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temps ; que tous les brefs do la pénitcncerie sont absolument gratuits et portent ces mots : pro Deo. Au mot Pénitence , nous avons observé que, pendant le xne siècle, l'abus s'introduisit de racheter à prix d'argent ou par une aumône les pénitences imposées pour l'expiation des crimes, et nous ne douions pas (pue dans ce temps-là l'on n'ait dressé des taxes pour ce rachat ; mais racheter des pénitences et acheter l'absolution sont deux choses fort différentes ; il y a déià de la malice à les confondre. D'ailleurs, l'an 1215, le concile de Latran avait déjà proscrit tout espèce de trafic en fait d'indulgences ou de rachat de pénitences, et le concile de Trente en a renouvelé les décrets, sess. 21, de Ileform., c. ix, et sess. 25, contin. A quoi sert-il do reprocher à l'Eglise romaine des abus qu'elle a retranchés?
PÉNITENTS, nom de quelques dévois réunis en confrérie, qui font profession de pratiquerai pénitence publique, en allant en procession dans les rues , couverts d'une espèce de sac, et se donnant la discipline. Cette coutume fut établie à Péronne en 1620, par les prédications pathétiques d'un ermite qui excitait les peuples a la pénitence. Elle se répandit ailleurs, surtout en Hongrie, où elle dégénéra en abus, et produisit la secte des flagellants. Voy. ce mot. En retranchant les superstitions qui s'étaient mêlées à cet usage, on a permis d'établir des confréries de pénitents < n divers lieux d'Italie et ailleurs. On y voit des pénitents blancs, aussi bien qu'à Lyon et à Avignon; dans quelques villes du Languedoc et du Dauphii\é, il y a des pénitents bleus; dans d'autres provinces, des pénitents noirs. Ceux-ci assistent \es criminels à la mort, leur donnent la sépulture et font d'aulres bonnes œuvres. Le roi Henri III, ayant vu la procession des pénitents blanesd'Avignon, voulut être agrégé à cette confrérie, et il en établit une semblable à Paris dans l'église des Auguslins, sous le titre de l'Annonciation do Notre-Dame. Ce prince assista t aux processions de cette confrérie sans gardes, velu d'un long habit de toile blanclr*, en forme de sac, avec deux trous à l'endroit des yeux, deux longues manches, et un capuchon fort pointu. A cet liabit était attachée une discipline de lin et une croix de satin blanc sur un fond de velours tanné. Il fut imité par la plupart des princes et des grands de sa cour. On peut voir, dans les Mémoires de V Etoile, l'effet que produisirent ces dévolions.
Pénitents est aussi le nom de plusieurs congrégations ou communautés de personnes de l'un ou de l'autre sexe, qui, après avoir vécu dans le libertinage, se sont retirées dans ces asiles, pour y expier par la pénitence les désordres dejeur vie passée. On a aussi donné ce nom aux personnes qui se dévouent à Ja conversion des filles et des femmes débauchées. Tel est l'ordre de la pénitence de Sainte-Madeleine, établi vers l'an 1272, par un bourgeois de Marseille nommé Bernard, qui travailla par zèle à la conversion des courtisanes de cette ville. Il fut secondé clans
cette bonne œuvre par plusieurs autres personnes, et leur société fut érigée en ordre religieux par le pape Nicolas III, sous la règle de saint Augustin. Ils formèrent aussi un ordre religieux de femmes converties, auxquelles ils donnèrent la même rèsle. La congrégation des pénitentes de la Madeleine, à Paris, doit son origine aux prédications du Père Jean Tisserand, cordelier, qui, ayant converti par ses sermons plusieurs femmes publiques, établit cet institut pour retirer celles qui voudraient mener à l'avenir une vie exemplaire. Vers l'an 1204, Charles VIII leur donna l'hôtel de Bohaines, et, en 1500, Louis, duc d'Orléans, qui régna sous le nom de Louis XIÎ, leur donna le sien, où elles demeurèrent jus ju'en 1572; et alors la reine Catherine de Médicis les plaça ailleurs. Dès l'an li97, Simon, évoque de Paris, leur avait dressé des statuts et donné la règle de saint Augustin. Une des conditions pour entrer dans cette communauté était autrefois d'avoir vécu dans le désordre, et l'on n'y recevait point de femmes au-dessus de trente-cinq ans : depuis la réforme qui y a été faite en 1616, on n'y reçoit plus que d s filles, et elles portent toujours le nom de pénitentes. Voy. Magdelonnettes. Il y a aussi en Espagne, à Séville, une congrégation de pénitcn.tes du nom de Jésus; ce sont des femmes qui ont mené une vie licencieuse; elles fuient fondées, en 1550, sous la règle de saint Augustin. Les pénitentes d'Orvièle, en Italie, sont une congrégation de religieuses, instituée par Antoine Simonelii, gentdhomme de cette ville. Le monastère qu'il fit bâtir fut d'abord destiné à recevoir de pauvres filles abandonnées par leurs parents, et en danger de perdre ieur vertu. En 1650, on tit une maison propre à recevoir des filles qui, après avoir mené une vie scandaleuse, auraient formé la résolution de renoncer au monde et de se consacrer à Dieu par les vœux de religion ; leur règle est celle des carmélites.
