‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 165 sur 228 · Î3 TAS · texte numérisé non relu

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cune affection, aucun sentiment. Ce dernier (Hat estimpossible; il étoufferait toute vertu, il ferait violerdes devoirs essentiels : le premier n'est rien moins que enimérique, les anciens philosophes le conseillaient, et les saints y sont parvenus. Nos nouveaux maîtres de morale disent que les passions ne produisent jamais de mal, lorsqu'elles sont dans une juste harmonie et qu'elles sont contre-balancées l'une par l'autre. Soit. La question est de savoir d'abord si cet équilibre dépend de nous nu n'en dépend pas ; en second lieu, de savoir lequel des deux est ie plus aisé, le plus sûr et le plus louable, de réprimer une passion par une autre, ou de les réprimer toutes par les motifs de religion. 11 nous parait que vouloir guérir une maladie de l'âme par un autre n'est pas un moyen fort sûr de se bien porter. Cette manière de traiter les passions demande beaucoup de réflexion, des médiations suivies, des calculs d'intérêt dont très-peu d'hommes sont capables ; les motifs de religion sont à portée de tous, et n'entraînent jamais aucun inconvénient. Pour justifier leurs passions, les païens les avaient attribuées à leurs dieux ; ce fut le comble du délire et de l'impiété. Au mot Antiiropopathie, nous avons vu en quel sens l'Ecriture sainte semble attribuer à Dieu les passions humaines.

* PASSIO.MSTES. Eu 1775, il s'est formé, en Italie, sous ce nom, une association religieuse. Les passionisles ont fondé un grand nombre de maisons en Italie. Ils en comptent une en Belgique. Ce sont de zélés défenseurs de la religion. Ils donnent des missions qui ont eu beaucoup de succès.

PASTEUR, homme qui a reçu de Dieu mission et caractère pour enseigner les fidèles et leur administrer les moyens de salut que Dieu a établis. Dieu lui-même n'a pas dédaigné de prendre ce titre à. l'égard de son peuple ; les prophètes l'ont donné au Messie en prédisant sa venue, Jésus-Christ se l'est attribué, et s'est proposé pour modèle des devoirs d'un bon pasteur ; il a revêtu ses apôtres et leurs successeurs de ce caractère, pour en continuer les fonctions jusqu'à la fin des siècles. En les chargeant de ce gouvernement doux, charitable, paternel, il a ordonné aux fidèles d'avoir pour eux la dociliié, la soumission, la confiance, qui caractérisent ses ouailles.

Lorsque les hérésiarques des derniers siècles ont voulu former un troupeau à part, ils ont contesté aux pasteurs de l'Eglise catholique leur autorité et leur mission ; ils ont soutenu que les pasteurs étaient les simples mandataires du corps des fidèles, que leur commission ne leur imprimait aucun caractère, qu'elle é ait révocable lorsqu'on était mécontent d'eux, et qu'alors ils n'avaient rien de plus que les simples laïques. Mais sur ce point la doctrine des novateurs n'a pas été uniforme. Pendant que les calvinistes prétendaient que tout homme capable d'enseigner peut être établi pasteur par l'assemblée des fidèles, les anglicans ont continué à soutenir que l'épiscopat est d'institution divine, qu'un évoque reçoit le ca-

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rac'ère et la mission de pasteur par l'ordination, mais qu'il tient du souverain la juridiction sur telle partie de l'Eglise. Cette diversité de croyance, dès l'origine de la prétendue réforme, a partagé l'Angleterre entre les épiscopaux et les presbytériens-. Parmi les luthériens, les uns ont été jaloux de conserver la succession des évoques sous le nom de surintendants, les autres ont jugé que cela n'était pas nécessaire. De son côté, l'Eglise catholique a continué de croire, comme elle a fait de tout temps, que la mission , le caractère, l'autorité des pasteurs, viennent de Dieu, et non des hommes, qu'ils reçoivent pari'ordination des pouvoirs que n'ont point les simples laïques, qu'ils forment par conséquent un ordre à part et distingué du commun des fidèles, que ceuxci sont obligés par l'institution divine de leur être soumis, de les écouter et de leur obéir. Telle est en effet l'idée que nous en donne l'Ecriture sainte, et telle a été la croyance de tous les siècles.

