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mèrent; Rome, alors dans l'humiliation, n'y eut point tic part. Il n'y avait point de légats à la tête dos soldats qui dévastèrent les vallées de Cabrières et de Mérindol : les inquisiteurs qui parurent dans la croisade contre les albigeois avaient été demandés et appelés par Simon de Montfort et par d'autres séculiers. Les crimes de Jules II et de son prédécesseur n'ont pas eu la religion pour objet ni pour motif, ni même pour prétexte : ce sont des moines, et non pas Rome, qui ont attenté aux jours de nos rois. Le saint-office môme ne doit aux papes ni son origine ni son extension : des mains séculières en ont préparé le code, et les princes l'ont introduit de leur plein gré dans leurs Etats. Ferdinand et Isabelle mendièrent ce tribunal pour l'Espagne ; le despotisme hypocrite de Philip] e II perfectionna ce que le despotisme perfide de son grand-père avait établi. Les premier, s lois contre les hérétiques ont été purement civiles; c'est l'autorité laïque qui a donné l'exemple d'infliger la peine de mort aux sectes turbulentes. Depuis le massacre des donatistes jusqu'à celui des albigeois, l'Egise n'employa d'autres armes que l'excommunication contre ses enfants rebelles. Quand le concile de Toulouse eut ordonné de procéder contre le crime d'hérésie, les peines ne furent encore que des exils et des amendes. C'est l'empereur Frédéric II, cet antagoniste violent du saint-siége, qui prononça contre les hérétiques la peine du feu s'ils étaient opiniâtres, et d'une prison perpétuelle s'ils reconnaissaient leur tort. Jamais l'inquisition romaine n'a ressemblé à celle d'Espagne; jamais Rome n'a vu tVauto-da-fé. Annales polit., t. I, n. 6, p. 3kk et suiv. il n'est pas plus vrai que jamais les papes, ni aucun concile, ni aucun théologien de marque, nient décidé ou enseigné qu'il est permis de violer la foi jurée aux hérétiques. Yoy. Constance (concile de), Hussites.
Cela n'a pas empêché un incrédule forcené d'écrire, de nos jours, « que l'Eglise romaine avait détruit autant qu'il est possible les principes de justice que la nature a mis dans tous les hommes. Ce seul dogme, dit-il, qu'au pape appartient la souveraineté de tous les empires, renversait les fondements de toute société, de toute vertu politique; il avait été longtemps établi, ainsi que Paffreuse opinion qu'il est permis, qu'il est même ordonné de haïr et de persécuter ceux dont les opinions sur la religion ne sont pas conformes à celles de 1 Eglise romaine. Les indulgences pour tous les crimes, même pour les crimes à venir; la dispense de tenir sa parole aux ennemis du pontife, fussent-ils de sa reugion; cet article de croyance où Ton enseigne que les mérites du juste peuvent être appliqués au méchant ; la perversité de 1 inquisition; les exemples de tous les vices dans la personne des pontifes et de leurs favoris, toutes ces horreurs devaient faire de l'Europe un repaire de tigres et de serpents, plutôt qu'une contrée habitée et civilisée par des hommes. » Cette tirade fougueuse parait démontrer que les incrédules
ne se foui aucun scrupule d'empioyer l'imposture, le mensonge, la calomnie noire et malicieuse, pour décrier les papes et l'Eglise romaine ; qu'ils mettent ainsi en usage la perfidie et la démence de laquelle ils osent accuser les autres. Il n'y a pas un seul article, dans cette déclamation, qui ne soit une fausseté ; nous l'avons fait voir suffisamment. Voi/. Hérétique, Indulgence, Inquisition, etc. (1).
(1) Nous allons compléter cet article par quclqi c* considérations de M. de Ravignan.
