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un
ment logique, profonde ou populaire, abstraite ou
pratique, selon la tournure d'esprit qui prévaudra parmi ce peuple. La philosophie expérimentale, que nous devons à Bacon, est le type exact des habitudes de pensée qui dominent dans le caractère anglais, depuis les méditations les plus élevées de nos sages jusqu'au raisonnement pratique de nos paysans. Le mysticisme abstrait, contemplatif et à demi rêveur do l'Hindou, est aussi l'expression naturelle de son calme et de sa nonchalance ordinaires; c'est l'écoulement des brillantes et profondes pensées qui doivent jaillir dans l'àme de quiconque s'assied sur les bords des lleuvcs majestueux de l'Inde, et s'y prend à rêver. Partout où il y a un grand nombre de sectes, nous pouvons être sûrs d'en rencontrer plusieurs qui professent des doctrines étrangères et discordantes. De là viennent ces appareilles contradictions qui choquait quelquefois dans les meilleurs philosophes grecs, et celte admission des plus hautes vérités sur ies preuves les plus faibles, qui étonne dans le plus sublime de leurs écrivains. Mais il suit de là que, si nous trouvons tous les systèmes philosophiques de ces nations, si distincts d;>ns leurs caractères, si dissemblables dans leurs procédés logiques, arrivant aux mêmes conséquences sur tous les points fondamentaux d'un intérêt moral pour l'humanité, nous sommes forcés de choisir l'une de ces deux conclusions : Ou une tradition primitive, une doctrine commune à toute l'espèce humaine, cl par conséquent donnée dès le commencement, est descendue
commun de toute la philosophie européenne. Voudrail-il nous croire, messieurs, et ne nous accuserait-il pas nous-mêmes de folie ou d'infidélité ? Non, messieurs, je ne cherche point à détruire la philosophie, en lui imputant des absurdités imaginaires. Il a été démontré avec la dernière rigueur que les théories élevées depuis deux cents ans sur la question qui nous occupe sont toutes essentiellement sceptiques ; que la diversité que l'on rencontre dans les opinions des philosophes tombe seulement sur les formes du scepticisme, mais que toutes le renferment plus ou moins explicitement, et qu'enfin la philosophie moderne, fille de Descartes et mère de Hume, ne croit pas et n'a pas le droit de croire à l'existence du inonde extérieur. » ( Cours sur l'Ilist. de la Philosophie moderne, par M. V. Cousin ; p. 9- 11. ) < Il est bien étrange, dit-il un peu plus loin, qu'on accuse la philosophie moderne de se perdre dans \\\\ dédale de systèmes : c'est vraiment bien de la sévérité envers un pareil enfant.... Elle est encore au maillot, pour ainsi dire. » (Ibid. 2e leçon, p. 53. ) « Après le maître, voici le disciple. « — Assurément, dit Joull'roy, le cercle des incertitudes s'est agrandi, des questions nouvelles ont été ajoutées à celles que la philosophie agitait à son berceau; mais les nouvelles venues n'ont pas eu meilleure forlune que les anciennes. Prenez une question philosophique quelconque; notez le jour où les premiers systèmes pour la résoudre s'élevèrent; comparez ces systèmes à ceux qui se disputent aujourd'hui l'honneur de la décider : vous trouverez sans doute plus de perfection et de développement dans ces derniers, mais vous verrez que leur probabilité relative n'a pas varié. Si chacun d'eux pris à part est plus fort, l'équilibre entre eux est le même; ei leur progrès, loin d'aboutir à résoudre la question, n'a fait que consacrer d'une manière plus précise et plus scieniiflque son incertitude. En sorte que, si l'on demande compte à la philosophie de ce qu'elle a fait depuis qu'elle existe, elle pourra bien répondre qu'elle a mis en lumière un nombre toujours plus grand de questions ; elle pourra bien ajouter qu'elle a enfanté et porté à une perfection de plus en plus grande les différents systèmes qui peuvent aspirer à l'honneur de les résoudre ; mais qu'elle ait résolu une seule de ces questions, voilà ce que la philosophie ne peut pas
