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PURIFICATION. Ce terme a un doubla corps entier ou une partie, pour en écarter
S'-ns: lorsqu'il est employé h î'égafd du toute espèce d'ordur« ; quand il est question
corps, il signifie l'action do s;- laver ou le de l'âme, c'est l'action de détester ses péchés,
dos objets consacrés aux idoles, ci les avaient cachés sons leurs habits, au mo lient d'une bataille où tous ces soldats perdirent la vie. Leur faute, qu'on regarda comme la cause de leur mort, fut découverte à l'instant où on allait les enterrer. Judas Machabce , croyant avoir lieu de penser, ou qu'ils n'avaient pas assez connu la loi pour comprendre la grièveté de leur transgression, ou qu'ils s'en étaient repentis (levant Dieu avant d'expirer, iil faire une quête e passer l'argent a Jérusalem, afin qu'on y offrît des sacrifices pour leurs péchés. » Considérant aussi, dit l'Ecriture, qu'une grande miséricorde est réservée à ceux qui meurent dans la piété, ce qui est mie sainte et salutaire pensée, il ordonna une expiation pour ces morts, afin qu'ils fussent délivrés de leurs péchés. Ce passage était trop direct et trop clair pour ne pas offusquer ceux qui, au xvi" siècle, entreprirent de nouveau contre le purgatoire et la prière pour les morts. Ils se persuadèrent qu'il n'y avait, pour s'en débarrasser, qu'à lui enlever son autorité divine, et ils dirent : « Ce livre des Machabécs ne fut jamais compris dans le canon des Hébreux. > El que ne dirt nl-i!s aussi qu'il n'avait jamais pu l'être, ce canon ayant été clos sous Esdras, beaucoup avant les Machabécs? Ils dirent encore : Quelques Pères ont douté do l'autorité de ce livre. 11 eût été de la bonne foi d'ajouter que le grand nombre n'en avait jamais douté; que généralement il avait été lu avec les autres Ecritures divines dans les assemblées chrétiennes; que le troisième concile de Carthage, en consacrant la tradition ancienne, l'avait rangé parmi les écrits inspirés : t Ce sont ces livres, dit-il, que nos pères nous ont appris à lire dans l'Eglise, sous le litre d'Ecritures divines et canoniques ; » que saint Augustin le place dans le canon des Ecritures dont il donne rénumération, lib. de Doctr. christ, c. 8, et qu'il le cite en preuve contre les hérétiques; qu'il est mis au rang des saintes Ecritures par Innocent I,r, dans sa réponse à saint Erupèce, évèque de Toulouse, en 40j ; par Gélasc, assisté de 70 évéques, dans le décret du concile romain, en 49i. Au reste, ne nous étendons par davantage sur la canon ici té qui appartient certainement à ce livre, et que les réformateurs n'auraient pas songé à lui contester sans l'évidence de ce passage. Laissons de côté, pour un instant, son autorité divine; nous n'en irons pas moins , quoi qu'on fasse, à notre but. Car Messieurs de la religion réformée admettent les livres des Machabées comme u<:e histoire véridique. Donc il est tic l'ait historique que, dés le temps des Machabées, les Juifs, les sacrificateurs, la synagogue, pensaient qu'il était pieux et salutaire d'offrir des sacrifices pour les morts, afin qu'ils fussent délivrés de leurs péchés. Josèpbe nous indique assez que cette croyance se maintenait de son temps, lorsqu'il témoigne que les Juifs ne priaient point pour ceux qui s'étaient eux-mêmes privés de la vie. Or, ils ne priaient pas sans doute pour ceux qui étaient déjà dans le sein d'Abraham, où l'on n'avait nul besoin de prières, ni pour ceux qui seraient en ci. fer, où les prières sont inutiles. Et encore, le but de leurs prières était d'obtenir la rémission des pèches pour les défunts, que par conséquent ils ne plaçaient pas dans le sein d'Abraham, ou rien d'impur n'était admis; encore moins dans l'enfer, également fermé au pardon et à l'espérance. Us croyaient donc à un état mitoyen, entre l'un et l'autre; et cet état mitoyen que vous désignerez sous tel nom qu'il vous plaira, nous lui donnons celui de Purgatoire.
