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christianisme n'ont jamais fait contre les dieux des païens des railleries aussi sanglantes que Aristophane, Sénèque et Juvénal ; ils n'ont pas ridiculisé les devins et les auspices d'une manière plus olfensante que Cicéron; ils n'ont pas môme déclamé avec autant d'amertume contre l'idolâtrie que les incrédules modernes le font contre notre religion : ces derniers se croient-ils pour cela dignes d'être persécutés et mis à mort? Encore une fois, il est scandaleux de voir les protestants suggérer aux incré Iules des raisons pour prouver que les chrétiens avaient mérité les cruautés qu'ils ont soutien es de la part des empereurs païens. Mosheim est de ce nombre ; il cite Eusèbe, Ilist. ecclés., 1. vin, #c. 1, qui, avant de raconter la persécution de Dioclétien et de .Maximien, expose l'état florissant dans lequel était le christianisme ; qui peint ensuite les désordres nés parmi les chrétiens pendant la paix dont ils avaient joui, l'ambition, les aniinosités mutuelles, les disputes des évoques, les haines, les injustices, les fourberies des particuliers. « Tous ces crimes (ajoute cet historien) avaient irrité le Seigneur; c'est pour les punir qu'il enflamma la colère des persécuteu s, » Mosheim en conclut que les chrétiens fournirent eux-mêmes des armes à leurs ennemis, qu ils donnèrent lieu aux païens de représenter aux empereurs qu'il était de l'intérêt public d'exterminer une secte aussi turbulente, aussi ennemie du repos, et aussi capable d'abuser de l'indulgence du gouvernement. Hist. christ., 3e sect., § ±1, n. 3, p. 575.
Le passage d'Eusèbe emporte-t-il cette conséquence? Parce que Dieu fut juste en punissant les vices des chrétiens, s'ensuit-il que les empereurs furent équitables en les poursuivant à feu et à sang ? Ce n'est pas ici la seule occasion dans laquelle Dieu s'est servi de la démence et de la frénésie des tyrans pour châtier dans son peuple des fautes qui ne semblaient pas mériter un traitement aussi rigoureux. Mais c'est .sur d( s preuves positives qu'il faut juger du vrai sens de la narration d'Eusèbe. 1° Il y a folie à prétendre que les mœurs des chrétiens du me siècle étaient plus mauvaises que celles des païens; que de tous les sujets de l'empire c'étaient les moins soumis aux lois, les plus ennemis du lepos public, les plus capables de donner du l'inquiétude au gouvernement ; qu'ainsi l'on devait sévir uniquement contre eux. 11 faudra donc supposi r qu'à commencer par Néron, tous les empereurs qui ont persécuté les chrétiens étaient aussi animés par les motifs du bien public, quoique plusieurs de ces princes aient rendu un témoignage formel au caractère paisible et à l'innocence des mœurs des chrétiens. 11 faudra supposer encore que Dioclétien, pendant les dix-huit premières années de son règne, fut un trèsmauvais politique, non-seulement en les tolérant, mais en leur donnant sa confiance , en les soutirant dans son palais, et en les revêlant de divers emplois, et qu'il ne commença d'être sage que quand son esprit ei • baissé. — 2° Une autre absurdité plus fort-}
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est de prétendre qu'un monstre de cruauté, leurs assemblées, pourvu qu'ils ni fassent tel que Maximien-Galère, qui, pour son amu- rien contre l'ordre public. 11 les invite h sèment, faisait dévorer les hommes par dos prier leur Dieu pour lui, et pour la prospériours, et jeter les pauvres dans la mer, lors- té de l'Etat. Lactance, de Mort, pers., c. 34; <|u'ils ne pouvaient pas payer les impôts; Eusèbe, 1. vm, c. 17. Maximien, dans le qui fit tuer ses médecins parce qu'ils ne pou- rescrit qu'il donna l'année suivante pour lo vaientpasle guérir, etc., était capable d agir môme sujet, ne leur fit pas d'autres repropar un motif de bien public. On sait que cbes que Maximien-Galère, Eusèbe, 1. ix, Dioclétien, son collègue , lui résista long- c. 9. Il e^t triste de voir des protestants qui temps avant de consentir à la persécution f et se disent chrétiens, pousser contre leurs qu'il ne lui céda enfin que par faiblesse. Lac- frères du ine siècle l'injustice et la malignité tance, de Mort, persec, c. 11. Il n'est pas plus loin que les persécuteurs mômes. — moins certain que le motif de sa haine con- 6" L'on ne peut pas récuser, sur les faits tre les chrétiens était la superstition stupide dont nous parlons, le témoignage de Lacà laquelle il était livré, et dans laquelle il tance, il en était témoin oculaire; il avait (Hait entretenu par sa mère, femme aussi et ' appelé à Nicomédic par Dioclétien et loniéchante