‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 190 sur 228 · PU Y · texte numérisé non relu

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leur insertion aux côtés de la protubérance, se détache une membrane de matière nerveuse blanche, qu'on peut comparer à celle qui, sous le nom de féline, existe à l'extrémité périphérique du nerf optique et tapisse l'intérieur de l'œil. L'expansion menibraniforme de matière nerveuse blanche, qui se détache du nerf auditif et du trijumeau, au lieu de leur insertion à la base du pédoncule cérébelleux, est beaucoup plus forte que la rétine du nerf optique; elle tapisse d'abord le côté externe du pédoncule cérébelleux, et lui donne un aspect lisse différent de l'aspect fascicule de la protubérance, de laquelle procède le faisceau pédonculaire externe du cervelet. Celte membrane nerveuse se prolonge ensuite sous les bases des lobes cérébelleux qui se trouvent soudés à sa face excentrique. Tous les lobes de la face supérieure du cervelet naissent par une extrémilé simple d'une petite bordure fibreuse située sous la marge commune de tous ces lobes, à la partie supérieure de la face externe du pédoncule cérébelleux. Cette petite bordure fibreuse se prolonge dans la substance même du nerf trijumeau ; toutes les extrémités des lobes cérébelleux attachées sur celle bordure convergent avec elle dans la direction du nerf trijumeau, qui semble ainsi leur centre d'origine. De ce lieu d'origine, lous les lobes de la face supérieure de l'hémisphère cérébelleux se portent en divergeant dans Péiuinence vermiforme supérieure. La doublure fibreuse immédiate de tous ces lobes, faisant suite à la bordure fibreuse émanée du trijumeau, rayonne de cette bordure dans la direction de l'éminence vermiforme, répétant au-dessous de ces lobes, dont elle est la base, la direction qu'ils présentent eux-mêmes à la périphérie cérébelleuse. Voici pour les lobes de la partie supérieure de l'hémisphère cérébelleux. Ceux de la partie inférieure de ce même hémisphère se comportent exactement de même, par rapport au nerf auditif; tous ils convergent par leur extrémité externe dans la direction de ce nerf, et sont attachés à la surface excentrique de la membrane nerveuse qui en émane, et produit une petite bordure fibreuse au point de concours de tous ces lobes dans la direction du nerf auditif. La direction des fibres de celle membrane nerveuse, émanée du nerf auditif, est parallèle à celle des bases des lobes cérébelleux fixés à sa face externe. Ainsi les lobes delà face supérieure de l'hémisphère cérébelleux sont fixés sur une membrane nerveuse émanée du nerf trijumeau. Les lobes de la face inférieure de l'hémisphère cérébelleux sont également soudés à la surface externe d'une membrane nerveuse émanée du nerf auditif, de sorte que les replis de la couche corticale qui constituent la partie principale des lobes cérébelleux pourraient être comparés aux ganglions développés sur les racines postérieures des nerfs spinaux ; surtout, si l'on remarquait que, par un prolongement ultérieur de matière fibreuse que ce n'est pas le lieu de décrire ici, ces mêmes replis de la couche corticale du cervelet se rattachent au faisceau postérieur de la moelle.

« Voici maintenant d'autres faits remarquables. Des replis internes, que présente la membrane nerveuse blanche, émanée des nerfs auditif et trijumeau et combinée avec la couche corticale du cervelet, se détachent des cloisons fibreuses dont les libres, par leurs terminaisons périphériques, pénètrent la couche corticale, tandis que, par leur prolongement centripète, ces mêmes cloisons se rendent à la surface d'un noyau fibreux que revêtait la membrane nerveuse émanée de l'auditif et du trijumeau. La couche la plus superficielle de ce noyau fibreux est celle dans laquelle concourent toutes ces cloisons fibreuses qui procèdent île l'intérieur des lobes cérélieileux. Celte couche fibreuse superficielle du noyau cérébelleux se rend enfin dans la partie fasciculée du pédoncule cérébelleux qui vient de la protubérance. De sor'e que par sa doublure fibreuse immédiate, la couche corticale du cervelet communique directe-

