‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 210 sur 228 · PUA · texte numérisé non relu

PUA

ir;<;-2

PRAGUE (Jérôme de). Voy. Hussites.

PRAXÉENS ou PRAXÉIENS, sectateurs de Praxéas , hérétique du h* siècle. Celui-ci avait été d'abord disciple de Montan ; il l'abandonna ensuite , et vint à Rome , où il fit connaître au pape Victor les erreurs de la s cte qu'il avait quittée ; mais il devint luimême chef de parti. Il enseigna qu'il n'y a qu'une seule personne divine, savoir le Père; que c'est le Père qui est descendu dans la sainte Vierge et en a pris naissance; qu'il a souffert et qu'il est Jésus-Christ même. A peu [très dans le même temps , un certain Noël, de Smyrne ou d'Ephôse, enseignait la même erreur en Asie. Voy. Noétiens. Elle fut embrassée par Sabellius. Voy. Sabellianisme. Ces divers hérétiques et leurs sectateurs furent appelés monarchiens ou monarchiques, parce qu'ils ne reconnaissaient que Dieu 1; Père comme Seigneur de toutes choses, et patripassiens , parce qu'ils le supposaient capable de souffrir.

Tcrtullien écrivit contre Praxéas un livre dans lequel il le réfute avec beaucoup de force. Il lui oppose la croyance de l'Eglise universelle , qui est qu'il n'y a qu'un seul Dieu , mais que Dieu a un Eils , qui est son Ve bo, qui est sorti de lui, par lequel toutes choses ont été créées , que ce Verbe a été envoyé par le Père dans le sein de la Vierge Marie; que c'est ce Verbe qui est né d'elle, nomme et Dieu tout ensemble , qui est nommé Jésus-Christ, qui est mort, qui a été enseveli, et qui est ressuscité. Voilà, continue Tcrtullien , la règle de l'Eglise et de la lui depuis le commencement du christianisme ; or, ce qu'il y a de plus ancien est la vérité, ce qui est nouveau i st l'erreur; contra Prax. , c. 2. Ce Père prouve ensuite le dogme catholique par une ioule de passages de l'Ecriture sainte.

Comme , au jugement des prolestants , un hérétique ne peut jamais avoir tort, Le Clerc, dans son Jlist. ecclés., à l'an 180 , p. 789 , a tâché de disculper Praxéas aux dépens de Tcrtullien ; il pense que le premier ne niait pas absolument la distinction entre le Père et le Fils, qu'il soutenait seulement que ces ileux Personnes n'étaient pas deux substances , au lieu que Tcrtullien admettait en Dieu distinction et pluralité de subslances. C'est une pure calomnie contre ce Père. Dans le chapitre même que nous citons , il répète deux fois que le Père , le Fils et le Saint-Esprit sont une seule et même substance, parce qu'ils sont un seul Dieu.

Beausobre, dans son Ilist. du Manichéisme, I. m, c. G, §7, a poussé plus loin la hardiesse; comme Tertullien a dit à la fin do son livre des Prescriptions que l'hérésie do Praxéas a été confirmée par Victorien, on convient, dit Beausobre, que ce Victorien est le pape Victor : 1° c'est une imposture, aucun auleur ancien n'en a eu le moindre soupçon; il était réservé aux protestants de forger cette accusation sans preuve; 2° les savants conviennent que les sept derniers chapitres des Prescriptions ne sont pas de Tcrtullien: voy. les notes de Lupus sur le

chapitre 45. 3" Quand ils en seraient, Beausobre obsorve lui-même que Tertullien était irrité do ce que le pape Victor avait retiré sa communion aux montanistes; son accusation serait donc fort suspecte. Ensuite Reausobre entreprend de justifier Praxéas, Noët et Sabellius des erreurs qui leur sont imputées par les Pères de l'Eglise. — 1° Il dit que Tertullien n'était pas à Rome où Praxéas enseignait sa doctrine, qu'il ne l'a pas connue, qu'il était fâché de ce que Praxéas avait décrié les montanistes, que c'est d'ailleurs un controversiste véhément, sujet à des exagérations; mais il paraît certain que Praxéas, sorti de Rome, porta ses erreurs en Afrique; Tertullien a donc pu les connaître. Ce controversiste, quoique fâché, ne s'est pas exposé sans doute à passer pour calomniateur : s'ilamal rendu lesopinionsde son adversaire, pourquoi Beausobre ne les a-t-il pas exposées telles qu'elles étaient? — 2° L'homélie, dit-il, de samt Hippolyte contre Noël, [tarait suspecte à [lusieurs critiques; en la comparant avec le livre de Tertullien, on voit que l'auteur de l'homélie a copié celui-ci. Point du tout, la conformité du récit des deux auteurs prouve que tous deux ont dit la vérité, et non que l'un a copié l'autre. Si l'homélie en question n'est pas de saint Hippolyte, elle est du moins d'un écrivain de ce temps-là, c'est toujours un témoin qui continue ce qu'a dit Tertullien. — 3° Saint Epiphane, qui a suivi Hippolyte, Ilœres. 57, p. 481, dit: ;< Les noétiens enseignaient que Dieu est unique, et mïil est impassible, qu'il est le Père, qu'il est le Fils, et qu'il a souffert afin de nous sauver. » A moins d'être fou, l'on ne peut pas tomber dans une contradiction aussi grossière. La contradiction n'est qu'ap; arente, les noétiens entendaient que Dieu comme Père est impassible, mais que comme Fils incarné et revêtu d'un corps, il a souffert pour nous sauver. Le sens de saint Epiphane est évident, mais Beausobre n'a pas voult le voir. — k" Hippolyte et Epiphane accusent Noët de s'être vanté qu'il était Mo.sc, et que son frère était Aaron; c'est une extravagance incroyable. Rien moins, il se vantait que l'âme oul'esprit deMoiscétaitenlui, etcelled'Aaron dans son frère; c'était une imposture et non un trait de démence. — 5° Les anciens en général accusent les sabelliens d'avoir enseigné que Dieu le père a souffert, ce qui leur a fait donner le nom de patripassiens ; cependant saint Epiphane ne leur attribue point cette erreur, Jfœr. <>2 : au contraire, dans le sommaire du lBr loin.' de son iic livre , il les en absout : « Les sabelliens, dit-il, ont les mêmes sentiments que les noétiens, si ce n'est qu'ils nient contre Noët que le Père ait souffert. » Nous convenons que Sabellius ne s'exprimait pas comme Noët; il ne disait pas comme lui que Dieu le Père, devenu Fils et incarné, ava.t souffert; il prétendait qu'une certaine énergie émanée du Père, une certaine portion de la nature divine s'était unie à Jésus, que dans ce sens Jésus était Fils de Dieu ; de là il ne

PRE

Page 1