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Dieu est la honte, est fausse, à moins qu'on ne la réduise à colle-ci, Dieu est bon. il ajoutait que la nature ou l'essence divine esl réellement distinguée des trois Personnes divines, que ce n'est point la nature divine, mais seulement la seconde Personne qui s'est incarnée, etc. Dans toutes ces propositions, c'est le mot réellement qui constitue l'erreur. Si Gilbert s'était borné a dire que Dieu et la Divinité ne sont pas la môme chose formellement, ou in statu rationis, comme s'expriment les logiciens, sans doute i! n'aurait pas été condamné ; cela signifierait seulement que ces deux ternies, Dieu et la Divinité, n'ont pas précisément le même sens ou ne présentent pas absolument la mémo idée à l'esprit. .Mais ce subtil métaphys cien ne prenait pas la peine de s'expliquer ainsi. Quelques-uns l'ont encore accusé d'avoir enseigné qu'il n'y a point de mérite que celui de Jésus-Christ, et qu'il n'y a que les hommes sauvés qui soient réellement baptisés, mais cette accusation n'est pas prouvée. La doctrine de Gilbert fut d'abord examinée dans une assemblée d'évôques tenue à Auxerre l'an 1147, ensuite dans une autre qui se tint à Paris la môme année en présence du pape Eugène III, enfin dans un concile de Reims l'année suivante, auquel le même pape présida ; il interrogea luimême Gilbert, et il le condamna sur ses réponses entortillées et ses tergiversations ; Gilbert se soumit à la décision, mais il eut quelques disciples qui ne furent pas aussi dociles.
Comme saint Bernard fut un des principaux promoteurs de cette condamnation, les protestants font tout ce qu'ils peuvent )our excuser Gilbert, et faire retomber le dame sur saint Bernard; ils disent que 'évoque de Poitiers entendait sa doctrine dans Le sens orthodoxe que nous venons d'indiquer, et non dans le sens erroné qu'on lui pré:ait; mais que ces notions subtiles passaient île beaucoup l'intelligence du bon saint Bernard qui n'était pas accoutumé à ces sortes de discussions ; que dans toute c tte affaire il se conduisit plutôt par passion que par un véritable zèle. Mosheim, Hisl. ceci., xiie siècle, 11e part., c. 3, § 11. Heureusement il est prouvé par les écrits du saint abbé de Clairvaux, qu'il entendait très-bien les subtilités philosophiques des docteurs de son temps, mais il avait le bon esprit d'en, faire très-peu de cas, et de préférer l'étude de l'Ecriture sainte. Il est à présumer que dans les conciles d'Auxerre, de Paris et de Reims, il y avait d'autres évoques aussi bons dialecticiens que celui de Poitiers ; aucun cependant ne prit son parti. La doctrine de Gilbert est exposée non-seulement par saint Bernard, mais par Geolfroi, l'un de ses moines, qui fut présent au concile et en dressa les actes, et par Otton de Frisingue, historien contemporain plus porté à excuser qu'à condamner Gilbert ; cependant il avoue que ce dernier affectait de ne pas parler comme les autres, théologiens : donc il avait tort. Pour
exprimer les dogmes de la foi, il y a mi langage consacré par la tradition, duquel il n'est pas permis da s'écarter; et quiconque affecte d'en tenir un autre, ne peut pas manquer de tomber dans l'erreur. Petau, Doqm. théol., t. I, 1. i, c. 8, § 3 et 4 ; Hist. deVilgl. gallic, 1. xxv, ann. 1147.
PORTE-CROIX. Voy. Choisies.
PORTIER. Nous voyons dans l'bistoiro sainte que les lévites étaient chargés de garder soigneusement la porte du tabernacle, et cette fonction devint très-importante lorsque le temple de Salomon fut bâti. Los portiers gardaient les trésors du temple et ceux du roi ; ils étaient obligés de veiller aux réparations de ce vaste édifice ; leur emploi leur donnait par conséquent beaucoup d'autorité. Quelquefois ils exercèrent les fonctions de juges dans des cas qui concernaient la police du temple ; ils devaient surtout veiller soigneusement à ne laisser entrer dans la maison du Seigneur personne qui fût impur (/ Parai, xtï, ki; H Parai xxur, 19). Dans l'Eglise chrétienne, lorsque les fidèles eurent des édi.ices consacrés à célébrer la liturgie ou l'office divin, il fallut aussi établir des portiers pour y faire à peu près les mômes fonctions que dans le temple de Jérusalem. Les Grecs les nommaient *ûX&>/jçi, les Latins osliarii, janitores, œdilui ; mais les premiers ne paraissent pas avoir regardé leur état comme un ordre ecclésiastique. Dans leurs rituels on ne trouve point d'ordination particulière pour les portiers ; le concile in Trullo, qui fait mention de tous les ordres, ne parle point de celui-là. Jean, évoque de Citre, et Codin, cités par le P. Morin, comptent les portiers parmi les officiers de l'Eglise de Constantinople, mais non parmi les ordres du clergé. Coutelier, dans ses remarques sur le n° livre des Conslit. apost., dit que la garda des portes n'était point un ordre, mais un office que l'on confiait quelquefois à des diacres, à des sous-diacres, à d'aulres clercs inférieurs, et même à des laïques. Dans l'Eglise latine, l'état des portiers a toujours été regardé comme un des ordres mineurs. Il en est fait mention dans la lettre de saint Corneille à Sabin d'Antioche, rapportée par Eusèbe, Hist. eccl., 1. vi, c. 43 ; dans saint Cyprien, ep. 34 ; dans le ive concile de Cartilage, tenu en 398; dans le ier concile de Tolède, can. 4 ; dans le Sacramentaire de saint Grégoire. Isidore de Séville, Alcuin, A malaire, Raban-Maur et tous les anciens liturgistes en parlent de môme.