Ce n'est point aux fidèles, mais aux pasleurs seuls que Jésus-Christ a dit, dans la personne de ses apôtres : Vous serez assis sur douze sièges pour juger les douze tribus d'Israël. Paissez mes agneaux, paissez mes brebis. Comme mon Père ma cnvoijé, je vous envoie. Ce que vous lierez ou délierez sur la terre sera lié ou délié dans le ciel. Celui qui vous écoute m'écoute moi-même, etc. Saint Paul dit aux évoques que c'est le Saint-Esprit, et non le corps des fidèles, qui les a établis pour gouverner l'Eglise de Dieu , que c'est Jésus-Christ qui a établi des pasteurs et des docteurs; que personne ne doit prétendre a cet honneur, mais seulement celui qui est appelé de Dieu comme Aaron ; que lui-même a été fait apôtre, non par les hommes, mais par Jésus-Christ; il s'attribue le droit de punir et de retrancher de l'Eglise les membres indociles. Il dit aux simples fidèles : « Obéissez à vos préposés ou à vos pasteurs, et soyez-leur soumis, car ils veillent continuellement, comme devant rendre compte de vos âmes. (Hebr. xiii , 17). » Ce n'est point aux fidèles, mais à Tite et à Timotliée, qu'il donne commission d'ordonner des prêtres et d'autres ministres, et de les établir dans les villes pour y exercer les fonctions de pasteurs, etc. Yoy. Mission. Le premier de ces passages nous paraît mériter une attention particulière. Luc, c. xxu, v, 28, Jésus-Christ dit à ses apôtres : C'est vous qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves ; aussi je vous laisse ( par testament , StocrtQî^xt) «il royaume , comme mon Père me Va laissé , afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume, et que vous soyez assis sur douze sièges pour juger les douze tribus d'Israël. Il dit ensuite à saint Pierre : Simon, Satan a demandé de vous cribler (tous) comme le froment ; mais j'ai prié pour vous (seul), afin que votre foi ne manque pas ; ainsi un jour tourné vers vos frercs {litisTpè^ttç, conversus), confirmez ou affermissez-les. » Un protestant, vaincu par l'évidence, est convenu que le royaume laissé

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par Jésus-Christ à ses apôtres est le sacerdoce ; mais il contredit lo texte , en ajoutant que Jésus-Christ le leur donne pour eux, et pour ceux qui croiront à leur prédication. Il s'agit évidemment ici d'un privilège particulier pour les apôtres, puisque c'est une récompense de leur attachement constant pour leur maître ; de même que ce qui suit est un privilège et un devoir personnel pour saint Pierre d'atfermir ses frères dans la foi, et qui l'a rendu le pasteur des pasteurs. Ainsi s'est formée 1'Egiisc chrétienne, ainsi elle a toujours été gouvernée. Dans le concile de Jérusalem, les apôtres et les anciens, ou les prêtres, ne consultent point les fidèles pour leur imposer la loi de s'ahstenir des viandes immolées, du sang, des chairs suffoquées, et de la fornication (Act.xVyG, etc.). Saint Paul, en parcourant les Eglises, leur ordonnait d'observer ce commandement des apôtres et des anciens, v, 14. Saint Ignace, établi évoque d'Antiochepar les successeurs immédiats des apôtres, recommande continuellement aux fidèles, dans ses lettres, d'être soumis h leur évoque, de ne rien faire sans lui, de lui obéir en toutes choses; il suppose comme un principe constant , et il le prouve par l'ordre do Jésus- Christ même, que c'est aux évoques de gouverner et de commander, et aux fidèles de se laisser conduire. Au 111e siècle, saint Cyprien n'a pas été moins ferme à soutenir les droits, les prérogatives, l'autorité del'épiscopat. Aussi les hérétiques ont-ils accusé ces deux saints martyrs d'avoir été fort en têtes des privilèges de leur dignité ; mais cet entêtement prétendu leur venait de Jésus-Christ et des apôtres. D'autre part, il n'est que trop évident que les hérétiques n'ont soutenu la doctrine contraire que par nécessité de système. Comme la plupart des prédicants de la réforme étaient des laïques qui se croyaient plus habiles que tous les pasteurs de l'Eglise, que les autres étaient de simples prêtres ou des moines révoltés contre leurs évoques, il a bien fallu soutenir que, pour établir une nouvelle religion et une nouvelle Eglise, il n'était besoin ni de mission divine, ni de caractère surnaturel, ni de pouvoirs sacrés ; que tout homme qui croyait avoir trouvé la vérité pouvait la Drêcher, si des peuples trouvaient bon de 'écouter. Us ont publié que les pasteurs de 'Eglise avaient perdu leur mission et leur caractère , parce qu'ils enseignaient des erreurs, et que leurs mœurs ne répondaient pas à la sainteté de leurs fonctions. Mais par quel tribunal légitime cette condamnation des ministres de l'Eglise catholique a-t-elle été prononcée? Selon l'institution de Jésus- Christ, les apôtres, leurs successeurs, ont été établis pour juger les fidèles, et non pour être jugés par eux. Des hommes qui posaient pour principe fondamental de leur schisme, que la seule Ecriture sainte est la règle de ce que l'on doit croire et enseigner, auraient dû commencer par prouver clairement et formellement, par le texte sacré, que des pasteurs ignorants ou vicieux perdent leurs

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pouvoirs et ieur caractère, et que les peuples, dès ce moment, sont en droit de se révolter contre eux et d'en prendre d'autres. Les prétendus réformateurs commençaient par forger des impostures et des calomnies de toute espèce, pour noircir le clergé catholique et Je rendre odieux aux peuples ; ils concluaient ensuite que ces pasteurs étaient déchus de leurs pouvoirs et de leur autorité; ils finissaient par se mettre à leur place et par usurper leu;s fonctions. Ainsi le fondement de toute cette belle économie se bornait à l'assertion et à la parole des prédicants : voilà comme la réforme s'est établie.