que lui. Ibid. — 3" Quand il y au- gé dans le palais : les scènes les plus saurait eu des coupables p;irmi les chrétiens, ce glantes se passèrent sous ses yeux ; il conn'était pas une raison d'envelopper lesinno- naissait par lui-même les personnages dont cents dans la môme proscription, de sévir il a fait le portrait. Eusèbe n'a écrit son contre Prisca, femme de Dioclétien, et contre histoire que pendant les troub'es de l'aria- Valéria sa tille, épouse de Maxiniien-Galôre; nisme ; il peut très-bien avoir prêté au clergé de faire périr par les supplices tous les of- et aux fidèles de l'an 302, la conduite et le liciers du palais qui étaient chrétiens ou caractère de ceux de l'an 339, et les désorseulemcnt soupçonnés de l'être. Les désor- dres que les ariens firent naître dans l'Edres dont Eusèbe a parlé n'étaient pas do glise. Mais nous n'avons pas besoin de ce nature à mériter de si cruels tourments, soupçon pour peser la valeur de ce qu'il a L'on n'avait jamais traité avec autant de dit. — 7° Entin, Mosheim a été plus judicieux barbarie les païens qui avaient excité des se- et plus équitable dans un autre endroit du ditions, attenté à la vie des empereurs, ou môme ouvrage, Hist. christ., sect. 4, § 1, trempé les mains dans leur sang. Si Eusèbe notes ; il s'attache à prouver que les causes avait peint sous les mêmes couleurs les de la persécution de Dioclétien et Maximien mœurs d'une secte d'hérétiques, nos ad ver- furent, 1° les impostures des prêtres païens saires diraient qu'il a exagéré. Cinquante et des aruspices, qui assurèrent à ces deux ans auparavant, saint Cyprien avait fait aux empereurs que la présence des chrétiens chrétiens les mêmes reproches à l'occasion empêchait les dieux d'agréer les sacrifices, de la persécution de Dèce, Lib. de Lapsis ; et de rendre comme autrefois des oracles; il ne s'ensuit pas de là que l'an 249, c'étaient 2° les artifices des philosophes, qui leur déjà des sujets turbulents et les plus mau- persuadèrent que les chrétiens avaient chanvais citoyens de l'empire. — 4° Une preuve gé la doctrine de leur maître, que Jésusque leur conduite était irréprochable dans Christ n'avait jamais défendu de rendre un l'ordre civil, c'est que l'on fut obligé de culte aux Dieux ; 3° l'ambition de Maximien, leur supposer des crimes faux. Maximien qui, possédé du projet de se rendre seul mailit mettre le feu au palais par ses émis- Ire de l'empire, craignait que les chrétiens saires, et chargea les chrétiens de cet in- ne se rangeassent du côté de Constancecendie, comme avait fait Néron à l'égard Chlore et de Constantin son fils, qui leur de celui de Rome, duquel il était lui-même avaient toujours été favorables. Que ces l'auteur; Lactance, ibid. , cap. 14. Qui- causes soient réelles ou imaginaires, aucune conque consentait à sacrifier était renvoyé ne peut faire déshonneur aux chrétiens, ni absous, cap. 15. L'apostasie avait-elle donc former aucun préjugé contre leur conduite. !a ve; tu d'etfacer tous les crimes et de guérir 11 ne serait pas plus difficile de montous les vices? — 5° Les chrétiens turent trer l'innocence des chrétiens suppliciés justifiés par le tyran même qui avait résolu par milliers dans la Perse, que celle des de les exterminer. Maximien-Calère, près de victimes de la barbarie des empereurs romourir et tourmenté par ses remords, donna, mains. On ne peut pas former contre les l'an 311, un édit pour faire cesser la perse- premiers des accusations mieux prouvées cution; il y déclara qu'il avait sévi contre que contre les seconds. Déjà ceux qui les es chrétiens, non pour les punir d'aucun calomnient se réfutent mutuellement ; les attentat contre l'ordre public , mais parce uns disent que les chrétiens ont été turbuqu'ils avaient eu la folie de renoncer à la reli- lents et séditieux dès leur origine, les autres gion et aux usages de leurs aïeux, de se faire des prétendent que le christianisme s'établit lois conformes à leur goût et de tenir des as- d'abord dans 1-j silence, à l'insu des empeacmblées particulières. Voilà donc tout leur reurs et du gouvernement ; mais que, quand crime. 11 ajoute que comme plusieurs per- il eut acquis des forces, les souverains se sévèrent toujours dans leur sentiment, et ne trouvèrent réduits à l'embrasser. Cela peut rendent plus de culte ni aux dieux de l'em- nous faire conclure que si nos adversaires nire ni à celui des chrétiens, il consent à étaient eux-mêmes assez forts , il emploieleur faire grâce, à leur permettre de vivre raient la violence po-ur nous rendre incrédans le christianisme et de recommencer dules.
