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opposent que des impossibilités prétendues, il nous suffit de leur faire voir que ce qu'ils jugent impossible ne l'est pas. Quant à l'accusation formée contre saint Justin par les incrédules, elle est absurde, puisqu'elle suppose qu'il a été imposteur et faussaire sans molif. Qu'avait-il besoin de citer une relation ou des Actes de Pilote, pour prouver que Jésus avait fait des miracles, et qu'il avait été crucitié ? C'étaient des faits publics et desquels toute la Judée était en état de déposer. 11 était plus simple d'en appeler au témoignage de toute une province qu'aux Actes de Pilote, s'ils n'existaient pas. S'il y a eu des critiques assez prévenus contre le témoignage des Pères, pour traiter de fable la relation de Pilate, il s'en est trouvé aussi, même parmi les protestants, qui ont vengé les Pères, et qui ont fait voir qu'il n'y a rien d'incroyable dans leur narration. Tels sont Fabricius, Hœsœus, Havei camps, Mosbeim, Jnstit. Ilist. christ., i" paît., c. k, § 9. Mais, pour faire illusion, les incrédules confondent les Actes dont parle saint Justin avec de faux Actes de Pilate, que les quartodécimans forgèrent au n' siècle. Au iu% les païens en composèrent d'autres, dans lesquels Jésus-Christ et les chrétiens étaient représentés sous des traits odieux; l'empereur Maximin les fit afficher et répandre dans tout l'empire : quelques auteurs ont cru que les Actes de Pilate étaient l'Evangile de Nicodème, etc. Que prouvent toutes ces fausses pièces, postérieures à saint Justin, contre le fait qu'il rapporte ? Loin de le détruire, elles servent plutôt à le confirmer ; c'est la notoriété de ce môme fait qui a donné lieu à des faussaires de forger de faux actes au lieu de vrais.
Enfin, les actions de Jésus-Christ sont assez prouvées d'ailleurs sans le témoignage de Pilate ; on n'en a fait usage pour appuyer aucun dogme ; mais saint Justin et Tertullien ont eu raison de les citer aux empereurs et aux magistrats ; c'était pour eux une pièce irrécusable. Il y a une dissertation sur ce sujet dans la Bible d'Avignon, t. XIII, p. 513.
PISCINE PROBATIQUE, ou Piscine des BncBis, réservoir d'eau placé dans le voisinage du temple de Jérusalem, qui servait probablement à laver les entrailles des victimes. Saint Jean, c. v, v. 2, nous apprend (pic de temps en temps un ange du Seigneur descendait dans cette piscine, en faisait mouvoir l'eau, et que le premier malade qui y. était plongé après ce mouvement était guéri, quelle que fût sa maladie. Il ajout»- que Jésus-Christ ayant trouvé là un homme paralytique depuis trente-huit ans, le guérit d'une seule parole.
Cet évangéliste, dit un incrédule, est le seul qui ait parlé de ce réservoir d'eau et de sa vertu, c'est donc une fab'le ; le prétendu paralytique guéri par Jésus était sans doute un mendiant valide qui, de concert avec Jésus, feignit d'être guéri, après avoir feint d être malade.
Réponse. Quand saint, Jean serait le seul
qui eût parlé de la piscine probalique, cela ne serait pas étonnant ; aucun ancien écrivain ne nous a donné une description exacte de 1 1 ville de Jérusalem. Mais il est très-probable que Josèpho a voulu désigner cette piscine sous le nom de piscine de Salo~ mon. Delà Guerre des Juifs, liv. v, c. 13. Le Père Hardouin pense que probatica piscina signitie piscine dont les eaux vont dans une autre ; que celle-ci est la môme qu'Isaïe appelle piscine supérieure, c. vu, v. 3; c. xxxvi, v. 2, et qui avait été faite par Ezéchias (IV lîcg. xx, 20). La piscine inférieure était celle de Siloé, piscine qui vient d'ailleurs (Joan. ix, 7). Quant à la veitu miraculeuse de la première, si c'élait une fable, quelle raison pouvait avoirsaintJean de l'inventer? Cette circonstance n'ajoutait rien à la réalité ni à l'éclat du miracle opéré par Jésus-Christ, il aurait décrédité sa narration dans l'esprit de tous ceux qui avaient connu la ville de Jérusalem. Il observe que les Juifs fuient offensés de ce que Jésus-Christ avait guéri le paralytique un jour de sabbat ; s'ils avaient pu soupçonner qu'il y avait de la collusion et de la fraude, ils en auraient fait un bien plus grand crime au Sauveur. Mais les incrédules se flattent de détruire tous les miracles de l'Evangile par une accusation d'imposture intentée au hasard.