Aujourd'hui de nouveaux docteurs, soit théologiens, soit canonistes, ramassent les débris de celte doctrine des protestants, coudamnée dans Wiclef, dans Jean Hus, dans les vaudois, aussi bien que dans les écrits de Luther et de Calvin, et veulent en faire le fondement d'une nouvelle jurisprudence ecclésiastique. De nos jours on a enseigné et répété que les pasteurs de l'Eglise ne sont que les mandataires du corps des fi Jèles ; que c'est au corps de l'Eglise, et non à ses pasteurs, que l'autorité d'enseigner et de gouverner a été donnée : que la puissance des pasteurs, n'étant point d'institution divine , ne peut obliger les fidèles en conscience; qu'ainsi les décisions des pasteurs en matière de foi et de discipline, no peuvent avoir force de loi qu'autant qu'elles sont acceptées par la société des fidèles. On a posé pour maxime que l'Eglise a le pouvoir d'excommunier, et qu'il doit être exercé par les premiers pasteurs , du consentement au moins présume' de tout le corps ; on a autorisé les fidèles à mépriser ce pouvoir, en décidant que la crainte d'une excommunication injuste ne doit pas nous empêcher de faire notre devoir. Il est aisé de voir si tout cela s'accorde avec la doctrine de l'Ecriture sainte, avec la croyance et la pratique de l'Eglise depuis les apôtres jusqu'à nous. Les ennemis du clergé n'en sont pas demeurés la ; ils ont enseigné que l'Eglise étant étrangère à l'Etat, les ministres ou les pasteurs de l'Eglise ne peuvent avoir aucune autorité indépendante de celle du souverain ; que, quoique la foi ne dépende point de lui, cependant la publicité de la foi et du ministère ecclésiastique en dépend ; qu'avant qu'il ait accordé cette publicité, la religion chrétienne ne peut lier le sujet, parce que ce'ui-ci ne peut être contraint que par l'autorité de son souverain ; ils en ont conclu que les décisions même des conciles généraux ne peuvent avoir force de loi qu'autant que le souverain le permet et en autorise la publication ; que c'est au souverain et aux magistrats de juger de la validité d'une excommunication, parce que cette peine prive un sujet de ses droits de citoyen.

Lorsque nos profonds | olitiques jugent qua Dieu, sa parole, son culte, ses lois, les ordres qu'il a donnés, sont étrangers à l'État, l'on est bien en droit de douter si ces écrivains eux-mêmes ne sont pas étrangers à l'Eglise, et si jamais ils ont fait profession

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du christianisme. A les entendre raisonner, on dirait que les souverains ont l'ait grAce à Jésus-Christ, en permettant que sa doctrine et sa religion fussent prêchées dans leurs Ktats ; que, par reconnaissance, ses ministres sont obligés en conscience de mettre celte religion, et l'Evangile qui l'enseigne, sous le joug de la puissance séculière. Nous pensons au contraire que c'est Jésus-Christ qui a fait une très-grande grAce à un souverain et à ses sujets, lorsqu'il a daigné leur procurer la connaissance de sa doctrine et de ses lois, les captiver sous le joug de son Evangile, leur donner une religion qui est le fondement le plus sûr de leurs devoirs mutuels et de leurs droits respectifs, par conséquent le plus ferme appui du repos, de la prospérité et du bonheur des sociétés politiques. Cette vérité est assez démontrée par le fait; puisque, de tous les gouvernements de l'univers il n'en est point de plus stable, de plus modéré, de plus heureux, à tous égards, que celui des nations chrétiennes.

Sans demander la permission des souverains, Jésus-Christ avait dit à ses apôîres : Prêchez i 'Evangile à toute créature ; quiconque ne croira pas sera condamné. Vous serez traînés devant les rois et les magistrats à cause

de moi, et pour leur rendre témoignage

ne lescraignez point... Ce que je vous ai enseigné en secret, publiez-le au grand jour, et ce que je vous dis à l'oreille, prêchez-le sur les toits. Ne craignez point ceux qui tuent le corps et n'ont point de pouvoir sur Vâme, mais craignez celui qui peut envoyer le corps et l'Ame au supplice éternel (Mat th. x, 18). Aussi les apôtres n'ont point demandé les lettres d'attache des empereurs païens pour annoncer l'Evangile à leurs sujets; les pasteurs, qui leur ont succédé, ont môme bravé leslois quileleurdéfendaient, et, par leur constance, ils ont enfin forcé les maîtres du monde à courber leur tôle sous le joug de la foi.

