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Il Cor. vu, 8, etc.). On dit qu'il a fait un complot avec les autres apôtres. Dans ce cas, il n'était pas besoin de forger un miracle, ies apôtres avaient droit de prendre des col ègïies , et déjà ils avaient adopté saint Matliias. Il suffisait de dire que, par une étude profonde des Ecritures , Paul avait découvert que Jésus était le Messie, qu'en conséquence il s'était réuni aux apôtres pour prêcher cette vérité; supposer un faux miracle c'était s'exposer à être confondu par les juifs et méprisé par les païens.
11 y a, disent nos adversaires, des contradictions dans le récit que Paul fait de sa conversion : dans un endroit il dit que s s compagnons de voyage entendirent la voix qui lui parlait; dans un autre, qu'ils ne l'entendirent pas. 11 dit, dans les Actes, qu'après sa conversion il retourna de Damas a Jérusalem, et dans YEpltre aux Galates, qu'eu sortant de Damas il alla en Arabie, et ne vint à Jérusalem que trois ans après. Dans cette môme Epitre il ajoute qu'il n'a vu que Pierre et Jacques, et dans les Actes nous lisons qu'il a vécu à Jérusalem avec les apôtres. Nous soutenons que ces narrations ne se contredisent point. Âct., c. ix, v. 7, il est dit que ceux qui accompagnaient saint Paul furent étonnés d'entendre une voix et de ne voir personne; c. xxn, v. 9, il dit lui-même : « Ceux qui étaient avec moi virent une lumière, mais ils n'entendirent point la voix de celui qui me parlait. » Voilà le double sous du mot entendre expliqué. Ils virent une lumière et entendirent une voix ; mais ils n'entendirent ni ce que disait cette voix ni qui était la personne qui parlait, parce qu'ils étaient à quelque distance de Paul. Cbap.ix, v.26, l'historien, après avoir parlé du séjour de saint Paul h Damas, et de ce qui s'y passa, fait mention de son voyage à Jérusa'exn, mais il ne dit pas que Paul y alla immédiatement en sortant de Damas ; il passe sous silence le voyage de Paul en Arabie, mais il ne le contredit pas. C'est dans YEpître aux Galates, c. i, v. 17, que saint Paul nous apprend qu'immédiatement après sa conversion il ne vint point de Damas à Jérusalem, mais qu'il alla en Arabie, qu'il retourna à Damas au bout de trois ans, qu'il vint ensuite à Jérusalem. Supprimer ce qui s'est passé entre ces deux sorties de Damas, ce n'est pas le nier. L'apôtre ajoute qu'il ne vit point à Jérusalem d'autres apôtres que Pierre , et Jacques frère du Seigneur. Lors donc que l'auteur des Actes dit, c. ix, v. 27, que Paul fut conduit aux apôtres par Barnabe, et qu'il vécut avec eux, cela ne s'entend que des deux apôtres qui y étaient pour lors, savoir saint Pierre et saint Jacques.
IL A-t-on mieux réussi à noircir la conduite de saint Paul? 11 a voulu, disent ses accusateurs, être chef de parti, il a divisé le christianisme en deux sectes : l'intention de Jés is-Christ et des apôtres n'était point de détruire le judaïsme, mais de le réformer; aussi les premiers chrétiens joignirent la protique des lois de Moïse à la foi en Jésus- Christ. Paul voulut détruire le judaïsme et
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abolir- les lois de Moïse, et il en est venu <\ bout; ses partisans firent nommer ébionites et nazaréens ceux qui tenaient encore pour le judaïsme; ces premiers disciples des apôtres avaient un Evangile différent de celui de saint Paul; ils le regardaient lui-même comme un hérétique et un apostat. Ils envisageaient Jésus- Christ comme un pur homme, c'est Paul qui l'a déilié; ainsi le christianisme, tel que nous l'avons, est la religion de Paul et non celle de Jésus-Christ. Les premiers auteurs de ce rêve des incrédules sont les juifs, les manichéens, Porphyre et Julien ; Toland l'a embrassé dans son Nazarenus et dans d'autres ouvrages; c'est lui qui a endoctriné nos dissertateurs modernes. Aux mois Loi crrrmoniklle et Nazabéens, nous les avons déjà réfutés; il sullit d'ajouter ici deux ou trois preuves irrécusables. Joan., c. iv, v. 21, Jésus-Christ dit à la Samaritaine : L'heure vient à laquelle on n'adorera plus le Père sur la montagne de Samarie ni à Jérusalem. Or, de l'aveu des juifs, le r culte tenait essentiellement au temple de Jérusalem. Matlh. c. xv, v. 11, il décide que l'homme n'est point souillé par ce qu'il mange; ainsi il abolit la distinct. on des viandes. Cap. xu, v. 8, il dit qu'il est le maître du sabbat, et les juifs ne le lui ont jamais pardonné. 11 appelle le sacrement de son corps et de son sang une nouvelle alliance ; l'ancienne ne devait donc plus subsister. Ce qu'il appelait le royaume des deux n'éla t pas le règne de la loi de Moïse, mais le règne d'un nouveau culte et d'une loi nouvelle.
