‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 180 sur 228 · PS · texte numérisé non relu

PS

vers lu', ses adorateurs; l'Ecriture sainte ne laisse aucun doute à cet égard.

Ce qui précède nous indique a quelle idée première se rapporte le système religieux de Zoroastre. Suivant lleeren, il avait imaginé un royaume dont le souverain, malgré sa puissance sans bornes, n'était point le tyran, mais le père de ses sujets; ou chaque eut, chaque individu se trouvait circonscrit dans une sphère d'activité qu'il ne cherchait point à franchir; où prospéraient les arts de la paix, l'agriculture,'le soin des troupeaux, le commerce; où se répandaient la richesse et l'abondance, s'épanchanl des mains du prince, comme de celles d'une bienfaisante divinité. L'image d'un semblable royaume et d'un prince semblable existe dans la Cyropédie. La croyance qu'ils se réaliseraient un jour se maintenait inaltérable en Asie, à travers la suite des siècles ; c'est probablement le point central auquel se ralliaient les opinions de l'Orient : on la découvre dans les lois de Zoroastre. Ce docte observateur de l'antiquité a reconnu, avec beaucoup de sagacité, la base sur laquelle repose la théogonie de Zoroastre, c'est à -dire l'opinion généralement répandue en Orient, que le règne de la paix, de la vérité et de la lustice y devait refleurir. Tous les préceptes et les lois de Zoroastre étaient, sous le rapport physique et inoral, calculés de manière à frayer la roule a cette grande restauration. Or cette idée fondamentale de tout système est, assurément, et ne peut être autre que l'idée du Messie. « Le règne de Dschemschid « reviendra, dit Zoroastre, et la paix cl la justice i refleuriront. » Traduisons nous cette allégorie dans la langue du christianisme, elle équivaut à ces mots : « La condition primitive de l'homme, l'état d'inno- • cence, de justice, de sainteté, lui seront rendus, t Nous devons d'autant moins bésiter à voir ici l'annonce précise delà rédemption, que celle opinion était universelle en Orient (chose incompréhensible, si nous ne supposions pas que celte opinion découle de la révélation); nous le devons d'autant moins encore, que l'idée de la rédemption se trouve pareillement reproduite dans les psaumes et dans les prophètes, avec des images semblables. Ce concours ne démontre-t-il pas l'identité d'origine? Un œil pur, que ne fascine aucun préjugé, reconnaîtra aisément ici les traces de la tradition sacrée.

Du système faussement interprété des deux principes, i'un source du bien, l'autre source du mal, naquit le manichéisme qui, reconnaissant l'existence indépendante de ces deux causes primordiales, assigne l'origine du vice, et regarde les imperfections et les souillures du inonde physique et moral comme l'œuvre du prince des ténèbres : par une cou équence de cette conviction, il poursuit de sa haine les créatures du mauvais principe, dédaignant jusqu'au corps humain , qu'il s'impose la lâche de dompter et de réduire par l'abstinence de la chair, du vin, du mariage. Je crois aussi que le chi'itisnie, ou l'idée d'un règne millénaire, dérive, sinon en entier, du moins en partie, de ce système religieux. En somme, celle opinion consiste à croire qu'après la venue de l'Antéchrist, et quand celui-ci aura élé dompté avec ses sectateurs, une résurrection des justes aura lieu, el que tous les hommes vivants à cette époque conserveront la vie : les bons, pour obéir, comme à leurs princes, aux justes ressuscites; les méchants, pour en èlre domptés et leur demeurer soumis. Suivant cette opinion, le Christ lui-même régnera à Jérusalem, entouré des apôlres, des prophètes de l'ancienne alliance, des marlyrs. Les mille ans accomplis, les méchants s'élèveront en ennemis contre les saints, mais seront consumés par le feu du ciel; ensuite auront lieu la résurrection générale et le jugement dernier. On s'accorde à attribuer l'origine de celte ero\ ance à l'interprétation du vingtième chapitre de l'Apocalypse de saint Jean, à la vérité, l'un des plus difficiles du livre. Quelques anciens

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