Mais on se tromperait grossièrement si l'on croyait que ces publicistes antichréliens soutiennent leur doctrine par zèle pour l'autorité légitime des souverains ; ils sont dans le fond aussi ennemis de cette autorité que de celle des pasteurs de l'Eglise. De môme qu'ils ont décidé que ceux-ci ne sont que les mandataires des fidèles, que leurs décisions n'ont force de loi qu'autant que l'on veut s'y soumettre, ils ont enseigné aussi que les souverains eux-mêmes ne sont que les mandataires de leurs sujets , que les sujets sont les vrais propriétaires de l'autorité suprême, qu'ils ne peuvent s'en dessaisir d'une manière irrévocable, que, quand les souverains en abusent, les sujets sont en droit de la leur ôter. Ainsi ces zélateurs hypocrites n'ont voulu mettre l'Eglise sous le joug des souverains que pour remettre les souverains eux-mêmes sous le joug des peuples. Voy. Autorité politique. Par une contradiction grossière, ils soutiennent, d'un côté, que le souverain a droit d'examiner et de voir si une religion convient ou ne convient pas à la prospérité et à la tranquillité de ses Etats et au bien de ses sujets, par conséquent d'en

permettre ou d'en défendre la prédication, la profession et l'exercice ; de l'autre, que le souverain n'a aucun droit de gêner la conscience de ses sujets, que c'est à eux seuls de juger quelle est la religion qu'ils doivent suivre ; que sur ce point la tolérance absolue est de droit naturel et de droit divin. Lorsqu'il s'agit de gêner les pasteurs dans l'exercice de leur ministère, le pouvoir des souverains est despotique et absolu ; s'agitil de réprimer la licence des prédicants, des athées, des incrédules, les prétentions des hérétiques, le souverain a les mains enchaînées par les lois sacrées de la tolérance. C'est selon les règles de cette merveilleuse logique qu'ont été faits les écrils intitulés : L'Esprit ou les principes du droit canonique ; de l'Autorité du Clergé ; l'Esprit du Clergé, etc. Les protestants avaient suivi la même marche et avaient usé du même stratagème ; Bayle le leur a reproché dans son Avis aux réfugiés ; il est à présumer que personne n'en sera dupe une seconde fols. Tantôt les ennemis du clergé ont peint les pasteurs comme des hommes dont les souverains doivent se défier, à cause de l'empire que le ministère des premiers leur donne sur l'esprit des peuples ; tantôt comme les esclaves des souverains, qui ont fait avec eux une conjuration pour asservir les peuples. Ces écrivains fougueux ne se sont pas contentés de calomnier et de noircir les pasteurs d'aujourd'hui, ils ont vomi leur fiel jusque sur les apôtres ; ils ont dit que ceux-ci et leurs successeurs commencèrent par prêcher une foi aveugle, qu'ils se donnèrent pour des espèces de dieux sur terre, qu'ils se vantèrent d3 donner le Saint-Esprit, afin d'allumer l'imagination de leurs prosélytes. Ils recommandèrent beaucoup la chanté, parce qu'ils étaient les distributeurs des aumônes et qu'ils en subsistaient eux - mêmes ; ils eurent lo zèle du prosélytisme, parce qu'en répandant la foi i s étendaient leur empire sur les âmes et sur les bourses de leurs sectateurs ; c'est pour cela que l'épiscopat devint un objrt d'ambition; les évoques furent les juges et les magistrats des fidèles. Saint Paul l'avait ainsi ordonné. Ils avaient le pouvoir d'excommunier, par conséquent d'ôter à ceux qu'ils proscrivaient les moyens de subsister. Ils régnèrent de cette manière avec un despotisme absolu sur les esprits et sur les cœurs, et ils en usèrent pour allumer parmi leurs prosélytes le fanatisme du martyre : ainsi, sous le nom de pasteurs, ils avaient le privilège de tond, e le troupeau et de le conduire à la boucherie pour leur propre intérêt. Ce tableau, sans doute, aurait fait plus d'impression s'il avait été moins chargé ; la passion y est trop marquée ; il a fait plus de tort à ceux qui l'ont forgé qu'à ceux qui en sont l'objet ; mais examinons-en tous les traits.

il n'est pas vrai que les fondateurs du christianisme aient commandé ui e foi aveugle , puisquMs ont commencé par prouver leur mission divine par des signes incootes«tables ; une foi fondée sur de pareilles preu-

