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PHYSIQUE DU MONDE. Voy. Monde.
PICARDS, hérétiques qui parurent en Bohême au commencement du x.vc siècle, dont il n'est pas aisé de découvrir la véritable origine ni d'exposer les opiuions.ll va dans l'ancienne Encyclopédie une assez longue dissertation dans laquelle on s'est effoicé de prouver que les picards de Bohême étaient des vaudois, qu'ils n'avaient point d'autre croyance que celle qui a été embrassée deux cents ans après par les protestants, que ces sectaires ont été accusés injustement d'avo r les mêmes erreurs et de pratiquer les mêmes infamies que les adamites. L'auteur a copié Beausobi e, qui a suivi ce sentiment dans une dissertation sur les adamites de Bohême, laquelle a été jointe à Y Histoire de la guerre des hussites, par Lenfant. Mosheim, mieux instruit, et qui semble avoir examiné la question de plus près, pense que les picards de Bohême étaient une branche des beggards, que quelques-uns nommaient biggards, et par corruption picards, secte répandue en Italie, en France, dans les Pays-Bas, en Allemagne et en Bohême, et à laquelle on donnait différents noms dans ces diverses contrées. Voy. Bkggards. Comme le très-grand nombre ue ceux qui la composaient étaient des ignorants fanatiques, il est impossible que tous aient eu la même croyance et les mêmes mœurs. C'est donc une très-vaine entreprise de leur attribuer la même profession de foi et la même conduite. Les protestants ont voulu en imposer au monde, lorsqu'ils ont soutenu que les vaudois n'avaient point d'autre doctrine que la leur; Bossuet a prouvé le contraire. Hist. des Variât., 1. xi.ll est encore plus ridicule de vouloir absoudre les picards des désordres qui leur ont été imputés par plusieurs historiens ; mais la manie de Beausobre était de justifier les hérétiques de tous les siècles, malgré les témoignages les plus authentiques ; il n'allègue que des conjectures et des preuves négatives qui ne concluent rien. « C'était, dit Mosheim, vouloir blanchir la tête d'un nègre; je puis prouver, par des pièces authentiques, que je n'avance rien que de viai. Les recherches que j'ai faites et la connaissance que j'ai de l'histoire civile et religieuse de ce siècle me rendent plus croyable que le laborieux auteur dont je refuse d'adopter le sentiment, qui ne connaissait qu'imparfaitement l'histoire du moyeu «ge, et qui d'ailleurs n'était point exempt de préjugé et de paitialité. »0n ne doit pas confondre les^îcards de Bohême avec les frères bohémiens ou frères de Bohême ; ceux-ci étaient une branche des hussites qui, en 1467, se séparèrent des calixtins. Voy. Hussites.
PICPUS, religieux du tiers ordre de saint François, autrement dits pénitents, fondés en 1001 à Picpus, petit village qui touche au faubourg Saint-Antoine de Paris. Ce village a donné son nom à la maison des religieux, et cette maison, qui n'est que la seconde de l'ordre, a donné le sien à l'ordre entier. Ces franciscains se nomment à Paris religieux pénitents de Nazareth, et dans quel-
ques provinces on les appelle tiercelins. Jeanne de Sault, veuve de René de Rochechouart, comte de Mortemart, est reconnut» pour fondatrice du couvent de Picpus; Henri IV accorda des lettres patentes à ce nouvel établissement; Louis XIII posa la première pierre de l'église, et dans les lettres patentes par lesquelles il confirme l'érection de ce monastère en ÎG2V, il prit la qualité de fondateur. C'est le désir d'observer strictement la règ?e de saint François, qui a donné naissance à ce nouvel institut. Voy. Franciscains.
