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la grâce sanctifiante, de laquelle xmpéché grief 1,011s dépouille; et alors nous sommes en état de péché, qui est l'opposé de Yétat de grâce. De cette espèce est le péché originel, avec lequel nous naissons, à cause du péché d'Adam, par lequel lui et sa postérité ont été privés de la grâce sanctifiante et du droit à la béatitude éternelle. Voy. Originel. Parmi les péchés actuels on distingue les péchés de commission, qui consistent à faire ce que la loi défend, et les péchés d'omission qui consistent à ne pas faire ce qu'elle ordonne. Les péchés de pensée , de parole , d'action ; les péchés contre Dieu, contre le prochain, contre nous-mêmes; les péchés d'ignorance, de faiblesse, de malice, d'habitude, etc.; tous ces termes sont faciles à comprendre. Un péché actuel peut être ou mortel ou véniel ; le premier est celui qui nous prive de la grâce sanctifiante, grâce qui est censée être la vie de notre âme, et sans laquelle nous sommes dans un état de mort spirituelle ; on dit de l'homme dans cet état qu'il est ennemi de Dieu, esclave du démon, sujet à la damnation éternelle ; ainsi s'exprime l'Ecriture sainte. Le péché véniel est une faute moins griève, qui ne délruit pas en nous la grâce sanctifiante, mais qui l'affaiblit; qui ne mérite point une peine éternelle, mais un châtiment temporel. Celte distinction est fondée sur l'Ecriture sainte, qui met une différence entre les pécheurs et les justes, et qui dit cependant qu'aucun homme n'est sans péché-, il faut donc qu'il y ait des péchés qui ne nous dépouillent point de la justice habituelle ou de la grâce sanctifiante, et que Dieu pardonne aisément à notre faiblesse. Il n'est pas toujours aisé de juger si un péché est mortel ou s'il n'est que véniel ; il faut faire attention à l'importance du précepte violé, à la tentation plus ou moins forte, à la faiblesse plus ou moins grande de celui qui l'a commis, au scandale et au préjudice qui peut en résulter pour le prochain ou pour la société, etc. Ordinairement nous sommes incapables d'en juger pour nos propres fautes, à plus forte raison pour celles d'autrui. Les stoïciens prétendaient que tous les péchés étaient égaux; Cicéron, dans ses Paradoxes, a démontré l'absurdité de cette opinion.
Quelques protestants ont pensé que tous les péchés d'un juste sont véniels, qu tous ceux d'un pécheur , quelque légers qu'ils soient en eux-mêmes, sont mortels ; d'autres ont dit que, quoique tous les péchés soient mortels en eux-mêmes, Dieu ne les impute pas aux justes , mais qu'il les impute aux
l'homme pourrait les éviter tous avec les grâces ordinaires. Nous avons dit au mot Grâce, i° que l'homme peut, avec les secours ordinaires de la grâce, éviter tous les péchés mortels; 2° qu'il peut éviter aussi les péchés véniels pris séparément; 3° qu'il ne peut, sans un secours spécial de la grâce, éviter, pendant toute sa vie, tous les péchés véniels. Selon le canon du concile de Trente : < Si quelqu'un dit qu'un homme, une fois justifié, peut, pendant toute sî vie, éviter tons les péchés, même véniels, si ce n'est par un privilège spécial..., qu'il suit anatheme. > Sess. vi, can. 25.