient le mariage, et soutenaient que l'on pouvait innocemment se livrer aux impudicités les plus grossières. Saint Epiphane et saint Augustin, qui ont parlé de cet origénisme impur, conviennent que le cé.èbre Origène n'y a donné aucun lieu; ses écrits ne respirent que l'amour de la chasteté. i ORKilNEL (péché). L'on entend sous ce terne le péché avec lequel nous naissons tous, et qui tire son origine du péché de notre premier père Adam. Voy. Adam (1).

(I) Canons de doctrine sur le péché originel.

Si quelqu'un ne reconnaît pas qu'Adam, le premier homme, ayant transgressé le commandement de Dieu dans le paradis, est déchu de l'état de sainteté et de justice dans lequel il avait été établi, et par ce péché de désobéissance et celte prévarication a encouru la colère de Dieu, e!, en conséquence, la mort dont Dieu l'avait auparavant menacé, et, avec la mort, la captivité sous la puissance du diable qui depuis a eu l'empire de la mort, et que par celle offense et cette prévarication, Adam, selon le corps et selon l'âme, a été changé en un pire élat, qu'il soil analhème. Cône. de Trente, 5csess., du péché originel. — Si quelqu'un soutient que la prévarication d'Adam n'a élé préjudiciable qu'à lui seul el non pas aussi à sa poslérité, et que ce n'a été que pour lui, et non pas aussi pour nous, qu'il a perdu la justice et la sainteté qu'il avait reçue et dont il est déchu, ou qu'étant souillé personnellement par le pèche de désobéissance il n'a communiqué el transmis à tout le genre humain que la mort et les peines du corps et non pas le péché qui est la mort de l'âme, qu'il soit analhème ; puisque c'est contredire à l'Apôtre qui dit que le péché est entré dans le monde par un seul homme et qu'ainsi la mort est passée dans tous les hommes, tous ayant péché dans un seul (Rom. i, 11). — Si quelqu'un soutient que le péché d'Adam, qui est dans sa source, s'étant transmis à tous par la génération et non par imitation, et devient propre à un chacun, peut être eiïacé par la force de la nature humaine, ou par un autre remède que par les mérites de Jésus-Christ, qui nous a reconciliés par son sang, s'étant l'ait notre justice, notre sanctification et notre rédemption ; ou quiconque nie que le même mérite de Jésus-Christ soit appliqué tant aux adultes qu'aux enfants par le sacrement de baptême conféré selon la force el l'usage de l'Eglise, qu'il soil analhème, parce qu'il n'y a point d'autre nom sous le ciel qui ait élé donné aux nommes par lequel nous devions être sauvés ; ce qui a donné lieu à celle parole : Voilà l'Agneau de Dieu; voilà celui qui ôte les péchés du monde. Vous tous qui avez été baptisés, vous avez été revêtus de Jésus- Christ (Ail, îv ; Joan. i, 9; Gai. ni, 27). — Si quelqu'un nie que les enfants nouvellement sortis du sein <Je leur mère, même ceux qui sont nés de parents baplisés, aient besoin d'être aussi baptisés; et si quelqu 'un, reconnaissant que véritablement ils sont baplisés pour la rémission" des péchés, soutient pourtant qu'ils ne tirent rien du péché originel d'Adam qui ait besoin d'être expié par l'eau de la régénération pour obtenir la vie éternelle, d'où il s'ensuivrait que la l'orme du baptême, pour la rémission des péchés serait fausse el non véritable, qu'il soit anaiième; car la parole de l'Apôtre, qui dit (pie le péché est entré dans le monde par un seul homme el la

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La première chose nécessaire à tin théologien est de savoir précisément quelle est la doctrine et la foi catholique sur ce point; !e concile de Trente l'a clairement exposée, sess. 5. Il décide , Can. 1, qu'Adam par son péché a pordu la sainteté et la justice, a encouru la colère de Dieu, la mort, la captivité sous l'empire du démon; Can. 2, qu'il a transmis à tous ses descendants non-seulement la mort et les souffrances <iu corps, mais le péché qui est la mort de l'âme; Can. 3, que ce péché propre et personnel à tous ne peut être ôté que par les mé; Aies de Jésus-Christ; Can. 6, que la tache de ce péché est pleinement effacée par le baptême. De là les théologiens concluent que les effets et la peine du péché originel sont, 1° la privation de la grâce sanctitiante et du droit au bonheur éternel , double avaniage dont Adam jouissait dans l'état d'innocence; 2° le dérèglement de la concupiscence ou l'inclination au mal; 3° l'assujettissement aux sou i Irances et à la mort; trois blessures desquelles Adam était exempt avant son péché. D'où s'ensuit la nécessité absolue du baptême pour y remédier. Voy. Baptême. Le dogme' catholique ne s'étend pas plus loin. Holden,