Les portiers, dit l'abbé Fleury , étaient nécessaires du temps que les chrétiens vivaient au milieu des fidèles, pour empêcher ceux-ci d'enlrer dans les églises , de troubler l'office, de profaner les saints mystères Ils avaient soin de faire tenir ebacun dans son rang , le peuple séparé du clergé , les hommes des femmes , de faire observer le silence et la modestie. Lorsque la messe des catéchumènes était finie , c'est-à-dire après le sermon de l'évoque, ils faisaient sort.r non-seulement les catéchumènes et les pi-
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nitents, mais encore les juifs et les infidèles auxquels on permettait d'entendre les instructions , et généralement tous ceux qui n'avaient pas droit d'assister à la célébration des saints mystères , et alors ils fermaient les portes de l'église.
Dans le Pontifical romain , les foncions des portiers, marquées dans l'instruction que leur fait l'évêque , et dans les prières qui raccompagnent lorsqu'il les ordonne , sont de sonner !es cloches, de distinguer les heures de la prière, de garder fidèlement l'église our et nuit, d'avoir soin que rien ne s'y )er :e , d'ouvrir et de former à de certaines ieures l'église et la sacristie, d'ouvrir le livre à celui qui proche. En leur faisant toucher les clefs de l'église , il leur dit : Conduisez-vous comme devant rendre compte à Dieu des choses qui sont ouvertes par ces clefs. C'est la formule de leur ordination prescrite par le ive concile de Carthage. Ces portiers enfin devaient avoir soin de la netteté et de la décoration des églises.
En rassemblant toutes ces fonctions , l'on voit que ces officiers étaient très-occupés ; aussi étaient-ils plus ou moins nombreux , suivant la grandeur des églises : l'on en comptait jusqu'à cent dans cdle de Constantinople. Cet ordre se donnait à des hommes d'un âge assez mûr pour pouvoir en remplir tous les devoirs. Plusieurs y demeuraient toute leur vie; quelques-uns devenaient acolytes ou diacres. Quelquefois on donnait cette charge à des laïques ; et c'est à présent l'usage ordinaire de leur en laisser les fonctions, Bingham , Orig. eccles., t. II, I. m, c. 7 , § 1; Fleury , Jnstit. au droit eccles. , t. I, paît, i, ch. 6 ; Mœurs des chrét., § 37.
Au mot Okdke , nous avons fait voir aux protestants qu'il n'est pas vrai que la cause de l'institution des ordres mineurs ait été la mollesse ou l'orgueil des évêques , et leur dédain pour les fonctions moins importantes du service divin; c'a été la nécessité et le désir d'imprimer aux fidèles le respect pour le culte du Seigneur.
PORTIONCULE, première maison de l'ordre de saint François , fondée par lui-même près d'Assise, dans le duché de Spolette, en Italie , près d'une église de mémo nom. Ce saint, n'ayant pas de quoi loger ceux qui venaient se joindre à lui, demanda aux Bénédictins l'église de Portioncule, la plus pauvre de ces quartiers, la plus retirée, et dans laquelle il allait souvent prier. Elle lui fut accordée ; il s'y établit , et ceite maison est devenue le beiceau et le chef-lieu de tout l'ordre des Franciscains. L'indulgence de Portioncule est célèbre dans toutes les églises de ces religieux. On rapporte que saint François , priant avec beaucoup de ferveur, eut une vision dans laquelle Jésus-Christ lui dit de s'adresser au pape, qui lui accorderait une indulgence plénière pour tous les vrais pénitents qui visiteraient cette église. En elfct, Hononus III lui accorda verbalement cette indulgence ; quelque temps après, le saint eut une autre vision dans laquelle il apprit que Jésus-Christ lui-même