‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 198 sur 228 · POE · texte numérisé non relu

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qu'un homme, qui est dans l'erreur sur deux articles de notre foi , s'est fait une religion mélangée. Synésius a pu être dans ces deux opinions fausses avant d'être suffisamment instruit : mais il n'y a point persévéré pondant son épiscopat ; aucun ancien auteur ne l'en accuse, et le contraire est prouvé, Ilist. de l'Eclectisme, t. I, art. 6, p. 157. Notre savant critique fait un long détail des erreurs qu'enseigne l'auteur des Clémentines, juif mal converti, et que la plupart des écrivains ont regardé comme un hérétiquo ébionite; ce n'est donc pas là un Père de l'Eglise.

Une des maximes de la morale de Platon et des nouveaux platoniciens était qu'il est permis de ment-ir et de tromper pour un bien et pour l'utilité commune; de là les impostures forgées par les éclectiques, les faux livres qu'ils supposèrent sous les noms d'Hermès , d'Orphée , etc. Ces philosophes devenus chrétiens, dit Mosheim, ont retenu cette opinion et l'ont suivie à la lettre; 0;ïgène, saint Jérôme, saint Jean Chrysostome, Synésius, l'ont formellement enseignée ; on connaît la multitude de livres supposés, interpolés, falsifiés dans les premiers siècles ; de là les fausses histoires , les fausses légendes, les faux miracles, les fausses reliques , etc. Dissert., n. kl et suiv. Au mot .Fraude pieuse, nous avot s justifié les Pères contre cette accusation téméraire ; nous avons prouvé qu'en la faisant, Mosheim s'est renuu coupable du crime qu'il ose reprocher aux Pères de l'Eglise, puisqu'on ne peut pas l'excuser sur son ignorance. Nous avons ajouté que les mensonges , les impostures , les fausses histoires , les passages d'auteurs tronqués ou falsifiés , etc., sont les principaux moyens dont les prétendus réformateurs se sont servis pour fonder leurs sectes et pour rendre le catholicisme odieux ; qu'encore aujourd'hui plusieurs moralistes protestants soutiennent l'innocence du mensonge ofiieieux; or, le mensonge qui doit leur paraître le plus ofiieieux et le plus innocent , est celui qu'ils emploient pour persuader un prosélyte de leur religion; Mosheim lui-même attribue cette pernicieuse doctrine au célèbre ministre Saurin, et ajoute que s'il a péché en cela, sa faute est légère; Histoire ecclés., xvmc siècle, § 25. Les controversistes, continue Mosheim, n. k8 , ont remarqué que les Pères ont assujetti aux idées de Platon les dogmes du libre arbitre de l'état futur des âmes , de leur nature, de la sainte Trinité et autres qui y tiennent. J! veut parler sans doute des controversées protestants et sociniens , ennemis jurés des Pères de l'Eglise; mais les controversistes catholiques ont prouvé le contraire; et ils auraient réduit leurs adversaires au silence, si ceux-ci avaient conservé quelques restes de honte et de bonne foi. Entin, n. 49, Mosheim prétend que c'est le platonisme des Pères qui a donné naissance à la multitude des cérémonies intioduites dans le culte religieux , qui a fait croire le pouvoir des dénions sur Jes corps et sur les âmes, la vertu Ucs jeûnes, des abstinences, des mortifica-

tions, de la continence, du célibat, pour vaincre des esprits malins et les mettre en fuite » que tel a été le sentiment de Porphyre et de l'auteur des Clémentines. Il finit en rendant dévotement grâces à Dieu de ee que le protestantisme a enfin purgé la religion de toutes ces superstitions.

En parlant des cérémonies, des démons, des jeûnes, des mortifications, etc., nous avons fait voir que la croyance et les pratiques de l'Eglise catholique sont fondées, non sur le platonisme , mais sur l'Ecriture sainte , sur l'exemple de Jésus-Christ , des apôtres, des prophètes, des patriarches, des saints de tous les siècles. En purgeant le christianisme de toutes ces prétendues maladies , les protestants l'ont si bien exténué, qu'il est à l'agonie parmi eux. Ainsi, après un sérieux examen, il résulte que la dissertation de Mosheim sur le nouveau platonisme, chef-d'œuvre d'érudition, d'esprit, de sagacité, n'est dans le fond qu'un amas de conjectures , de suppositions fausses et de sophismes; elle est très-capable d'éblouir les esprits superficiels et les lecteurs peu instruits ; mais elle n'est point à l'ép:euve d'une critique exacte, judicieuse et réfléchie. Brucker, en adop'ant toutes les idées do Mosheim, n'a pas montré beaucoup de jugement. Le docteur Lardner, savant anglais, a très-bien senti les conséquences impies et absurdes des visions de ces deux luthériens, et il les a développées; Credibility of the Gospel History, 1. 111, en parlant de Porphyre. Voy. Trinité platonique , Verbe divin, etc. PLEURANTS. Voy. Pénitence publique.

PNEUMATOMAQUES. Voy. Macédoniens.

POESIE DES HEBREUX. Plusieurs savants ont disputé pour savoir s'il y a, dans le texte hébreu de l'Ecriture sainte, des morceaux de poésie. Ceux qui en ont douté n'ont jamais nié qu'il n'y ait plusieurs parties de l'Ancien Testament qui sont écrites avec tout le feu et la vivacité du génie poétique , comme les psaumes, les cantiques, le livre de Job, les lamentations de Jôrémie, etc.; mais ils ont soutenu que nous ne connaissons pas assez la prononciation de l'hébreu pour être en état de juger si ces morceaux sont écrits dans le style nombreux et cadencé des poètes, s'il y a des vers de telle ou telle mesure, ou des rimes , comme certains critiques l'ont prétendu. Un savant académicien français a fait une dissertation pour prouver qu'il y a des vers mesurés et des rimes; Mém. de VÂcad. des Inscript., t. VI, in-12 , p. 160. Mais personne n'a traité plus exactement cette question que LowTh , professeur dans le collège d'Oxford ; son ouvrage est intitulé : lî. Lowth, de sacra Pocsi Hebrœorum Pralectiones; il a été réimprimé en 1770, avec les notes de M. Michaëlis, professeur dans Tuniversité de dottingue. Ces deux savants soutiennent qu'il y a, dans le texte hébreu, des vers Irès-rcconnaissables , et ils eu apportent un grand nombre d'exemples. Dans la Bible d'Avig., t. VII, p. 105, on a placé un discours de l'abbé Fleury, et p. 119, une dissertation de doin Ca'met , sur la Poésie d^»

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