jusqu'à nous par ces nombreux canaux ; ou bien, ces doctrines sont si essentiellement, si naturellement vraies, que l'esprit humain, sous toutes les formes possibles, les découvre et les embrasse. Les anciens philosophes concluaient de l'accord général de l'humanité dans une croyance commune, que ccltecroyance devait être vraie ; et ils prouvaient ainsi plusieurs doctrines importantes et salutaires. Par l'étude approfondie de la philosophie d'un grand nombre dépeuples, no.is avons fortifié ce raisonnement, et nous lui avons fait faire un pas immense; car nous pouvons dire maintenant sur quelle base ont été reçues ces doctrines. Si nous eussions rencontré un système qui niât la vie future et perpétuelle de l'âme humaine et appuyât sa négation sur des procédés logiques, sur des méthodes de raisonnement complètement indépendantes de tout enseignement étranger, c'eût été assurément une difficulté de quelque valeur. Mais quand nous voyons le mysticisme des Indiens arriver à la même conclusion que le raisonnement synthétique des Grecs, nous devons nous tenir pour assurés que la conclusion est exacte. Dans les fragments de VAkhlak-e-Naseri, ouvrage pe: san sur l'âme, que le colonel Wilks a traduit, toutes les questions relatives à cette portion de la nature humaine sont discutées avec une pénétration merveilleuse ; et quoique d'après certaines ressemblances avec les philosophes grecs, le traducteur pense que c*s raisonnements leur sont empruntés («), il me semble que le tour de la pensée et la forme de l'argumentation ont un ca-
dire, parce que, si elle le disait, elle serait forcée do trouver des exemples, un tout au moins, c'est-à-dire de délerrer une question philosophique qui soit résolue définitivement, comme le sont une foule de questions physiques et chimiques, et que cet exemple; elle ne le trouverait point, parce qu'il n'existe pas. Et cependant ces questions, Pylhagore et Déinocritc, Aristole et Platon, Zenon et Epi cure, Bacon et Descaries, Leibnilz, Malebranche, Locke et Kani les ont agitées. Ce n'est donc point faute de génie qu'elles n'ont point été résolues. Qu'y a-l-il donc dans ces questions. Qu'y a-t-il dans la philosophie qui ail rendu tout ce génie impuissant? D'où vient qu'une science remuée par de si puissantes mains demeure éternellement inféconde? Là est le problème dans lequel tout l'avenir de la philosophie est placé ; et lanl qu'il n'est pas résolu, on est confondu que des esprits distingués osent encore cultiver une science si euhivée, agiter ces questions si agitées, comme si, après le naufrage de tant de grands hommes, aucune intelligence, avant d'avoir découvert l'écueil où ils ont échoué, pouvait se flatter d'être plus habile ou plus heureux, et de rencontrer le port qui leur a échappé!.... ( Nouveaux Mélanges philosophiques, p. 90, 93).
« Après cela, vous seriez tenté peut-être de répéter avec Pascal que « toute la philosophie ne vaut pas un quart d'heure de peine. » Eh bien ! pas du tout. La même bouche, qui tout à l'heure humiliait jusqu'au néant la philosophie, va faire entendre un dithyrambe pourcxalter sa puissance: La philosophie est la dernière victoire de la pensée' sur toute forme et tout élément étranger; elle est le plus haut degré de la liberté de l'intelligence...; elle est ledernier affranchissement et le dernier progrès de la pensée.... Elle est la lumière de toutes les lumières, l'aulorilé des autorités... II est temps que, au lieu de former un parti dans l'espèce humaine, elle domine tous les partis. Jeunes gens, arrivés au faîte de vos études antérieures, vous trouverez dans la philosophie, avec l'intelligence et l'explication de toutes choses, une paix supérieure et inaltérable. » (Introduction à l'Histoire de la philosophie, par M. V. Cousin, lre leçon, p. 27 et suiv.)
(a) Transactions of Ihc royal Society Asiatic ofijrcal Britain and Ireland. Lond. 1827, t. -I, pi bit.
