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deslie, la sûreté dans les assemblées chrétiennes. On veillait exactement à en qu'il ne s'y glissât aucun païen, aucun étranger inconnu ou suspect, aucun pécheur retranché de la communion. La certitude d'y être surveillé inspirait la retenue aux jeunes gens et à ceux qui n'avaient pas beaucoup de piété : personne n'y jouissait du privilège de braver impunément la sainteté des temples et la majesté du service divin. Les princes, les grands, les empereurs même, se conformaient à la discipline établie par les pasteurs, donnaient les premiers l'exemple du respect dû au lieu saint et aux mystères que l'on y célébrait ; personne n'y exerçait la police que les ministres de l'Eglise. On aurait été bien étonné , si l'on y avait vu entrer des militaires armés et dans l'équipage de soldats qui sont en présence de l'ennemi: celte indécence ne s'est introduite en Occident que depuis l'irruption des barbares. Yoy. Diacre.
LAPIDATION , est l'action de tuer qui 1qu'un à coups de pierres : mot formé du latin, lapis, pierre.
Sans enîrer dans le détail des différents crimes pour lesquels la loi de Moïse ordonnait de lapider les coupables , il paraît, par plusieurs passages de l'Ecriture sainte, que souvent les Juifs se croyaient en droit d'employer ce supplice sans aucune forme de procès, et c'est ce qu'ils appelaient le jugement de zèle : ils en agissaient ainsi à l'égard des blasphémateurs, des adultères et des idolâtres; mais on ne voit pas qu'i's y aient été formell ment autorisés par la loi. Le chapitre xiii du Deutéronome, dont quelques incrédules veulent se prévaloir, n'établissait point cette police ; et le prétendu jugement de zèle fut souvent, de la part des Juifs, l'effet d'une aveugle passion et d'un fanatisme insensé , puisqu'ils avaient ainsi mis à mort plusieurs prophètes. Jésus-Christ et saint Paul le leur reprochent ( Matth. c. xxiii, v. 37 ; Hebr. c. xi, v. 37).
Lorsqu'un coupable avait été condamné par le conseil des Juifs à être lapidé, on le traînait hors de la ville pour lui faii e subir son supplice : ainsi fut traité saint Etienne, par sentence de ce conseil présidé par le grand prêtre (Act. c. vu, v. 57) ; mais lorsque les Juifs agissaient par la fureur d'un faux zèle , ils lapidaient partout où ils se trouvaient, môme dans le temple : tel est l'excès auquel ils s'étaient portés contre le prêtre Zacharie (Matth. c. xxv, v. 35). De môme, lorsqu'ils amenèrent à Jésus-Christ une femme surprise en adultère, il dit a; x accusateurs , dans le temple môme : Que celui d'entre vous qui est innocent lui jette la première pierre (Joayi. c. vin, v. 7). Une autre fois, les Juifs ayant prétendu qu'il blasphémait, ramassèrent des pierres dans ce môme lieu pour le lapider. Ils en usèrent de môme, lorsqu'il leur dit : Mon Père et moi ne sommes qu'un. Il ne s'ensuit pas de là que la loi de Moïse ait inspiré le fanatisme, la fureur, la cruauté aux Juifs.
LAPSES. C'étaient , dans les premiers
temps du christianisme, ceux qui, après l'avoir embrassé, retournaient au paganisme.
On distinguait cinq espèces de ces apostats, que l'on nommait libellatici, mit tentes, thurificati, sacrificati, blasphemati Par libellatici, l'on entendait ceux qui avaient obtenu du magistrat un billet qui attestait qu'ils avaient sacrifié aux ido'es, quoique cela ne fût pas Vrai. Mittentes étaient ceux qui avaient député quelqu'un pour sacrifier à leur place ; thurificati, ceux qui avaient offert de l'encens aux idoles ; sacrificati, ceux (fui avaient pris paît aux sacrifices des idolâtres ; blasphemati, ceux qui avaient renié formellement Jésus-Christ, ou juré par les faux dieux ; on nommait stantes ceux qui avaient persévéré dans la foi. Le nom de lapsi fut encore donné dans la suite à ceux qui livraient les livres saints aux païens pour les brûler. Ceux qui étaient coujables de l'un ou de l'autre de ces crimes ne pouvaient être élevés à la cléricature ; et ceux qui y étaient tombés , étant déjà dans le clergé, étaient punis par la dégradation : on les admettait à la pénitence : mais après l'avoir faite, ils étaient réduits à la communion laïque. Bingham, Oriq. ecclés., 1. iv, c. 3, § 7 ; et 1. vi, c. 2, § i.