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Que penser encore lbrsqticles prolestants
veulent nous faire envisager les cruautés exercées contre les catholiques par les Vandales en Afrique, comme une représaille de ('■lies que les empereurs avaient mises on usage contre les donatistes, les ariens et d'autres sectes hérétiques? A la vérité le roi Hunéric allégua ce prétexte dans un de ses édits rapporté par Victor de Vite, de Persec. VandaL, 1. iv, c. 11 ; mais y avait-il la moindre apparence de justice? Les sectes poursuivies par les empereurs avaient excité l'indignation publique par les séditions, les violences, les voies de laits dont elles s'étaient servies pour répandre leurs erreurs; nous l'a\ons fait voir en parlant de chacun en particulier. Mais par quels attentats les catholiques africains avaient-ils allumé la fureur des Vandales? Jamais les empereurs n'avaient exercé contre aucune secte hérétique les meurtres, les massacres, les tortures, par lesquels les Vandales signalèrent leur barbarie. On ne peut lire sans frémir la relation qu'en a faite Victor de Vite, témoin oculaire. Ils tourmentaient les catholiques uniquement à cause de leur croyance, et pour les forcer à professer l'aiianisme; les empereurs avaient sévi contre les héré iques à cause de leur conduite turbulente et séditieuse. Comme les protestants ont imité les procédés de ces sectaires pour s'établir, et qu'd a souvent fallu les réprimer les armes à la main, ils se croient toujours en droit, comme les Vandales, de nous exterminer, s ils le pouvaient, sous prétexte de représailles.
PERSÉVÉRANCE, courage et constance d'une âme qui persiste dans la pratique de la vertu, malgré toutes les tentations et les obstacles qui s'y opposent. On nomme persévérance finale le bonheur d'un homme qui meurt dans l'état de grâce sanctifiante. On peut donc envisager la persévérance de deux manières, l'une purement passive, et c'est la mort de l'homme en état de grâce. Ainsi les enfants qui meurent après avoir reçu le baptême et avant l'usage de raison, les adultes, qui sont tir es de ce monde immédiatement après avo r reçu la grâce de la justification, reçoivent de Dieu celte persévérance passive. L'autre que l'on peut nommer persévérance active , est la correspondance de l'homme aux grâces que Dieu lui donne pour continuer à faire le bien et à s'abstenir du péché. Celle-ci dépend de l'homme aussi bien que de Dieu ; mais il ne dépend pas de lui d'être tiré de ce monde au moment qu'il est en é at de grâce. Pelage pensait que l'homme peut persévérer jusqu'à la lin dans la pratique de la vertu, par les seules forces de la nature, ou du moins avec le secours des lumières que la foi lui fournit : les semipélagiens étaient dans le même sentiment. Saint Augustin soutint contre eux, avec l'Eglise catholique, que l'homme a besoin pour cela d'une grâce particulière et spéciale*, distinguée de la grâce sanctifiante, et que cette grâce ne manque jamais aux justes (pie par leur faute, il h; prouva dans son
trait/; du Don de la persévérance, qui est un de ses derniers ouvrages, et il l'avait déjà fait dans son livre de Corrept. et Gratta, c. lf>. C'est aussi la doctrine confirmée par le deuxième concile d'Orange, can. 25, et par le concile de Trente, sess. 6, can. 11. Dans ce même livre de Corrept. et Gratta, c. 12, n. 3ï, saint August n met une différence entre la grâce de persévérance accordée aux anges et à l'homme innocent, et celle que Dieu donne actuellement aux prédestinés; la première, dit-il, donnait à Adam le pouvoir de persévérer s'il le voulait, et il la nomme adjutorium sine quo ; la seconde rend l'homme formellement persévérant, et il l'appelle adjutorium quo. En effet, dès que le don de la persévérance finale renferme la mort en état de j^râce, avec ce secours il est impossible que le juste ne persévère pas, puisque par la mort il est irrévocablement fixé dans l'état de justice. « Ainsi (dit le saint docteur) Dieu a pourvu à la faiblesse de la volonté humaine, en la tournant au bien irrésistiblement et invinciblement, ibid., n. 38. Mais tant q le l'homme est dans celte vie, on ne sait pas s'il a reçu le don de la persévérance, puisqu'il peut toujours tomber; celui qui ne persévère point jusqu'à la tin ne l'a certainement pas reçu. » De Dono per~ sev., c. 1.
