‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 168 sur 228 · PAT PAT · texte numérisé non relu

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férieurs h un seul évoque, de plusieurs évê- de ses actions; il est clair que le plus fort

ques à un métropolitain, de tous à un seul ne manquerait pas d'opprimer le plus faible,

souverain pontife, est le modèle d'un parfait que dans cet état la société serait impossi-

gouvernement. Me. Toute la question est donc réduite à sa-

PATRIE, lieu dans lequel nous sommes voir si l'état sauvage est préférable à l'état nés et où nous avons été élevés. Dieu , dans de société , avec toutes ses entraves et ses l'ancienne loi, a consacré en quelque manière inconvénients ; si nos philosophes le jugent l'amour de la patrie ;sanscesse Moïse exhorte préférable, qui les empoche d'en aller goules Juifs à estimer leurs lois , a chérir leur ter les douceurs? Malgré leurs déclamations, nation , à s'attacher au sol de la terre pro- c'est aux lois, à la police, au gouvernement mise, et l'on sait jusqu'à quel point ce peuple de leur patrie qu'ils sont redevables de la porta dans la suite le patriotisme. L'auteur conservation de leur vie , des droits qu'ils du livre de l'Ecclésiastique, c kh- et suiv., tiennent de leur naissance, de leur édufait l'éloge de tous les personnages qui ont cation , de leur sécurité et de leur repos, contribué à la force et à la prospérité de la de la stabilité de leur fortune , des connaisnation juive. Si Jésus-Christ n'a pas coin- sances dont ils se savent si bon gré, de l'inmandé l'amour de la patrie dans l'Evangile, dulgence môme avec laquelle on a supporté c'est qu'il était venu pour former entre tous leurs égarements : tout cela mériterait un les peuplesunesociété religieuse universelle, peu de reconnaissance. Au reste, leur patrie par conséquent pour inspirera tous les hom- pourrait se réconcilier aisément avec ces mes une charité générale; il savait d'ailleurs enfants ingrats; elle n'a qu'à les élever aux que le patriotisme mal réglé chez les païens dignités, aux honneurs, partager avec eux le les avait rendus ennemis, injustes et sou- pouvoir et l'opulence; alors ils jugeront quo vent cruels les uns envers les autres. Mais tous ces avantages et ces prééminences dont le Sauveur lui-môme versa des larmes en ils se plaignent aujourd'hui , sont la choso annonçant les malheurs qui a'iaient bientôt du monde la plus juste, la plus raisonnable, fondre sur sa nation. En Jésus-Christ , dit la plus naturelle. Quelques-uns ont dit qur» saint Paul , il n'y a plus ni Juif, ni Gentil, la religion chrétienne, en nous représentant ni Scythe, ni Barbare; tous sont un même le ciel comme notre vraie patrie, nous dépeuple et une seule famille (Coloss. ni, 11; tache absolument de celle que nous avons Galat. m, 23). Le patriotisme des Grecs leur sur la terre, et nous fait négliger les devoirs faisait regarder comme barbare et comme de la société civile. Ce reproche est évidetnennemi tout ce qui n'était pas Grec; l'or- ment faux, puisque notre religion nous apgueil national des Romains leur persuada prend en même temps que nous ne pouvons que leur capitale devait être celle du monde gagner le ciel qu'en remplissant tous nos entier; ils furent les oppresseurs et les ty- devoirs à l'égard de notre patrie et de la sorans de l'univers. Mais une preuve que dans ciété. L'expérience nous apprend assez qui la gloire de leur patrie ils n'envisageaient sont les meilleurs patriotes, ceux qui croient que leur intérêt personnel, c'est que dès un Dieu et une autre vie, ou les raatériaqu'ils cessèrent d'y être les maîtres et qu'il listes, qui ne croient ni ciel ni enfer, fallut obéir à un dictateur perpétuel, ils ne PAÏ1UPASSIENS ou PATROPASS1ENS , purent plus supporter la vie. nom qui a été donné à plusieurs héréiiques :