PITIE, compassion pour les malheureux, inclination à les soulager. Un ancien poète dit que la nature nous a rendus sociabl s en nous donnant des larmes pour les maux d'autrui, que c'est le plus exquis de nos sentiments. Aussi l'Evangile est une leçon continuelle de cette vertu : Jésus-Christ exhorte sans cesse l'homme à compatir aux afflictions de ses semblables, à les consoler, à les secourir, et il a confirmé cette morale par les exemples les plus touchants ; tous ses miracles ont été destinés à soulager des personnes souffrantes, et souvent la vue des malheurs d'autrui lui a tiré des larmes. Mais sur ce point la morale de plusieurs anciens philosophes était inhumaine et scandaleuse: non-seulement ils ne recommandaient pas la pitié, mais ils la regardaient comme uuo faiblesse. « Zenon, avec tout son esprit, dit Lactance, et les stoïciens, ses sectateurs, disent que 1 ' sage est inaccessible à toute affection, qu'il ne fait grâce à aucune faute, que la compassion est une marque de légèreté et de folie, qu'une âme forte ne se laisse ni toucher ni fléchir.» Divin, lnstit , 1. vi, c. 10. Cicéron leur a fait le môme r proche, Orat. pro Murœna, et saint Augustin, de Morib. Eccles., 1. i, c. 27. La plupart de nos épicuriens modernes sont trèsstoïciens sur ce point.
PLAIES DE L'EGYPTE. Ce sont les fléaux par lesqm ls Dieu, à la parole de Moïse, punit le refus obstiné de Pharaon et de ses sujets, qui ne voulaient pas mettre les Israélites en liberté. Ces plaies sont au nombre do dix : la lre fut le changement des eaux du Nil en sang; la 2% fut la quantité innombrable de grenouilles dont l'Egypte l'ut remplie; la -3e. les moucherons qui tour-
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raenlèrent cruellement les hommes et les bêtes ; la k', les mouches qui infestèrent tout ce royaume ; la 5e, une peste subite qui tua la plus grande partie des animaux ; la 6', des ulcères pestilentiels qui attaquèrent les Egyptiens ; la 7% une grêle épouvantable qui ravagea les campagnes, excepté l,i terre de Gessen, habitée par les Israélites ; la 8°, une nu'e de sauterelles qui achevèrent de détruire les fruits delà terre; la 9% les ténèbres épaisses qui couvrirent l'Egypte pendant trois jours ; la 10e et la plus terrible fut la mort des premiers-nés frappés par l'ange exterminateur. Cette j>/aie vainquit enfin la résistance des Egyptiens et de leur roi ; ils laissèrent partir les Israélites. Pour retenir plus aisément ces dix plaies, on les a renfermées dans les cinq vers suivants :
Prima rubens unda est, ranarum pl<ga secunda; Inde culex lerns, po»t rciusca nocentior isiis, Qninta pec.us slravit, anlhraces se.vla creavit, Post sequitur graiulo, post brucluis dente nefando, Nuiia tegil sol in, pi iiuaoi necat ultima prolem.
