‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 217 sur 228 · TRO · texte numérisé non relu

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sans nombre, et tels que l'imagination la plus folle peut a peine se les représenter. La félicité qu'ils attendent sous leur Messie est incompatible avec la constitution de la nature humaine et avec la sagesse divine : loin de contribuer au salut des juifs, elle ne pourrait causer que leur perte éternelle ; ils se flattent de l'espérance de satisfaire leur sensualité, de se venger de tous leurs ennemis, de voir tous les peuples, devenus leurs esclaves, arriver à Jérusalem des extrémités du monde , etc. Jamais Dieu n'a promis toutes ces absurdités. Voy. Puo-

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Nous opposonsles mômes raisons aux incrédules, lorsqu'ils nous objectent que Dieu n'a tenu aucune des promesses qu'il avait faites au patriarche Abraham, à David, à Salomon et a leur postérité. Nous soutenons que Dieu les a exécutées autant que la nature de ces promesses le comportait , et que le méritait la conduite de ceux a qui elles étaient faites. Dieu prévoyait sans doute les obstacles qui s'opposeraient à un accomplissement plus parfait ; il n'a pas laissé de faire de grandes promesses atin d'engager les Juifs à ôtre plus fidèles.

Il ne tenait qu'à Dieu, disent les incrédules, de rendre les Juifs tels qu'il les fallait pour que ces promesses fussent accomplies dans toute leur étendue. Nous répondons qu'il tenait aussi aux Juifs, puisqu'ils étaient doués de liberté, et que Dieu ne leur a refusé aucun des secours dont ils avaient besoin. 11 est ridicule de prétendre que, pour nous rendre heureux, Dieu doit tout faire seul, sans exiger aucune correspondance de notre part.

On peut nous objecter le psaume lxxxvih ; Dieu y fait à David et à sa postérité de magnifiques promesses, et il ajoute : Si ces enfants abandonnent ma loi et violent mes préceptes, je les châtierai par des afflictions; mais je ne leur ôterai point ma miséricorde, et je ne dérogerai point à ma vérité, à la fidélité de mes promesses. Je rai juré à David par ma sainteté même, je ne le tromperai point, sa postérité subsistera éternellement, etc. Dans ce psaume néanmoins David se plaint que Dieu a rejeté son Christ et rompu son alliance ; il demande : Où sont donc, Seigneur, vos anciennes miséricordes que vous m'avez promises avec serment? etc. Après la mort de ce roi, h la seconde génération, les trois quarts du royaume furent enlevés à sa postérité. — Réponse. Si l'on veut lire attentivement ce psaume, l'on verra que David fort affligé use d'exagération, soit pour étaler les promesses du Seigneur, soit pour peindre ses peines, et que toutes ses expressions ne doivent pas ôtre prises à la lettre. 11 sentait lui-môme pourquoi il était affligé, puisqu'il finit ses plaintes en bénissant Dieu qui le châtiait do ses fautes. Quant à sa postérité, Dieu nous fait remarquer que, pour punir le crime de Salomon, il l'aurait entièrement privé du trône, lui et ses descendants , mais qu'à cause des promesses qu'il a faites à David,

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il leur en conservera au moins une partie; JII Reg., c. xi, v. 13. Le mot éternellement ne peut pas être pris à la rigueur lorsqu'il est question des bienfaits temporels; il signifie seulement une longue durée.

