‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 219 sur 228 · CG · texte numérisé non relu

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ces sentiments n'est absolument certain. Ilist. de VEgl. gallic, tome I, pag. k38, etc. Hist. littér. de la France, tom. Il, pag. 369. PROSTERNATION ou Prosteknement.

L'action <!e se mettre à genoux, de frapj er (a terre avec le front, ou de se coucher de son long aux pieds de quelqu'un, a toujours été la marque du plus profond respect, surtout parmi les Orientaux ; dans cette attitude un homme témoigne qu'il se met à la merci de celui qu'il salue ; les sauvages mômes ont compris l'énergie de ce signe. C'est ce que les écrivains sacrés expriment ordinairement par le terme d'adorer. Ainsi lorsqu'il est dit qu'Abraham adora les habitants de Helh et les anges qui lui apparurent, que Judith adora Holopherne, qu'Achior adora Judith, que les mages adorèrent Jésus enfant, cela signifie qu'ils se prosternèrent en signe de respect. Nous nous prosternons de môme pour adorer Dieu, pour lui témoigner notre respect et notre soumission, parce que nous ne pouvons témoigner h Dieu nos sentiments par d'autres signes que par ceux dont nous nous servons à l'égard des hommes. Il ne s'ensuit pas de là que quand nous nous prosternons devant les hommes, nous leur témoignons le même degré de respect et de soumission que nous avons pour Dieu : par conséquent le mot adorer, dans ces di [rérentes circonstances, ne peut pas avoir le même sens. C'est néanmoins sur cette équivoque que les protestants nous font un crime de ce que nous nous prosternons devant les saints et devant leurs images. Yoy. Adoration.

PROSTERNÉS. Voy. Pénitence publique.

PROSTITUTION. Ce désordre a été toléré chez toutes les nations païennes ; il y en a même plusieurs qui ont poussé l'aveuglement jusqu'à en faire une pratique de religion. Mais Dieu l'avait sévèrement défendu aux Israélites, Dent., c. xxm, v. 17. Aucune fille d'Israël ne sera prostituée, et aucun Israélite ne se livrera à an commerce infâme. Vous n'offrirez point à Dieu le prix de la prostitution, quelque vœu que vous ayez fait ; c'est une abomination aux yeux du Seigneur. Il est évident que par cette défense Dieu vou'ait inspirer de l'horreur pour la dépravation des femmes païennes, qui consacraient à la déesse de l'impudicité une partie de ce qu'elles avaient gagné par le crime. Pour rendre l'idolâtrie odieuse, les écrivains sacrés la désignent souvent sous le nom de prostitution.

Quelques philosophes modernes ont vainement affecté de nier que chez les Babyloniens et chez d'autres peuples, la prostitution ait été pratiquée par motif de religion. Non-seulement Jérémie, écrivant aux Juifs captifs à Babylone, les prévient contre ce scandale, Barucli, c. vi, v. 42; mais Hérodote, 1. 1, § 199, en parle comme témoin oculaire, et Strabon, 1. xvi, p. 1081. La même coutume régnait en quelques endroits de la Phénicie, selon Lucien, de Dea Syria, et Justin, 1. xxn, à Sieca-Veneria, vi le d'Afrique, qui était une colonie de Phéniciens ;

Valère -Maxime, l.u,c. G, §15 ; Saint August., deCivit. Dei, 1. iv, c. 10 ; et dans File de Cypre, Athen. deipn., 1. xn, p. 510. Ce désordre influe durait encore au commencement du iV sièc'c de l'Eglise dans quelques temples de la Phénicie ; Constantin devenu chrétien les fit détruire. Eusèbe, de Vita Constantin., 1. m, c. 58, pag. 013; Socrate, Ilist. ecclés., 1. i, c. 18. A la honte de notre siècle, un philosophe incrédule n'a pas rougi d'approuver cette infamie, qui est en usagj au Japon. Un autre sujet de confusion pour nous est que l'en tolère dans le christianisme un désordre public qui était sévèrement défendu chez les Juifs.

PROTESTANTS. L'on a donné d'abord ce nom aux disciples de Luther, parce que l'an 1529 ils protestèrent contre un décret de l'empereur et de la diète de Spire, et ils en appelèrent à un concile général. Ils avaient à leur tète six princes de l'empire, savoir, Jean, électeur de Saxe ; Georges, électeur de Brandebourg, pour la Franconie ; Ernest et François, ducs de Lunebourg ; Philippe, landgrave de Hesse, et le prince d'Anhalt. Ils furent secondés par treize villes impériales. Par là on peut juger des progrès qu'avait faits le luthéranisme douze ans après sa naissance. Mais c'était plutôt l'ouvrage de la politique que celui de la religion ; celte ligue protestante était moins formée contre l'Eglise catholique que contre l'autorité de l'empereur. L'on a aussi nommé protestants en France les disciples de Calvin, et l'usage s'est établi de comprendre indifféremment sous ce nom tous les prétendus réformés, les anglicans, les luthériens, les calvinistes et les autres sectes nées parmi eux. Nous avons parlé de chacune sous son nom particulier ; mais au mot Réformation no is examinerons le protestantisme en iuimôme, nous ferons voir que cette religion nouvelle a été l'ouvrage des passions humaines, et qu'elle ne mérite à aucun égard le nom de reforme que ses sectateurs lui ont donné.

