‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 181 sur 228 · IS · texte numérisé non relu

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rapparient, cependant, la naissance de celte opinion d'un règne millénaire à Cérinthus, Juif qui s'était probablement couverti au christianisme, trais hérétique prononcé qui, dès le temps des apôtres, professait une doctrine erronée;. Il est vrai qu'on rencontre chez les rabbins des idées sur un régne millénaire du Messie, qui ont une frappante similitude avec le règne millénaire du Christ.

Quoi qu'il en soitsur son origine, toujours est-il que celle dernière opinion présente des (rails de ressemblance irrécusables avec la doctrine du Zend-Avesia sur le dernier combat entre le bon et le mauvais principe, et sur le glorieux triomphe d'Oroniazc. C'est ce qui nie porte à croire qu'elle n'est qu'une fausse application des traditions relatives au Messie; je suis d'autant plus confirmé dans mon sentiment, que cène opinion trouva un facile accès chez plusieurs secles des gnosliques, qui cherchaient à concilier les idées païennes avec la doctrine du christianisme. Les catholiques eux-mêmes ne demeurèrent point à l'abri de cette opinion : elle fut embrassée par saint Justin, martyr; par saint Yictorin, qui mourut lors des persécutions de Dioclélien; par Népos, évèqueen Egypte; par Tertullien, seulement, à ce qu'il parait, quand il fut tombé dans l'hérésie des montanistes; par Laclancc, qui y ajouta à sa. manière, cl par quelques autres catholiques. Toutefois, connue les catholiques qui croyaient à la lulurc existence d'un régne millénaire visible, ne le regardaient pas comme article de foi, ainsi que l'annonce expressément saint Justin, jamais l'Eglise ne marqua du sceau de l'hérésie celle opinion innocente, niais jamais non plus elle ne la lavorisa. Différents Pères de l'Eglise la combattirent : Origère, saint Caius, disciple d'irénée; les saints Basile, Grégoire de Nazianze, Ephreni, Jérôme et Augustin. (Schmilt., dans les Licmontt. évang., édit. M igné.)

PKRSLCUTKUH. On a ainsi nommé les empereurs et les autres souvera;ns qui ont usé de violence contre les chrétiens pour leur faire abjurer leur religion , ou contre les catholiques pour leur faire embrasser l'hérésie. Mais on abuse du terme lorsque l'on nomme persécuteurs les princes qui 01 1 employé les lois pénales pour réprimer des hérétiques séditieux el turbulents qui voulaient se rendre les maîtres, détruire les lois et la religion établie. Les empereurs romains n'auraient pas mérité ce titre olicux, s'ils avaient envoyé au supplice les chrétiens, non à cause de 1er reli0ion , mais pour quelque crime ou pour quelque sédition dont ils eussent été coupables. Or , il est incontestable que les chrétiens mis au nombre des martyrs ont été livrés au supplice à cause de leur religion seule , et non pour avoir commis aucun crime. Déjà , au nuit Martyr , § 3 , nous avons apporté les preuves <!e ce fait important ; mais il est bon de les répé er en deux mots, afin de fermer, s'il est possible, la bouche aux calomniateurs.

1° Les apologistes du christianisme , saint Justin , Athénagore , Tertullien , etc. , dans les mémoires qu'ils ont présentés aux empereurs et aux magistrats , ont toujours posé en fait que l'on ne pouvait reprocher aux chrétiens aucun crime , aucune sédition , aucune infraction des lois civiles et de l'ordre public ; 2° leurs propres ennemis leur ont rendu ce témoignage. Pline , dans sa lettre à Trajan , proleste qu'après les informations les plus exactes , il ne les a trouvés coupables d'aucun délit , qu'il a cependant

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