‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 155 sur 228 · OSE · texte numérisé non relu

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à la conservation des hommes, c'en serait assez pour la faire chérir et respecter. Voy. Enfants trouvés.

ORTHODOXE, ORTHODOXIE. Ces deux tonnes sont formés du grec àpBà;, droit, et SoÇà, opinion ou jugement. On appelle auteur orthodoxe celui qui n'enseigne rien que de conforme à la doctrine de l'Eglise, et Yortkodoxiecst\a conformité d'une opinion avec code régie de la foi ; c'est le contraire de Yhétéfodoxie ou de l'hérésie. Ceux qui no veulent point avoir d'autre règle de croyance que leur propre jugement, tournent en ridicule tant qu'ils peuvent le zèle pour Y orthodoxie. Chez la plupart des hommes, disentils, ce zèle ardent tient lieu de toutes les vertus ; on pense môme qu'il peut innocenter les crimes, et il n'en est aucun que l'on ne se permette contre ceux que l'on nomme hérétiques ou incrédules. Si cela était vrai, nous ne voyons pas comment il pourra t y avoir encore au monde des hérétiques et des incrédules ; dès qu'ils se montreraient, ils seraient sûrs d'être exterminés, et ceux qui prendraient la peine de s'en défaire seraient assurés d'une approbation générale. La sécurité avec laquelle la religion s'est trouvée attaquée dans tous les temps nous paraît démontrer que le zèle de Y orthodoxie ne fut jamais aussi violent ni aussi meurtrier que les esprits forts voudraient le persuader. Il y a môme de bonnes raisons de douter si eux-mêmes, devenus une fois les maîtres, ne seraient pas plus injustes, plus ardents, plus cruels que ceux auxquels ils attribuent tous ces vices. Nous voyons d'abord qu'aucun hétérodoxe ne fut tort scrupuleux sur le choix des moyens propres à répandre sa doctrine, à se faire des partisans, à discréditer et à ruiner le parti de ses adversaires. Nous jugeons, en second lieu, par la véhémence de leur style, par la chaleur de leurs déclamations, par la noirceur de leurs c&lomnics, que leur caractère n'est pas fort doux. Enfin, la licence des mœurs de la plupart nous donne lieu de penser qu'ils n'ont pas beaucoup d'horreur pour toute espèce do crime qui pourrait leur être utile, dès qu'ils seraient en état de le commettre impunément. Dès qu'il est incontestable que la religion défend et proscrit toute mauvaise action quelconque, il n'y a qu'un cerveau dérangé qui puisse se persuader qu'il lui est permis d'en commettre une par zèle pour la pureté de la foi. Or, nous ne comprenons pas que l'hérésie, l'incrédulité ni l'athéisme, puissent être de meilleurs préservatifs contre le dérangement du cerveau que la docilité des croyants. Voy. Zèle de RELI- GION.

OS. Il était défendu aux Juifs de briser les ©s de l'agneau pascal après l'avoir mangé (Exod. xii, 46). On ne voit pas d'abord quelle pouvait être la raison de cette défense; mais saint Jean l'Evangéliste, en racontant la mort de Jésus-Christ, t'ait remarquer qu'on ne lui rompit point les os, comme l'on avait fait aux (\au\ larrons crucifiés avec lui, et il rapporte à ce sujet la défense de Y Exode : Vous

n'en briserez point les os ; afin de nous fa;re comprendre que le sacrifice de l'agneau pascal était une figure de celui de Jésus-Christ, immolé pour la rédemption du monde. Les Hébreux disaient : Vous êtes ma chair et mes os, pour dire, Nous sommes de môme sang, nous sommes proches parents ; celte expression semblait faire allusion à ce que dit Adam, lorsqu'il vit l'ép use qui avait été tirée de sa propre substance : Voil<\ la chair de ma chair et les os de mes os (Gen. n, 23). — Les os signifient quelquefois la force du corps. Ainsi, le Psalmiste dit : Mes os sont affaissés, disloqués, brisés, pour exprimer la perte entière de ses forces ; souvent aussi ils signifient l'intérieur de l'homme et toute sa substance : lorsque Job et David disent, Mes os sont troublés, effrayés, humiliés, c'est comme s'ils disaient , Le trouble, la frayeur, l'humiliation, m'ont saisi tout entier, ont pénétré jusqu'à la moelle de mes os. Pour exprimer la difficulté de se défaire des mauvaises habitudes de la jeunesse, Job dit, ch.xx, v. 11, en parlant d'un pécheur obstiné : Les vices de sa jeunesse demeureront encore dans ses os, et dormiront avec lui dans la poussière du tombeau.

Dieu avait ordonné de briser et de réduire en poudre les os des idolâtres et des impies, afin qu'il ne restât rien d'eux après leur mort ; ainsi briser les os des pécheurs signifie souvent effacer leur mémoire. 11 est dit, au contraire, que Dieu conservera, engraissera, fera germer les os des justes, c'est-à-dire qu'il conservera leur mémoire et la rendra respectable C'est une allusion à l'usage des patriarches de garder par respect les os de leurs pères, afin de s'en rappeler le souvenir. Joseph mourant en Egypte ordonna à ses enfants et à ses proches de conserver ses os et de les transporter avec eux lorsqu'ils partiraient de l'Egypte pour se rendre dans la Palestine (Gen. l, 15] ; et Moïse eut grand soin de faire exécuter cette dernière volonté (Exod. xiii, 19). Saint Paul fait remarquer la foi de Joseph, qui attestait ainsi à ses descendants que Dieu accomplirait certainement les promesses qu'il avait faites à Abraham (Hébr. xi, 22).

OSÇULUM. Voy. Baiser de paix.

OSEE est le premier des douze petits prophètes ; il a été contemporain d'Amos et d'Isaïc ; il commença à prophétiser vers l'an 800 avant l'ère chrétienne, et continua pendant plus de soixante-dix ans sous les règnes d'Osias, de Joalhan, d'Achaz et d'Ezéchias, rois de Juda. Le style de ce prophète est vif et sente, tieux : il peint avec énergie l'idolâtrie et les autres crimes des Juifs des deux royaumes de Juda et d'Israël ou de Samarie ; il annonce le châtiment que Dieu veut en tirer, mais il promet la délivrance de ces deux peuples et le retour des bontés du Seigneur à leur égard. Plusieurs incrédules ont fait des reproches contre ce prophète et contre ses prédictions. Ils ont dit d'abord qu'Osée était né chez les Samaritains,, par conséquent schismatique et idolâtre, à moins que Dieu ne l'eût préservé de ce crime

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