PIED. Dans l'Ecriture sainte les pieds se prennent en différents sens, au propre et au figuré. Il est dit durs l'Evangile qu'à l'aspect de Jésus ressuscité les saintes femmes lui touchèrent les pieds, tenucrunt pedes ejus, c'est-à-dire qu'elles se prosternèrent devant lui par respect. Dans le Deutéronome, c. vm. v. 4, Moïse dit aux Israélites que dans ie désert leurs pieds n'ont point été blessés; cela veut dire que leurs souliers ne s'étaient point usés. Se couvrir les pieds est une périphrase qui signifie satisfaire aux nécessités de la nature, et souvent les pieds se mettent au lieu des parties du corps que la pudeur cache et ne permet pas de nommer (Isai.xn, 20; Ezcch. xiv, 25). Parler du pied, c'est gesticuler des pieds; Salomon ledit d'un insensé (Prov. vi, 13). Apercevoir les pieds de quelqu'un, c'est le voir arriver; Isai., c. lu, v. 7, quam speciosi pedes evangelizantium pacem! qu'il fait beau voir arriver ceux qui annoncent la paix! Dans le sens ligure, les pieds sont la conduite; Ps. xv, v. 12, pes meus slctit in directo, mes pieds sont demeurés fermes dans le droit chemin. Dans un autre sens, ce terme signifie un appui, un soutien; Job, c. xxix, v. 15, dit qu'il a é'.é l'œil de l'aveugle et le pied du boiteux. Mais lorsque Jésus dit dans l'Evangile : Si votre pied vous scandalise ou vous fait tomber, coupez-le; c'est une métaphore pour nous apprendre que nous devons renoncer à ce que nous avons de plus cher, s'il est pour nous une occasion de péché. Mettre quelqu'un sous les pieds d'un autre, c'est le mettre sous sa puissance : David demande à Dieu d'être préservé du pied de l'orgueil, c'est-à-dire de la puissance des orgueilleux, et de ne pas être secoué par ie bras du pécheur (Ps. xxxvi, 12). Mettre le pied dans un lieu, signifie en prendre possession : fouler un ennemi aux pieds, c'est lui insulter : trébucher ou clocher du pied, chanceler sur ses pieds, c'est déchoir de l'état de prospérité et tomber dans le malheur, etc, : une bonne partie de ces manières de parle? se retrouvent dans notre langue. Glassii Philolog. sacra, col. 1800.
PIERRE. Nous lisons dans le livre de Josué, c. x, v. 11, que ce chef des Israélites, étant venu attaquer les rois des Chnnanéens qui assiégeaient Gabaon, les mit en fuite ; qu'à la descente de Béthoron, Dieu fit pleuvoir sur eux de grosses pierra, jusqu'à Azéca; de sorte qu'il en mourut un plus grand nombre par cette grêle de pierres que
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par l'épéodes Israélites. Les commentateurs disputent pour savoir si ces paroles doivent être prises à la leître, et si Dieu fit réellement tomber du ciel des pierres sur lesChananéens, ou si l'on doit entendre qu'il fit tomber sur eux une grêle d'une dureté et d'une grosseur extraordinaire, poussée par un vent violent. Dom Calmet a placé à la tète du livre de Josué une dissertation dans laquelle il s'est attaché à établir le sens littéral : ses preuves sont 1° qu'il n'y a aucune nécessité de recourir au sens ligure quand il est question d'un miracle ; il n'en a pas plus coûté à Dieu de faire pleuvoir des pierres sur les Chananéens, que de les faire périr par une grêle très-grosse et très-dure. 2° L'histoire fait mention de différentes pluies de pierres tombées en différents lieux dans le cours des siècles, et ces faits sont si bien attestés, qu'il n'est pas possible de les révoquer en doute. Ce phénomène arrive naturellement par l'éruption subite d'un volcan. 3° L'on ne peut pas nier qu'il ne puisse se former des pierres en l'air, lorsqu'un tourbillon de vent y a transporté à une hauteur considérable de la terre, du sable et d'autres matériaux; alors ces matières mêlées avec des exhalaisons sulfureuses ou bitumineuses, et avec l'humidité des nuées, peuvent se durcir dans un moment par leur propre pesanteur et par la pression de l'air, et retomber incontinent sur la terre. Bible d'Avignon, t. III, p. 297. D'autres commentateurs, qui préfèrent le sens ligure, répondent, en premier lieu, qu'il n'y a point de nécessité non plus de s'en tenir au sens littéral, puisque Dieu a pu opérer par de la grêle le même effet qu'auraient produit des pierres. Ils citent à leur tour une multitude