Une grande question entre les incrédules et nous est de savoir si ces châtiments ont été des fléaux miraculeux ou des événements naturels dont Moïse sut profiter habilement pour venir à ses fins ; quelques-uns l'ont prétendu. Nous soutenons au contraire que ce furent des fléaux miraculeux ; déjà nous l'avons fait voir ailleurs, en comparant les opérations de Moïse avec celles des magiciens d'Egypte : Voy. Magiu, § 2 ; mais il y a encore d'autres preuves. 1° Chacun de ces événements considéré en particulier, sans faire attention aux circonstances, à la manière dont ils ont été produits, à la fin à laquelle ils étaient destinés, etc., pourrait peutêtre sembler nalurel ; une nuée de mouches ou de sauterelles, un orage violent et imprévu, une contagion sur le bétail ou sur les hommes , ne sont pas des miracles ; mais rapprochons ces faits de leurs circonstances, tout change de face. En effet, qu'un ou deux de ces fléaux fussent arrivés en Egypte presque en même temps, cela ne prouverait rien; mais que tant de malheurs divers, qui n'ont ensemble aucune connexion, se soient rassemblés sur ce royaume dans l'espace d'un mois ou de six semaines, il n'y en a point eu d'exemple dans le reste de l'univers ; cela n'est point selon l'ordre de la nature, — 2J Tous ces fléaux ont été prédits d'avance ; ils sont arrivés précisément au jour et à l'heure pour lesquels Moïse les avait annoncés; il les produisait en élevant sa baguette; il lesfaisait cesser par ses prières; il les faisait durer à volonté. 11 exerçait donc un pouvoir absolu sur la nature, sans employer aucune cause physique. — 3° Les Israélites étaient exempts desp/cuesdont les Egyptiens étaient frappés, aucune ne se fit sentir dans la partie de l'Egypte habitée par les premiers : cette exception n'est point naturelle. — 4° Ces événements avaientété prédits, du moins en gros, à Abraham , 430 ans auparavant ; Dieu lui avait dit : J'exercerai mes jugements sur le peuple qui retiendra vos descendants
captifs . ils sortiront du lieu de leur exil comblés de richesses (Gen. c. xiv, V*). Jacob et Joseph en mourant avaient promis à ces mêmes descendants que Dieu les visiterait et les tirerait de l'Egypte ; les Hébreux s'y attendaient; aux premiers miracles que Moïse fit en leur présence, ils reconnurent que le moment de leur délivrance était arrivé (Êxod. iv, 31). La suite des événements démontre donc que les pro liges opérés par Moïse ne sont l'effet ni du hasard ni de l'industrie humaine, mais d'un dessein prémédité, suivi et naturel de la Providence.
Des miracles isolés , qui ne tiennent à rien, desquels on ne voit ni le but ni la nécessité, peuvent paraître suspects : ceux de Moïse sont le fondement de la religion et de la législation juive, et sans ce secours ee grand ouvrage était impossible. Moïse n'opère pas des prodiges pour faire ostentation de son pouvoir, comme font les imposteurs, mais pour rassembler les Israélites en corps de nation, pour les rendre soumis h Dieu et aux lois. Cette révolution a préparé les voies à une autre plus importante, à la mission de.Jésus Christ, et à l'établissement du christianisme. Ce plan de Providence, conçu dès le commencement du monde, embrasse toute la durée des siècles, et nous le voyons accompli. S'il y a un cas où les miracles soiem utiles, nécessaires, conformes a la sagesse et à la bonté divine, c'est certainement celuilà. On nous dit que Jes Hébreux, peuple ignorant et grossier, ont aisément pris pour des miracles les événements les plus naturels, que la vanité nationale a suffi pour leur persuader que Dieu les avait toujours favorisés par des pro liges ; Moïse ne risquait donc rien en accumulant les miracles dans son histoire. Malheureusement pour les incrédules, ils font deux objections contradictoires; ils disent d'un côté que Moïse a pu fort aisément faire croire aux Israélites tout ce qu'il a voulu; de l'autre, ils nous allèguent les murmures, les révoltes, les séditions fréquentes auxquelles ils se sont livrés contre Moïse. Ces révoltes prouvent-elles que c'était un peuple fort docile ? Cependant Moïse les a forcés de plier sous ses lois, ou plutôt sous les lois que Dieu lui-même leur imposait : par quel moyen, sinou par des miracles ? Moïse n'est pas le seul qui les rapporte ; nous avons vu ailleurs que les auteurs pro fanes, égyptiens, phéniciens, grecs et romains, ont supposé que Mo;se avait fait des miracles en Egypte, puisqu'ils l'ont regardé comme un magicien fameux; voy. Moïse, § i ; s'il n'y en a pas fait, par quel moyen a-t-il tiré son peuple de l'Egypte et l'a-t-il fait subsister pendant quarante ans dans le désert ? Voilà des difficultés auxquelles ies incrédules n'ont jamais satisfait (1).
