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cause de la personnalité humaine contre les panthéistes spiritualistes; nous n'avons donc à démontrer ici que Vindividualilé des êtres physiques, contre les panthéistes matérialistes.
Le célèbre Linné, dès le commencement de sa Philosopha botanica, distingue trois sortes d'êtres, que l'on distribuait autrefois en trois règnes : ce sont les minéraux, les végétaux et les animaux. < Les minéraux croissent. , dit-il , les végétaux croissent et vivent, les animaux croissent , vivent et sentent, i Nous pourrions ajouter un quatrième règne pour l'homme, qui croît, vit, sent et pense librement, Mais déjà depuis longtemps les naturalistes, pour établir une divison plus scientifique, ont réduit à deux les règnes de la nature : le règne inorganique, qui comprend toutes les substances dépourvues d'organisation ou considérées en dehors de l'influence vitale; et le règne organique que constituent ces innombrables petits tous qui sont doués d'une puissance d'absorption et d'assimilation , et que l'on nomme les végétaux et les animaux. Nous ferons un troisième règne des êtres actifs dont nous avons constaté l'existence dans le paragraphe précédent, et nous proposons de l'appeler règne de spontanéité. Les quatre grands groupes qui composent ces trois règnes sont essentiellement distincts les uns des autres, et même ils sont séparés par une distance in- Iranchissable. Les minéraux croissent ou forment des agrégats par simple juxtaposition de parties, en vertu de la force de cohésion, si les éléments sont homogènes, et par l'effet de l'aflinité élective, si des éléments hétérogènes sont en présence. Leur existence ne dépend en aucune façon du concours d'êtres suit semblables, soit différents. Ces corps n'ont pas de parties plus importantes les unes que les autres : ils peuvent être désagrégés, altérés sur tous les points indistinctement, sans qu'il s'ensuive aucun changement dans les parties sur lesquelles on n'a pas agi ; les éléments offrent partout les mêmes arrangements dans des corps identiques considérés dans les mêmes circonstances; la forme générale et les dimensions sont indéterminées; enfin, le mode d'existence est à peu près constant dans les mêmes circonstances: les êtres inorganiques se suffisent à eux-mêmes, et ils persistent dans le même état, soit d'isolement, soit de combinaison, à moins qu'une force étrangère n'agisse sur eux. Héduils à leur état normal, ils sont Indestructibles.
On voit déjà, et l'on comprendra encore mie ix bientôt, par quel abîme les corps inorganiques sont séparés des organiques. Mais combien ne diffèrent- Us pas aussi de nature entre eux, si on les considère dans leurs éléments chimiques? On reconnaît aujourd'hui cinquante-cinq cléments, qui sont comme les germes de toutes les substances minérales, et qui peuvent être isolés les uns des autres par l'analyse chimique, à quelque étal de combinaison qu'ils se rencontrent dans la nature. Les corps simples, qui résultent de leur agrégation, sont caractérises par des propriétés toujours très-distinctes, et souvent antagonistes. Ou sait que les alchimistes, malgré leurs innombrables mélanges, n'ont jamais pu transformer une seule substance en une autre : les hommes de la science ont, dès l'enfance même de la chimie, laissé aux panthéistes le soin de chercher la pierre philosophale. Les éléments chimiques sont donc inaltérables, indestructibles, et constituent, dans l'état actuel de la science , de véritables individus. 11 y a plus : comme les corps simples ne se combinent entre eux que dans des proportions toujours bien définies, ils donnent naissance à des substances minérales qui ne sont autre chose que des agrégats d'individus, ayant constamment dans les mêmes circonstances des formes et des propriétés identiques. Si la plupart des minéraux n'offrent pas la même régularité dans leurs formes respectives, et ne se trouvent pas à l'état cristallisé, c'est parce qu'ils ont dû se trouver dans
des circonstances physiques perturbatrices, qui ont neutralisé les lois rigoureuses de la cristallisation : quand on vient à les placer dans des circonstances favorables, ils ne tardent pas à prendre leur forme caractéristique. Il est donc évident qu'H n'y a jamais confusion substantielle dans le régne minéral, mai? qu'il y a partout individualité distincte. 11 n'y a pas même de gradation dans ce régne, où l'on n'a encore pu reconnaître de série, ni établir d'espèces proprement dites. Le principe proclamé par Linné, que la nature procède toujours par degrés et d'une manière continue, n'est applicable qu'aux corps organisés; < mais, loin qu'il puisse s'étendre aux corps bruis, dit le savant M. Margerin (Cours sur la géologie, A' leçon), c'est le principe contraire qui les gouverne. La, tout est lixc, déterminé, arrêté. Dux substances de même ordre se combinent en proportions définies, constantes pour un même mixte; et tout mixte de la même nature, soumis à l'analyse, reproduit invariablement les proportions. » Le point capital, indiqué par les travaux de Wcnzel et de Uichter, repris et débattu par Proust et Uerthollcl, a été mis hors de doute par les nombreux travaux des chimistes modernes. « On découvre ainsi dans le corps le plus abject, la moine harmonie qui règne dans les cieux (tbid.). >
En minéralogie, l'unité des substances est caractérisée, l°par la nature des éléments susceptibles de se combiner; 2° par les propriétés dans lesquelles ils peuvent se combiner; 5* par l'ordre dans lequel ils sont combinés. Chaque substance est invariable, quoique se présentant sous divers aspects, i A travers ces diverses formes, dit M. Margerin (loc. cit.), l'unité de substance se fait connaître a ceci, qu'il e»l impossible, au moyen d'un régime chimique convenable, de passer d'une forme à l'autre sans altérer dans le sujet les trois caractères énoncés plus haut. Tout revient donc à la détermination de ces caractères. La nature et le nombre des éléments sont fournis par les procédés ordinaires de l'analyse chimique. Quant a la manière dont ces éléments sont combinés entre eux, on parvient à la connai.re par la loi des substitutions, i La substance minérale proprement dite persévère indéfiniment dans le même étal, et Faction mécanique ne peut rien sur sa nature : fùl-elie réduite en poudre impalpable, chaque grain renferme le minéral tout entier. Le véritable individu dans le régne minéral est donc la molécule cristalline. L'action des causes physiques et chimiques peut transformer un minerai en un autre sans que la substance change de nature, c'e^l dans le cas du polymorphisme , constate dans ces derniers temps; mais toujours Yi..dividu conserve son identité substantielle.
Exposons maintenant les caractères si tranchés des corps organiques. Us sont tous doués de vie, c'est-à-dire d'une force qui combat l'action destructive des causes physiques et chimiques. Ils croissent par inlussùsceplion au moyen de l'absorption et do l'assimilation, et par conséquent ils ne peuvent sa passer des êtres qui les environnent. Ils se les approprient au moyen d'instruments dont ils sont pourvus, et que l'on nomme organes. Us ont des parlies privilégiées dont l'altération exerce une inlluence universelle, et même entraîne la perte de la vie, c'est-à-dire la destruction de l'être en tant qu'organisé; le» arrangements des éléments constituants sont différents pour les diverses parties d'un me. ne corps; les formes sont invariables et les dimensions limitées dans chaque espèce; enfin, dans tous les êtres du double groupe organique, il y a naissait, e d'un parent semblable, accroissement, reproduction et mort. Que l'on voie si le panthéisme peut, sans nier tous les faits et sans anéantir toute science d'observation, franchir l'abîme qui sépare les cties organisés des corps bruts, pour confondra les uns et les autres dans son désespérant chaos !
PAN