« La pratique de prier pour les morts n'a pu s'établir si universellement que par la prédication des
apôtres Cène fut pas sans raison, dit saint Chry-
soslome, que les apôtres ordonnèrent que, dans la célébration des mystères redoutables, il lût fait mé-
moire des défunts; car ils savaient combien il en revient aux morts d'utilité et de profit, llomil. 69, ad Pop. Antiocli. Saint Augustin, qui a composé un traité sur nos devoirs envers les morts, où les prières pour eux reviennent sans cesse, s'exprimait ainsi dans un sermon : « i. es pompes funéraires, la foule qui les accompagne, la recherche somptueuse dans la structure des mausolées, sans être de la moindre ressource pour les défunts, peuvent bien offrir quelque sorte de consolation aux vivants : niais ce dont i! ne faut pas douter, c'est que les prières de l'Eglise, le saint sacrifice, les aumônes, ne leur portent du soulagement, n'obtiennent pour eux d'être traites plus iniséiicoriiieusement qu'ils n'avaient mérité, car l'Eglise universelle, instruite par la tradition de ses Pères, observe qu'a l'endroit du sacrifice où l'on l'ait mention des morts, on prie et on offre pour tous ceux qui sont décédés dans la communion du corps de Jésus-Christ, Serm. 172. » Dans son ouvrage contre les Hérésies, il range A mïus entre les hérétiques, ainsi qu'avait fait avant lui saint Epiphane, pour avoir nié, contre la doctrine et la tradition de tous les temps, l'utilité des prières pour les morts; l'un et l'autre nous témoignant ainsi qu'elle était regardée • ans l'Eglise parmi les vérités révélées cl connues par tradition apostolique. >
M. de Trévern signale l'accord de toutes les liturgies sur la prière pour les morts :
t Liturgie des nestoriens du Malabar : t Souvenons-nous de nos pères, de nos frères, des fidèles qui sonl sortis de ce inonde dans la foi orthodoxe; prions le Soigneur de les absoudre, de leur remettre leurs péchés, leurs prévarications, de les rendre digues de partager la félicité éternelle avec les justes qui se sont conformés à la volonté divine. > Une autre liturgie uestorienne du Malabar nous présente encore les paroles suivantes, dans une prière admirable : « Seigneur Dieu des années, recevez aussi celle oblation pour toute l'Eglise catholique, poulies prêtres, pour les princes catholiques, pour ceux qui gémissent dans la pauvreté, l'oppression, la misère et les larmes, pour les fidèles trépassés, etc. >
El ces autres paroles d'une autre prière de la même liturgie : « Affermissez, ô mou Dieu, la pais et le repos des quatre parties du monde.... Détruisez les guerres, éloignez les batailles au delà des extrémités de la terre ; dissipez les nations qui veulent la guerre.... Relâchez aussi les liens, les péchés et toutes les dettes de ceux qui sont morts: nous vous en supplions par voire miséricorde et vos bontés infinic >. » La liturgie des nestoriens chaldéens : < Recevez celte oblation, ô mon Dieu!.... pour tous ceux qui pleurent, qui sonl malades, qui souffrent dans l'oppression, les calamités, les infirmités, et pour tous les trépassés que la mort a séparés de nous. » Et dans une aulre oraison <!e la même liturgie : « Pardonnez les délits et les péchés de ceux qui sont morts; nous voua le demandons par voire grâce et vos miséricordes éterni lies, i Dans les belles actions de grâces que fout les nestoriens après la célébration des mystères, les morts ne sont jamais oublies : < IJénissez, ô mon Dieu, les trépasses, pardonnez à leurs p 'chés. » Les nestoriens, a la différence des Orientaux en général, ont une messe particulière po.ir les morts : j'y trouve une bénédiction pour eux qu'il faudrait copier tout entière; vous la lirez dans le P. Lebrun, t. III, p. 557. Sur la fameuse inscription trouvée en Chine, el qui atteste que des prêtres partis de Syrie y prêchèrent avec succès l'Evangile au vu" siècle, on lit a la huitième colonne ces mots: « Us font sept fois par jour des prières qui sont trèsutiles aux vivants el aux morts. » — Les Arméniens, ainsi que la plupart des Orientaux, n'ont point de
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do s'en purifier par la pénitence, d'en obtenir de Dieu le pardon. Voy. Pureté. Tous les hommes, même les plus grossiers, ont