ment avec les nerfs auditif et trijumeau et avec les organes sensoriaux auxquels se rendent les extrémités périphériques île ces nerfs, tandis que, par les cloisons fibreuses contenues dans les replis internes de l'espèce de rétine cérébelleuse de l'auditif et du trijumeau, celte même couche corticale communique avec les fibres transversales de la protubérance et par suite avec les faisceaux antérieurs delà moelle. Ces données sont loin de contenir toute l'anatomie du cervelet, elle révèlent simplement dans l'état normal de cet organe des dispositions inconnues que je crois importantes. L'inspection, post tnortem, du cervelet chez les aliénés, m'a permis de constater, un assez grand nombre de fois depuis deux ans, un éiat pathologique de cet organe, consistant en adhérences intimes de sa couche corticale avec les parties correspondantes de la pie-mère et de l'arachnoïde. Cet état pathologique est surtout fréquent chez les hallucinés. C'est quelquefois la seule altération qu'on rencontre dans l'encéphale de ceux dont le délire avait pour base unique des hallucinations. Un semblable résultat rapproché des données analomiques précédentes me semble hautement significatif. J'ajouterai que dans bien des cas la maladie du cervelet à laquelle je fais allusion, a succédé à l'altération préalable de parties périphériques des nerfs auditif et trijumeau. Dans des cas de ce genre, la maladie du cervelet pourrait être comparée, par rapport à sa cause première, à la maladie d'un ganglion lymphatique, déterminée par la phlegmasie de quelqu'un des vaisseaux qui se rendent à ce ganglion. Il existe entre la couche corticale du cerveau et les nerfs olfactif et optique des connexions du même genre que celles que j'ai signalées entre la couche corticale du

cervelet elles nerfs auditif et trijumeau i

Il y a quelque chose de mystérieux, d'inexplicable, dans les phénomènes de la sensibilité. « Les organes des sens mécaniques, dit M. de Blainville, sont des organes qui aperçoivent mécaniquement les vibrations des corps plongés dans le même milieu et en reproduisent l'image. L'image est la représentation sensoriale d'un être, d'un phénomène ou d'un acte, dans un plus ou moins grand nombre de ses qualités distinctes et propres, par les organes des sens appropriés et aperçus par l'intelligence. Une vibration est un phénomène dans lequel chacun des points d'un corps entre en mouvement, qui se transmet a travers un milieu convenable, de manière à donner une image. Une image de vibration est celle dans laquelle il se reproduit, sur quelques parties de notre organisation sensoriale, une représentation diminuée ou augmentée de ce phénomène. Si ces vibrations se font à la surface du corps, on aura une image de surface; si c'est à l'intérieur, on aura une image de vibration dans le temps. L'intensité du mouvement donne Je sentiment de la lumière dans la vision et du son dans l'audition. La vitesse donne les couleurs el les tons. De là sorl la définition d'un organe de vision et d'un organe d'audition, et celle d'une image optique et d'une image acoustique. L'image optique, par exemple, est celle dans laquelle un phénomène de vibration est répété, réduit et augmenté dans un degré plus ou moins grand d'intensité et de rapidité de mouvement dans un organe sensorial approprié, i Cours d'anatomie comparée au muséum d'histoire naturelle. 1842.

Tout cela doit èlre pour nous un grand sujet d'admiration, niais ne doit point nous persuader nue la matière peut être le principe de la pensée, qu'il ne faut pas recourir à la spiritualité de l'àme pour ex-» pliquer tous les phénomènes intellectuels qui se passent en nous. Nous avons longuement développé cet. a vérité au mot Ame ; nous nous contentons d'y renvoyer. Nous avons d'ailleurs démontré au mot Piirknologie que la doctrine qui fait reposer le principe de nos actions sur les sens, détruit le principe même de la moraie en anéantissant la liberté-

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