« A l'égard de Pierre, des choses bien dignes de remarque nous sont racontées par l'Evangile. Jésus- Christ, en le voyant pour la première fois, lui dit : ♦ Tu es Simon, fils de Jonas, tu C appelleras Céphcs,» Joan., c. i. v. 42, mot hébreu et syriaque qui signifie proprement piètre, peu a. Quand Pierre a solennellement confessé le Christ, Fils du Dieu vivant, Jésus reprend : Tu es bien heureux, Simon, /ils de Jouis... ; m es Pierre, et sur celle père je. bâtirai mon Eglise, et tes portes d • l'enfer neprévuudront point contre elle. Je te donnerai les c'e[s du royaume des rienx : tout ce que ta auras lié sur la terre s ra lié dans le ciel ; tout ce que lu auras délié sur la terre scia délié dans le ciel (Matth. xvi, 17). Peu de temps avant sa passion, Jésus dit encore à Pierre : J'ai prié pour
toi, a n que la foi ne vînt pas à défaillir t toi tour
tu devras confirmer et affermir tes frères ( Luc, xxo, 32). Après sa résurrection enfin, il ajoute : Paisse i vus agneaux, paisse* mes brebis (Joan. , xxi, t5. 19). De plus, différentes prérogatives sont réservées a Pierre dans les Ecritures. Il est toujours nommé le premier ; il est souvent désigné clairement comme le chef, le prince des apôtres; il est nommé seul quand les autres sont omis, pour les représenter ou pour les instruire. Dans les réunions, il se lève et parle le premier, au nom de tous, il prêche l'Évangile. Saint Paul vient le voir à Jérusalem, comme son supérieur, parce que, comme le disent OEcuménius, saint Jean Chrysostome, saint Ambroise, saint Augustin, il était l'oracle eL le premier des apôtres : Quia os eral apo$tolornm et prince, s. Eue condition toute différente de celle des autres apôtres fut donc faite à Pierre par le Sauveur. Car enfin toutes ces graves paroles, toutes ces prérogatives accumulées doivent avoir un sens. Elles prouvent évidemment que Pierre a été constitué le fondement, le souverain et universel pasteur de l'Eglise. Agneaux et brebis, c'est- i-dire tideles et évèques, comme le comprirent 0; igène, saint Ambroise, saint Léon, saint Eucher et les autres, tout est soumis à l'autorité de Pierre, tout est commis à ses soins. On lui donne les clefs comme au maître de la maison, comme au souverain de la cité. Pierre fut donc réellement établi centre unique et souverain d'unité. Jésus un jour monte sur une barque, s'y assied, et de la adresse au peuple ses paisibles et divins enseignements : c'était la barque de Pierre; touchante et sainte image, touchante et divine leçon ! < C était l'Eglise, barque impérissable de Pierre, où Jésus-Christ règne et enseigne toujours avec les successeurs du pécheur. Le maître semble bien sommeiller quelquefois, même durant la tempête ; mais, aux cris du naulonnier, il se lève et commande aux vents et à la mer qui se taisent.
« L'institution divine de sain! Pierre, comme centre d'unité chrétienne et catholique, est encore certaine comme histoire, indépendamment des Ecritures. C'est d'abord la voix antique de l'Orient. Origine, au second siècle, appelait Fierre le grand fonclement, la piètre inébranlable de l'Eglis\ Saint Athanase, écrivait à saint Félix, pape : Sur vous, comme sir leurs jond-'ineats, son', établies et affermies le.; colonnes de l'Eglise. Saint Jean Chrysosiome, commentant la magnifique promesse du Sauveur,
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PAPESSE JEANNE. Quelques auteurs du xie siècle et des suivants ont écrit qu'entre le pape Léon IV, qui mourut Tan 855, et
disait que que l'univers entier fut confié à Pierre; qu'il fut fait le pasteur et te dtefde toute l'Eglise. Les voix de rOccidenisont unanimes pour proclamer la même vérité. Tertullien demande si quelque chose fut caché à Pierre, fondement de l'Eglise à bâtir. Saint Cyprien, qui sembla un instant, abusé qu'il était, disculer non pas l'autorité, mais l'avis du pontife romain, est un des plus ardents défenseurs des droits divins du saint-siége. Dans son livre admirable de l'Unité de l'Eglise, Pierre est le chef, la source, la racine de toute l'Eglise. Il écrivait à Jubaien : LE ,l'<se qui es' une, a été, par la voix du Seigneur, fondée sur un seul, qui eu a reçu les clefs. Lisez saint Jérôme, saint Augustin, saint Ambroise, tous les Pères, c'est toujours même fdi, même unanimité, lin seul entre les douze est choisi, dit saint Jérôme, afin que le chef étant conslilu -, toute occasion de schisme soit ôlée. Pierre, ajoute saint Ambroise, couine un roc innnob le, porte et soutient la tuasse et l'ensemble de t'édifice chrétien. Saint Augustin affirme que Pierre se distingue par la primauté reçue au-dessus des autres, par la principauté de son apostolat supérieur à tout épiscopat. C'est assez. J'omets une foule de témoignages ; j'omets celte éloquente protestalion de la ville éternelle, les mille voiv de ses monuments, de ses splendeurs séculaires qui célèbrent si éloquemment la suprématie de Pierre.