Pénitents (religieux) de Nazareth et de Picpus. Voy. Picpus.
PÉNITENT1EL. Livre qui renferme les canons pénitentiaux ou les règles que l'on devait observer louchant la durée et la rigueur des pénitences publiques, les prières que l'on devait faire pour les pénitents au commencement et à la fin de leur carr.è,e, l'absolution qu'il fallait leur donner. Les principaux ouvrages de ce genre sont le pénitentiel de Théodore, archevêque deCantorbéry, celui du vénérable Bède, prêtre anglais, que quelques-uns attribuent à Ecbert, archevêque d'York, contemporain de Bède ; celui de llaban Maur, archevêque de Mayence, elle pénitentiel romain. Ces livres, introduits depuis le vne siècle pour mainte nir en vigueur la discipline de la pénitence, devinrent très-communs; et comme plusieurs particuliers se donnèrent la liberté d'y insérer des pénitences arbitraires, cet abus contribua à faire naître le relâchement; aussi plusieurs de ces pénitentiels furent condamnés par un concile de Paris, sous Louis ie Débonnaire, et par d'autres conciles. JWonn,
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de Pœnit. Preuve que les évoques ont veille, dans tous les temps, h prévenir lo relâchement de la discipline ecclésiastique.
PENSÉE. Ce mot, dans l'Ecriture sainte, ne signifie pas toujours la simple opération de l'esprit qui pense, souvent il exprime un dessein, un projet, une entreprise. Ps. <:\i.\, v. V, il est dit qu'au jour de la mort, les pensées des grands de la terre périront. Job, c. xxiii, v. 13, personne ne peut empêcher les pensées, c'est-à-dire les desseins de Dieu. Sap., c. v, v. 16, il est employé pour désigner le soin que Dieu prend des justes. 11 signifie encore doute, scrupule, soupçon. Luc., cap. xxiv, v. 38, Pourquoi les pensées s'élèvent-elles dans votre cœur? Entin il se mef pour raisonnement. Saint Paul. Rom., c. i, v. 21, dit que les philosophes païens se sont égarés dans leurs pensées, parce qu'ils ont été induits en erreur par de faux raisonnements.
Nous ne devons pas être étonnés de ce que notre religion nous apprend à regarder de simples pensées comme des péchés; il ne dépend pas de nous, à la vérité, de ne pas les avoir, puisque souvent elles nous viennent malgré nous et nous affligent; mais il est en notre pouvoir de nous y arrêter ou de les rejeter, d'y acquiescer ou d'y résister; elles ne sont péché que quand elles sont délibérées et que nous nous y anêtons volontairement.
PENTATEUQUE , mot grec composé de »rivT£ cinq, et derjO^o,-, volume. L'on nomme ain^i les cinq livres de Moïse qui sont à la tête de l'Ancien Testament, savoir, la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome ; nous parlons de chacun de ces livres dans un article particulier. Tous ensemble sont appelés par les juifs la loi, parce que la partie la plus essentielle de ce qu'ils renferment est la loi que Dieu donna au peuple juif par le ministère de Moïse. Un des principaux objets que se sont proposés les incrédules de notre siècle, a été de vouloir que le Pentateuque n'est pas l'ouvrage de ce législateur, mais de quelque autre auteur inconnu; aucun d'eux n'a daigné examiner les preuves qui établissent l'authenticité de cet ouvrage, ni les réfuter. Nous sommes donc obligés de les exposer, du moins sommairement, avant de répondre aux objections que l'on a cru pouvoir y opposer.