mort par le péché, et qu'ainsi la mort est passée clans tous les hommes, tous ayant péché dans un seul, ne peut être entendue dune autre parole que l'a toujours entendu l'Eglise catholique répandue partout. C'est pour cela et conformément à cette règle de foi selon la tradiliondes apôtres que même les enfants qui n'ont pu encore commettre aucun péché personnel sont pourtant véritablement baptisés pour la rémission des péchés, alin que ce qu'ils ont contracté par la génération, soit lavé en eux pour la rémission: car quiconque ne renaît de l'eau et du Saint-Esprit, ne peut entrer au royaume de Dieu (Joan. i, 5). — Si quelqu'un nie que, par la grâce de Jésus-Christ, qui est conférée par le baptême, l'offense du péché originel soit remise, ou soutient que tout ce qu'il y a proprement et véritablement de péché n'est pas Ole, mais qu'il est seulement comme rasé ou qu'il n'est pas imputé, qu'il soit anathème : car Dieu ne hait rien dans ceux qui sont régénérés. Il n'y a point de condamnation pour ceux qui sont véritablement ensevelis dans la mort avec Jésus-Christ par le baptême, qui ne marchent point selon la chair, mais qui, dépouillant le vieil homme et se revêtant du nouveau qui est créé selon Dieu, sont devenus innocents, purs, sans péché, agréables à Dieu et cohéritiers de Jésus- Christ, en sorte qu'il ne leur reste rien du tout qui leur fasse obstacle pour entrer dans le ciel. Le saint concile confesse néanmoins et reconnaît que la concupiscence ou l'inclination au péché reste pourtant dans les personnes baptisées; car elle a été laissée pour le combat et l'exercice, et elle ne peut nuire à ceux qui ne donnent pas leur consentement, mais qui résistent avec courage par la grâce de Jésus- Christ. Au contraire, la couronne est préparée à ceux qui auront bien combattu. Le saint concile déclare aussi que cette concupiscence, que l'Apôtre appelle quelquefois péché, n'a jamais été prise ni entendue par l'Eglise catholique comme un véritable péché qui reste, à proprement parler, dans les personnes baptisées, mais elle n'a été appelée du nom de péché, que parce qu'elle est un effet du péché et qu'elle porte au péché.

L'intention du concile n'est point de comprendre, dans ce décret, qui regarde le péché originel, la bienheureuse et immaculée Vierge Marie, mère de Dieu. Lobc. de Trente, ibid.

DeResol. fidei, 1. u, c. 5. Plusieurs hérétiques l'ont combattu et rejeté ; les cathares ou montanistes, \ers l'an 256, enseignèrent qu'il n'y avait point de péché originel, et que le baptême n'est pas nécessaire. Environ l'an 412, Pelage soutint que le péché d'Adam lui a été purement personnel, et n'a point passé à sa postérité, qu'ainsi les enfants naissent exempts de péché et dans une parfaite innocence; que la mort à laquelle nous sommes sujets n'est point la peine du péché, mais la condition naturelle de l'homme ; qu'Adam serait mort quand même il n'aurait pas péché; enfin que la nature humaine est encore aussi saine, aussi forte, aussi capable de faire le bien, qu'elle l'était dans l'homme tel qu'il est sorti des mains de Dieu. Pélago trouva un adversaire redoutable dans saint Augustin : il fut condamné dans plusieurs conciles d'Afrique, par les papes Innocent I" et Zoziine, et enfin par le concile général d Ephèse.

En 596 un synode des nesloriens, en 6i0 les Arméniens, en 796 les Albanais, renouvelèrent l'erreur de Pelage, et c'est encore aujourd'hui le sentiment de la plupart des sociniens. Calvin a prétendu que les enfants des fidèles baptisés naissent dans un état de sainteté, qu'ainsi le bapfême ne leur est pas donné pour effacer en eux aucun péché. Le Clerc et les minisires La Place et Le Cène ont nié formellement le péché originel. Au contraire, Flaccius, luthérien rigide, soutenait que le péché originel est la substance même de l'homme. Mosheim, Hist. ecclés., xvr siècle, sect. 3, nc part., c. 1, § 33. On conçoit bien que ce dogme ne pouvait pas manquer de déplaire aux incrédules de notre siècle; ils ont répété contre cet article de foi la plupart des objections des hérétiques anciens et modernes. Mais cette triste vérité est clairement enseignée dans l'Ecriture sainte. Job, c. xiv, v. 4, dit à Dieu : « Qui peut rendre pur l'homme né d'un sang impur, sinon vous seul? » Le Psalmiste, Ps. l, v. 7 : « J'ai été conçu dans l'iniquité, et formé en péché dans le sein de ma mère. » Saint Paul, Rom., c. v, v. 12 : « De même que par un homme le péché est entré dans le monde et la mort par le péché, ainsi la mort a passé dans tous les hommes, en ce que tous ont péché Et du même que la condamnation est pour tous par le péché d'un seul, ainsi la justification et la vie sont pour tous, par la justice d'un seul, qui est Jésus-Christ. » Il Cor., c. v, v. 14 : « Si un seul est mort pour tous, donc tous sont morts : or Jésus- Christ est mort pour tous. » I Cor., c. xv, v. 21. « La mort est venue par un homme, et la résurrection vient par un autre homme : dà même que tous meurent en Adam, ainsi tous seront vivifiés en Jésus-Christ. »

Nous ne savons pas ce que répondaient les pélagiens aux passages de Job et du Psalmiste ; mais à celui de YEpître aux Romains, ils répliquaient que, selon l'Apôtre, le péché et la mort sont entrés dans le monde par Adam, parce que tous les hommes ont imité le péché d'Adam, et sont morts comme

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