messe particulière pour les morts, comme notre canon ne change point pour lu me se des défunts. On voit que les Arméniens, en célébrant pour un mort, disant: < Souvenez-vous, Seigneur, soyez miséricordieux et propice aux âmes des défunts, et en particulier à celles pour qui nous offrons ce saint sacrifice. > Leur liturgie offre de très-belles prières pour les vivants et pour les morts en général : le diacre s'adressant à tous les fidèles s'écrie : < Nous demandons qu'il soit fait mention dans ce sacrifice de tous les fidèles en général, hommes et femmes, jeunes et vieux, qui sont morts avec la foi en Jésus-Christ. — Souvenez-vous, Seigneur, el ayez pitié d'eux, > répond le ch fur. — Le pr. Ire seul : < Donnez-leur le repos, l.i lumière, et une place parmi vos saints dans votre règne céleste, et faites qu'ils soient dignes de votre miséricorde. Souvenez- vous, Seigneur, et ayez pitié de l'âme de votre serviteur N., selon votre miséricorde... Souvenez-vous aussi, Seigneur, de ceux qui se sont recommandés à nos pri Tes, vivants ou morts ; accordez-leur en récompense des biens véritables et qui ne soient point passagers. » Les Grecs du patriarcat de Constantinople se servent, il y a plus de onze cents ans, de deux liturgies sous le nom de saint Basile et de saint Chrysostome : on y lit cette recommandation pour les morts : t Nous vous offrons aussi, pour le repos et la délivrance de l'âme de votre serviteur N., afin qu'elle soit dans le lieu lumineux où il n'y a ni douleur ni gémissement, et que vous la fassiez reposer, ô Seigneur notre Dieu, au lieu où brille la lumière de votre face. » 11 faut observer que celle liturgie est suivie, non-seulement des Eglises grecques de l'empire ottoman qui dépendent du patriarche de Constantinople, mais encore de celles qui sont en Occident, à Rome, dans la Caiabre, dans la Pouille, dans la Géorgie, dans la Mingrélie, dans la Bulgarie et dans la Russie entière. Sur la croyante ei la pratique des Russes et de lous les Grecs en général, nous avons un témoignage 1res- éclatant dans leur grand catéchisme nommé d'abord la confession orthodoxe des Russicns, et auquel les patriarches du rit grec ont donné depuis le li'rede confession orthodoxe de l'égli»e orientale. Or, sur le septième article du symbole, on lil que < les âmes ne peuvent, après la mort, obtenir le salut et la rémission de leurs péchés parleur repentir et par aucun acte de leur part, mais par les bonnes œuvres et les prières des fidèles, et surtout par le sacrifice non sanglant que l'Eglise offre tous les jours pour les vivants el pour les morts. > — ■ La liturgie d'Alexandre, ou des eophtes jacobiles, fait commémoration des morts ainsi qu'il suit : < Souvenez-vous, Seigneur, de tous ceux qui se sont endormis et ont fini leurs jours dans le sacerdoce, comme aussi de tout l'ordre des laïques. Daignez, Seigneur, accorder le repos à leurs amcs, dans le sein d'Abraham, Isaac el Jacob ; introduisez-les... dans le paradis de délices, dans ce séjour d'où sont bannis la douleur, la tristesse el les soupirs du cœur, et où brille la lumière de vos saints. » Les diacres récitent ici les noms des défunts, et le prêtre poursuit : « Ordonnez, ô mon Dieu ! que les àuies que vous appelez, reposent dans cette demeure bienheureuse... > 11 revient encore aux défunts dans une oraison ultérieure : a Conservez par l'ange de la paix ceux qui sont vivants, elfi'iles, ô mon Dieu! reposer les aines des défunts dans le sein de nos pères, Abraham, Isaac et Jacob, dans le paradis de la félicité. > — Liturgie des Abyssins ou Ethiopiens:» Ayez pitié, ô mon Dieu, des âmes de vos serviteurs et de vos servantes, qui ont été nourris de votre corps et de voire sang, etse sont endormis à la mort dans votre foi. » Le prêtre dans une longue et belle prière, après la consécration, dit encore : c Sauvez éternellement ceux
compris que la purification du corps était le symbole naturel de celle de l'âme; conséquemment chez tous les peuples, dans la re-