Lorsque certains théologiens ont voulu appliquer à toute grâce actuelle intérieure ce que saint Augustin a dit de la persévérance finale, et donner la distinction entre adjutorium quo et adjutorium sine quo, comme la clef de toute la doctrine de ce Père touchant la grâce, ils ont abusé grossièrement de la crédulité de leurs prosélytes; ils ont voulu persuader que la volonté humaine, sous l'impulsion de la grâce actuelle, n'agit pas plus q ie le juste mourant avec la grâce sanctifiante, et qu'elle est dans un état purement passif; jamais saint Augustin n'a enseigné ceite absurdité. De sa doctrine ou conclut avec raison que le don tic la persévérance finaie renferme, lu une providence et une protection spéciale de Dieu, qui écarte des justes tout danger et toute occasion de chute, particulièrement à l'heure delà mort ; 2" une suite de grâces actuelles efficaces auxquelles l'homme ne résiste jamais, et su tout une grâce efiicace au dernier moment de la vie; cette double faveur est certainement un don très-précieux. Les théologiens sont donc bien fondés à soutenir, comme saint Augustin, que le juste ne peut pas mériter ce don en rigueur, de condigno ; mais qu'il peut s'en rendre digne en quelque manière, de congruo, et l'obtenir de Dieu par ses prières, par ses bonnes œuvres, par sa soumission et sa confiance. Sur cette question de la persévérance finale, les protestants sont partagés. Les arminiens soutiennent que le juste le mieux affermi dans la foi et dans la piété peut toujours tomber; cet article de leur doctrine a été condamné par le synode de Dordrecht. Couséquemment les gomaristes, attachés à ce synode, prétendent que la grâce du juste est
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inatnissible, qu'il no peut jamais la perdre totalement et finalement; d'où il suit que sa persévérance est non-seulement infaillible, mais nécessaire. Rossuet, Histoire des Variations, 1. x\iv, a démontré l'impiété de cette doctrine; le docteur Arnaud en a fait voir les funestes conséquences, dans l'ouvrage intitulé : le Renversement de la morale de Jésus- Christ par 1rs erreurs des calvinistes, touchant /a ju^//?roJ/on. Vainement Rasnage a fait tout ses efforts pour en pallier l'absurdité, Histoire de l'Eglise, 1. xxvi, c. 5, §3; il n'a fait que la déguiser sous un verbiage inintelligible, qui ne sauve aucun des inconvénients ; et il abuse de quelques passages des Pères, auxquels il donne un sens faux et contraire à leur intention. Voy. Imamissiule.
PERSONNE, substance individuelle d'une nature raisonnable ou intelligente. C'est la définition qu'en a donnée Boèce, et qui a été adoptée par les théologiens.
On prétend que le latin persona, dans l'origine, a signilié le masque des acteurs dramatiques; ceux-ci sont quelquefois appelés personati, parce que leur masque était l'image du personnage qu'ils représentaient sur la scène. Les Grecs se servaient du mot fffôiTMTrov, qui désigne à la lettre ce qui est sous nos yeux. Les êtres purement corporels, tels qu'une pierre, une plante, un animal, ne sont point nommés personnes, mais substances ou suppôts, hypostases, supposita; de môme le mot personne ne se dit point des universels, des genres, des espèces, mais seulement des natures singulières, des individus; or, la notion d'individu ou de personne se conçoit de deux manières : positivement, comme quand on dit que la personne doit être le principe total de l'action, parce que les philosophes appellent une personne toute substance à laquelle on attribue quelque action ; et négativement, quand on dit avec les thomistes qu'une personne consiste en ce qu'elle n'existe pas dans un autre être plus parfait. Ainsi un homme, quoique composé de deux substances différentes, de corps et d'esprit, ne fait pourtant pas deux personnes, puisque qu'aucune de ses deux parties ou substances, prise séparément, n'est le principe total d'une action; lorsque nous agissons, c'est le corps et l'Ame réunis qui agissent, et l'homme entier n'existe point dans un autre être plus parfait que lui.