Lorsqu'on leur demande où était leur religion avant Luther ou Calvin, ils disent : dans la Bible. 11 fallait qu'elle y fût bien cachée, puisque pendant quinze cents ans personne ne l'y avait vue avant eux telle qu'ils la professent. Vous vous trompez, reprennent-ils; les manichéens ont vu comme nous dans l'Ecriture sainte que c'est une idolâtrie de rendre un culte religieux aux martyrs ; Vigilance, que c'est un abus d'honorer leurs reliques ; Aérius, que c'en est une autre de prier pour les morts ; Jovinien, que le vœu de virginité est une superstition. Bérenger a trouvé aussi bien que nous dans l'Evangile, que le dogme de la transsubstantiation est absurde; les albigeois, que les prétendus sacrements de l'Eglise romaine sont de vai nés cérémonies; les vaudois et d'autres, que les évèques ni les prêtres n'ont ni caractère ni autorité dans l'Eglise de plus que les laïques, etc. 11 est donc prouvé que noire croyance a toujours été p.oiéssée ou en tout ou en partie, par quelque société de chré-

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tiens i-i que l'on a lort de la taxer de nouveauté.

Voilà en vérité la tradition la plus pure et la plus respectable qu'il y ait au momie; le dépôl en est toujours hors de l'Eglise et non dans l'Eglise; elle a pour seuls garants des sectaires toujours frappés d'anathèrfre. 11 fallait encore ajouter à cette liste honorable les gnostiques, les marcionites, les ariens, les nestoriens, les eutychiens, etc. Tous ont vu de même dans l'Ecriture sainte leurs erreurs et leurs rêveries ; ils ont cru, comme les protestants, que ce livre leur sui\isa;t pour être la règle de leur foi; mas comment les protestants sont -ils assurés do mieux voir que tous ces docteurs, dans la Bible, les articles de croyance, sur lesquels ils ne s'accordent pas avec eux? Citer de prétendus témoins de la vérité, et n'être jamais entièrement de leur avis, adopter leur sentiment sur un point, et le rejeter sur tous les autres, ce n'est pas leur donner beaucoup de poids ni de crédit. Une croyance ainsi formée de pièces rapportées et de lambeaux empruntés des hérétiques dont plusieurs n'étaient plus chrétiens et n'adoraient pas Jésus-Christ, ne ressemble guères à la doctrine de ce divin Maître.

Si la Bible renfermait toutes les erreurs que les sectaires de tous les siècles ont {(retendu y trouver, ce serait le livre le plus pei nicie.ix qu'il y cùi dans le monde ; les déistes n'auraient pas tort de dire que c'est une pomme de discorde destinée à met re tous les hommes aux prises les uns avec les autres. Mais enfin, puisque les protestants prétendent au privilège de l'entendre comme il leur plaît, ils n'ont aucune raison de disputer ce même droit aux autres sectes ; ainsi voilà toutes les erreurs et toutes les hérésies possibles justifiées par la règle des protestants. Mais nous voudrions savoir pourquoi l'Eglise catholique n'a pas aussi le droit ue voir dans l'Ecriture sainte que tous ceux qui se séparent d'elle, pervertissent le sens de ce livre divin, qui lui a été donné en dépôt par les apôtres ses fondateurs. Saint Pierre reprochait déjà aux hérétiques de dépraver le sens des Ecritures pour leur propre perte, Epist. 11, cap. m, v. 10. Deux cents ans après, Tertullien leur soutenait que l'Ecriture ne leur appartenait pas, puisque ce n'est pas à eux ni pour eux qu'elle a été donnée; que c'est le titre de la seule famille des vrais fidèles, auquel les étrangers n'ont rien à voir, de Prœscript., c. 37. C'est aux protestants de prouver que cette exclusion ne les regarde pas. Si du moins ils formaient entre eux une seule et même société chrétienne , le concert de leur croyance pourrait paraître imposant; mais l'Eglise anglicane , l'Eglise luthérienne ou prétendue évangéhque, l'Eglise calviniste ou réformée, l'Eglise socinienne, ne sont pas plus unies entre elles qu'avec nous. Les calvinistes ne haïssint pas moins les anglicans qu'ils ne détestent les catholiques; quoiqu'ils aient tenté plus d'une fois défaire société avec les lutLériens, ceux-ci n'ont

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jamais voulu y consentir; souvent ils ont écrit les uns contre les autres avec autant d'animosité que contre l'Eglise romaine; certains docteurs luthériens ont été maltraités à outrance, parce qu'ils semblaient pencher au sentiment des calvinistes ; ni les uns ni les autres no fraternisent avec les sociniens.

