‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 170 sur 228 · I'EC · texte numérisé non relu

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trouvé dans le travail de leurs mains, nonseulement leur subsistance, mais encore de quoi faire l'aumône. Après la dévastation de 1 Europe par les barbares, les moines ont défriché des lieux incultes; la continuité de ce travail ne pouvait manquer de les enrichir ; mais alors les monastères furent la seule ressource des peuples dépouillés, esclaves et malheureux. Après la chute du clergé séculier, ils ont été obligés de renoncer au travail manuel, pour prendre le soin des paroisses abandonnées et le gouvernement des Ames ; ce n'était pas là se dévouer à l'oisiveté ni à la mendicité. Au xne siècle, lorsqu'il fallut travailler à la conversion des albigeois, des vaudois, des pétrobrusiens, des beggards, des apostoliques, etc., les hérétiques entêtés ne voulaient écouler que des prédicateurs aussi pauvres que les apôtres; pour les contenter, il se forma des ordres mendiants. Aujourd'hui encore les missionnaires qui veulent se faire écouter des Siamois sont forcés d'imiter la pauvreté absolue de leurs talapoins. Jusqu'ici nous ne voyons ni désordres ni abus. Voy. Mendiants.

Pour prêcher avec fruit, il fallait avoir fait des études; les mendiants furent donc obligés de fréquenter les écoles : s'ils y ont contracté les défauts qui y régnaient pour lors ; si, dans 1 s contestations qu'ils ont eues entre eux touchant la pauvreté religieuse, ils ont mis la même chaleur et la même opiniâtreté que l'on a remarquées dans toutes les disputes scolastiques, il y a de l'injustice à leur en faire un crime personnel, il s'agissait de savoir si un religieux, qui a fait vœu de pauvreté, a encore la propriété des choses qui sont à son usage, si cette propriété appartient à l'ordre entier, ou si elle est dévolue à l'Eglise romaine. Question frivole et qui ne méritait pas de causer un schisme parmi les franciscains. Mais on a vu chez les protestants des schismes pour des questions qui n'étaient guère plus graves : pour savoir si la philosophie est utile ou nuisible à la théologie; si les bonnes œuvres sont un moyen de salut ou seulement un signe et un effet de la foi ; si le péché originel est la substance même de l'homme ou un accident de cette substance, etc. Ce n'est donc pas aux protestants qu'il convient de reprocher des schismes et des disputes aux autres. Histoire de l'Eglise GalL, t. XIII, 1. 37, an 1322.

PAÏEN. Voy. Paganisme.

PÉCHÉ. Ce mot dans l'Ecriture sainte a divers sens : 1° il signifie une transgression lie la loi divine, soit en matière grave soit en matière légère. C'est dans ce sens que nous en parlerons ci-après. 2U II désigne la peine du péché ( Gen. iv, 7 ) : « Si tu fais mal, ton péché s'en uivra, » c'est-à-di.e, tu en porteras la peine ; c xx, v. 9, Abimélech dit à Abraham : « Vous avez attiré sur nous un grand péché, » c'est-à-dire un grand châtiment. 3° 11 signifie un vice, un défaut : la concupiscence est appelée un péché, parce que c'est un effet du péché d'Adam, un vice de la nature, qui nous porte au péché ; ainsi

l'explique saint Augustin. F^evit., c.xn,\. 6 et 8 ; c. xiv, v. 19, les impuretés légales sont appelées des péchés, k" Il exprime la victime offerte pour l'expiation du péché : II Cor., c. v, v. 21, il est dit que Dieu a fait péché pour nous, c'est-à-dire victime du péché, celui qui ne connaissait pas le péché. Osée, c. iv, v. 8, « Ils mangeront les péchés du peuple, » c'est-à-dire les victimes. Saint Jean, dans sa première épître, c. v, v. 16, parle d'un péché qui est à la mort ; il paraît que c'est l'idolAtrie, parce que la loi de Moïse condamnait à la mort l'homme coupable de ce crime, et l'apôtre finit sa lettre en exhortant les fidèles à s'en préserver. Le péché, ou le blasphème contre le Saint-Esprit, est l'outrage que fait au Saint-Esprit un homme qui, contre sa conscience, attribue à l'opération du démon des miracles qui sont évidemment les effets de la puissance divine : c'est le comble de l'impiété. Jésus-Christ dit que ce crime ne sera remis ni en ce monde ni en l'autre ( Matlh. xn, 31 ) ; saint Augustin dit que c'est l'impénitence finale ou la persévérance obstinée dans le péché jusqu'à la mort, Retract., lib. i, c. xix, etc. Saint Fulgence a pensé de même, 1. de Fide ad Petr., c. m. Le péché, pour l'expiation duquel saint Paul dit qu'il ne reste plus de victime, est l'apostasie (Hebr. x, 26). Voyez la Bible d'Avignon, t. XIII, p. 350.

Avant de parler des différentes espèces de péché, il y a une ou deux questions à résoudre touchant le péché en général. Les incrédules demandent d'abord en qu 1 sens nos péchés peuvent offenser Dieu : nous leur avons répondu au mot Offense. Une difficulté plus considérable est de savoir si Dieu p; ut être dans aucun sens la cause du péché; s'il peut faire tomber un homme dans le péché, afin de le punir de quelques autres péchés qu'A a commis. Plusieurs passages de l'Ecriture sainte semblent le supposer ainsi.

II lieg., c. xu, 11, Nathan dit à David de la part de Dieu : « Je vous punirai par votre propre famille, » et bientôt après arriva la révolte d'Absalon son fils, c. xvi, v. 10. David, insulté par Sémeï dit : « Laissez-le faire, Dieu lui a ordonné de m'injurier. »

III Reg., c. xn, v. 15, nous lisons que Dieu avait pris en aversion Roboam, afin d'accomplir les malheurs que le prophète Ahias avait prédits, lbid.,0,. xxn, v. 21, un esprit malin dit au Seigneur : Je serai un esprit menteur dans la bouche des prophètes ; Dieu lui répond : Va et fais. Job, c. xn, v. 2i, dit que Dieu change le cœur des princes et les trompe; qu'il les jette dans l'erreur. Ps. civ, v, 25, le Psalmiste prétend que Dieu changea le cœur des Egyptiens, pour qu'ils eussent de la haine contre son peuple. Dans Isaïe, c. Lxm, v. 17, les Israélites disent au Seigneur : « Pourquoi nous avez-vous égarés hors de vos voies ? Vous avez endurci notre cœur, afin que nous ne vous craignissions plus. *> Dans Ezéchiel, c. xiv, v. 9, le Seigneur dit lui-même : « Lorsqu'un prophète se trompera» c'est moi qui l'ai trompé. » On voit la même chose dans plusieurs endroits du

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