< El au xixe siècle, il est des hommes qui ne craignent pas d'écrire, il en est d'autres qui croient avec un imperturbable sang-froid que Charlemagne ou Grégoire VII inventèrent la prérogative de Pierre, la suprématie du souverain pontife, centre spirituel d'unité. Vraiment on s'étonne, dirai-je, de tant d'ignorance, car il y en a beaucoup, ou de tant d'aveuglement. On conçoit bien mieux que, du fond des cœurs catholiques et des convictions du génie chrétien, s'élève comme un accent d'enthousiasme et d'amour pour exaller la gloire et le bonheur d'être unis à la chaire de Pierre ; et qui de vous ne se rappelle les paroles si belles de deux grands cœurs, de deux grands génies aussi, de Fénelon et de Bossuct ? Ils protestaient tenir à celte Eglise romaine du fond de leurs entrailles. VouJriez-vous savoir pourquoi, à leur exemple, nous tenons ainsi étroitement embrassée celle pierre auguste, ce vénéré fondement de l'unité ? C'est que nous comprenons la penséede celui qui fui l'auteur et le consommateur de notre foi, c'est que nous croyons à sa divine parole. >
Dans la deuxième partie, l'orateur prouve, par l'histoire de la papauté même, qu'elle a toujours joui de cette suprématie, que quelques personnes croient ne lui avoir appartenu qu'au jour où elle a eu un royaume, une couronne ; au jour où elle a apparu au monde entourée d'un pouvoir extérieur. Voici le rapide aperçu des preuves de l'orateur. < Pierre avait donc reçu de la bouche même du Sauveur la primauté : il l'exerça, elle fut reconnue. Pierre mourut sous Néron, crucifié comme son maitre. L'un de ses disciples et successeurs immédiats, saint Clément, a laisse des lettres authentiques, et nous rapporte un l'ail important. Les Corinthiens, au mépris de tous les droits, avaient déposé leurs eveqr.es et les prêtres. Saint Clément ordonna, sous peine de l'anathème ou de la damnation éternelle, qu'ils fussent réintégrés et reconnus immédiatement. C'était au i" siècle Pourquoi recourir de Corinlhe à l'autorité de l'évoque de Rome? Saint Jean vivait encore, on ne s'adressa pas à lui. Comment se fait-il que le pontife romain prononce la sentence en juge souverain, établi au-dessus des évoques? Il n'y en a qu'une explication possible, la suprématie spirituelle de la papauté, comme elle s'exerce encore au milieu de nous. La question de la Pàque agitait beaucoup l'Eglise.
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Benoît III, qui mourut en 85S, une femme avait trouvéle moyen de se faire élire pape, et avait tenu le siège de Rome pendant deux
L'Eglise de Rome prononce entre l'Orient et l'Occident, et sanctionne sa décision par les peines spirituelles qu'un pouvoir souverain et universel avait le droit de porter. Saint Irénée, qui touchait de la main pour ainsi dire aux temps et aux enseignements de î'apùtre saint Jean, reconnaît et vénère l'autorité des pontifes romains. Il en a conservé l'ordre et la série jusqu'à son âge. « Il proclame hautement qu'il est nécessaire que toutes les Eglises soient en communion, en rapport avec l'Eglise romaine, à cause de son autorité supérieure; qu'il faut que tous les lieux du monde lui soient unis, parce que cet.e Eglise est chargée de conserver pour tout l'univi rs la tradition qui vient des apôtres. » Quel moyen ici de supposer la fraude ou l'erreur ? Saint Irénée n'a-l-il pas su ce qu'il disait?