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ves n'est point aveugle, mais sage et prudente. Yoij. Crédibilité. Nous ferons voir dans un moment qu'il en est de môme de celle des chrétiens d'aujourd'hui. Non-seulement les apôtres se sont vantés de donner le Saint-Esprit, mais ils ont démontré qu'ils le donnaient par les dons miraculeux qu'ils communiquaient par l'imposition de leurs m ins ; il n'était donc pas question dans tout cela de chaleur d'imagination, mais d'une persuasion fondée sur des preuves palpables, et auxquelles l'esprit le plus froid ne pouvait se refuser ; et il est prouvé, par des témoignages incontestables, que les dons miraculeux ont duré dans l'Eglise chrétienne pendant plus d'un siècle. Ces prédicateurs de l'Evangile ont beaucoup recommandé la charité, parce que Jésus-Christ l'avait commandée sur toutes choses, et c'est pour cela qu'on la prêche encore ; Jésus-Christ n'en avait pas besoin pour lui-môme, puisqu'il commandait à la nature. Non-seulement ses disciples l'ont prescrite, mais ils l'ont pratiquée, et cette vertu si nécessaire au monde est ce qui a le plus contribué à convertir les païens ; l'empereur Julien en est témoin, et il en a fait l'aveu. Les apôtres ni leurs successeurs n'ont point voulu être les distributeurs des aumônes, puisqu'ils avaient établi des diacres exprès pour les charger de ce soin. Si l'on connaissait les désagréments et les avanies auxquelles les pasteurs sont exposés par rapport à la distribution des aumônes, l'on ne serait pas tenté de regarder ce soin comme un ob„et d'ambition.

A-t-on comparé les travaux, les fatigues, les dangers de l'apostolat et du prosélytisme pendant les trois premiers siècles, avec les avantages temporels que ce zèle pouvait procurer ? Nous voudrions savoir quelle récompense mon laine a pu dédommager les pasteurs de ce temps-là des travaux, des fatigues, de la vie pauvre et auslère à laquelle ils étaient condamnés, et du danger du martyre auquel ils étaient continuellement exposés. Nous ne connaissons aucun évoque de ces premiers siècles qui ait fait une grande fortune ; nous voyons, au contraire, que, pour parvenir à l'épiscopat, il fallait renoncer à la fortune, et que la plupart ont fait profession de la pauvreté la plus austère. On a beau dire qu'ils en étaient dédommagés par le respect, par la contiance, par la vénération des fidèles ; nous ne voyons pas que Ton soit fort empressé aujourd'hui d'obtenir ce dédommagement au même prix.

Saint Paul n'avait point ordonné , mais il avait exhorté les fidèles à terminer leurs différends par l'arbitrage des pasteurs, plutôt que d'aller plaider au Iribunaldcs magistrats païens, auquel un chrétien ne pouvait comparaître sans danger. Cette morale, quoi q e l'on en dise, était très-bonne ; ceux qui l'ont suivie ne s'en sont jamais repentis ; mais nous ne voyons pas quel avantage temporel peuvent trouver les pasteurs à être quelque- Ibis les arbitres et les conciliateurs des procès de leurs ouailles. Pourquoi nos philosophes si ambitieux n'ont-ils pas mis en usage

les moyens de se concilier, comme les pasteurs, l'estime, les respects, la confiance, la vénération de leurs concitoyens, l'empi.e despotique sur les esprits et sur les cœurs ! Nous concevons encore moins quel intérêt les pasteurs de l'Eglise pouvaient avoir à souffler aux fidèles le fanatisme du martyre ; c'était s'imposer à eux-mêmes l'obligation de le subir, et ils y étaient plus exposés que les laïques, puisque c'était principalement contre les pasteurs que le gouvernement avait coutume de sévir. Nous savons que des prédicants hérétiques ont souvent bravé le danger du supplice , pour aller exercer en secret leur ministère dans des lieux où ils étaient proscrits ; mais nous sommes moins tentés d'attribuer cette conduite à leur ambition qu'à l'entêtement qui leur avait persuadé la vérité de la doctrine qu'ils professaient. Les incrédules, commeles hérétiques, ont souvent reproché aux pasteurs de l'Eglise catholique de vouloir dominer sur la foi de leur troupeau par le don d'infaillibilité qu'ils s'attribuent, de prétendre ainsi être les maîtres d'ériger en dogme de foi telle opinion qu'il leur plaît. S'ils y avaient mieux réfléchi, ils auraient vu que la foi des peuples domine pour le moins autant sur celle des pasteurs, que celle-ci sur la croyance des peuples. Car enfin, en quoi consiste l'enseignement de chaque pasteur? A prêcher et à professer la doctrine universellement crue et enseignée dans toute l'Eglise catholique ; rien de plus. Chaque pasteur, en entrant en exercice de sa charge, trouve cette doctrine tout établie dans le symbole, dans les catéchismes, dans la liturgie, dans tous les livres dont il lui est permis de se servir, aussi bien que dans l'Kciiture sainte; il a fait serment de n'en jamais enseigner d'autre, de n'y rien ajouter ni rien retrancher. S'il le faisait, ses auditeurs auraient droit de le dénoncer et de l'accuser ; la plupart sont aussi instruits que lui-même ; il serait condamné et dépossédé.

