‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 159 sur 228 · TAP I'AP · texte numérisé non relu

TAP I'AP

n'est aucun des Pères du t\' qui les ait en- authentique ou apocryphe. Il n'est aujourtendus autrement. On peut citer saint Basile, d'hui dans toute l'Eglise aucun siège épissaint Jean Chr, sostome, saint Amhroise, copal, dont la succession soit plus certaine Saint Jérôme, etc., et parcourir la liste que et mieux connue que celle du siège de Rome. Feuardent et d'autres en ont faite. Au vc II y a eu des schismes, des antipapes, des Saint Augustin en a parlé avec encore plus pontifes qui n'étaient pas universellement d'énergie que les Pères précédents ; dans reconnus ; mais ces schismes ont cessé, et ses traités contre les donatistes, il n'a près- l'on a toujours fini par rendre obéissance à que fait qu'étendre et développer les princi- un successeur légitime. N'est-ce pas un Irait pes posés par saint Cypricn : il a soutenu marqué de providence, que, pendant que contre les pélagiens, que dès que leur con- les autres Eglises apostoliques ont été dédamnation prononcée par les conciles d'A- truites, ou sont tombées dans l'hérésie, celle frique avait été confirmée par les papes, de Rome subsiste.depuis dix-sept siècles et la cause était finie, et la sentence sans appel, conserve la succession de ses évoques, malgré Ees protestants, bien convaincus de ces les révolutions qui ont changé la face de faits» n'en ont cependant pas été ébranlés; l'Europe entière ?

ils ont dit que les éloges prodigués au siège II ne reste donc plus qu'à examiner si la de Rome parles Pères, et la déférence que primauté et la juridiction sur toute l'Eglise, l'on a eue pour les papes dans plusieurs accordées par Jésus-Christ a saint Pierre, occasions, ont été l'effet d'un intérêt mo- ont passé à ses successeurs. Cette quesmentané : on croyait avoir besoin d'eux, pai ce tion nous paraît encore résolue par l'Ecriture qu'en se mêlant adroitement de toutes les sunte et par la tradition. Selon l'Evangile, affaires, ils avaient trouvé Je moyen de se Jésus-Christ a fait de cet apôtre la pierre rendre importants. Mais les Orientaux, tou- fondamentale de l'Eglise, afin que les portes .jours très-jaloux, auraient-ils souffert que de l'enfer ne prévalussent jamais contre elle; jcs papes entrassent dans toutes les affaires il a prié pour la foi de sa'nt Pierre, afin de l'Eglise, et se rendissent importants, que cet apôtre fût capable d'affermir celle s'ils n'avaient eu aucun titre pour le faire, de ses frères ; tout cela ne devait-il avoir et si l'on avait cru leur juridiction bornée à heu que pendant la vie de cet apôtre, malleur diocèse, ou du moins au patriarcat d'Oc- gré la promesse que Jésus-Christ a faite à cident ? Les protestants ont affecté de nous son Eglise d'être avec elle jusqu'à la conpeiridfe les évêqnes d'Orient comme des sommation d°s siècles? Suivant le sentiambitieux qui n'avaient dans toute leur con- ment des Pères, Jésus-Christ a suivi ce duited'autremotifqucd'étendreleurautorité, plan divin, afin d'établir l'unité de Ja foi, leurs privilèges, leur juridiction; comment de l'enseignement, de la tradition, de maces évoques ont-ils trouvé bon que les pa- nière que les hérétiques fussent réfutés et pes, relégués au delà des mers, eussent au- confondus par celle tradition même. Ce plan cun crédit dans les affaires de l'Orient ? Il est donc pour tous les siècles. Saint Pierre serait inutile de citer les monuments n'était plus depuis longtemps, lorsque les des siècles postérieurs au v% en faveur de Pères ont ainsi raisonné; au ve siècle, les l'autorité des papes, puisque ceux qui la évoques assemblés à Chalcédoine disent délestent le plus, conviennent que depuis encore que Pierre a parlé par Léon son sucla ive elle est allée toujours en augmentant, cesseur.

La question se réduit donc toujours au Si les paroles de Jésus-Christ adressées

droit, et le droit nous parait solidement à saint Pierre doivent s'entendre aussi de

établi par l'Ecriture sainte et par la tradi- ses successeurs, elles prouvent, disent les

tion universelle de l'Eglise. protestants, l'infaillibilité des papes, privi-

II. Contestera-t-on aux papes la qualité lége qui n'est cependant pas reconnu par tous

de successeurs certains et légitimes de saint les catholiques : or ce qui prouve trop ne

Pierre, comme ont fait les protestants? C'est prouve rien.

ici un fait constant par l'histoire, s'il en fut Réponse. C'est une impiété de supposer

jamais. que Jésus-Christ a parlé pour ne rien prou-

Au mot Saint Pierre, nous prouverons ver. En vertu des promesses faites à saint

que cet apôtre est venu à Rome, qu'il y Pierre, ses successeurs sont infaillibles tant

a établi son siège et qu'il y a souffert le qu'ils sont unis à l'Eglise et d'accord avec

martyre. Quel qu'ait été son successeur im- elle; leurs décisions une fois admises par

médiat, tous les anciens ont reconnu que l'Eglise sont irréformables, parce que c'est

saint Clément a occupé sa place ; la suc- alors le jugement de l'Eglise universelle,

cession des papes n'a été contestée que dans Voilà ce qu'aucun catholique n'a jamais

les derniers siècles, par les hérétiques qui nié. Le privilège accordé à saint Pierre et

avaient intérêt de la méconnaître. Si, sur un à ses successeurs était, non pour leur avan-

fait aussi aisé à constater, la croyance de tage, mais pour rendre indéfectible la foi

l'antiquité et de la tradition ne prouve rien, de l'Eglise; donc il ne faut pas le pousser

sur quoi les protestants peuvent-ils fon- plus loin que ne l'exige cette indéfectibilité.

der l'opinion qu'ils ont de 1 authenticité des Voy. Infaillibilité du pape. Or elle exige

livres saints? Il n'a certainement pas été ce que nous venons dédire, et rien de plus.

aussi difficile <!e juger quel était le suc- Aujourd'hui des écrivains fort mal instruits,

cesseur de saint Pierre dans le siège de Rome, et que l'ignorance rend même plus hardis,

que de savoir quel livre de l'Ecriture était osent affirmer que le pouvoir des papes

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