La première de ces preuves est le témoignage des livres mômes du Pentateuque; partout, excepté dans la Genèse, Moïse y parle comme acteur principal. 11 dit que Dieu lut a ordonné d'écrire les événements qu'il rapporte et les lois qu'il prescrit; il ordonne de placer son ouviage dans le tabernacle, à côté de l'arche. Dans l'Exode, où Moïse commence à faire sa propre histoire, il suppose les événements dort il avait parlé dans la Genèse, et ceux-ci ont une liaison essentielle avec les faits qui sont racontés dans l'Exode. Un autre que Moïse n'aurait pas eu la même sagacité, n'aurait pas senti comme hn la nécessité de montrer la législation juive préparée et résolue dans les
desseins de Dieu depuis le commencement du monde. Voy. Genèse. — La seconde est l'attestation des écrivains juifs, postérieurs h Moïse, de Josué, de ceux qui ont rédigé les livres des Juges, ceux des Ro.'s et c< ux des Paralipomènes, de David dans ses Psaumes, d'Esdras et des prophètes. Tous parlent des ordonnances de Moïse, des livre" de Moïse, du livre de la loi : ils rapportent les événements dont il est fait mention dans le Pentateuque, ou ils y font allusion; cet ouvrage est donc plus ancien qu'eux tous. Le psaume 104 et les suivants sont un abrégé» de l'histoire juive, à commencer depuis la vocation d'Abraham jusqu'à l'établissement des Juifs dans la Palestine; le quatre-vingt-neuvième est intitulé : Prière de Moïse, serviteur de Dieu ; le dernier des prophètes finit par exhorter les Juifs à l'observation de la loi que Dieu a donnée à Moïse; le même langage règne encore dans les livres des Machabées et dans celui de l'Ecclésiastique. Il n'a donc été aucun temps, dans lequel les Juifs n'aient été persuadés de l'authenticité du Pentateuque. — 3" Il a fallu ces livres pour établir et perpétuer la religion, le cérémonial, les lois civiles, politiques et militaires des Juifs; il est incontestable que ce peuple a été réuni en corps de nation depuis le temps de Moïse, que la constitution de leur république a été la même jusqu'à l'élection des rois, que ceuxci n'ont rien changé au fond de la législation ; les Juifs mêmes ont continué à observer leurs lois pendant la captivité de Babylone, et ils les ont remises en vigueur dans la Judée après leur retour. 11 est impossible que ce détail immense d'ordonnances, d'usages, d'obervances, ait pu se conserver par la tradition et sans aucune écriture, et cette nation n'y aurait pas été aiusi constamment attachée, si elle n'avait pas cru que le tout était parti de la main d'un législateur inspiré de Dieu. — 4° La forme de ces livres dépose de leur authenticité. Depuis le commencement de l'Exode, ils sont écrits en forme de journal; le Deutéronome, qui est le dernier, est la récapitulation des précédents. Un auteur plus ancien que Moïse aurait pu écrire la Genèse, mais il n'a pas pu faire l'Exode ni les livres suivants. A moins d'avoir été en Egypte et dans le désert, d'avoir été témoin des événements qui s'y sont passés, des marches, des campements, des faits et des circonstances minutieuses arrivées pendant quarante ans, un historien n'a pas pu les écrire dans un sk grand détail et avec autant d'exactitudo- D'autre part, un écrivain postérieur à Moïse n'aurait pas pu composer la Genèse ; il aurait été trop éloigné de la tradition des patriarches : Moïse seul s'est trouvé au poinl où il fallait être pour lier la chaîne des événements, et les faire correspondre les uns aux autres. — 5a II y a une différence infinie entre le style de Moïse et celui de;" écrivains postérieurs : aucun de ceux-ci ne lui ressemble ; pour peu qu'on les compare, ou voit que Moïse est plus ancien, mieux