« Terlullien écrit : « J'entends qu'un décret solennel et péremptoire a été porté ; le pontife souverain, c'est-à-dire l'évêque des évèques, a ordonné. > Avec ces précieux documents des deux premiers siècles comment rêver une institution politique récente ? Comment douter de la perpétuité divine et a surée du souverain pontificat dans les évèques de Rome, successeurs de saint Pierre? Une institution de celle nature, une autorité si extraordinaire ne s'improvise pas, et surtout ne s'impose pas en un instant à tout l'univers. Si la main, si la loi divine n'étaient pas manifestes, aucune force humaine ne pourrait lier les divers ordres de l'Eglise, et tous les rangs des fidèles, et toutes les consciences, à un semblable principe d'unité et d'obéissance.
« Au iue siècle, saint Cyprien, résumant la tradition dans son admirable livre de l'Unité, enseigne « que la divine lumière qui pénètre l'Eglise el embrase de ses rayons le monde entier, vient d'un point unique, l'Eglise de Rome, le pontife romain, dont il dit ailleurs, qu'il est le chef du sacerdoce catholique. Parcourez tous les monuments subséquents du ve au xve siècle : dans les Pères, dans les conciles, dans l'histoire tout entière de l'Eglise, ce qui domine, c'est l'existence et la vie de l'unité, en son centre unique et divin, le pontife de Rome. Saint Jérôme, du fond de sa solitude, s'écriaii en s'adressant au pape Damase : « Quant à moi, je suis avant tout uni à votre siège, qui est la chaire de Pierre. Quiconque ne recueille pas avec vous, dissipe et n'appartient pas à Jésus-Christ, s Saint Athanase, saint Jean Chrysoslome, saint Basile, saint Grégoire de Nazianze, saint. Augustin, élèvent tous la voix pour saluer de leurs hommages de foi et de fidèle dépendance la primauté, l'autorité souveraine du pontife de Rome. Rome a parlé, disaitsaint Augustin
la cause esl Unie. Où est Pierre, là est l'Eglise
Ubi Pttrus, ibi Ecclesia. Tous les conciles œcuméniques sans exception sont confirmés par l'autorité première du successeur de Pierre. C'était la sanction nécessaire. Les canons et les conciles que Rome n'approuve pas, l'Eglise universelle les rejette. Elle esl grande, elle est imposante celle voix des conciles généraux. Dix-huit lois seulement elle a retenti dans l'univers, et toujours pour vénérer Pierre et Jésus- Christ, dans les successeurs de Pierre. Les hérésies furent toujours déférées au jugement de l'évêque de Rome. Toujours sa sentence fut suivie et adopté; par les conciles, el il devait en être ainsi. Même sans la confirmation des conciles généraux, le jugement de la chaire de saint Pierre était pour tout catholique la règle de la foi.
c Toutefois, j'ai besoin de le dire : du sein de la réforme et de nos jours, des voix généreuses se sont élevées pour venger la papauté de tant d'injustes outrages et pour rendre hommage à ses bienfaits et à ses gloires. Honneur à celle courageuse franchise !