(I) Pharaon s'obstinait à conserver les Israélites sous le joug de la servitude. Pour vaincre son obstination, le Seigneur frappa son peuple de coups si terribles, qu'après plus de trente siècles, notre esprit est encore épouvanté du récit de ces grands îléaux. L'histoire en est trop connue pour avoir besoin delà retracer ici. Continuant notre rôle de dé*
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PLAISIR. Ce terme n'a pas besoin d'explication, il n'est personne qui n'en comprenne le sens par expérience. Un des reproches les
Censeurs des saints livres, nous nous occuperons seulement des difficultés que les plaies d'Egypte soulèvent. Les unes proviennent du récit même de Moïse; les antres, de l'histoire profane. On demande, 1° comment expliquer les trois principales difficultés que présente ie fait des plaies d'Egypte, savoir : l'endurcissement de Pharaon, les prodiges de ses magiciens et les apparentes contradictions de Moïse {Exod. vu, 19, 20, 2-2, et ix, 6, 9). 2° Comment concilier avec ces fléaux et les désastres de la mer Rouge, la puissance et les conquêtes de Séso-tris, dont le règne commence 32 ans après la sortie d'Egypte ?
I. Ce qui frappe le plus dans les plaies d'Egypte c'est peut-être moins ce qu'elles ont de prodigieux que l'étonnante opiniâtreté de Pharaon. Comment un roi, pour conserver un peuple indocile et avili par l'esclavage, put-il consentir à voir ses sujets et ses Etats accablés par une succession de maux tels que la lamentable histoire de-; calamilés humaines n'en présente pas de semblable? Dieu se serait-il phi, comme le dit l'Ecriture, à endurcir le cœur de Pharaon pour le punir ensuite plus sévèrement? Loin de nous une si criminelle pensée. Dieu permet quelquelois à l'esprit et au cœur de l'homme de suivre leurs penchants mauvais jusque dans leurs dernières limites; et parce que l'abîme qu'ils creusent est si profond qu'il semble surpasser les forces de l'homme, Dieu paraît s'attribuer à lui-même une si grande iniquité. Mais un peu d'atlention, l'habitude de lire l'Ecriture sainte, l'explication d'une page par une autre, persuadent bientôt que nos livres sacrés ne se servent d'expressions aussi hardies, qu'afin de peindre fortement ce qui ne pouvait se rendre avec des couleurs ordinaires. Ces réflexions expliquent suffisamment le sens de ces paroles : Indurabo cor Pharaonis. Et sans recourirà une intervention spéciale de la Divinité, croit-on qu'il serait impossible de rendre raison de l'endurcissement de Pharaon? Non, l'impossibilité n'existe point ; car la page de l'histoire sainte que nous sommes appelés à venger des attaques des ennemis de notre foi, nous donne le secret d'une telle opiniâtreté. Elle nous montre les passions les plus forles poussant Pharaon dans la voie qu'il a suivie. L'intérêt, l'orgueil, la superstition, sont de puissants mobiles: ils agissaient sur l'esprit de Pharaon. Les idées que nous nous sommes faites des devoirs de la royauté ne lui imposent-elles pas la nécessité de supporter de grandes calamités pour conserver sous sa domination 2,000,000 de citoyens? C'est là précisément le nombre des Israélites qui devaient quitter la terre d'Egyple. Esclaves, ils étaient une des principales richesses du roi; ils servaient à élever ces monuments destinés à perpétuer pendant tant de siècles, le nom des Pharaons. C'est ainsi que les deux passions les plus forles, l'orgueil et l'intérêt, agissaient sur le grand roi d'Egyple. La superstition le soutenait contre les miracles et contre les prophéties de Moïse. S'il était étonné des prodiges de l'envoyé de Dieu, il voyait à côté ceux de ses magiciens qui le rassuraient. Si ceux-là étaient plus éclatants, '1 les attribuait à une plus grande connaissance de la magie.
