‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 20 sur 228 · LA · texte numérisé non relu

LA

devenir clercs, et qui, en se faisant religieux, se destinaient entièrement au travail des mains et au service temporel des monastères. On sait que dans ce temps-là la plupart des laïques n'avaient aucune teinture des lettres, et que l'on nomma clercs tous ceux qui avaient un peu étudié et qui savaient lire. Cependant il n'aurait pas été juste d'exclure les premiers de la profession religieuse^ parce qu'ils n'étaient pas lettrés. Il ne faut donc point attribuer cette distinction au dégoût que prirent les religieux pour le travail des mains, à l'ambition d'être servis par des frères lais, au rel^che^râent de la discipline, ni à d'autres motifs condamnables. Dans un temps où le clergé séculier était à peu près anéanti, où les fidèles étaient réduits à recevoir des religieux tous les secours spirituels, il était naturel que ceux qui pouvaient les leur rendre s'y livrassent tout entiers, pendant que ceux des religieux qui en étaient incapables s'occupaient du travail des mains et du temporel. U est sans doute résulté dans la suite un inconvénient de cette différence d'occupations, en ce que les religieux-clercs n'ont plus regardé les frères lais que comme des manœuvres et des domestiques ; mais dans l'origine la distinction entre les uns et les autres est venue de la nécessité et non du désir ou du projet d'introduire un changement dans la discipline monaslique.

De môme, dans les monastères des filles, outre les religieuses du chœur, il y a des sœurs converses, uniquement reçues pour le service du couvent, et qui font' les trois vœux de religion. Mais dans quelques ordres très-austères, comme chez les Clarissos, il n'y a point de sœurs converses ; toutes les religieuses font tour h tour tout le service et le travail intérieur de la maison.

LAICOCEPHALES. Ce nom signifie une secte d'hommes qui ont pour chef unlaïque : il fut donné par quelques catholiques aux schismatiques anglais, lorsque, sous la discipline de Samson et de Monson, ces derniers furent obligés, sous peine de prison et de confiscation de biens, de reconnaître le souverain pour chef de l'Eglise. C'est par ces moyens violents que la prétendue réforme s'est introduite en Angleterre. Le pouvoir pontifical, contre lequel on a tant déclamé, ne s'est jamais porté à de pareils excès. Mais l'absurdité de la réforme anglicane parut dans tout son jour, lorsque la couronne d'Angleterre se trouva placée sur la tête d'une femme : on ne vit pas sans étonnement les évoques anglais recevoir leur juridiction spirituelle de la reine Elisabeth.

LAÏQUE, se dit des personnes et des choses distinguées de l'état ecclésiastique, ou de ce qui appartient à l'Eglise ; ce nom vient du grec lûoç, peuple. Ainsi l'on appelle personnes laïques, toutes celles qui ne sont point engagées dans les ordres ni dans la cléricat.ure ; biens laïques, ceux qui n'appartiennent pas à l'Eglise ; puissance laïque, 1 autorité civile des magistrats , par opposition à la puissance spirituelle ou ecclésiastique.

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