Saint Jean, chap. i, v. 17, dit (pie la loi a été donnée par Moïse, que la grâce et la vérité ont été données par Jésus-Christ; ainsi Pierre, en baptisant Corneille et toute sa maison, ne lui ordonne point de se faire circoncire; dans le concile de Jérusalem il appelle la loi de Moïse un joug que ni nous ni nos pères n'avons pu porter, et il ne veut pas qu'on l'impose aux gentils convertis; saint Jacques opine de même : ce sont eux et non saint Paul qui dictent la décision. D.tns sa seconde lettre, cm, v. 15, saint Pierre loue la sagesse et les écrits de Paul, son très-cher frère. Saint Barnabe, dans sa lettre, n. 2, enseigne que Jésus-Christ a rendu inutile la loi judaïque. Saint Clément, disciple de saint Pierre, et saint Ignace, instruit par saint Jean, tiennent la même doctrine, ad Magnes., n. 8, 9, 10 : ad Philad. n. 6. Où est donc l'opposition de doctrine entre saint Paul et les autres apôtres? Il dit .lui-même qu'il a comparé son Evangile ou sa doctrine avec celle des apôtres qui étaient à Jérusalem, de peur d'avoir travaillé en vain; qu'ils sont convenus avec lui qu'il prêcherait, particulièrement aux gentils , pendant qu'eux instruiraient les Juifs : Dextras deaerunt mihi et Barnabœ societatis (Gai. n, 2 et 9). Loin de vouloir faire secte à part, il réprimanda les Corinthiens qui disaient : « Je suis disciple de Paul, moi d'A polio, moi de Céphas , moi de Jésus-Christ. Jésus-Christ est-il donc divisé ? Paul a-t-il été crucifié
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pour vous, avcz-vous été baptisés eu son nom? » Mais, dit-on, sa conduite se contredit : après avoir prêché contre la loi de Moïse, après avoir reproché à saint Pierre qu'il judaïsait, il judaïse lui-môme pour se réconcilier avec 1ns juifs; il accomplit le vœu de nazaréat; il fait circoncire son disciple Timothée qui était le fils d'un païen; tantôt il enseigne que la circoncision ne sert de rien, tantôt qu'elle est utile si l'on accomplit la loi. Il dit qu'il a vécu comme juif avec les juifs, pour les gagner à Jésus- Christ, et il trouve mauvais que saint Pierre fasse de même. Tout cela peut-il s'accorder?