Pour pallier ce scandale, ils ont. été réduits à dire que toutes les sectes qui s'accordent à croire les articles principaux ou fondamentaux du christianisme, sont censées composer une seule et même église chrétienne que l'on peut nommer catholique ou universelle. Mais quelle union forment ensemhle des sociétés qui ne veulent avoir ni la même croyance, ni le même culte, ni la même discipline ? Ce n'est certainement pas là l'Eglise que Jésus-Christ a fondée, puisqu'il la représente comm • un seul royaume, une seule famille, un seul troupeau rassemblé dans un même bercail et sous un même pasteur. Voy. Eglise, § 2 (1).

PllOTÉVANGILE DE SAINT JACQUES.

C'est le nom que porte un Evangile apocryphe et rempli de fables, que Guillaume Postel avait rapporté de l'Orient, et que Théodore Jiibliander fit imprimer à Bâle l'an 1552, in-8'J. Fabricius en a donné la notice, Codex apocryph. Nov. Testam., pag. US et suiv.

Beausobro, Ilisl. du Manieh., tom. I, Lu, c. 2, § 8 et suiv., fait voir que ce prétendu protévangile est la production d'un nommé Leucius ou Leuce-Carin , hérétique du u° siècle et de la secte des docètes. qui condamnaient le mariage et qui enseignaient que le Fils de Dieu, pour s'incarner, n'avait pris qu'une chair fantastique et apparente; l'ouvrage dont nous parlons était composé pour aulor.ser ces deux erreurs. 11 était nommé protévangile, parce que l'auteur y raconte des événements qui ont précédé la prédication de l'Evangile, savoir la naissanco et l'éducation de la sainte Vierge, et la naissance du Sauveur ; mais il ne mérite aucune croyance.

L'on a aussi donné le nom de protévangile à la première promesse que Dieu a faite de la rédemption future du genre humain,

(1) Le protestantisme est arrivé aujourd'hui à une décomposition complète. Un disciple de l'école d'ilcgel divise les protestants d'Allemagne en quatre classes : 1° Les vieux croyants , ce sont les vieillards imbus de préjugés , qui croient encore à la Trinité , aux miracles et à la satisfaction par la mort de Jésus-Christ. 2° Les croyants éclairés, qui sont des déistes et des philosophes de l'école de Kant. Po;:r eux les maximes évangeliques sont dignes de l'admiration du sage. 5° Les croyants modernes, qui font de la religion une espèce de sentimentalité , mais sans fondement bien solide; c'est le christianisme poétise. 4° Le strausisme, qui est l'incrédulité complète ou, pour nous servir d'une expression consacrée, la non croyance illimitée. Cette non croyance illimitée doniuï à chaque siècle d'ajouter ou de retrancher à volonté aux dogmes chrétiens. — Cette courte exposition de l'état du protestantisme en Allemagne nous montre qu'il n'y a réellement plus de christianisme dans les enfants des premiers-nés de la réforme.

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et qui est renfermée dans les paroles que Dieu prononça contre le serpent après la chute d'Adam, la race de la femme t' écrasera la tête (Gen.i m, 15). Par la race de la femme les Pères de l'Eglise ont entendu Jésus- Christ Fils de Dieu, né d'une femme par l'opération du Saint-Esprit, et sans le concours d'aucun homme ; conséquemment plusieurs interprètes ont dit que ces paroles sont le protévangile, c'est-à-dire la première nouvelle de la rédemption. Cette croyance est fondée sur la pensée de saint Paul qui a dit, Hebr.y c. n, v. li, que le Fils de Dieu a participé à la chair et au sang, afin de détruire par sa mort celui qui avait l'empire de la mort, c'est-à-dire le démon, et sur ces paroles de saint Jean, Epist. I, c. in, v. 8: Dès le commencement le démon est Vendeur du péché, et le Fils de Dieu est venu pour détruire les œuvres du démon. Dans l'Apocalypse, il est dit, c. xii, v. 9, que le grand dragon, l'ancien serpent qui est le démon et Satan, a été précipité sur la terre, etc. Conséquemment les Pères ont conclu que la rédemption du monde est aussi ancienne que le péché d'Adam, et qu'il n'y a eu aucun intervalle entre le péché et le pardon. Voy.

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