‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 21 sur 228 · LAM · texte numérisé non relu

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La plupart «les auteurs protestants ont prétendu que la distinction entre les clercs et les laïques était inconnue dans l'Eglise primitive ; qu'elle n'a commencé qu'au m' siècle, que ça été un effet de l'ambition du clergé. Ainsi le soutiennent encore les calvinistes, que l'on nomme en Angleterre presbytériens et puritains. Mais les anglicans ou épiscopaux ont soutenu, comme les catholiques, que cette distinction a été faite par Jésus-Christ lui-même, et qu'elle a été établie par les apôtres. C'est à eux seuls, et non aux simples fidèles, que Jésus-Christ a dit : Vous n'êtes pas de ce monde, je vous ai tirés du monde , vous êtes la lumière du monde, etc. C'est à eux seuls qu'il a donné la commission d'enseigner toutes les nations, le pouvoir de remettre les péchés et de donner le Saint-Esprit ; qu'il a promis de les placer sur douze sièges pour juger les douze tribus d'Israël, etc. Ils ont donc une mission , un caractère , des pouvoirs , des fonctions , que n'ont point les simples fidèles.

Saint Paul, dans ses lettres à Tito et à Timothée, leur prescrit des devoirs qu'il n'exige point des simples fidèles ; il charge les premiers d'enseigner, de conduire, de gouverner; les seconds, d'écouter la voix de leurs pasteurs et d'obéir. Saint Clément de Home, disciple et successeur immédiat des apôtres, Epist. 1 ad Cor., n° 40, veut que l'on observe dans l'Eglise le même ordre q ii était gardé parmi les Juifs, chez lesquels les laïques n'avaient ni les mômes devoirs, ni les mêmes fonctions que les lévites et les prêtres. Saint Ignace, dans ses lettres , nous montre cette même discipline déjà établie, et saint Clément d'Alexandrie la suppose évidemment.

Quis dives salvetur, p. 959. Il n'est donc pas rrai que Tertullitn et saint Cypricn soient les premiers qui en ont fait mention ; elle existait avant eux, et elle est aussi ancienne que l'Eglise.

Vainement on objecte que saint Pierre, Epist. 1, c. ii, v. 9, attribue le sacerdoce à tous les fidèles ; et que, chap. v, v. 3, il les nomme clercs ou clergé , c'est-à-dire l'héritage du Seigneur. Dans ces mêmes endroits l'apôtre leur attribue la royauté ; on n'en conclura pas que tous sont rois ; il explique ce qu'il entend par sacerdoce, en disant que c'est pour offrir à Dieu des victimes spirituelles, des vœux, des louanges, des prières ; il charge les anciens ou les prêtres de paître et de gouverner le troupeau du Seigneur ; il ordonne aux jeunes gens d'être soumis aux anciens. De même, dans l'Ancien Testament, le peuple juif est appelé un royaume de prêtres, Exod., cap. xix, v. G ; et l'héritage du Seigneur, Deut., c. îv, v. 20, et c. ix, v. 29. Saint Pierre n'a fait que répéter ces expressions; il ne s'ensuit pas que chez les Juifs il n'y ait eu aucune distinction entre les prêtres et le peuple : si un simple juif avait osé faire les fonctions des prêtres, il aurait été puni de mort ; Saïil, quoique revêtu de la royauté, fut puni pour avoir eu cette témérité. Bingham, Orig. ecclés., liv. i.

c. 5; Bellarm., tom. II, Controv. 2, etc. Voy. Cler6é.

LAMENTATION, poëme lugubre. Jérémie en composa un touchant la mort du saint roi Josias, et dont il est fait mention, H Parai., c. xxxv, v. 25. Ce poëme est perdu ; mais il en resie un autre du même prophète touchant les malheurs de Jérusalem ruinée par Nabuchodonosor. Ces lamentations contiennent cinq chapitres, dont les quatre premiers sont en vers acrostiches, et abécédaires ; chaque verset ou chaque strophe commence par une des lettres de l'alphabet hébreu, rangées selon l'ordre qu'elles y gardent ; le cinquième est une prière par laquelle le prophète implore les miséricordes du Seigneur. Les Hébreux nomment ce livre Echa, c'est le premier mot du texte, ou kinnoth, lamentations ; les Grecs, Qpfivo-, qui signifie la même chose. Le style de Jérémie est tendre , vif, pathétique ; son talent était d'écrire des choses touchantes.

Les Hébreux avaient coutume de faire des lamentations ou des cantiques lugubres à la mort des grands hommes, des rois ou des guerriers, et à l'occasion des calamités publiques ; ils avaient des recueils de ces /amentations ; l'auteur des Paralipomènes en parle dans l'endroit que nous avons cité. Nous avons encore celle que David composa sur la mort de Saiil et de Jonathas. JJ Reg., c. i, v. 18. Il paraît même que les Juifs avaient des pleureuses à gage, comme celles (pie les Romains appelaient prœficœ : Eaûes venir les pleureuses, dit Jérémie , qu elles accourent et qu elles se lamentent sur notre sort. Cap. ix, v. 17,18.

On chante les lamentations de Jérémie pendant, la semaine sainte à l'office des ténèbres, afin d'inspirer aux fidèles les sentiments de componction convenab'es aux mystères que l'on célèbre dans ces saints jours. Jérusalem, désolée de la perte de ses habitants, est la figure de l'Eglise chrétienne affligée des souffrances etde la mort de son divin Epoux; c'est aussi l'image d'une âme qui a eu le malheur de perdre la grâce de Dieu par le péché, et qui désire de la récupérer par la pénitence.

Dans le ch. iv, v. 20, on lit ce passage remarquable : Le Christ ou Voint du Seigneur a été pris pour nos péchés ; lui à qui nous disions, sous votre ombre ou sous votre protection nous vivrons parmi les nations. Les Pères de l'Eglise ont appliqué avec raison ces paroles à Jésus-Christ ; on ne conçoit pas de quel autre personnage que du Messie le prophète a voulu parler. C'est aussi à lui que les anciens docteurs juifs en ont fait l'application. Voy. Galatin, 1. vm, eap. 10.

LAMPADAIRE, nom d'un officier de l'Eglise de Constantinople, qui avait soin du luminaire et portait un bougeoir élevé devant l'empereur et l'impératrice, pendant qu'ils assistaient au service divin. La bougie qu'il tenait devant l'empereur était entourée de deux cercles d'or en forme de couronne, et celle qu'il tenait devant l'impératrice n'en avait qu'un.

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