Fort aisément. Saint Paul ne prêche point contre la loi de Moïse; il enssigne qu'elle ne sert de rien aux gentils convertis, qu'ils sont justifiés parla foi en Jésus-Christ; c'était la décision du concile de Jérusalem. 11 dit qu'elle est utile aux juifs, s'ils observent la loi (Rom. n, 25), parce qu'en effet elle les faisait souvenir qu'ils étaient débiteurs de toute la loi (Galat., v, 2 et 3). Or la loi était encore utile aux juifs, non pour le salut, mais comme police extérieure et locale. Conséquemment, né juif lui-môme, il a continué d'observer les cérémonies juives, surtout à Jérusalem, pour ne pas scandaliser ses frères. Il fit circoncire Timothée, afin qu'il pût prêcher aux juifs qui n'auraient pas voulu écouter un incircoucis. Mais hors de Jérusalem et de la Judée, il a vécu avec les païens sans scrupule, afin de les gagner de môme. Voilà ce qu'il voulait que fit saint Pierre ou Céphas, à Antioclie, et il avait raison. Celuici, après avoir fraternisé d'abord avec les gentils convertis, se séparait d'eux pour ne pas déplaire à quelques juifs qui arrivaient de Jérusalem : c'était vouloir forcer ces gentils à judaïser, autoriser les juifs à les regarder comme impurs , et contredire en quelque manière la décision du concile (Galat. n, 12). 11 n'y a donc ici ni contradiction, ni inconstance, ni dissimulation, et les Juifs avaient tort d'accuser saint Paul d'être déserteur de la loi.
Pendant que la foule des incrédules soutient que le parti de saint Paul a prévalu et a introduit un christianisme nouveau, un déiste anglais prétend que ce parti a succombé, que les judaïsants ont été les plus forts, qu ils ont introduit dans l'Eglise l'esprit judaïque, la hiérarchie, les dons du Saint-Esprit, les cérémonies superstitieuses, etc.; il a emprunté cette imagination des protestants. C'est ainsi que s'accordent nos adversaires, en reprochant aux apôtres de ne s'être pas accordés. Une autre inculpation très-grave, c'est que saint Paul, accusé par les juifs , se défend par des mensonges. Frappé par ordre du grand prêtre, il ne tend point l'autre joue, suivant le conseil de Jésus- Christ; il ouira^e môme le pontife, en l'appelant muraille blanchie ; repris de sa faute, il s'excuse, en disant qu'il ne connaissait pas le grand piètre : pouvait-il le méconnaître? Il ajoute qu'il est accusé parce qu'il est pharisien, et qu'il prêche la résurrection
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des morts; cela était faux; il était accusé de prêcher contre la loi. Il n'était plus pharisien, mais chrétien. La justification de saint Paul est fort simple. Le conseil de Jésus- Christ de tendre l'autre joue quand on est frappé ne doit point avoir lieu en justice et devant les magistrats ; un accusé y est conduit non pour y souffrir violence, mais pour y être condamné ou absous. S. Aug.,1. xxn, contra Faust., c. 79. Depuis sa conversion, ou depuis plus de vingt ans, l'apôtre n'avait fait que deux voyages à Jérusalem, et il y avait demeuré peu de temps; pendant cet intervalle, les pontifes avaient changé sept à huit fois, Josèphe en est témoin ; ils étaient destitués à volonté par les Romains, ils n'étaient distingués hors du temple par aucune marque de dignité; saint Paul pouvait donc ne pas connaître le grand prêtre. Pour prendre le sens de son apologie, il faut se rappeler celle qu'il fit devant Félix et devant Festus, Act., c. xxiv et xxvi ; en voici le fond : « Je suis né Juif de la secte des pharisiens , en cette qualité j'ai toujours cru la vie future et la résurrection des morts; conséquemment je crois que Jésus est ressuscité, parce qu'il m'est apparu et m'a parlé sur le chemin de Damas ; je crois qu'il est le Messie, parce que les prophètes ont prédit que le Messie souffrirait la morl et ressusciterait ; je le proche ainsi, parce que j'en suis convaincu. Au reste, je n'ai péché en rien contre ma nation ni contre la loi de Moïse. » Cette apologie n'est ni équivoque ni hors de propos. Saint Paul la commençait de même devant le conseil des juifs, il laisait sa profession de foi avant de parler de sa conduite. Mais à peine eut-il dit qu'il était pharisien et qu'il s'agissait de le juger sur la résurrection des morts, que la dissension se mit parmi les juges et le tumulte dans l'assemblée; on ne l'écouta plus. Ce n'est pas par sa faute. Ceux qui le jugent aujourd'hui font tout comme les juifs. Us lui attribuent un caractère orgueilleux, altier, emporté, turbulent. Il se vante, disent-ils, de ses travaux, de ses succès, de la prééminence de son apostolat; il ne peut point souffrir de contradiction ; il livre à Satan ceux qui lui résistent. Il menace, il déclare qu'il ne fera grâce ni à ceux qui ont péché ni aux autres. Il parle continuellement du droit qu'il a de vivre de l'Evangile, d'exiger des fidèles sa subsistance, etc.; aussi ne fitil que rebuter les juifs; il causa du tumulte dans plusieurs villes, et s'attira de mauvais traitements par son imprudence. Souvenonsnous que les incrédules ont osé faire les mêmes reproches contre Jésus-Christ luimême; ceux que l'on fait contre son apôtre ne nous surprendront plus : mais il faut y répondre.
