‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 202 sur 228 · TON · texte numérisé non relu

TON

$ttr les Bibles polyglottes et leurs différentes éditions; cet ouvrage est curieux et instructif.

POLYTHÉISME. Voy. Paganisme.

POMPE DU CULTE DIVIN. Voy. Culte.

POMPE FUNÈBRE. Voy. Funérailles.

PONCTUATION DU TEXTE ET DES VERSIONS DE L'ÉCRITURE SAINTE. Voy.

Concordance.

PONTIFE , chef des prêtres et des autres ministres de la religion. Le latin pontifex parait être une altération de potnifejc, mot formé du grec TTo-.i.c, auguste, vénérable; il désigne un homme qui fait des choses augustes, des fondions sacrées. Le souverain pontife, ou le grand prêtre chez les Juifs , était le chef de la religion ; les autres sacrificateurs et les lévites lui étaient soumis. Aaron, frère de Moïse, fut le premier revêtu de cette dignité, et ses descendants lui succédèrent; mais, sur la fin de la république juive, plusieurs ambitieux qui n'étaient pas de la race d'Aaron furent intrus dans cette place importante. La suite des pontifes a duré pendant 1598 ans depuis Aaron jusqu'à la prise de Jérusalem et la destruction du temple par l'empereur Tite. Le grand prêtre était non-seulement chez les Juifs le chef de la religion et le juge des difficultés qui pouvaient y avoir rapport , mais il décidait encore des affaires civiles et politiques lorsqu'il n'y avait point déjuge ou de chef à la tête de la nation. Nous le voyons par le en. xviii du Deutéronome, et par plusieurs passages de Philon et de Josèphe. Lui seul avait le privilège d'entrer dans le sanctuaire une ibis l'année ; savoir le jour de l'expiation solennelle. Dieu l'avait déclaré son interprète ■et l'oracle de la vérité; lorsqu'il était revêtu des ornements de sa dignité, qu'il portait ce que l'Ecriture appelle urim et thummim , il répondait aux demandes qu'on lui faisait, et alors Dieu lui révélait les choses futures ou cachées qu'il devait déclarer au peuple. Il lui était défendu de porter le deuil de ses proches , même de son père et de sa mère , d'entrer dans un lieu où il y avait un cadavre, de se souiller par aucune impureté légale. Il ne pouvait épouser ni une veuve , ni une femme répudiée, ni une fille de mauvaise vie , mais seulement une vierge de sa race, et il devait garder la continence pendant loulletempsdesonservice(£'xorf.xxviir, 30; Levit. xxi , 10 et 13; IV Reg. xxm, 9, etc.). L'habit du grand pontife était beaucoup plus magnifique que celui des simples prêtres. Il avait un caleçon et une tunique de lin d'un tissu particulier ; sur la tunique il portait une longue robe couleur d'hyacinthe ou de bleu céleste, au bas de laquelle était une bordure composée de sonnettes d'or et de pommes de grenades faites de laines de différentes couleurs , et rangées à quelque distance les unes des autres. Cet:e robe était serrée par une la-ge ceinture en broderie ; c'est probablement ce que l'Ecriture nomme éphod. 11 consistait dans une espèce d'écharpe qui se mettait sur le cou, et

dont les deux bouts , passant sur les épaules, venaient se croiser sur l'estomac, et retournant par derrière, servaient à ceindre la robe. A cet éphod étaient attachées sur les épaules deux grosses pierres précieuses, sur chacune desquelles étaient gravés six noms des tribus d'Israël ; et par-devant , sur la poitrine, à l'endroit où l'écharpe se croisait, était attaché le pectoral ou rational : c'était une pièce d'étoffe carrée, d'un tissu précieux et solide , large de dix pouces , clans lequel étaient enchâssées douze pierres précieuses de différentes espèces , sur chacune desquelles était gravé le nom de l'une des tribus d'Israël. Quelques auteurs croient que le rational était double, qu'il formait une espèce de poche dans laquelle étaient renfermés urim et thummim. La tiare du pontife était aussi plus précieuse et plus ornée que celle des simples prêtres ; ce qui la distinguait principalement, était une lame d'or qui descendait sur le front et qui se liait par derrière la tête avec deux rubans ; sur cette lame étaient écrits ou gravés ces mots : Consacré au Seigneur. Cet habit était par conséquent très-majestueux. La consécration d'Aaron et de ses fils se fit dans le désert, par ordre de Dieu, avec beaucoup de solennité et avec les cérémonies écrites dans YExode, c. xl, v. 12, et dans le Lev., c. vin, v. 1, etc. On doute si à chaque nouveau pontife l'on réitérait toutes ces cérémonies, l'histoire sainte n'en dit rien ; il est probable que l'on se contentait de revêtir le nouveau grand prêtre des habits de son prédécesseur. Quelques-uns pensent que l'on y ajoutait l'onction de l'huile sainte.

Dans l'Eglise chrétienne, le souverain pontife est le successeur de saint Pierre, vicaire de Jésus-Christ et pasteur de l'Eglise universelle. Quelques protestants ont écrit que sa dignité a été imaginée sur le modèle du souverain pontificat des Juifs ; c'est une vaine conjecture qui ne porte sur aucuno preuve, et qui est démontrée fausse par une infinité de raisons. Voy. Pape.

Pontifes, religieux ainsi nommés parce qu'ils s'étaient dévoués par charité à la construction et à la réparation des ponts et à la sûreté des grands chemins. Dans le xne siècle, l'an 1177, un simple berger nommé Bénézet ou Bénédet, né dans le village d'Alvilar en Vivarais, âgé de douze ans, se sentit inspiré do bâtir un pont sur le Rhône à Avignon, pour préserver du danger que l'on courait en le passant en bateau. Sur les preuves qu'il donna d'une inspiration surnaturelle, on lui laissa exécuter son dessein, et il en vint à bout dans l'espace de douze ans. Comme il mourut avant que l'ouvrage fût achevé, l'on bâtit une chapelle sur Je pont même, et son corps y fut déposé. Il avait eu des coopérateurs qui s'étaient dévoués comme lui à cette bonne œuvre ; cet ordre aurait mérité de subsister plus longtemps. On prétend que les religieux de saint Magloire avaient été institués dans le même dessein que Jes religieux pontifes. Ainsi, dans les siècles mêmes que nous nommins ignorants et

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