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ans cinq mois quatre jours, sous le nom de Jean VIII. Marianus Scotus, moine irlandais, uni écrivit a Mayence une chronique en J083, plus de deux cents ans après 1 époque du fait, est le premier qui ait raconté cette fable. Elle fut ensuite copiée par Sigebert de Gemblours, qui écrivait 1 an 1112, par Martinus Polonus en 1277, et par d autres qui la «surchargèrent do circonstances ridicules. Ils dirent que depuis ce temps-là, avant d introniser un pope, on prenait la précaution do le. faire asseoir sur une chaise percée ou stercoraire, pour vérifier son sexe, etc. Les ceuturiateurs de Magdebourg et d'autres écrivains protestants tirent, d'abord grand bruit de cette histoire absurde, et donnèrent le fait pour incontestable; depuis ce tempslà plusieurs savants, non-seulement parmi les catholiques, mais parmi les protestants, comme Blondel, Casaubon, Bayle, etc., en ont. démontré l'absurdité. On y oppose, 1° que dans les manuscrits les plus anciens et les •lus exacts, soit de Marianus Scotus, soit de «ïartinus Polonus, soit de Sigebert de Gemblours, cette fable ne se trouve point, qu'ainsi c'est une addition faite par quelque copiste postérieur. 2° Que les historiens contemporains, tels que Anastase le Bibliothécaire, témoin oculaire de l'élection de Léon IV et de Benoit III, l'auteur des Annales de saint Bertin et de saint Loup de Ferrières , Odon, Alginon, Hincmar de Reims, etc., n'ont pas dit un seul mot de la prétendue papesse Jeanne; tous disent et supposent que Benoit III succéda immédiatement et sans interruption à Léon IV. Deux Gréas schisraatiques du môme siècle, savoir Photius, L. de Process. Spir. Sanct., et Métrophane de Smyrne, L. de Div. Spir. Sancti, disent expressément la même chose. Il en est de môme de Lambert de Schafnabourg, de Rhéginon, d'Herman de Raccourci, d'Othon de Frisingue, de Zonaras, de Cédrenus, de Jean Curopalate, qui tous ©nt écrit avant Marianus Scotus. 3° Que l'histoire de la papesse Jeanne est chargée de circonstances évidemment fausses, savoir : qu'elle avait étudié à Athènes, où l'on sait qu'il n'y avait plus d'études ni d'école au ix' siècle; qu'elle était accouchée en allant en procession de Saint-Pierre au palais de Latran : qu'elle
Qu'elle soit bénie et reçoive la récompense seule digne d'elle, une adhésion entière à L'unité ! Le temps des déclamations est passé. Pour juger l'Eglise romaine et la chaire pontificale, il faut en revenir aux faits premiers, à l'institution première. Pierre fut-il établi le chef, le fondement, le pasle ir souverain de l'Eglise? Pierre .a-t-il eu des successeurs ? Voilà tout. Si telle fut l'institution primitive et divine, quoi qu'on en puisse penser et dire, ni les fautes si exagérées des uns, ni les attaques trop certaines et trop amères des autres, ni les théories les plus spécieuses et les plus chères ne sauraient changer ce fait, ne sauraient séparer ce que Dieu a uni, ni détruire ce qu'il institua. Il reste alors à s'humilier sous la main puissante et miséricordieuse du Dieu trois fois bon, pour reconnaître, aimer son autorité paternelle dans l'unité même romaine, et pour s'embrasser, enfants de la même famille, dans l'amour d'une indissoluble fralern.lé, in amore fraternitatis. »
DlClIONN. de Théol. dogmatique. III.
avait été mise à mort en punition do sou crime, et enterrée au lieu môme de son accouchement, etc., pendant qu'il n'y a jamais eu aucun vestige de tombeau dans cet endroit. Une femme grosse et près de son terme ne se serait pas exposée en public dans cette circonstance. Marianus Scotus ne rapporte point ces derniers faits. Ainsi il est évident que la fable s'est augmentée sous la main des différents copistes. 4.° L'on montre, dans un garde-meuble de Saint-Jean de Latran, une chaise de porphyre artistement travaillée, dont la structure remonte évidemment aux siècles du paganisme, pendant lesquels la sculpture était la plus parfaite. Cette cltaise servait probablement à prendre le bain, ou à quelque cérémonie superstitieuse ; la forme de cette chaise, dont on ignorait l'usage, a pu donner lieu à la fable imaginée du temps de Marianus Scotus.