Saint Paul, contredit par de faux apôtres qui voulaient détruire sa doctrine et déprimaient son apostolat, était forcé de prouver l'authenticité de sa mission; il n'alléguait pour preuve que des faits dont l'Asie Mineure, la Grèce, la Macédoine, étaient témoins. « Ce n'est pas moi, dit-il, qui ai fait tout cela,
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mais la grâce de Dieu qui est en moi (/ Cor. xy, 10). Je suis le dernier des apôtres, indigne de porter ce nom, puisque j'ai persécuté PEglise de Dieu (lbid. ,9). » Lorsqu'il se préfère aux grands apôtres, aux apôtres par excellence, il entend les faux apôtres et il le dit clairement (II Cor. xi, 13). En cilant ses travaux il fait aussi mention de ses tentations et de ses faiblesses (lbid., xi et xn). Ce n'est pas là de l'orgueil. Livrer un pécheur à Satan, c'est l'exclure de la société des fidèles; et saint Paul déclare qu'il veut le faire pour faire mourir en eux la chair et sauver leur Ame (/ Cor. xu, 21 ; / Tim. i, 20). 11 craint de trouver parmi les Corinthiens des disputes et des séditions, et des hommes qui n'ont point fait pénitence de leur impudicité ; il déclare qu'd ne fera grAce ni aux uns ni aux autres, c'est-à-dire ni aux séditieux ni aux impénitents; mais cela ne signifie pas qu'il ne veut faire grAce ni aux coupables ni aux innocents (// Cor. xn, 21 ; xin, 2). En soutenant qu'un ministre de l'Evangile doit recevoir des fidèles du moins la nourriture et le nécessaire, il déclare qu'il n'a jamais usé de ce droit, qu'il a travaillé de ses mains, afin de n'être à charge à personne; il reproche même aux Corinthiens leur facilité à se laisser dépouiller et maîtriser par de faux apôtres (lbid.). Ch z un peuple léger, curieux, disputeur, pétulant, tel que les Grecs , il était impossible d'établir sans bruit une nouvelle doctrine; ce caractère avait brouillé les philosophes cl leurs disciples; sous l'Evangile il enfanta les hérésies, mais ce n'est pas la faute des apôtres. Il n'a pas tenu aux philosophes incrédules de troubler le repos de l'Europe entière.
III. Par la manière dont ils s'y prennent pour noircir la conduite de saint Paul, on voit d'avance comment ils viennent à bout de défigurer ses écrits. Saint Pierre convenait déjà qu'il y a dans les lettres de saint Paul des choses difficiles à entendre; il se plaignait de ce que des hommes ignorants et légers en abusaient comme des autres Ecritures (II Pctr. m, 16). C'est encore de même aujourd'hui; la plupart de ceux qui les censurent ne les ont jamais lues, et peu sont en état de les comprendre. C'est un style mêlé d'hébraïsmes et* d'héllénismes, mais qui était très-bien entendu par ceux auxquels saint Paul écrivait. La profondeur des questions qu'il traite demande des lecteurs déjà instruits, et qui ne soient préoccupés d'aucun système; ils sont rares. La multitude des commentaires auxquels ces écrits ont donné lieu ne [trouve rien autre chose que le grand nombre de ceux qui ont la démangeaison d'écrire et de répéter ce que d'autres ont dit. S'il nous fallait expliquer tous les passages dont les incrédules, les hérétiques, les théologiens entêtés ont abusé, ce serait la matière d'un gros volume ; nous nous bornerons à ceux que l'on objecte le plus souvent; nous avons occasion d'en éclaircir plusieurs autres dans différents articles.