qui font voire volonté : consolez les veuves, soutenez les orphelins, et ceux qui se sont endormis et sont morts dans la foi, daignez les recevoir. » — Liturgie des Syriens orthodoxes et jacobiles : Le diacre : « Nous faisons derechef commémoration de tous les trépassés qui sont morts dans la vraie foi, soit qu'ils aient appartenu à cette église, à ce pays, ou à que que région (pie ce puisse être, et sont arrivés à vous, mon Dieu, qui êtes le Seigneur et le maître de tous les esprits et de loule chair. Nous prions, implorons el supplions le Christ notre Dieu, qui a reçu leurs âmes, de les rendre , par ses miséricordes, dignes du pardon de leurs péchés, et de nous faire parvenir avec eux dans le royaume. C'est pourquoi nous disons Irois fois Kyrie eleison, t Le prêtre incline prie pour les morts, et ensuite élevant la voix : « O mon Dieu ! Seigneur de lous les esprits et de toute chair, souvenez vous de ceux dont nous nous souvenons, et qui sont sortis de ce monde dans la vraie foi : donnez le repos a leurs âmes... les rendant dignes de la félici é que l'on goûte dans le sein d'Abraham, d Laac, de Jacob, où brille la lumière de votre face, et d'où sont bannis les chagrins, les douleurs, les gémissements.... N'entrez pas en jugement avec vos serviteurs, parce qu'aucun des hommes ne sera justifié devant vous; comme n'est aucun de ceux qui marchent sur la terre. Qui fut jamais exempt de péchés ou de loute souillure, si ce n'est Noire-Seigneur Jésus-Christ votre Fils unique, par lequel nous espérons pour nous et pour eux miséricorde et rémission des péchés, à cause de lui el de ses mérites? » — L'ancienne liturgie connue sous le nom de Saint- Jacques, cilée par le concile in Trutlo, el expliquée au ive siècle par saint Cyrille de Jérusalem, met dans la bouche du prêtre le prière suivante pour les morts : « Seigneur, notre Dieu, souvenez-vous de toutes les âmes dont nous avons fait mémoire et dont nous n'en avons point fait, de lous ceux qui sont morts dans la vraie foi, depuis Abel le juste jusqu'à présent : faites-les reposer dans la région des vivants, dans votre royaume, dans les délices du paradis, dans le sein d'Abraham, Isaac el Jacob, nos saints Pères, où il n'y a plus de douleurs, ni gémissements, ni tristesse, où la lumière de voire lace, qui regarde tout, brille en loute manière. » Saint Cyrille l'expliquait ainsi aux néophylcs : « Célébrant le sacrilice, nous prions en dernier lieu pour ceux qui sont décédés parmi nous, estimant que leurs âmes reçoivent beaucoup de secours du sacrilice redoutable de nos autels.... Si les proches de quelque pauvre exilé présentaient au prince une couronne d'or pour apaiser sa colère, ce serait sans douie un bon moyen pour l'engager d'abréger le temps ou d'adoucir la peine de l'exii. C'est ainsi qu'en priant pour les morts pendant le sacrifice, nous offrons à Dieu, non pas une couronne d'or, mais Jesus-C.'uïst, son Fils, mort pour nos péchés, afin de rendre propice el à eux et à nous celui qui de sa nature est très-porté à la cLmence. » — La liturgie mozarabe ou espagnole : i Nous vous offrons, ô Père souverain, cette hostie immaculée pour voire sainte Eglise, pour la satisfaction du siècle prévaricateur, pour la purification de nos âmes, pour la santé des infirmes, pour le repos et l'indulgence des fidèles trépassés, afin que, changeant le séjour de ces tristes demeures, ils jouissent de l'heureuse société des justes. » — « AïNSeniblez-vous, disent les Constitutions apostoliques, dans les cimetières; faites -y la lecture des Livres sacrés, chantez-y des psaumes pour les martyrs, pour tous les saints, el pour vos frères qui sont nions dans le Seigneur, et offrez ensuite l'Eucharistie. >
< 11 serait superflu de citer les liturgies de l'Ejlise latine, dont pei sonne ne djule. i
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li^ion vraie comme dans les fausses, l'usage a été de se laver avant de remplir les devoirs du culte religieux, non pas que l'on crût qu'une purification extérieure pouvait opérer la pureté de l'Ame, comme quelques incrédules ont affecté de le supposer, mais parce qu'en se lavant le corps on témoignait que l'on désirait avoir la pureté intérieure, et être exempt de péché. Or, ce désir, lorsqu'il est sincère, est la première disposition nécessaire pour l'acquérir.