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ractère décidément original. C'est ainsi que nos convictions ont acquis une forée toute nouvelle sur des points de croyance essentiellement nécessaires, qui sont la base' du christianisme et qui ont été plus largement développés par ces enseignements. Mais il y a plusieurs systèmes de philosophie asiatique qui "sont en contact plus intime avec les Ecritures, qui y font allusion et qui peut-être les attaquent; une fois connus, ils peuvent répandre une grande lumière sur certains passages. Le principal de ces systèmes est celui que l'on connaît généralement sous le nom de Philosophie orientale. Il se compose surtout de ces doctrines mystérieuses qui formaient la hase de l'ancienne religion persane, et d'où jaillirent les premières sectes du christianisme : la croyance à une lutte entre deux puissances opposées, l'une bonne, l'autre mauvaise ; à l'existence des émanations, principes intermédiaires entre la nature divine et la nature terrestre ; et, par suite, l'adoption de termes mystiques et secrets, exprimant lesrapports cachés qui existent entre ces différents ordres d'êtres créés et incréés. Celte philosophie s'infiltra dans tout l'Orient. On ne peut douter que son influence n'eût pénétré parmi les Juifs au temps de notre Sauveur, et que la secte des Pharisiens, en particulier, n'eut adopté une grande partie de ces doctrines mystérieuses. Elle pénétra dans la Grèce, exerça une profonde influence sur les philosophies pythegoricienneet platonicienne, et agit sur le peuple à travers le voile des mystères religieux. Dans plusieurs de ses doctrines elle approchait de si près de la vérité, que les écrivains inspirés adoptèrent quelques- unes de ses expressions pour exposer leur propre doctrine. La connaissance que nous avons maintenant de ce système philosophique, grâce à l'étude sérieuse dont il a été l'objet, a servi à confirmer et à éclaircir bon nombre de phrases et de passages autrefois obscurs. Par exemple, lorsque JNico;!ème ne comprit pas ou feignit de ne pas comprendre l'expression de Noire-Seigneur, qu'il fallait naître de nouveau, nous serions peut-être portés à penser que cette expression n'était pas, dans le fait, aisée à comprendre, et nous pourrions trouver ce reproche sévère : Vous êtes docteur en Israël, et vous ne comprenez pas ces choses (Joan. ni, 10 ) ? Mais quand nous découvrons que ces paroles étaient la ligure ordinaire par laquelle les Pharisiens eux-mêmes exprimaient, dans leur langage mystique, l'action de devenir prosélyte ; qi:e celte locution appartient à la philosophie orientale, et qu'elle est employée par les Brahmanes pour indiquer ceux qui embrassent leur religion (a); nous voyons sur-le-champ comment une façon de parler si obscure aurait dû être bien comprise par la personne à laquelle elle était adressée. Bendslen a recueilli soigneusement beaucoup d'inscriptions antiques qui contiennent des allusions mystiques à celte philosophie occulte; et il a fourni par là plusieurs éclaircissements sur des phrases du Nouveau Testament (b). Il me suffit de vous dire que les expressions de lumière et de ténèbres, de la chair et de ['esprit, les métaphores qui représentent le corps comme le vase ou la tente de l'âme, locutions qui dans la langue de celte époque étaient les plus propres à exprimer les doctrines si pures du christianisme, ont toutes été retrouvées dans celle philosophe, et ont ainsi perdu l'obscurilé qu'on avait coutume de leur reprocher.]
PHOTIN1ENS , hérétiques du ivc siècle, qni avaient embrassé les erreurs de Photin , évèque de Sirmium ou Sirmich, en Hongrie. Celui-ci, disciple de Marcel d'Ancyre, et qui passe pour avoir eu du savoir et de l'éio-
(a) V. les Discours de fauteur sur la présence réi Ile ; el Windischniaiin, Philosophie, etc., p. 558.
(b) Dans les Miscellanea Hafnensia, 1. 1, p. 20. Copenhague, 1816.
quence, poussa l'impiété envers Jésus-Christ plus loin que les ariens. Il soutint que c'était un pur homme, né du Saint-Esprit et de la vierge Marie ; qu'une certaine émanation divine, que nous appelons le Verbe, était descendue sur lui, et qu'en conséquence de l'union de ce Verbe divin avec la nature humaine, Jésus était appelé Fils de Dieu, Fils unique , parce qu'aucun autre homme n'a été ainsi formé , et Dieu, à cause des dons, du pouvoir et des privilèges que Dieu lui avait accordés. Par le Saint-Esprit , Photin n'entendait pas une personne distincte de Dieu le Père, mais une vertu céleste émanée de la Divinité. Ainsi cet hérétique n'admettait, comme Sabeîl.us , qu'une seule personne en Dieu. 11 fut condamné, nonseulement par les orthodoxes , mais encore par les ariens; par les évoques dOrient, dans un concile d'Antioche , tenu en 3V5 ; par ceux d'Occident , au concile de Milan en SiG ou 3V7 ; enfin, il fut déposé dans une autre assemblée , à Sirmich , l'an 351 , et il mourut en exil l'an 371 ou 375. Son hérésie a été r. nouvelée dans ces derniers temps par Socin ; et quoique les sociniens y aient apporté quelques palliatifs , le fond de leur système revient au môme.