Ce qu'un particulier ne peut pas faire sans causer du scandale, peut-il être exécuté par l'universalité des pasteurs , soit dispersés dans leurs Eglises, soit rassemblés dans un c< ncile? 11 est absurde de supposer que des évoques dispersés dans les quatre parties du monde, qui ne se sont jamais vus, et qui ne se connaissent point, conspirent néanmoins dans le projet d'a.térer quelqu'un des dogmes de foi, ou d'en établir un nouveau dont on n'avait jamais entendu parler. Quel motif, quel intérêt, quel ressort pourrait mouvoir ainsi uniformément la volonté de plusieurs mil iers d'hommes, tous persuadés que le projet dont nous parlons serait un attentat. Si nous les supposons rassemblés, le cas ect absolument le môme. Quand on pourrait imaginer que trois cent dix-huit évoques des différentes parties du monde , qui n'avaient pas seulement le même langage, puisqu'il y avait des Grecs et des Latins , des Syriens, d.'s Arabes, des Peises, ont unanimement résolu, au concile de Nicée , d'établir en dogme de foi la divinité de Jésus-Christ, qui

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n'était pas crue auparavant , pourrait-on se figurer encore que, quanti ils ont reporté celte nouveauté dans leurs diocèses, elle y a été reçue sans réclamation par l'universalité des fidèles? Le dogme, en lui-même, n'éprouva aucune difficulté ; on n'argumenta d'abord que sur le terme de consubstantiel, et il n'y eut d'opposition que de la part de quelques évoques qui s'étaient laissé séduire par les sophismes d'Arius. Il en fut de même des autres articles de doctrine, décidés dans les conciles postérieurs. Nos adversaires se sont imaginé qu'un dogme n'avait pas encore été cru, lorsqu'il n'avait pas encore été mis en question ; mais un dogme révélé de Dieu, et enseigné par les apôtres, n'a commencé à être mis en question que quand il s'est trouvé des novateurs qui, par ignorance ou par opiniâtreté, se sont avisés de le révoquer en doute et de le contester. Voy. Dépôt de la roi. On distingue les pasteurs du premier ordre, qui sont les évoques, et ceux du second ordre, qui sont les curés ou recteurs des paroisses ; leurs droits respectifs et la différence de leur juridiction sont l'objet de la jurisprudence canonique.

Pasteur d'Hermas. Voy. Hermas.

PASTOPHORION, mot grec qui se trouve fréquemment dans la version des Septante, et sur le sens duquel les critiques ne sont pas d'accord. Souvent il est parlé du temple de Jérusalem, et des pastophoria ou appartements qui y étaient contigus. Ce terme, dit-on, vient de ttk<tt</.c ou tzk<t-ôz , portique, vestibule, chambre, et il a la même signification ; (j-opeTov signifie aussi ce que Ion porte, et le lieu où l'on porte quelque chose ; d'où l'on doit conclure que ir«or.o-fop:tov est à la lettre un magasin, le lieu où l'on mettait les offrandes et les provisions du temple. Les appartements des prêtres étaient nommés de même , parce que tout cela était eontigu et sous un même toit. Dans les Constitutions apostoliques, écrites au ivc ou au vc siècle, il est aussi parlé des pastophoria des anciennes églises, par analogie à ceux du temple, 1. n, c. 57; l'auteur veut que l'église soit un édifice plus long que large, tourné à l'Orient ; qu'il ait de ce côtélà, de part et d'autre, des pastophoria , et u'il ressemble à un vaisseau ; que le siège e l'évoque soit dans le fond, etc. L. vin. c. 13, il est dit qu'après la communion des hommes et des femmes, les diacres porteront les restes dans les pastophoria; c'étaient, diton , les appartements des prêtres Bingham, Orig. eccles. , }. vin, c. 7, § 11. Pour nous, qui pensons qu'au ive et au ve siècle on traitait les restes de l'eucharistie avec plus de respect qu'un alimenl ordinaire, nous sommes persuadés que pastophoria , dans ces deux passages, sont les armoires ou tabernacles qui furent appelés par les Latins ciboria, et qui étaient placés à côté de l'autel , dans lesquels on réservait l'eucharistie pour les malades : 1° parce que, dans l'origine, ce tonne signifie un lieu dans lequel on porte, l'on dépose et l'on conserve quelque chose ; 2" parce que, dans le premier passage, Tau-