Dans la Genèse, c xxxv,v. 2, Jacob, avant d'aller offrir un sacrifice à Béthel, ordonne à ses gens de se laver et de changer d'habits; il ne se proposait certainement pas d'imiter les païens par cette pratique. L'idolâtrie ne faisait encore que de naître dans la Chaldôe, et Jacob ordonne en môme temps à tous ceux qui doivent l'accompagner de lui apporter toutes les idoles qu'ils avaient entre eux, et il les enfouit sous un arbre. Les purifications ont donc été en usage parmi les patiiarches adorateurs du vrai Dieu, avant d'être pratiquées et profanées par les païens. Nous convenons que ces derniers en ont perverti l'usage et leur ont attribué une vertu qu'elles n'ont certainement pas. Nous voyons dans Virgile que Enée, sortant du combat, se fait scrupule de toucher ses dieux pénates, avant d'avoir lavé ses mains dans une eau vive ; il n'avait sûrement pas beaucoup de regret d'avoir tué un grand nombre d'ennemis.
L'action de se laver en pareil cas était donc une pure momerie. C'est avec raison qu'un autre poète s'écrie à ce sujet : « Hommes trop indulgents pour vous-mêmes, qui pensez que des meurtres peuvent être effacés par l'eau d'unfleuve ! « Maisl'erreur des païens ne prouve pas que l'usage de se purifier était mauvais en lui-même, que l'on a dû s'en abstenir à cause de l'abus, approcher des autels du Seigneur avec un extérieur souillé et dégoûtant, et avec moins de respect que l'on n'en a pour un personnage à qui l'on craint de déplaire. Aussi avant de donner la loi à son peuple, Dieu ordonne à tous les Israélites de se purifier pendant deux jours, de laver leurs vêtements, et de se tenir prêts pour le troisième; Exod., c. xix, v. 10. Sans doute il n'exigeait pas d'eux une cérémonie superstitieuse ou inut le, mais il voulait leur imprimer le respect pour sa présence.
Les païens, superstitieux observateurs de rites dont ils ne connaissaient ni la raison ni l'utilité, inventèrent des purifications de toute espèce; ils en faisaient non-seulement avec l'eau, mais ils y ajoutaient le sel, le soufre, la cendre, le sang des victimes, la salive, le miel, l'orge, le feu, les flambeaux, les plantes odoriférantes; les Indiens et les parsis croient se purifier avec l'urine de vache. Ces purifications étaient différentes, selon les différents dieux auxquels on voulait plaire, et souvent l'on en usait pour se délivrer de prétendues impuretés absolument imaginaires, comme pour s'être approché d'un étranger, pour avoir respiré son haleine, ou pour avoir mangé avec lui, etc.
Moïse prescrivit aux Juifs plusieurs purifi-
DlCTIONN. DE ThÉOL. DOGMATIQUE III.
cations, mais simples et naturelles, puisqu'elles se faisaient avec de l'eau, sans aucun rit inutile ou absurde. Sous un climat aussi chaud que la Palestine, cette précaution était nécessaire pour prévenir tout danger de corruption et d'infection; c'est pour cela que l'usage du bain y est encore si fréquent aujourd'hui. De prétendus philosophes ont demandé pourquoi il fallait, selon la loi juive, se laver ou se purifier lorsqu'on avait touché un cadavre, une femme incommodée , un reptile ; lorscrue l'on avait eu un songe impur ou un flux de sang, etc. Ils ne savaient pas que ces imprudences ou ces accidents, qui sont chez nous sans conséquence, pouvaient être dangereux pour les Juifs. Une preuve incontestable, c'est que les Européens qui, pendant les Croisades, négligèrent les précautions de propreté dans la Palestine, rapportèrent la lèpre en Europe. Mais les purifications légales n'avaient pas seulement pour but d'entretenir la propreté du corps et la santé, elles tendaient principalement à inspirer aux Juifs le res; ect pour la divinité, l'attention la plus scrupuleuse dans les pratiques de son culte, la circonspection dans toutes les circonstances de la vie. Encore une fois, nous savons bien que ces cérémonies ne donnaient pas la pureté de l'Ame; mais il est constant qu'un Juif, accoutumé à envisager la loi dans toutes ses actions, en devenait plus attentif à éviter les crimes qu'elle lui défendait. Si dans la suite cette attention devint une pure hypocrisie, c'est qu'alors les Juifs avaient été pervertis par le mauvais exemple des païens.