* PI1RÉNOLOGIE, ou Crànologie, Crànioscopie, prétendue science qui par la conformation du crâne prétend connaître le caractère, les passions, lei> penchants de l'homme. Nous n'avons pas à envisager cette prétendue science sous le point de vue de sa valeur scientifique : tous les hommes sages ne lui en reconnaissent aucune. Elle intéresse le théologien, parce qu'elle conduit droit au matérialisme. Elle fut interdite à Vienne, lorsqu'elle parut, comme étant la source du fatalisme. Gall a cherche à se justifier de ce grave reproche. « Chaque faculté, disait-il, a sa perception, sa mémoire, son jugement, sa volonté, c'est-a-dire tous les attributs de l'intelligence proprement diie. Toutes les facultés sont douées de la faculté perceptive, d'attention, de souvenir, de mémoire, 0e jugement, d'imagination Chaque faculté est donc une intelligence. Il y a autant de différentes espèces d'intellect, ou d'entendement qu'il y a de facultés distinctes. Toute faculté particulière, dit-il encore , est intellect ou intelligence : chaque intelligence individuelle a son organe propre. M. Flourens (Examen de la phrénologie) : « Mais, avec toutes ces espèces d'Intellects, avec toutes ces intelligences individuelles, que sera l'intelligence générale et proprement dite?... Ce ne sera plus celle faculté positive et une, que nous entendons, que nous concevons, que nous sentons en nous-mêmes, quand nous prononçons le mot cime ou intelligence, el c'est là tout l'esprit de la psychologie de Gall. A l'intelligence, faculté essentiellement une, il substitue une foule de petites intelligence ou de facultés distinctes
et isolées Mais l'unité de l'intelligence, l'unité du
moi, est un fait du sens intime, et lesens inlimecsl plus fort que toutes les philosophies.» C'est la destruction du moi, dit la Revue médicale. « S'ils ne veulent pas accepter celle multiplicité d'individualités spirituelles, indépendantes, en prétendant les unir par des liens mystérieux, ils n'expliqueront pas d'une manière plus satisfaisante l*unité du moi, ni la possibilité du jugement. Car, comment le moi, cet eue un, indivisible, inétendu, point convergent de touies les facultés, partie essentielle de tout acte mental, logique, peutil exister avec celle pluralité indéfinie des organes? Il y a ici la plus notoire des contradictions ; disons mieux, la plus formelle absurdité. Faut-il donc le
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redire ? Ou ne peut diviser le moi, qui n'est que lui, qui est lui ni plus ni moins, et dire en le divisant : Voilà qui vit pour tel organe, voici qui vit pour tel autre. La personnalité ne se pi\ te pis à être ainsi fractionnée : il faut la nier ou la reconnaître dans sa complète intégrité. L'unité matérielle, l'unité organique cm particulier, est un composé, une agrégation de parties : mais l'unité spirituelle n'est rien de semblable; elle est l'unité tout simplement; bien plus, c'est la destruction de tout jugement. 11 est certain, dit la Revue médicale, que je puis éprouver à la lois plusieurs sensations. Quelquefois, c'est le même objet qui me les procure : je vois, je goûle et je sens un ragoût; j'entends et je touebe un instrument. D'autres lois, ce sont différents objets qui frappent mes divers se::s : j'entends une musique, en même temps que je vois des hommes, que j'éprouve la chaleur du feu, (pie je sens une odeur, que je mange un fruit ; je discerne parfaitement ces sensations diverses, je les compare, je juge laquelle m'affecte le plus agréablement, je préfère l'une à l'autre, je la choisis. Or, ce moi, qui compare les diverses sensations, est inévitablement un être simple; car, s'il est composé, il recevra par ses diverses parties les diverses impressions que chaque sens lui transmettra : les nerfs de l'œil porlerout à une partie les impressions de la vue, les nerfs de l'oreille feront passer à une autre partie les impressions de fouie, ainsi du reste. Mais, si ce sont les diverses parties de l'organe physique, du cerveau, par exemple, qui reçoivent, chacune de son côté, la sensation, comment s'en fera le rapprochement, la comparaison? La comparaison suppose un comparateur ; le jugement suppose un juge unique. Ces opérations ne peuvent se faire, sans que les sensations différentes aboutissent toutes a un être simple, i
D'après les phrénologistes tout se réduit au physique. 11 n'y a donc que matière et destruction de la liberté; car la matière n'eslpas libre. C'est ce qu'avoue Rroussais : < L'bomme a la liberté, si les organes du moi et de la volonté, auxquels tient cette faculté, sont vigoureux ; mais, s'ils sont faibles, il ne l'a pas. Examinons d'abord celui qui les a faibles. Eh bien ! ii ne sera vraiment libre que pour les actions indifférentes, mais il ne le sera pas pour les actes importants; il obéira successivement à toutes ses passions,
à mesure qu'elles deviendront dominantes Je
suis libre d'être sage, fidèle, économe, s'écriera le prodigue, le libertin, à qui l'on reproche ses écarts, et je serai cela quand je le voudrai. Mais, s'il n'a pas d'organe qui puisse l'amener à changer de conduite, il ne changera pas. » Le théologien ne peut donc se dispenser de condamner la phrénologie comme détruisant les principes fondamentaux de la morale et de la religion. Voy. Physiologie psychologique.