En parlant de Dieu, nous sommes forcés de nous servir des mêmes termes qu'en parlant des hommes, parce que les langues ne nous en fournissent point d'autres. Comme la révélation nous fait distinguer en Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, il a fallu les appeler trois personnes, puisque ce sont trois êtres subsistants et intelligents, dont l'un ne fait pas parlie de l'autre, et qui sont chacun un principe d'action. Les Grecs ont donc distingué en Ditu trois hypostases, zpsïç û^oo-tro-Eir, et ensuite trois personnes, rpia. Tzpôvanx. Mais il est clair qu'à l'égard de Dieu, le mot de personne ne présente pas exactement la même notion qu'è l'égard de l'homme; trois personnes humaines sont trois hommes ou
DlCTIONN. DE THÉOL. DOGMATIQUE. M.
trois natures humaines individuelles; en Die i les trois personnes sont une seule nature divine, un seul Dieu. S. Aug., Bpist. 169, ad Evod. Vainement les sociniens disent que l'on a eu tort d'introduire ce langage, de se servir, en parlant de Dieu, du terme de personne, qui n'est point dans l'Ecriture sainte; de vouloir ainsi expliquer un mystère essentiellement inexplicable. On y a été forcé pour réprimer la témérité des hérétiques qui se servaient à ce sujet d'un langage erroné et contraire à l'Ecriture sainte. Les sociniens eux-mêmes nous réduisent à cette nécessité, en soutenant que le Père, le Fils et le Saint- Esprit sont seulement trois dénominations ou trois aspects différents d'une seule et même nature divine individuelle; non-seulement cette explication ne se trouve point dans l'Ecriture sainte, mais elle y est formellement contraire. Voy. Trinité.
Voici un passage de saint Augustin que les sociniens et les incrédules ont affecté de remarquer, lib. v, de Trinit., c. ix : « Nous disons une essence et trois personnes, comme ont fait plusieurs auteurs latins respectables qui n'ont point trouvé d'autre manière plus
propre à exprimer ce qu'ils entendaient
Mais ici le langage humain se trouve trèsdéfectueux; on a dit trois personnes, non pas pour exprimer quelque chose, mais pour ne pas demeurer muet. » Donc, reprennent nos adversaires, tout ce que l'on dit des personnes divines n'est qu'un verbiage vide de sens. Nous convenons que ces expressions ne nous donnent pas une notion claire; mais elles nous donnent du moins une idée confuse, puisqu'elles signifient trois êtres subsistants et principes des opérations divines. Saint Augustin n'a pas voulu dire antre chose, puisqu'il n'est aucun des Pères qui ait parlé de la sainte Trinité dune manière plus nette et plus exacte que lui. Nous sommes dans le même embarras à l'égard de tous les attributs de la Divinité, et c'est une des objections que font les athées contre la notion de Dieu : ils disent que nous avons tort d'affirmer que Dieu e:t bon, ju>te, sager puisque ces termes expriment des qualités humaines qui ne conviennent point à Dieu. Les sociniens sont-ils de même avis que les athées? Voy. Attributs.
En parlant du mystère de lincarnation, nous disons qu'en Jésus-Christ il y a deux natures très-distinctes, la nature divine et la nature humaine; que ce ne sont pas néanmoins deux personnes, mais une seule personne divine; parce qu'en' Jésus-Christ la nature humaine n'est point un principe total d'action, mais qu'elle existe avec une autre nature plus parfaite. Ainsi, de l'union de la nature humaine avec la nature divine il résulte un seul individu ou un tout qui est un principe u'action : tout ce que fait l'humanité en Jésus-Christ, c'est la personne divine qui l'opère; et c'est pour cela que ces opérations sont appelées théandriques ou déivi* rile». Voy. Théandbiques.
PETILiENS. Voy. Donatistes.
PETITS-PÈRES. Voy. Augustiss