Nous nous garderons donc bien de blAmer la coutume établie parmi le peuple même le plus grossier et parmi les habitanfs de la campagne, de se laver, de se tenir plus propres les jours de fêtes pour assister au service divin, qu'ils ne sont les jours ouvrables en vaquant à leurs travaux. C'est une preuve de respect pour les devoirs et les assemblées de religion dont il est bon d'entretenir l'habitude. Des censeurs imprudents disent que l'attention à cette propreté extérieure détourne de penser à la pureté de l'Ame; c'est une fausseté. Le peuple serait moins en état de sentir la nécessité d'être pur intérieurement pour rendre à Dieu un culte qui lui soit agréable, s'il était accoutumé à paraître au pied des autels avec un extérieur aussi négligé qu'il l'a dans les travaux les plus vils. Les protestan's, si portés d'ailleurs à censurer tous les usages des catholiques, ont conservé celui-ci, et ils portent plus loin que nous l'attention sur ce point.
Purification des femmes juives. Il était réglé par la loi de Moïse, Levit., c. xn, que les femmes qui étaient accouchées d'un enfant mAle seraient censées impures pendant quarante jours, et celles qui avaient mis au monde une fille, pendant quatrevingts jours, après lesquels elles devaient se présenter au temple pour rendre leurs hommages au Seigneur. Lorsque les jours de la purification étaient accomplis, l'accouchée
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portait à l'entrée du tabernacle ou du temple un agneau pour être offert en holocauste, et le petit d'un pigeon ou d'une tourterelle pour victime du péché. Les pauvres offraient deux tourterelles ou deux petits de colombe. Par une autre loi portée dans VExode, c. xin, v. % Dieu avait ordonné qu'on lui offrît tous les premiers-nés des familles, et qu'on les rachetât pour un certain prix ; on payait cinq sicles pour un garçon et trois pour une fille. C'était en mémoire de ce que Dieu avait fait périr tous les premiers-nés des Egyptiens par la main de l'ange exterminateur, et avait conservé ceux des Israélites. Ce miracle élait assez important pour que les Juifs fussent obligés d'en conserver le souvenir. JbM., v. 14.
Mais pourquoi une femme, après ses couches , était-elle censée impure ? pourquoi cette différence des temps après la naissance d'un garçon et après celle d'une fille ? pourquoi ce sacrifice pour le péché? Etait-ce donc un crime d'avoir mis un enfant au monde? Quand nous ne pourrions rien répondre à toutes ces questions, il ne s'ensuivrait pas que la loi était absurde, mais que nous ignorons les raisons physiques et morales sur lesquelles elle était fondée. Quelques auteurs ont pensé qu'elle était relative au olimat et aux incommodités auxquelles les femmes asiatiques sont sujettes après leurs couches, et ils ont cité en preuve l'opinion qui régnait chez les Grecs et chez les autres Orientaux, touchant l'impureté des femmes dans cet état; ce qu'il y a de certain, c'est que, même parmi nous, l'on est persuadé que, pendant les quarante jours qui suivent les couches, les femmes sont sujettes à divers accidents ; c'était donc un trait de sagesse de la part du législateur des Hébreux, de les avoir forcées à garder la maison, et à se séparer de toute société pendant ce temps-la. — Quant au sacrifice qu'elles devaient offrir ensuite potir le péché, cette expression dans le texte hébreu ne signifie pas toujours un péché proprement dit, mais un défaut, une imperfection, une impureté légale : or, tel en est le sens dans la loi dont nous parlons, puisqu'elle ajoute immédiatement , et cette femme sera ainsi purifiée du flux de son sang (Levit. xn, 7 et 8). Ne peut-on pas ajouter," comme ont fait plusieurs commentateurs, que ce sacrifice pour le péché était destiné à faire souveniraux femmes qu'elles avaient mis au monde un enfant souillé du péché originel?