teur des Constitutions apostoliques parle de l'intérieur de l'église et non des bâtiments extérieurs ; il décrit le sanctuaire et non les autres parties de l'édifice ; 3° si les appartements des prêlres ont été aussi appelés pastophoria, ce n'est qu'une signification dérivée, et qui est venue de ce que ces appartements étaient contigus de ceux dans lesquels on mettait les offrandes. Nous ne faisons ces observations que parce que les protestants ont voulu insinuer par le second massage des Constitutions apostoliques, que es restes de l'eucharistie étaient portés dans 'appartement des prêtres pour faire leur nourriture ordinaire, et qu'on ne les trai.lait pas avec plus de respect que les autres aliments.

PASTORICIDES, nom qui fut donné, dans le xvie siècle, aux anabaptistes d'Angleterre, parce qu'ils exerçaient principalement leurs fureurs contre les pasteurs, et qu'ils les tuaient partout où ils les trouvaient. Voy. Anabaptistes.

PASTOUREAUX, secte fanatique, formée au milieu du xm" siècle par un nommé Jacob, Hongrois, apostat de l'ordre de Citeaux. Dans sa jeunesse, il commença par assembler une troupe d'enfants en Allemagne et en France, et en fit une croisade pour la terre sainte : ils périrent promptement de faim et de fatigue. Saint Louis ayant été fait prisonnier par les Sarrasins l'an 1^50, Jacob, sur une prétendue révélation, prêcha que les bergers et les laboureurs étaient destinés du ciel à dél.vrer le roi ; ceux-ci le crurent, le suivirent en foule, et se croisèrent dans cette persuasion, sous le nom de pastoureaux. Des vagabonds, des voleurs, des bannis, des excommuniés, et tous ceux que l'on appelait ribaux, se joignirent à eux. La reine Blanche, gouvernante du royaume dans l'absence de son tils, n'osa d'abord sévir contre eux ; mais lorsqu'elle sut qu'ils prêchaient contre le pape, contre le clergé, contre la foi ; qu'ils commettaient des meurtres et des pillages, elle résolut de les exterminer, et elle en vint promptement à bout. Le bruit s'étant répandu que les pastoureaux venaient d'être excommuniés, un bouchertua Jacob, leur chef, d'un coup de hache, pendant qu il prêchait ; on les poursuivit partout, et on les assomma comme des bêtes féroces. Hist. de VEgl. gallic, t. XI, 1. xxxii, an. 1250. Il en reparut encore de nouveaux l'an 1320, qui s'attroupèrent sous prétexte d'aller conquérir la terre sainte, et qui commirent les mêmes désordres. Il fallut les exterminer de la même manière que les premiers. Ibid. , tom. XIII, 1. xxxvn, an. 1320.

PATAR1NS, PATERINS , ou PATR1NS , nom donné, dans le xi* siècle, aux pauliciens ou manichéens qui avaient quitté la Bulgarie, et étaient venus s'établir en Italie, principalement à Milan et dans la Lombardie. Mosheim prouve, d'après le savant Muratori, que ce nom leur fut donné parce qu'ils s'assemblaient dans le quartier de la ville de Milan, nommé pour lors Cataria, et aujourd'hui Contrada de Catarri. On les appelait

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encore cathari ou purs, et ils affectaient euxmêmes ce nom pour se distinguer des catholiques. Au mot Manichéens, nous avons vu que leurs principales erreurs étaient d'attribuer la création des choses corporelles au mauvais principe, de rejeter l'Ancien Testament, et de condamner le mariage comme une impureté.

Dans le xne et le xm" siècle, le nom depatarins fut donné a tous los hérétiques en général ; c'est pour cela que l'on a souvent confondu ces cathares ou manichéens dont nous parlons avec les vaudois, quoique leurs opinions fussent très-différentes. Le concile général de Latran , tenu l'an 1179, sous Alexandre 111, dit anathème aux hérétiques nommés cathares, patarins ou publicains, albigeois et autres ; il avait principalement en vue les Manichéens désignés par ces différents noms ; mais le concile général suivant, célébré au môme lieu Tan 1215, sous Innocent III, di.igea aussi ses canons contre les vaudois.

Dès l*an 1074-, lorsque Grégoire VII, dans un concile de Rome, eut condamné l'incontinence des clercs, soit de ceux qui vivaient dans le concubinage, soit de ceux qui prétendaient avoir contracté un mariage légitime, ces derniers, qui ne voulaient pas quitter leurs femmes, donnèrent aux partisans du concile de Rome le nom de patarini ou paterini, pour donner à entendre qu'ils réprouvaient le mariage comme les manichéens ; mais autre chose était d'interdire le mariage aux ecclésiastiques, et autre chose de condamner le mariage en lui-même.