Saint Paul dit qu'il y a en lui l'homme spiri-
tuel et l'homme charnel, l'homme juste et l'homme de péché (Rom vu); et il dit ailleurs qu'il est délivré|dela loi du péché, que Jésus- ( Jirist vit en lui (Galat. n). Tantôt il enseigne que l'homme est justifié par les œuvres, et tantôt qu'il l'est par la foi sans les œuvres. I. assureque Dieu veut sauver tous les hommes, et en môme temps il affirme que ceux qui n'ont point été choisis ont été aveuglés; que Dieu fait miséricorde à qui il veut, et endurcit qui il lui plaît. Dodwel et d'autres soutiennent que cet apôtre admettait le fatum des pharisiens et des esséniens sous le nom de prédestination. 11 est vrai que si l'on s'en tenait à l'écorce des termes, sans en rechercher le vrai sens, il serait aisé de conclure que la doctrine de saint Paul se contredit; mais en agit-on ainsi quand on cherche sincèremei t la vérité ? saint Paul enseigne que p.-sr nature , par naissance, en qualité d'enfant d'Adam, il est homme de p£ché, sous la loi du péché, sous le joug d'une concupiscence impér.euse qui l'entraîne au péché, mais que, par la grAce de Jésus-Christ, il est affranchi de cette loi du péché, q:;e Jésus- Christ vit en lui, qu'il en est de même de tous ceux qui ont été baptisés et régénérés en Jésus-Christ, et qui ne vivent plus selon la chair, etc. (Rom. vu, 24 et 25; vin, 1 et 2). Il n'y a point là de contradiction.
lbid., c. n, v. 13, il dit que ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui l'accomplissent; or il est question là de la loi morale, puisque l'apôtre parle des gentils qui la connaissent naturellement et qui en ont les préceptes gravés dans leur cœur. Au contraire, c. m, v. 28, il dit : « Nous pensons que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. » Mais il entend la loi cérémonielle des juifs, puisqu'il parle de la justification d'Abraham qui a précédé de longtemps la publication de la loi cérémonielle. L'obstination des protestants à fonder sur ce passage leur prétendue foi justifiante ne leur fait pas honneur; il est évident que saint Paul par la foi d'Abraham, ch. îv, en-^ tend non-seulement la croyance de ce patriarche, mais sa confiance aux promesses do Dieu, et sa fidélité à exécuter les ordres de Dieu : fidélité qui emporte nécessairement l'obéissance à la loi morale, par conséquent les œuvres. Rien de plus juste ni de mieux suivi que cette doctrine.
Non-seulement saint Paul dit (/ Tim.\\,k) : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, » mais il le prouve, parce que Jésus- Christ s'est livré pour la rédemption de tous, et c'est pour cela qu'il veut que l'on prie pour tous sans exception. Le mystère de la prédestination est-il contraire à celte vérité? En aucune manière. Quoique Dieu veuille sauver tous les hommes, il n'accorde cependant pas à tous la même mesure de grAces; il appelle les uns à la connaissance de Jésus- Christ et de son Evangile, il laisse les autres dans l'ignorance et dans l'erreur ; c'est dans ce sens qu'il fait miséricorde aux uns et qu'il en'iurcïues autres, c'est-à-dire qu'il leslaisse
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s'endurcir eux-nrèmes ( Rom. ix, 18). Voy. Knihrcissement. Quand l'apôtre ajoute que quelques juifs ont été élus, que d'autres ont été aveugles, c. xi, v. 7, il entend qu'ils se sont aveuglés eux-mêmes, puisqu'il dit, v. 23, que s'ils ne persévèrent pas dans l'incrédulité, ils seront entés de nouveau sur l'arbre qui les a portés, et il ajoute, v. 32, que Dieu a laissé d'abord les gentils, aussi bien que les juifs, dans l'incrédulité, afin d'avoir pitié de tous : Dieu ne veut donc ni les aveugler, ni les endurcir, ni les réprouver. Voy. Prédestination, Salut. Nous parlons de chacune des Epitres desaint Paul sous son titre particulier.