Plusieurs auteurs protestants, fâchés de ne pouvoir plus objecter cette histoire absurde aux catholiques, n'y ont renoncé qu'à regret : ils ont conclu que, malgré les preuves de ceux qui nient absolument le fait, il demeurait pour le moins douteux. Mosheim dit qu'après avoir examiné la chose sans partialité, il lui paraît que cette histoire doit son origine à quelque événement extraordinaire qui arriva pour lors à Rome. Il n'est pas croyable, dit-il, qu'une foule d'historiens aient cru et rapporté ce fait de la môme manière, pendant cinq siècles consécutifs, s'il était absolument destitué de tout fondement; mais on ignore encore ce qui a donné lieu à cette histoire, et il y a lieu de croiro qu'on l'ignorera toujours. ixc siècle, n' part., c. ii, § k. A cela nous répondons que s'il était arrivé dans ce temps-là quelque événement extraordinaire à Rome, les témoins oculaires, tels que Anastase et les auteurs contemporains , en auraient certainement parlé. Est-ce donc là la seule fable qui ait été forgée dans le xie siècle, sans aucun fondement? On sait que la méthode des chroniqueurs des bas siècles est de rapporter tout ce qu'ils ont lu ou entendu dire, sans critique et sans choix. Dès qu'un auteur quelconque a parlé d'un fait, c'en a été assez pour qu'il fût copié et amplifié par ceux qui ont écrit après lui, sans qu'aucun ait été curieux de remonter à la source. Mais tel est le faible des protestants -.lorsqu'il est question d'un fait favorable à l'Eglise romaine, les preuves les plus démonstratives suffisent à peine pour les persuader; s'agit-il d'un événement injurieux au catholicisme, les plus faibles probabilités les déterminent à y ajouter foi; et lors môme qu'ils n'oseraient plus l'affirmer, ils veulent avoir au moins la consolation d'en douter. C'est la maladie de tous les incrédules. Leibnitz, qui n'aimait pas les fables , avait fait une dissertation pour achever de détruire celle de la papesse Jeanne; mais elle n'a pas encore été publiée. Esprit de Leibnitz, t. II, p. 30.
PAQUE, fête des Juifs. Le mot hébreu phase', et le syriaque pasca, signilient passage : ainsi, la pdquc fut instituée en mé-
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moire du passage de l'ange exterminateur, uni tua dans une nuit tous les premiers-nés des Egyptiens et épargna ceux des Hébreux, miracle qui fut suivi du passage de la mer Itouge. C'est la pdque, dit Moïse dans l'Exode, c'est-à-dire le passage du Seigneur, c. xii , v. 11.
Voici de quelle manière il fut ordonné aux Hébreux de la célébrer en Egypte pour la première fois. Le dixième jour du premier mois du printemps, nommé Nisan, chaque famille choisit un agneau maie et sans défaut, et le garda jusqu'au quatorzième du môme mois; ce jour, sur le soir, l'agneau fut égorgé, et après le coucher du soleil on le fit rôtir pour le manger la nuit suivante , avec des pains sans levain et des laitues amères. Comme les Hébreux devaient partir de l'Eg.pte immédiatement après ce repas, ils n'eurent pas le temps de faire lever de la pâte. Ce pain sans levain et insipide est appelé dans l'Ecriture sainte un pain d'affliction, parce qu'il était destiné à faire souvenir les Hébreux des peines qu'ils avaient souffertes en Egypte; et c'est pour la même raison qu'ils devaient y joindre des laitues amères.
Il leur fut encore ordonné de manger cet agneau tout entier dans une môme maison, sans en rien transporter dehors ; d'avoir les reins ceints, des souliers aux pieds et un bâton à la main, par conséquent l'équipage et la posture de voyageurs prêts à partir. Mais Moïse leur recommanda surtout de teindre du sang de l'agneau le linteau et les deux jambages de la porte de chaque maison, afin que l'ange exterminât ur, voyant ce sang, passât ouîre et épargnât les enfants des Hébreux, [tendant qu'il metirait à mort ceux des Egyptiens. Enfin, les Hébreux reçurent l'ordre de renouveler chaque année cette même cérémonie, afin de perpétuer parmi eux Le souvenir de leur délivrance miraculeuse de l'Egypte et du passage de la mer Houge ; ils devaient s'abstenir de manger du pain levé pendant toute l'octave de cette fête, ( t ne briser aucun des os de l'agneau ; l'obligation de la célébrer était si sévère, que quiconque aurait négligé de le faire devait être condamné à mort (Num. ix, 13). C'était une des grandes solennités des Juifs ; et pour participer au festin de l'agneau, il fallait absolument être circoncis. Cette fête se nommait aussi la fête des Azymes. Dans la suite les Juifs ajoutèrent plusieurs observances minutieuses à celles qui étaient formellement ordonnées par la loi. Reland, Anliq. sacr. vet. Heb., pag. 220.
