‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 23 sur 228 · LAO · texte numérisé non relu

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bilité des langues vivantes entraînerait nécessairement du changement dans les formules du culte divin et de l'administration des sacrements; ces altérations fréquentes en produiraient infailliblement dans la doctrine, puisque ces formules sont une profession de foi. On en a vu la preuve chez les protestanls, dont la croyance est aujourd'hui très-différente de celle qui a été prêchée par les premiers réformateurs. Sans cesse ils sont obligés de retoucher leurs versions de la Bible, et chaque n mveau traducteur y met du sien ; il est en droit de traduire selon ses idées et ses sentiments particuliers. Les Bibles luthériennes, calvinistes, sociniennes, anglicanes, ne sont pas exactement les mêmes, et les liturgies de ces différentes sectes ne se ressemblent pas davantage. Voy. Version. — h" La nécessité d'apprendre la langue de l'Eglise a conservé dans tout l'Occident la connaissance du latin, nous a donné la facilité de consulter et de perpétuer les monuments do notre foi. Sans cela, l'irruption des Barbares aurait étouffé dans nos climats toutes les connaissances humaines. Si parmi nous il suffisait d'entendre le français pour être en état de célébrer l'office divin, toute la science des m:nMres de l'Eglise se réduirait bientôt à savoir lire. Il ne sied point aux protestants, qui se sont tlattés d'être plus savants que les catholiques, de blâmer une méthode qui met les ecclésiastiques dms la nécessité de fiire des études, et qui tend à prévenir le règne de l'ignorance. Sans la rivalité qui règne entre les catholiques et les prolestants, ces derniers avec leur zèle pour les langues vulgaires, seraient déjà plongés dans la même ignorance que les cophtes d'Egypte, les jacobites de Syrie et les nestoriens des frontières de la Perse.

Il n'est pas vrai que, par l'usage d'une langue morte, les fidèles se trouvent privés de la connaissance de ce qui est contenu dans la liturgie ; loin de leur interdire cette connaissance , l'Eglise recommande à ses ministres d'expliquer au peuple les diff 'renies parties du saint sacrifice et le sens des prières publiques : elle l'a ainsi ordonné dans le décret même du concile de Trente, contre lequel les protestanls ont tant déclamé. « Quoique la messe, dit ce concile, contienne un grand sujet d'instruction pour le commun des fidèles, les Pères n'ont cependant pas jugé expédient qu'elle fût célébrée en langue vulgaire. C'est pourquoi, sans s'écarter de l'usage ancien de chaque Eglise, approuvé par celle de Borne, qui est la mère et la maîtresse de toutes les Eglises, et pour que le pain de la parole de Dieu ne manque point aux ouailles de Jésus-Christ, le saint concile ordonne à tous les pasteurs et à tous ceux qui ont charge d'Ames, d'expliquer souvent, ou par eux-mêmes ou par d'autres, une partie de la messe pendant qu'on la célèbre, et de développer les mystères de ce saint sacrifice surtout les jours de dimanche et de fête. » Scss. 22, c. b. D'autres conciles particuliers ont ordonné

la même chose, et il n'est aucun pasteur qui ne se croie obligé de satisfaire à ce devoir. — D'ailleurs, l'Eglise n'a pas absolument défendu les traductions des prières de la liturgie, par lesquelles le peuple peut voir dms sa langue ce que les prêtres disent à l'autel ; elle n'a désapprouvé ces traductions que quand on a voulu s'en servir pour introduire des erreurs. Sur ce sujet, les moyens d'instruction sont multipliés à l'infini ; quoi qu'en disent les protestants, il n'est pas vrai qu'en général le peuple sache mieux sa religion chez eux que chez nous; leur symbole est plus court que le nôtre et plus aisé à retenir, et leur rituel n'est pas fort long. Ils sont plus disputeurs et moins dociles que nous; leurs femmes se croient théologiennes, parce qu'elles lisent la Bible; ce n'est pas là un grand bien ; la plupart ne savent pas seulement ce que nous croyons et ce que nous enseignons, puisqu'ils ne cessent de travestir et de calomnier notre croyance.

Enfin, il n'est pas vrai que quand le peuple unit sa voix à celle des ministres de l'Eglise dans une langue qui ne lui est pas familière, il ignore absolument ce qu'il dit; il sait, du moins en gros, le sens des prières qu'il fait, et c'en est assez pour nourrir sa foi et sa piété. En général, il y a p'us de vraie piété parmi le peuple catholique que parmi les protestants.

Leurs controversistes ont fait grand brut du passage dans lequel saint Paui dit : Si je prie dans une langue que je n'entends pas, mon cœur, à la vérité', prie; mais mon esprit et mon intelligence sont sans fruit... J'aime mieux ne dire dans l'église que cinq paroles dont j'aie V intelligence, pour en instruire aussi les autres, que d'en dire dix mille dans une langue inconnue. (I Cor. c. xiv, v. 14 et liJ.) Mais la langue dont l'Eglise se sert dans ses prières , n'est pas absolument inconnue , môme au peuple, puisque, par les leçons des pasteurs et par les traductions de la liturgie, le simple fidèle est suffisamment instruit de ce qu'il dit. Il n'en était pas de même lorsqu'un chrétien, doué surnaturellement du don des langues, parlait dans l'église, sans pouvoir être enten lu de personne: c'est l'abus que saint Paul voulait réformer. Nous ne voyons pas que lui-même ait donné aux Arabes qu'il convertit, une liturgie dans leur langue. Voy. la Dissertation sur les liturgies orientales, par l'abbé Bonauiot, p. k'i, Le Brun, Explication de la messe, tom. VII, lie dissertation ; Traité sur l'usage de célébrer le service divin dans une langue non vulgaire, par le P. d'Antecourt, etc.

LAOSYNACTE, officier de l'Eglise grecque, dont la charge était de convoquer le peuple pourles assemblées, comme faisaient aussi les diacres dans les occasions nécessaires. Ce mot vient dei«o>-, peuple, et «rjvàyw, j'assemble.

La multitude d'officiers attachés au service de l'Eglise chez les Grecs démontre le soin que Ton avait surtout dans les premiers siècles à maintenir l'ordre, la décence, la mo-

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