IV. Les miracles de cet apôtre ont é é trop publics, trop évidents et trop multipliés, pour que l'on puisse y soupçonner de l'illusion ou de la fourberie. 11 ne les a point opérés en faveur de gens déjà prévenus, ni en présence de témoins disposés à se laisser tromper : c'étaient des juifs ou des païens qu'il fallait convertir ; ni sous la protection d'un parti déjà puissant et déterminé à favoriser l'imposture : deux circonstances toujours nécessaires pour accréditer de faux miracles. Un magicien rendu subitement aveugle en présence d'un proconsul romain qui se convertit; un jeune homme, qui était tombé du faite d'une maison, ressuscité à Troade ; un boiteux de naissance guéri à Lyslres, à la vue de tout un peuple qui prend Paul pour un dieu ; un nombre de prisonniers dont les chaînes se brisent à Philippes, sans qu'aucun soit tenté de s'enfuir ; des malades guéris à Ëphèse par le seul attouchement des suaires de l'apôtre. Il n'est point blessé par la morsure d'une vipère, et il guérit tous les malades qui lui sont présentés dans l'île de Malte ou de Méléda, etc. Dans tout cela il n'y a ni préparatifs ni collusion avec personne, et la force de l'imagination ne produit point de semblables effets. Qu'ont objecté les incrédules conire ces faits? Rien de positif, mais un simple préjugé ; si ces miracles avaient été réels, disent-ils, Paul aurait sôrement converti l'univers entier ; cependant nous ne voyons pas que les juifs y a'*nt cru ni que les païens en aient été fort touchés ; souvent ces prétendus miracles n'ont abouti qu'à exciter du tumulte et des séditions, à faire emprisonner, fustiger ou chasser le thaumaturge. Ce préjugé pourrait faire impression sur nous, si les incrédules eux-mêmes n'avaient pas eu soin de nous en guérir; la plupart ont déclaré que quand ils verraient des miracles, ils ne croiraient pas sous prétexte quMs sont plus sûrs de leur jugement que de leurs yeux. S'il y a eu parmi les juifs et parmi les païens beaucoup d'opiniâtres qui pensaient comme eux, il n'est pas fort étonnant que les miracles n'aient pas suffi pour leur ouvrir les yeux.
D'ailleurs, autre chose est de croire la réalité d'un miracle, et autre chose de renoncer aux erreurs, aux pratiques, aux habitudes dans lesquelles on a été nourri dès l'enfance. La plupart des juifs croyaient qu'un faux prophète pouvait faire des miracles, et les
païens étaient persuadés que les magiciens en opéraient ; les uns et les autres ont attribué à la magie ceux de Jésus-Christ et des apôtres. Avec celte fausse croyance, les miracles ne suffisaient pas pour les convertir. Voy. Miracle. Mais il est faux que ceux de saint Paul n'aient pas produit une infinité de conversions ; le même auteur des Actes, qui les rapporte, nous instruit aussi des effets qui s'en sont ensuivis, et les Eglises nombreuses auxquelles cet apôtre a écrit ses lettres en sont une preuve démonstrative. 11 y a des circonstances dans la vie de saint Paul sur lesquelles les critiques ont fait des conjectures de toute espèce. Il est dit (Acl. xvn, 23), que saint Paul, passant dans la ville d'Athènes, vit un autel avec celte inscription : Au Dieu inconnu, et qu'il en pritoccasion de prêcher aux Athéniens le vrai Dieu. Saint Jérôme, Comment, in Epist. ad Tit., c. i, et d'autres, ont cru que l'inscription portait : Aux dieux étrangers et inconnus, et que c'avait été un tour d'adresse de l'apôtre de changer le sens pour avoir lieu d'annoncer le vrai Dieu. Sans entrer dans des discussions inutiles, nous observons seuh ment, 1° qu'un Athénien a pu faire d.esser un autel et une inscription, au Dieu unique et souverain que les philosophes soutenaient être incompréhensible, et par conséquent inconnu; qu'ainsi saint Paul n'aurait rien changé, ni rien supposé ; 2° que, quand l'inscription aurait été telle qu'on le prétend, le discours de saint Paul aurait encore été très-juste ; il aurait dit aux Athéniens : « Puisque vous poussez la superstition jusqu'à honorer les dieux même que vous ne connaisses pas, je vais vous fane connaître le seul vrai Dieu qui vous a éié jusqu'ici inconnu. » L'apôtre écrit à Timothée, Ep. II. c. iv. v. 17 : Jai été délivré de la gueule du lion; quelques interprètes ont pensé que saint Paul avait été réellement condamné aux bêtes, et qu'il avait été délivré d'une manière miraculeuse; le plus grand nombre croient que, parla gueule du lion, l'apôtre a seulement entendu la persécution de Néron, par l'ordre duquel il fut mis à mort l'année suivante.