Comme les anglicans ont conservé la cérémonie de la bénédiction des femmes après leurs couches, les commentateurs anglais ont donné une raison morale de la loi du Léviiique , a laquelle nous applaudissons volontiers. « Il était juste, disent-ils, qu'une femme, dans cette circonstance, offrit un holocauste pour témoigner à Dieu sa reconnaissance de ce qu'il avait conservé la vie à son enfant, de ce qu'il l'avait sauvée elle-même du danger de la perdre par les douleurs de l'enfantement, et de ce qu'il lui avait rendu les forces. Par là elle se recommandait, elle et son fruit, à la Providence divine, elle en
implorait l'assistance , afin de pouvoir donner à cet enfant une bonne éducation. Dans le premier âge les enfants sont exposés à tant d'accidents, que si Dieu ne les prenait pas spécialement sous sa garde, et ne chargeait pas ses anges de veiller à leur conservation, elle serait à peu près impossible ; et l'on ne saurait trop inculquer cette leçon aux parents chrétiens. » Bible de Chais, sur l'endroit cité.
Il ne faut donc pas blâmer la coutume qua les femmes observent dans l'Eglise romaine de se présenter à l'église en relevant de leurs couches, d'y recevoir la bénédiction du prêtre, et d'y faire une légère offrande. Ce n'est m pour se purifier ni pour racheter leur entant, mais pour faire hommage à Dieu de ee dépôt, le remercier de ce qu'il a daigné le conserver et l'adopter par le haptême, pour lui demander la grâce de le bien élever. Cette cérémonie n'a rien que d'édifiant, quoiqu'elle ne soit ordonnée par aucune loi. « Si les femmes, dit le pape Innocent III, désirent d'entrer dans l'Eglise immédiatement après leurs couches, elles ne pèchent pas en y entrant, et on ne doit pas les en empêcher. Mais si par respect elles aiment mieux s'en éloigner pour quelque temps, nous ne pensons pas que l'on doive blâmer leur dévotion. » Cap. de Purif. post partum.
Purification de la sainte Vierge , fête que l'Eglise romaine célèbre le second jour de février, en mémoire de ce que la sainte Vierge, par humilité, se présenta au temple quarante jours après la naissance de Jésus- Christ, pour satisfaire à la loi de Moïse dont nous venons de parler dans l'article précédent. On la nomme encore la fête de la Présentation de Jésus-Christ au temple, par la même raison , et la Chandeleur, à cause des cierges dont on fait la bénédiction, que l'on allume et que l'on porte en procession ce jour-là. Les Grecs l'appellent Hypante, rencontre, parce que le vieillard Siméon et la prophétesse Anne rencontrèrent Jésus-Christ dans le temple lorsqu'il y fut présenté au Seigneur, et le reconnurent pour le Messie.
Quelques auteurs ont écrit que cette fête fut instituée sous le règne de l'empereur Justin , ou sous celui de Justinien, l'an 5i2, à l'occasion d'une mortalité qui emporta cette année-là une très-grande partie des habitants de Constantinople ; mais il est certain que cette solennité est beaucoup plus ancienne, puisque saint Grégoire de Nysse. mort l'an 390, a fait un sermon de Occursu Domini, dans lequel il dit que c'est la fête du jour auquel notre Sauveur et sa sainte Mère allèrent au temple , et y portèrent la victime prescrite par la lui ; Ménard, sur le Sacram. de saint Grég., p. 40. Saint Cyrille d'ALjxandrie, mort l'an 444, et le pape Gélase, qui a vécu avant l'an 4-96, en ont parlé de même. Il se peut faire que l'an 542 la fête de la Chandeleur ne fût pas encore célébrée dans tout l'empire romain, ni même à Constantinople, que Justin et Justinien en aient ordonné la célébration et l'aient fixée au second jour de février ;
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