L'amour de la patrie , lorsqu'il n'est pas en premier lieu aux sectateurs de Praxéas, réglé par la justice , peut donc devenir un qui, sur la tin du n' siècle et sous le pontitrès-grand vice; mais c'en est un autre de ticat du pape Victor, vint à Rome; il ensein'avoir pour elle aucune espèce d'attache- gna qu'il n'y a qu'une seule Personne divine, ment, d'en décrier le gouvernement et les savoir, le Père; que le Père est descendu lois, d'en mépriser les us tges, de vanter sans dans Marie, qu'il est né de cette sainte Vierge, cesse les autres nations , de peindre le pa- qu'il a souffert et qu'il est Jésus-Christ même; triotisme comme un aveugle préjugé; c'est c'est du moins la croyance que lui attribue néanmoins ce qu'ont fait la plupart de nos Terlullien dans le livre qu'il a écrit contre philosophes atrabilaires. Ils prétendent que, cet hérétique; 2° à Noët et aux Noétiens ses loin de devoir quelque chose à leur patrie, disciples, qui enseignaient la même erreur c'est elle, au contraire, qui leur est redeva- en Asie, à peu près dans le même temps, ble. Ils payent , disent-ils, le gouvernement comme nous l'apprenons de saint Hippolyte qui souvent les opprime , les grands qui les de Porto qui les réfuta, et de saint Epiphane; écrasent, le militaire qui les foule, le magis- 3° à Sabellius et à ses partisans, au ive siècle, trat qui les juge, le financier qui les dévore; II est dit dans le concile d'Antioche , tenu pendant que tous ces gens-là se font payer par les eusébiens l'an 3i5, que les Orienpour commander, le peuple paye pour obéir taux appelaient sabelliens ceux qui étaient et souffrir; il n'est pas une seule de nos ac- appelés patripassiens par les Romains, et tions qui ne soit gênée par une loi , pas un qu'ils furent condamnés parce qu'ils supposeul bienfait de la nature qui ne soit absoibé saient que Dieu le Père était | assible. Beauou diminué par un impôt, etc., etc. Pour dé- sobre, déterminé à justifier tous les hérétimontrer l'absurdité de toutes ces plaintes, il ques aux dépens des Pères de l'Eglise, présuffit de demander à ceux qui les font s'ils tend que cette dénomination est injuste, que aimeraient mieux vivre sous une anarchie les sectaires dont nous venons de parler absolue, dans un état où chaque particulier étaient unitaires , et n'admettaient qu'une serait affranchi de toute loi et maître absolu seule Personne divine; qu'ils n'ont jamais

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enseigna que cette Personne s'est unie substantiellement à l'humanité dans Jésus- Christ, ni qu'elle a souffert en lui; que c'était seulement une conséquence que les Pères ont tirée mal à propos de leur doctrine. Hist. du Manichéisme, 1. in, c. 6, §7.

Mais il nous paraît singulier qu'un critique du xvin* siècle se flatte de mieux connaître le sentiment des anciens hérétiques que les Pères contemporains qui ont conversé avec eux ou avec leurs disciples, qui ont lu leurs ouvrages et examiné leur doctrine. 11 ne sert à rien de dire que si ces sectaires avaient enseigné toutes les erreurs qu'on leur atiribue, i! aurait fallu qu'ils fussent insensés, qu'ils tombassent en contradiction , qu'ils ne s'entendissent pas euxmêmes, etc. C'est justement ce que les Pères leur ont reproché cent fois, et nous en avons vu cent exemples parmi les novateurs des derniers siècles. Si les Pères de l'Eglise ont péché en faisant voir aux hérétiques les conséquences de leur doctrine , comment se justifiera Beausobre lui-même, qui ne cesse d'attribuer aux Pères de l'Eglise et aux théologiens catholiques, par voie de conséquence, des erreurs auxquelles ils n'ont jama s pensé, et qu'ils auraient formellement rejetées , si on tes leur avait mises sous les yeux ? Mosheim, plus équitable et plus judicieux sur ce point que Beausobre , a fait voir que les Pères n'ont point a ,cusé faussement les hérétiques dont nous [tarions , et que h nom de palripassiens qu'ils leur ont dunné est assez juste dans un sens. Ces sectaires disaient que Dieu le Père , considéré précisément selon la nature divine, était impassible; mais qu'il s'était rendu passible par son union intime avec la nature humaine de son Fils; c'est ainsi que l'explique Théodoret. Nous disons dans un sens ti ès-orthodoxe, que Dieu le Père, ou considéré comme Père, est impassible; mais que Dieu le Fils, ou considéré comme Fils, est passible, parce que ce sont deux Personnes distinctes. L'erreur des patripassiens était de prendre le nom de Père dans le môme sens que nous prenons le nom de Dieu; par là ils détruisaient la distinction des Personnes de la sainte Trinité. Mosheim, Hist. christ., sœc. 3, § 32, notes. Voy. Noétie\s, Pkaxéeks, Sabelliens.

