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Nouveau Testament. Matth., c. vi, v. 13, Jésus-Christ apprend h ses disciples a d re à Dieu : JSe nous induisez point en tentation ; cette prière suppose que Dieu peut nous y induire et nous porter au mal. Saint Matthieu dans tout son Evangile suppose que plusieurs crimes sont arrivés, afin d'accomplir ce que les prophètes avaient prédit ; comme le meurtredes innocents, l'incrédulité des Juifs, les outrages faits à Jésus-Christ, etc. Rom., c. i, v.2(>, saint Paul prétend que Dieu a livré les philosophes à des passions honteuses et à un sens réprouvé ; ibid., c. v, v.20, il dit que la loi ancienne est survenue afin que le péché fût abondant. Il Thess., c. n, v. 10, il prédit que Dieu enverra aux pécheurs une opération d'erreur, afin qu'ils croient au mensonge, etc.
Saint Augustin a cité tous ces passages, et il s'en est servi pour prouver aux pé!agiens qu'un môme vice peut être tout à la fois un péché, et la peine d'un autre péché, 1. v, contra Julian., c 3 , n. 8; il donne pour exemple l'aveuglement des Juifs et la concupiscence qui est en nous : n. 11, « Autre chose est, dit-il, d'avoir de mauvais désirs dans le cœur, et autre chose d'y être livré afin d'en être possédé en y consentant ; c'est ce qui arrive à un homme, lorsqu'il y est livré par un jugement de Dieu. N. 12, lorsqu'il est dit qu'un homme est livré à ses désirs, il devient coupable, parce qu'abandonné de Dieu, il y cède et y consent
D'où il est clair que la perversité du cœur vient d'un secret jugement de Dieu. » N. 13, Julien soutenait que et ux dont parle saint Paul ont été laissés à eux-mêmes par la patience de Dieu, et non poussés au mal par sa pu ssance ; saint Augustin lui répond : a L apôtre a mis l'un et l'autre, la patience
et la puissance Entendez-le comme il
vous plana.» L. deGrat. et lib. Arb., c. 29 , n. 43, ii dit que Dieu inclina la mauvaise volonté de Sénieï au péché qu'il commit , qu'il jeta ou y laissa tomber son mauvais cœur : cor ejus malum in hoc peccatum misit vel dimisit. 11 dit que Dieu opéra sur le c eur d'Absalon, pour qu'il rejetât le bon conseil d'Achitophel ; n. 42, que le changement du cœur de Roboam vient du Seigneur ; que Dieu opéra sur le cœur d'Amasias, pour quM n'écoutât point un conseil salutaire. N. 43, saint Augustin en tire cette conclusion : « De là il est clair que Dieu opère sur le cœur des hommes pour incliner leur volonté soit au bien, par sa miséricorde, soit au mal, suivant leur mérite, » Lorsque Julien lui représente que cette conduite de Dieu est injuste, le saint docteur lui ferme la bouche par cette maxime : « 11 ne faut pas douter que Dieu ne soit juste, lors même qu'il fait ce qui nous parait injuste, et ce qu'un homme ne pourrait faire sans injustice. Op. imperf., 1. ni, n. 34. C'est ce qui a déterminé Luther, Calvin, Mélanchton, à soutenir que Dieu est la cause des péchés aussi bien que des bonnes œuvres, et Jansénius, à prétendre que l'homme pèche même en faisant ce qu'il ne peut pas éviter. Les manichéens et les mar-