Paul ( saint), premier ermite; ordre établi sous son nom. Voy. Ermites.
PAULIAN1STES. Voy. Samosatiens.
PAULIC1ENS. Voy. Manichéens.
PAULIN (saint), évêque de Noie dans la Campanie, a été tort estimé de saint Augustin, et ne lui a survécu que d'un an; il est mort l'an 431, âgé de soixant-dix-huit ans. On a de lui des poèmes et des lettres où brillent la foi la plus pure et une tendre piété. Mosheim dit que ses écrits ne méritent ni louange ni blâme ; c'est déjà beaucoup qu'un protestant ne trouve rieu à blâmer dans un Père de l'Eglise. Basnage prétend qu'il était mauvais théologien, parce qu'il croyait l'intercession des saints. Les OEuvres de saint Paulin ont été imprimées à Paris en 1658, in-8°, et réimprimées à Vérone en 1736. Il ne faut pas le confondre avec saint Paulin, patriarche d'Aquilée, qui n'a vécu qu'au vm* siècle, sous le règne de Charlemagne ; ce»
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lui -ci écrivit contre les erreurs d'Elipan et de Félix d'Urgel. On a réimprimé ses ouvrages à Venise en 1737, in-folio.
PAUVRE. Dans tous les temps Dieu a ordonné d'ass;ster les pauvres. Sous la loi de nature, le saint homme Job se félicitait d'avoir été le père des pauvres, le consolateur, le soutien, le défenseur de tous ceux qui soutiraient ; son livre est rempli de sentences et de maximes qui inculquent ce devoir d'humanité. Dans la loi de Moïse, Dieu l'avait commandé rigoureusement ; il voulut que les pauvres fussent appelés aux repas que l'on faisait par religion, après les sacrifices et dans les fêtes ; qu'en recueillant les fru ts de la terre on laissât quelque chose pour eux ( Levit. xix, 9, etc.); que, dms l'année sabbatique el au jubilé, on eût soin de pourvoir à leur subsistance. Le saint homme Tobie était, parmi les Juifs, ce que Job avait été parmi les patriarches. Daniel exhortait Nabuchodonosor à racheter ses péchés par des aumônes ; les autres prophètes reprochent aux Juifs de n'avoir pas été assez fidèles à remplir ce devoir. Jésus-Christ, dans l'Evangile, a répété les mômes leçons ; il dit : Bienheureux ceux qui font miséricorde, parce qu'ils la recevront eux-mêmes (Matth. v, 7) ; et l'on sait que, dans l'Ecriture sainte, la miséricorde signitie ordinairement la compassion envers ceux qui soutirent. L'aumône est celle des bonnes œuvres que les apôtres recommandent le plus souvent, et il est constant que la charité des premiers chrétiens contribua plus que toute autre chose à la propagation du christianisme. Chez la plupart des pa'.ens, les pauvres étaient regardés comme les objets de la colère du ciel. Jésus-Christ commença son Evangile par cette sentence remarquable, bienheureux les pauvres d'esprit, c'est-à-dire lespauvres contents de leur état, qui n'en rougissent ni n'en murmurent, qui ne désirent pas plus de richesses que Dieu n'a voulu leur en donner; c'est à eux et pour eux qu'est le royaume des deux, ce sont de tous les hommes les plus propres à composer mon Eglise qui est la voie du bonheur éternel. Il est impossible que' dans les sociétés les mieux policées il n'y ait un grand nombre de pauvres ; tous les hommes ne sont pas également propres au travail, tous n'ont pas reçu de la nature le même degré de santé, de force, de courage, d'industrie, de prévoyance, d'économie; la plupart ne sont capables que de travaux peu lucratifs ; les maladies, les accidents, une nombreuse famille, la fatigue, la vieillesse, ne peuvent donc manquer de les réduire à la mendicité et de les rendre à charge au public. Lorsque nos philosophes économistes et politiques se sont vantés de créer des plans qui banniraient des villes et des campagnes la pauvreté et ses conséquences, ou ils se sont fait illusion à eux-mêmes, ou ils ont voulu éblouir les ignorants. Lorsqu'ils ont décrié l'aumône et les hôpitaux, ils ont montré autant d'ineptie que d'inhumanité. Yoy. Aumône, Hôpital.
