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barbares, la charité chrétienne s'est signalée l'Ancien Testament, le douzième traitait des
par des entreprises étonnantes et qui pa- prophéties de Daniel. Comme il vit en
raissaient surpasser les forces humaines, comparant les histoires profanes avec ces
Hélyot, Hist. des Ordres monast. [édition de prédictions , que celles-ci sont exactement
Aligne]; Ilist. de V Eglise gallic. , t. X, 1. xxvm, conformes à ia vérité des événements, il
an. U8i. prétendit que ces prophéties n'avaient pas
PONTIFICAL, livre dans lequel sont con- été écrites par Daniel, mais par un auteur tenues les prières, les rites et les côrémo- postérieur au règne d'Antiocnus-Epiphane, nies qu'observent le pape et les évoques et qui avait pris le nom de Daniel ; que tout dans l'administration des sacrements de cequ? ce prétendu prophète avait dit des choconfirmation et d'ordre, dans la consécration ses déjà arrivées pour lors était exactement des évêques et des églises, et clans lesautres vrai, mais que ce qu'il avait voulu prédire fonctions qui sont réservées à leur dignité, des événements encore futurs était faux. Quelques auteurs ont cru que le pontifical Saint Jérôme, dans son Commentaire sur romain était l'ouvrage de saint Grégoire : Daniel, a réfuté cette prétention de Porphyre; ils se sont trompés ; ce saint pape peut y Eusèbe, Apollinaire, Méthodius et d'autres, avoir retouché ou ajouté quelque chose, écrivirent aussi contre lui; malheureusemais le pape Gélase y avait déjà travaillé ment les ouvrages de ces derniers sont plus d'un siècle auparavant. Voy. Sacramex- perdus ; ceux de Porphyre furent rechertaire. chés et brûlés par ordre de Constantin;
POPLICAIN, PUBLICAIN, nom qui fut Théodose fit encore détruire ce que l'on
donné en France, et dans une partie de put en trouver. Quelque animé que fût ce
l'Europe, aux manichéens ; en Orient ils se philosophe contre notre religion et contre
îwmm ticnl pauliciens. Voy. Manichéisme. nos livres saints, il ne poussait pas la har-
PORPHYRIEN. Ce nom fut donné aux diesse et l'entêtement aussi loin que nos
ariens dans le ivc siècle, en vertu d'un édit incrédules modernes. Nous voyons dans son
de Constantin. Il y est dit : «Puisque Arius Traité de l'Abstinence, qui subsiste enco;e,
a imité Porphyre en composant des écrits et qui a été traduit en français par M. de
impies contre" la religion, il mérite d'être Burigny, qu'il fait en plusieurs choses
noté d'infamie comme lui ; et comme Por- l'éloge des Juifs, surtout des esséniens ; il
phyre est devenu l'opprobre de la postérité, avoue qu'il y a eu chez eux des prophètes
et que ses écrits ont été supprimés, de et des martyrs ; il dit que ce sont des
même nous voulons que Arius et ses secta- hommes naturellement philosophes ; il ap~
tours soient nommés porphyriens. Plusieurs prouve plusieurs des lois de Moïse ; 1. n,
critiques pensent que l'empereur nota ainsi n. 23 ; 1. iv, n. 4, 11, 13, etc. Nous savons
les ariens, parce qu ils semblaient, à l'exem- d'ailleurs qu'il regardait Jésus-Christ comme
pie de Porphyre, autoriser l'idolâtrie en a;)- un sage qui avait enseigné d'excellentes
{trouvant que Jésus-Christ fût adoré comme choses; mais il ajoutait que ses disciples en
Dieu, quoique, suivant leur opinion, ce fût avaient mal pris le sens, et que les chrétiens
une créature. D'autres jugent plus simple- avaient tort de l'adorer comme un Dieu,
ment que ce nom fut donné aux sectateurs Aujourd'hui de prétendus b^aux esprits osent
d'Arius, parce que celui-ci avait imité dans écrire que Moïse a été un imposteur et un
ses livi es la malignité, lo fiel, l'emportement mauvais législateur; que la religion juive
de Porphyre contre la divinité de Jésus- était absurde ; que Jésus-Christ est un fourbe
Christ, On sait que ce philosophe païen, né visionnaire et fanatique ; que les écrivains
à Tyr, l'an de Jésus-Christ 231, zélé partisan sacrés et les prophètes n'o t pas eu le sens
du nouveau platonisme, fut un des plus commun, etc. ' Porphyre cependant n'était
furieux ennemis de la religion chrétienne, ni un petit esprit ni un ignorant ; au ni'
il avoue lui-même que dans sa jeunesse il siècle on était plus à portée qu'aujourd'hui
avait reçu d'Origène les premières leçons de savoir la vérité des faits fondamentaux
de la phdosophie, mais il n'avait pas hérité du christianisme ; ce philosophe avait voya-
de ses sentiments touchant le christianisme, gô pour s'instruire; les aveux qu'il a été
Quelques auteurs ecclésiastiques ont écrit obligé de faire fournissent contre les incré-
quo Porphyre avait été d'abord chrétien, dules modernes des arguments desquels ils
qu'ensuite il avait apostasie, mais plusieurs ne se tireront jamais,
critiques modernes se sont attachés à prou- PORRÉTAINS. Sectateurs de Gilbert de
ver que cela ne pouvait pas être. Quoi qu'il la Porrée, ou de la Poirée, évoque de Poitiers,
en soit, on ne peut pas nier qu'il ne connût qui au milieu du xne siècle fut accusé et
très-bien la religion chrétienne et qu'il convaincu de plusieurs erreurs touchant la
n'eût lu nos livres saints avec beaucoup nature de Dieu, ses attributs et le mystère
d'attention ; mais comme font encore au- de la sainte Trinité. Son défaut, comme
jourd'hui les incrédules, il ne les avait celui d'Abailard, son contemporain, fut de
examinés qu'avec les yeux de la prévention, vouloir expliquer les dogmes de la théologie
et dans le dessein formel d'y trouver des par les abstractions et les précisions de la
choses à reprendre. Eusèbe nous apprend dialectique. Il disait que la divinité ou l'es-
que l'ouvrage de Porphyre contre le chris- sence divine est réellement distinguée de
tianisrac était en quinze livres; dans les Dieu ; que la sagesse, la justice et les autres
premiers il s'efforçait de montrer des con- attributs de la Divinité ne sont point réelle-
tradictions entre les divers passages do ment Dieu lui-même ; que cette proposition,