PAUL (saint), apôtre. On sait qu'il était né Juif, élevé à l'école des pharisiens; il était très-entôté des opinions de sa secte , et il avoue lui-même qu'il fut d'abord un des plus ardents persécuteurs du christianisme, i! allait de Jérusalem à Damas, bien accompagné, pour faire emprisonner et punir tous les chrétiens qu'il y trouverait; sur le chemin, Jésus-Christ lui apparut, lui parla, le renversa par terre, le rendit aveugle; conduit à Damas, il se fit instruire et baptiser; il recouvra la vue , et devint apôire ; telle fut la cause de sa conversion {Act.\x;Galat.\, etc.). Les incrédules n'ont rien omis pour la rendre suspecte; ils en ont forgé d'autres motifs et ont nié le miracle; ils ont noirci la conduite de saint Paul, contesté ses miracles, travesti

sa doctrine ; nous devons au lecteur quelques réflexions sure' acun de ces chefs.

I. Mylord Littleton, célèbre déiste anglais, revenu au christianisme „ a fait un ouvrage exprès sur ce sujet , intitulé : La religion chrétienne démontrée par la conversion et V apostolat de saint Paul. Après avoir exposé la manière simple et naïve dont cet apôtre rend compte de cet événement , il fait voir que saint Paul n'a pu se tromper lui-même, ni en imposer aux autres , ni avoir aucun motif pour forger un mensonge; s'il l'avait fait, il n'était pas seul , ses compagnons de voyage auraient pu dévoiler l'imposture; ils n'ont pas pu avoir les mêmes motifs , les mêmes passions, le même intérêt que lui de déguiser la vérité. Saint Paul n'était ni un esprit faible ni un visionnaire; ses écrits, ses raisonnements, sa conduite, prouvent le contraire; ses calomniateurs même n'osent lui refuser de l'esprit, de l'étude, des talents; quelque parti que l'on prenne , il faut admettre en lui un changement miraculeux; car enfin Paul converti n'est plus juif dans ses préjugés, dans ses inclinations, dans ses sentiments ni dans ses actions. Nous laissons le choix aux incrédules entre le miracle que cet apôtre raconte et celui qu'ils veulent nous persuader. Voir une lumière éclatante en plein jour, en perdre la vue, converser avec Jésus-Christ , être conduit à Damas par la main, être instruit, baptisé, et recouvrer la vue, sont des circonstances que l'on ne peut ni rêver ni forger impunément. Quel motif humain pouvait engager Paul h les inventer? L'intérêt? Le christianisme était persécuté; vu l'acharnement des juifs, ce parti encore faible et sans défense devait, selon toutes les apparences, être bientôt écrasé; il y avait plus à gagner à demeurer juif qu'à se faire chrétien; il y avait même beaucoup de danger à changer de parti, puisque les juifs voulurent tuer Paul, et qu'il fut obligé de s'enfuir en Arabie (Act.ix, 23). Paul converti prend à témoin les fidèles deCorinthe,de ïhessalonique,d'Ephèse,etc, de son désintéressement. Est-ce l'ambition ? 11 aurait voulu dominer sur les autres apôtres , se faire chef de secte, avoir une doctrine et un parti k lui; il fait profession du contraire : « Nous sommes le rebut du monde, dit-il , mais nous ne rougissons pas de l'Evangile Si nous n'avons rien a espérer

qu'en ce monde, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes (/ Cor. iv, 13 ; xv, 19). Serait-ce mécontentement ou ressentiment contre les Juifs? Il ne se plaint pas d'eux; poursuivi à mort par eux, il les plaint, il les excuse, il ne cherche point à aigrir contre eux les magistrats romains. Ce n'est pas non plus l'esprit d'indépendance, puisque personne n'a commandé plus étroitement que lui la soumission et l'obéissance envers toutes les puissances établies de Dieu, les incrédules mêmes lui en font un crime. Il prend à témoin les fidèles qu'il leur a donné l'exemple de toutes les vertus qu'il leur prêche , que sa conduite a toujours elo juste, sainte, irrépréhensible (I Tkess. u, 2;

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