La témérité des incrédules ne s'est pas arrêtée là, ils prétendent que les promesses faites dans le Nouveau Testament ne sont pas mieux accomplies que celles de l'Ancien. La royauté, disent-ils, et ùt promise au Messie ; Jésus-Christ, qui s'est appliqué ces prédictions, parle souvent de son royaume, cependant il n'a pas régné. Il promettait à ses disciples toutes choses en abondance; il leur dit que tout ce qu'ils demanderont en son nom leur sera accordé, que ceux qui croiront en lui chasserontles démons et feront d'autres miracles, qu'avec un grain de foi l'on pourra transporter les montagnes; cependant nous ne voyons arriver aucun de ces prodiges. Il était venu, dit-il, pour délivrer le monde du péché, et le péché n'a pas cessé de régner; il était venu pour sauver tous les hommes, et à peine y en a-t-il un sauvé sur mille. 11 avait promis de préserver son Eglise de toute erreur, cela n'a pas empoché qu'elle ne tombât dans l'idolâtrie, en adorant l'eucharistie, les saints, leurs images et leurs reliques, etc. On voit que ce dernier reproche est emprunté des protestants ; ce serait donc à eux d'y répondre, et de faire voir aux incrédules comment les erreurs qu'ils reprochent à l'Eglise catholique peuvent s'accorder avec les promesses que Jésus-Christ lui avait faites. Mais les protestants ne se sont jamais mis en peine de savoir si les reproches qu'ils faisaient à l'Eglise romaine étaient autant d'armes qu'ils mettaient à la main des ennemis du christianisme; c'est à nous qu'ils laissent le soin de le défendre contre les mécréants de toutes les sectes.

Nous soutenons que Jésus-Christ a été et qu'il est encore le roi et le législateur de toutes les nations qui croient en lui, et qu'il exerce sur elles un pouvoir souverain, plus visible et plus absolu que celui de tous les potentats de l'univers. 11 a si bien tenu parole à ses disciples, que quand il leur demanda : Lorsque je vous ai envoyés sans argent et sans provisions, avez-vous manqué de quelque chose? ils lui répondirent : Non, Seigneur (Luc, xxii, 35). Dans tous les temps les saints ont rendu témoignage de l'efficacité de la prière, ils la connaissaient par expérience. A la vérité le Sauveur a promis que les croyants feraient des miracles en son nom, mais il n'a pas dit que ce don serait accordé à tous. Que les apôtres et les premiers fidèles aient fait des miracles, c'est un fait attesté d'une manière incontestable. Voy. Miracle. Il ne s'est écoulé aucun siècle pendant lequel il ne s'en soit fait dans l'Eglise romaine. La hardiesse des hérétiques et des incrédules à les nier no suffit pas pour prouver que Jésus-Christ a manqué à sa promesse. Quant au pouvoir de transporter les montagnes, il suffit d'avoir du bon sens pour comprendre que cette expression populaire ne doit pas être prise à laJettre.

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Jésus-Christ a véritablement délivré le monde du péché , puisqu'il a donné et donne encore à tous les hommes les secours et les grAces nécessaires pour éviter tout péché; et il sauve tous les hommes, puisqu'il fournit a tous les moyens de se sauver. Exiger qu'il les sauve sans qu'ils correspondent à la grâce, et sans qu'ils usent (les moyens nécessaires, c'est une absurdité. Il a promis d'être avec son Eglise et de la préserver d'erreur jusqu'à la consommation des siècles; malgré les calomnies de nos adversaires, nous soutenons qu'il l'en a préservée en effet, et qu'il l'en préservera. L'accusation d'idolâtrie a été tant de fois réfutée, qu'ils devraient rougir de la répéter encore. Voy. Paganisme, § 11.

Quoique. Dieu, en vertu de sa sainteté et de sa justice, ne puisse manquer aux promesses qu'il a faites, il ne s'ensuit pas qu'il doive exécuter de même toutes ses menaces. Non-seulement il a promis de pardonner à tout pécheur qui se repentira, mais il dit : je ferai miséricorde à qui je voudrai (Exod. xxxin, 19). Lorsqu'il daigne pardonner au pécheur le plus indigne, il ne fait tort h personne, ses menaces mêmes sont une preuve de bonté; s'il voulait toujours punir, il ne menacerait pas, il frapperait sans en avertir.

* PROMULGATION. Voy. Loi, et surtout le Dictionnaire de Théologie morale.

PROPAGANDE. V. Missions étkaxgèhes.

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