PHRONTISTES. Quelques auteurs ont ainsi nommé les chrétiens contemplatifs , et ont appelé phrontistères les monastères , parce que ce sont des lieux consacrés en partie à la contemplation. Ces deux termes sont dérivés du grec y/miiÇw, je pense, je médite.
PHRYGIENS. Voy. Montamstes.
PHURIM ou PURIM. Voy. Esther.
PHYLACTÈRES , terme grec qui signifie gardes ou préservatifs. Ce sont des bandes de parchemin sur lesquelles les Juifs écrivent certains passages de l'Ecriture sainte, qu'ils portent sur leur front et sur leurs bras, afin de s'exciter à garder soigneusement la loi de Dieu, et à se préserver de l'enfreindre. Voici l'origine de cet usage : Dieu leur avait dit, dans le Deutéronome, c. vi , v. 8 : Les préceptes que je vous donne seront dans votre cœur. Vous /es enseignerez à vos enfants ,
PrCTtONN. DE THÉOL. DOGMATISE, llî.
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vous vous en entretiendrez chez vous et dans vos voyages , vous y penserez en vous couchant il en vous levant. Vous les lierez comme un signe sur vos mains , et comme un fronteau entre vos yeux. Vous les écrirez sur les poteaux et sur les portes de vos maisons, li avait dit la môme chose au sujet de la cérémonie des azymes et de l'offrande des premiers-nés {Exod. xiii, 9 et 16). Celait une exhortation à n'oublier jamais la loi du Seigneur, et à la garder exactement en toutes choses. Mais sur la lin de la synagogue , les Juifs, très-enclins à la superstition, prirent ces paroles à la lettre ; ils crurent qu'il fallait les écrire sur des bandes do parchemin, les porter sur leur front et sur leurs bras. Dans saint Matthieu , c. xxm , v. 5, Jésus- Christ reproche aux pharisiens de porter ces bandes fort larges, afin de se faire remarquer par le peuple. Il aurait été mieux do prendre le vrai sens du texte , et de porter la loi de Dieu dans leur cœur. Le mot hébreu qui répond au grec phylactères est thotaphoth ; celui-ci, suivant plusieurs auteurs, désignait un ornement de tête , ou des pendants que les femmes juives portaient sur leur front : et il signifie en général ligature ou couronne; mais dans YExode c. xiii , v. 9, il est rendu par ziearon, mémorial. Onkélos l'exprime par téphilin , préservatifs. Quoi qu'il en soit , la plupart des juifs modernes portent encore de ces phylactères qu'ils nomment zisis; et, en abusant de la signification du terme, ils se persuadent que ce sont des amulettes ou préservatifs contre tout danger, surtout contre les esprits mabns : de là l'on a souvent donné aux amulettes le nom de, phylactères. Cette superstition des juifs a souvent été renouvelée dans le sein même du christianisme par ceux qui ont imaginé que certaines paroles écrites sur du vélin, gravées sur des médailles ou sur des morceaux de métal , pouvaient être un préservatif ou un remède contre les maladies. Les Pères de l'Eglise, et les évoques dans les conciles , ont souvent proscrit cet abus ; mais la crainte de maux imaginaires, l'impatience et le désir de se délivrer d'un mal à quelque prix que ce soit, sont des liassions contre lesquelles aucune Joi ni aucune censure ne peut prévaloir. Thiers , Traité des superstitions, re partie, 1. v, c. 1 et suivants. Voy. Amulette.
* PHYSIOLOGIE PSYCOLOGIQUE. Il existe entre l'âme et le corps des communications ; mais comment s'établissent ces rapports? C'est une grande question philosophique. C'est au Dictionnaire de philosophie à exposer la multitude des systèmes inventés pour résoudre le mystère. Il y à une école nouvelle qui ramène au cervelet le principe et la source de toutes nos sensations et de toutes nos pensées. « Il existe, dit le docteur Foville, entre le cervelet et ses deux nerfs, qui se détachent de la base de son pédoncule, une continuité de tissu que personne, a ma connaissance, n'a soupçonnée depuis Galien; quanta ce grand homme, il a dit : Cercbrum vero est omnium nervorum mollium origo, pensée susceptible d'interprétations diverses. Voici, d ailleurs, comment est établie la continuité des r.erfs auditif et trijumeau avec la substance du cervelet : Du tronc des nerfs auditif et trijumeau, au lieu Ce
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