Pauvres catholiques, nom de certains re-
DlCTIONN. DE TnÉOL. DOGMATIQUE. 1!I.
ligieux. C'était une branche des vaudois ou pauvres de Lyon, qui se convertiront l'an L207 ; ils formèrent une congrégation qui se répandit dans les provinces méridionales de la France, qui s'accrut par la conversion de quelques autres vaudois, et qui se fondit, 1 an 12oti, dans celle des ermites do saint Augustin. Hélyot, Histoire des Ordres monast. (édit. Migne).
Pauvres de la Mère de Dieu, autre congrégation fondée en 1556, par ungentilhomme espagnol, nommé Joseph Cazalanza. Leur première occupation fut de tenir les petites écoles dans les campagnes ; dans la suite ils s'établirent dans les villes ; ils y enseignèrent les humanités, les langues anciennes, la théologie, la philosophie et les mathématiques. Us ont été protégés jusqu'à nos jours par les souverains pontifes; ils portent le môme habit que les jésuites, qui est celui des prêtres espagnols, excepté que leur manteau ne descend que jusqu'aux genoux. Ils sont au nombre des mendiants. Hél.ot, ibid.
Pauvres volontaires, ordre religieux qui parut vers la tin du xive siècle ; ceux qui y étaient engtgés prirent la règle de saint Augustin en 14-70. Ils étaient tous laïques et ne recevaient point de prêtres ; la plupart ne savaient pas lire; ils travaillaient de différents métiers, servaient les malades, enterraient les morts, ne possédaient rien et vivaient d'aumônes ; ils se relevaient la nuit pour prier, etc. Cet ordre ne subsiste plus. Hélyot, ibid.
PAUVRETÉ RELIGIEUSE ET VOLON- TAIRE. La maxime de Jésus-Christ, bienheureux les pauvres, l'exemple de ce divin Maître et des apôtres, qui ont renoncé à tout pour prêcher l'Evangile, ont engagé une inimité de chrétiens fervents à embrasser lo même genre de vie, et le vœu de pauvreté est devenu partie essentielle de la profession religieuse. L'Eglise y a donné son approbation ; Dieu lui-même semble l'avoir autorisé par le don des miracles qu'il a daigné accorder à plusieurs de ces pauvres volontaires, et par les conversions qu'ils ont opérées ; il s'est trouvé des circonstances dans lesquelles la pratique d'une pauvreté absolue était nécessaire pour exercer avec fruit les fonctions apostoliques. Sans faire attention au temps, aux événements, aux besoins de l'Eglise, les protestants ont condamné ce vœu et l'ont tourné en ridicule ; le vœu de pauvreté, disent-ils, est fe vœu d'oisiveté et de subsister aux dépens .d'autrui ; ils ont rappelé le souvenir des disputes auxquelles ils ont donné lieu parmi les franciscains, et dont le bruit retentit dans toute l'Europe au xivc siècle. Sans doute les protestants ne prévoyaient pas que les incrédules tourneraient contre les apôtres mêmes les sarcasmes qu'ils lançaient contre le vœu de pauvreté des moines; voilà cependant ce qui est arrivé, et cela prouve qu'il ne faut pas blâmer une chose louable en elle-même, parce qu'il en peut résulter des abus. Lorsque les anciens moines ont embrassé une vie pauvi e, loin de se livrer à l'oisiveté et à la mendicité, ils ont
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