Nous savons que les prodiges des magiciens de Pharaon (si propres à le conlirmer dans son endurcissement) ont été contestés par les incrédules. On nous demande s'il est possible de croire que. des hommes aient changé des baguettes en serpents, de l'eau en sang, créé des grenouilles, etc. ? Ces œuvres surpassent si fort la puissance d'une créature, que leur réalité ne peut être admise que par la crédulité la plus slupide. Nous savons que quelques commentateurs ont pensé que les yeux des spectateurs avaient été fascinés (S. Jéroin., S. Aug., etc.). Nous n'igno-
pl us ordinaires que font les ennemis du cl ristianisme, c'est que l'Evangile ne défend pas seulement l'excès dans les plaisirs, mais qu'il
rons pas que quelques autres ont ajouté que les magiciens de Pharaon étaient d'habiles prestidigitateurs, qu'ils tirent alors ce que nous voyons faire tous les jours sur nos places publiques, au grand étonnemeni de la multitude; qu'ils substituèrent avec habileté à leurs baguettes des serpents énervés (a), qu'ils firent paraître des grenouilles où il n'y en avait pas, qu'ils mêlèrent habilement des couleurs à l'eau préparée dans un vase. Ces interprétations ne sont pas dénuées de fondement ; elles sont admises par des hommes ?raves; cependant elles nous semblent fausser le sens du texte sacré. Et pourquoi avoir honle d'avouer avec le commun des docteurs qu'il y avait intervention du démon? L'existence des esprits mauvais, leur puissance surhumaine, leur influence maligne sur les actions des hommes, sont trop manifestement écrites dans la doctrine chrétienne, dans la croyance de tous les peuples, dans l'histoire des nations, pour avoir honte de reconnaître leur action dans les actes où elle est évidemment empreinte. Ainsi se justifie aisément le récit de Moïse des attaques qu'on a voulu lui livrer sous le rapport des pro liges des magiciens. Peut-il se justifier du reproche de contradiction ?
Noms lisons au cliap. vu de l'Exode, que le Seigneur dit à Moïse : Etendez la main sur toutes les eaux de l'Egypte, sur les fleuves, sur les fontaines, sur les lacs, sur les marais; que toutes les eaux se changent en sang; que celles qu'on garde dans des vases de bois et de pierre deviemient du sang. Moïse exécute cet ordre; il s'accomplit. Cette plaie épouvantable dura sept jours. Les magiciens firent si bien, qu'ils réussirent aussi à changer de l'eau en sang. Si toutes les eaux avaient été changées en sang par Moïse, où en trouvèrent-ils pour opérer leur maléfice? Où les Egyptiens en puisèrenï-ils pour abreuver leurs troupeaux? L'Ecriture s'est chargée de répondre à cette question. Elle nous apprend que la terre de Gessen lut préservée de ce fléau ; elle nous montre les malheureux enfants de l'Egypte creusant des puils d'espace en espace, à quelque dislance du fleuve, afin que l'eau, se filtrant et se purifiant dans la terre, devînt au moins potable, et qu'on pût en boire sans danger.
Moïse paraît devant Pharaon et lui dit : Si vous retenez plus longtemps les enfants d'Israël, j'étendrai ma ma«n sur vos campagnes, je commanderai à la peste et elle m'obéira, et elle enlèvera vos chevaux, vos ânes, vos bœufs et vos moulons. Le lendemain, ces menaces furent changées en événements. Toutes les bêtes de charge et les troupeaux des Egyptiens périrent par la peste. Et voilà que de nouveaux troupeaux apparaissent sur la terre d'Egyple pour être frappés par de nouveaux fléaux. Nous les voyons couverts d'ulcères, frappés par la grêle, exterminés pur l'ange, la cavalerie est engloutie sous les finis de la mer Rouge. Comment concilier ces plaies avec celle de la peste ? La difficulté repose sur les mots tous les animaux employés pour exprimer les ravages causés par la peste. Mais personne n'ignore que le mol tout signifie souvent un grand nombre, on quelques individus de toutes les espèces. Nous pourrions en donner la preuve par une multitude de citations tirées de loules les langues. Contentons-nous d'indiquer quelques passages de l'Ecriture où cette expression esl évidemment prise dans ce sens {Soph. u, 14 ; Act. x, 12, etc.). On ne doutera pas que l'expression de Moïse doive recevoir cette acception, si l'on considère qu'une aussi haute intelligence ne peut êlre soupçonnée de contradiction dans la même page de ses écrits.
IL Elle dut être bien malheureuse la position de
(a) On sait qu'on énervo les serpents avec certaines drogues, aûn qu'ils ne puissent nuire.