d'exemples bien attestés d'orages pendant lesquels il est tombé des morceaux de grêle d'une grosseur énorme, dont quelques-uns pesaient une livre, les autres trois, les autres huit, et qui ont tué une quantité d'hommes et de bestiaux. En second lieu, que les Septante, l'autsur de Y Ecclésiastique, c. xlvi, v. 6, et l'historien Josèphe, Antiq, Jud., 1. v, c. 1, ont entendu la narration de Josué, de pierres de grêle, et non d'une grêle de pierres. En troisième lieu, qu'une grêle arrivée à point nommé pour procurer aux Israélites une victoire complète, qui tue leurs ennemis sans les blesser eux-mêmes, qui en fait périr plus que ne pouvait faire leur épée, est certainement un événement miraculeux. Or, pour opérer des miracles, Dieu s'est souvent servi des causes naturelles, mais en les employant d'une manière extraordinaire et impossible à tout autre qu'à lui; et c'est ce qu'il a fait dans l'occasion dont nous parlons. Bible de Chais, Jos., c. x. il serait difficile de trouver de fortes raisons pour préférer l'un de ces sentiments à l'autre; dès que l'on avoue que dans cette circonstance Dieu a opéré un miracle, peu importe de savoir précisément de quelle manière il l'a exécuté. A la vérité les incrédules, attentifs à embrasser le second, ne manque-
ront pas de dire que cette grêle, est arrivée par hasard, comme toutes les autres dont l'histoire fait mention; mais lorsqu'une caus« quelconque agit avec autant de justesse et aussi à propos que le pourrait faire l'être le plus puissant et le plus intelligent, il est absurde de recourir au hasard, ce n'est plus qu'un terme abusif, destiné à cacher l'ignorance de celui qui s'en sert.
L'histoire sainte fait mention de plusieurs pierres ou rochers de la Palestine devenus fameux par les événements qui s'y étaient passés: elle nomme la pierre d'Ethan, celL' d'Ezel, la pierre du secours, etc. Il est probable que la pierre du désert est la vil e de Petra dans l'Arabie. Un de ces rochers, le plus remarquable, est celui d'Horeb, duquel Moïse fit jaillir une fontaine en le frappant de sa baguette (E.xod. xvn, G). Ce miracle fut renouvelé environ quarante ans après, et il en est parlé (Num. xx, 11). Ceux qui ont cru que c'était le même prodige raconté deux fois, se sont trompés. Le premier se fit à Raphidim, onzième station des Israélites, la première année après la sortie d'Egypte; le second, au désert de Sin, trente-troisième station, à la quarantième anné1, immédiatement avant la mort d'Aaron. La première fois Moïse frappa le rocher avec 1a verge do laquelle il s'était servi en Egypte pour opérer des miracles; la seconde fois il le frappa avec la verge d'Aaron, qui était gardée dans l'arche. A Raphidim, Moïse ne frappa le rocher qu'une fois et en présence des anciens d'Israël ; à Sin, il le frappa deux fois en présence de tout le peuple rassemblé, et cette action déplut à Dieu; Moïse en fut puni bientôt après.
Un déiste anglais a cru détruire ce miraracle, en disant que la fontaine d'Horeb existait déjà et coulait naturellement; mais que comme les Israélites, au sortir de l'Egypte, n'avaient jamais vu de fontaine, ils prirent celle-là pour un prodige, et que Moïse, de concert avec les anciens qu'il avait apostés, le publia ainsi. Quand les Hébreux auraient été assez stupides pour donner dans celte erreur la première année après leur sortie de l'Egypte, du moins ils ne pouvaient plus y être trompés à la quarantième; ils avaient vu des fontaines avant de sortir de l'Egypte, puisque leur sixième station s'était faite à Elim, où il y avait douze fontaines, et qu'ils avaient campé auprès {Exod. xv, 27; Num. xxxm, 9). Nous faisons ces remarques, afin de montrer combien les incrédules sont imprudents. Dans le psaume lxxx, v. 17, il est dit que les Israélites ont été rassasiés du miel qui sortait de la pierre, c'est-à-dire du miel que les abeilles avaient fait dans les trous des rochers.
PIERRE (saint), chef des apôtres. Au mot Céphas nous avons donné l'étymologie de son nom, et nous avons fait voir la raison pour laquelle Jésus-Christ le lui donna. Au mot Pape nous avons prouvé que ce divin Sauveur a établi saint Pierre chef et premier pasteur de son Eglise, qu'il lui a donne