Les Hébreux mangèrent pour la seconde fois la pdque dans le désert de Sinai, l'année d'après leur sortie de l'Egypte (Num. ix, 5) ; et Josué la leur fit célébrer en sortant du désert pour entrer dans la terre promise (Josue, v, 10). Ainsi celte cérémonie fut observée d'année à autre par les témoins oculaires des événements qu'elle attestait, par les aînés des familles qui avaient été préservés eux-mêmes des coups de l'ange exterminateur. 11 leur était ordonné d'in-
struire soigneusement leurs enfants des raisons et du sens de cette fête religieuse (Exod. xn, 36). Elle ne ressemble donc en rien aux fêtes que les païens célébraient en mémoire d'événements fabuleux : celles-ci n'avaient pas été instituées à la date même de ces événements, mais plusieurs siècles après ; elles n'étaient point observées par des témoins oculaires des faits ; elles attestaient donc seulement la croyance publique, mais cette croyance n'était fondée sur aucun témoignage authentique; au lieu que celle des Juifs venait de l'attestation de témoins oculaires. L'alfectation des incrédules de méconnaître cette différence n'est pas un trait de bonne foi. C'est avec raison que les auteurs sacrés nous ont montré dans l'agneau immolé pour la pdque, dont le sang avait préservé les enfants des Hébreux des coups de l'ange exterminateur, une figure de Jésus-Christ. Il est en effet la victime immolée sur la croix, qui par son sang a sauvé le genre humain dos coups de la justice divine, et l'a délivré d'une servitude beaucoup plus cruelle que celle des Hébreux en Egypte. Aussi est-il appelé dans l'Evangile l'Agneau de Dieu, qui efface les péchés du monde. Saint Paul dit qu'il a été immolé pour être notre pdque (I Cor. v, 7). Un évangéliste nous fait remarquer que l'on ne brisa point les jambes à Jésus crucifié, parce qu'il était écrit de l'agneau pascal, vous ne briserez point ses os (Joan. xix, 36). Il est bien singulier que le Sauveur ait été mis à mort le même jour précisément que les Israélites étaient sortis de l'Egypte, et que du haut de sa croix il ait vu les préparatifs qui se faisaient à Jérusalem pour le grand jour du sabbat, et pour les sacrifices dont il remplissait lui-même la signification. Selon une vieille tradition juive, c'était à ce même jourque Dieu avaitfaitallianceavec Abraham, et lui avait annoncé la naissance d'Isaac. Reland, ibid., p. 236.
Les évangélistes nous apprennent que Jésus-Christ a célébré, plus d'une fois pendant sa vie, cette fête, pour laquelle les Juifs se rendaient de toutes parts à Jérusalem, et qu'il fit encore la pdque avec s :'S disciples la veille de sa mort; mais à celte cérémonie il en substitua une plus auguste, celle de l'eucharistie, qui est le sacrifice de son corps et de son sang. A la vérité, si l'eucharistie n'était qu'une simple figure, elle serait moins expressive et moins parfaite que celle de l'agneau pascal; mais des que c'est réellement le corps et le sang de Jésus-Christ, il est cl dr que c'est la réalité qui succède à la figure, et que Jésus-Christ a dit avec vérité du calice qu'il présentait à ses disciples : Ceci est le sang d'une nouvelle alliance. Mais on a disputé pour savoir si Jésus-Christ mangea réellement l'agneau pascal avec ses disciples, la veille de sa mort. La principale raison de ceux qui en ont douté est qu'd est dit (Joan. xvm, 28), que lorsque Jésus- Christ fut présenté à Pilate, les Juifs ne vouluient point entrer dans le prétoire, de peur de se souiller, parce qu'ils voulaient