Les protestants ont souvent affecté de renouveler ce reproche très-mal à propos.

PATEL1EHS. On nomma ainsi au xvie siècle quelques luthériens qui disaient fort ridiculement que Jésus-Christ est dans l'eucharistie comme un lièvre dans un pâté. Yoy. Luthériens.

PATÈNE. C'est, dans l'Eglise romaine, un vase sacré, d'or ou d'argent, fait en forme de petit plat, qui sert à la messe à mettre l'hostie, et que l'on donne à baiser à ceux qui vont à l'offrande. Son nom vient du latin patina, qui signitie un plat. Autrefois les patènes étai ni beaucoup plus grandesqu'elles ne sont aujourd'hui, parce qu'elles servaient à contenir les hosties pour tous ceux qui devaient communier. Anastase le Bibliothécaire rapporte d'après d'anciens monuments, que Constantin le Grand, à l'occasion des obsèques de sa mère sainte Hélèn\ fit présent à l'Eglise des saints martyrs Pierre et Marcellin, d'une patène d'or pur pesant trentecinq livres. Comme elle pouvait embarrasser le prêtre à l'autel , le sous-diacre tenait ce plat dans ses mains, jusqu'au moment auquel on s'en servait. Fleury, Mœurs des chrétiens, n. 35.

PATENOTRE. Voy. Chapelet.

PATER. Voy, Ohaison dominicale.

PATERNIENS. Saint Augustin, dans son livre des Hérésies, n. 85, dit que les palerniens, que quelques-uns nommaient aussi venustiens, enseignaient que la chair était

l'ouvrage du démon ; ils n'étaient pas pour cela plus mortifiés ni plus chastes ; au contraire , ils se plongeaient dans toutes sortes de voluptés. On dit qu'ils parurent au iv" siècle, et qu'ils étaient disciples de Syminaquc le Samaritain.il ne parait pasque cette secte ait été fort nombreuse ni qu'elle ait été fort connue d s écrivains ecclésiastiques.

PATERNITÉ, relation d'un père à l'égard de son fils. Dans le mystère de la sainte Trinité, la paternité est la propriété particulière de la première Personne, et qui la distingue des deux autres.

Les Pères de l'Eglise, qui ont défendu ce mystère contre les ariens, les eunoiniens et autres hérétiques , ont beaucoup raisonné sur cette qualité de Père que Dieu lui-même s'est attribuée dans l'Ecriture sainte ; ils ont fait voir que ce terme, par sa propre énergie, désigne en Dieu un attribut plus auguste que la qualité de créateur. Dieu est Père de toute éternité, puisqu'il est nommé le Père éternel ; il n'a été créateur que dans le temps. Comme Dieu ne peut pas être sans se connaître soi-même, il n'a jamais pu être sans engendrer le Fils; d'où il s'ensuit que le Fils est coéternel et consubstantiel au Père; qu'ainsi le nom de Père ne se tire point de la création, comme le prétendaient les ariens et comme le veulent encore les sociniens, mais de la génération éternelle du Verbe.

Les Juifs mêmes le comprirent, puisqu'ils voulurent mettre à mort Jésus-Christ, parce qu'il appelait Dieu, son Père, se faisant ainsi égal à Dieu (Joan. v, 18). Cette conséquence aurait été très-fausse, si Jésus-Christ, en nommant Dieu son Père, avait entendu son créateur ; les Juifs n'auraient pas pu en être scandalisés ; Jésus cependant, loin de les détromper, a toujours continué de parler do môme ; d'où il s'ensuit qu'en se nommant Fils de Dieu, il n'entendait par là ni la création ni une simple adoption, mis une filiation naturelle et qui emporte l'égalité ou plutôt l'iuentilé de nature. De là les Pères ont encore conclu que quand Jésus-Christ dit à Dieu son Père, fai fait connaître votre nom aux hommes {Joan. xvh, 6), il n'est question là ni du nom de Dieu ni de celui de créateur, puisque ces deux noms étaient très-connus des Juifs avant Jésus-Christ , mais qu'il s'agit du nom de Père dans le sens rigoureux, nom que les Juifs ne connaissaient pas, et qui ne leur avait pas encore été révélé. Ils ont dit enfin que, quand saint Pierre dit (Ephes. ni, 14) : .« Je fléchis les genoux devant le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, duquel toute paternité est nommée dans le ciel et sur la terre, » il nous donne à entendre que la qualité dei*eVe, qui appartient à Dieu essentiellement et par nature, n'a été donnée aux créatures que par communication et par grâce, et que ce nom ne conserve toute son énergie que quand il est donnéà Dieu. Conséquemment les Pères ont fait voir qu'il y a entre la paternité divine et la paternité humaine dos différences essentielles. Aussi les anciens hérétiques ne

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