Il y eut deux schismes au sujet de la manière dont les lapses devaient être traités: à Rome, Novaticn soutint qu'il ne fallait leur donner aucune espérance de réconciliation; à Carîhage Félicissime voulait qu'on les reçût sans pénitence et sans épreuve : l'Eglise carda un sage milieu entre ces deu.x excès.
Saint Cypricn, dans son Traité de Lapsis, met une grande diiïerenee entre ceux qui s'étaient offerts d'eux-mêmes à sacrifier dès que la persécution avait été déclarée, et ceux qui avaient été forcés , ou qui avaient succombé à la violence des tourments ; entre ceux qui avaient engagé leurs femmes , leurs enfants, leurs domestiques, à sacrifier avec eux , et ceux q w n'avaient cédé qu'afin de mettre leurs proches , leurs botes ou leurs amis à couvert de danger. Les premiers étaient beaucoup plus coupables que les seconds, et méritaient moins de grâce; aussi les conciles avaient prescrit pour eux une pénilence plus longue et plus rigoureuse : mais saint Cyprien s'élève avec une fermeté vraiment épiseopale contre la témérité de ceux qui demandaient d'être réconciliés à l'Eglise et admis à la communion sans avoir fait une pénitence proportionnée à leur faute, qui employaient l'intercession des martyrs et des confesseurs pour s'en exernp er. Le saint évoque déclare cpie , quelque respect que l'Eglise doive avoir pour cette intercession, l'absolution extorquée par ce moyen ne peut réconcilier les coupables avec Dieu. Yoy. Indulgence.
LATIN. L'Eglise latine est la même chose que l'Eglise romaine ou l'Eglise d'Occident, par opposition à l'Eglise grecque ou à l'Eglise d'Orient.
Depuis le schisme des Grecs, commencé dans le îx' siècle et consommé dans
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le xi*, les catholiques romains répandus dans tout l'Occident , ont été nommés Latins , parce qu'ils ont retenu dans l'office divin l'usage de la langue latine, de même que ceux d'Orient ont conservé l'usage de l'ancien grec.
M. Bsssuet, dans sa Défense de la tradition et des saints Pères, observe très-bien que, depuis ce schisme fatal , l'Eglise latine a été l'Eglise catholique ou universelle; qu'ainsi, en fait de doctrine , ce serait un abus de vouloir opposer le sentiment de l'Eglise grecque à celui de l'Eglise latine. 11 ne s'ensuit pas néanmoins qu'il soit inutile de savoir ce que l'on a pensé dans l'Eglise grecque dans les huit premiers s ècies, puisqu'alors elle faisait partie de l'Eglise universelle. Il faut nécessairement joindre les Pères grecs aux Pères latins , pour former la chaîne de la tradition, et la faire remonter jusqu'aux apôtres. C'a donc été un malheur que, depuis l'inondation des Barbares en Occident, l'on n'ait plus été en étal de cultiver la langue grecque, et de bre les Pères qui avaient écrit dans cette langue ; ce n'est que depuis la renaissance des lettres parmi nous, que l'on a recommencé à étudier la doctrine chrétienne dans les ouvrages de ces écrivains vénérables.
Comme, au vu* siècle, les mahométans ont fait dans l'Orient les mêmes ravages que les Barbares du Nord avaient faits en Occident pendant le ve et les suivants, les lettres ont été encore moins cultivées , depuis ce temps-là, chez les Grecs que chez les latins ; et il y a eu moins de personnages célèbres parmi les premiers que parmi les seconds. Depuis plus de deux cents ans, l'étude de l'antiquité s'est renouvelée parmi nous, elle ne s'est point réveillée chez les Grecs : il n'y a parmi eux ni écoles célèbres, ni riches bibliothèques; ceux d'entre eux qui veulent faire de bonnes études, sont obligés de venir en Italie. On a travaillé à la réunion des Grecs et des Latins dans les conciles de Lyon et de Florence, mais avec peu de succès. Pendant les croisades , les Latins s'emparèrent de Constantinople, et y dominèrent plus de soixante ans, sous des empereurs de leur communion ; ces expéditions militaires ont encore augmenté l'aversion et l'antipathie entre les deux peuples. Aussi les Grec? détestent plus les Latins qu'ils ne haïssent les mahométans, sous la tyrannie desquels ils sont opprimés, et les missionnaires qui vont en Orient trouvent très-peu de fruit à faire chez les Grecs. Voy. Grecs. LATITUDINAIBES, nom tiré du latin latitudo, largeur. Les théologiens désignent sous ce nom certains tolérants, qui soutiennent l'indifférence des sentiments en matière de religion, et qui accordent le salut éternel aux sectes même les plus ennemies du christianisme : c'est ainsi qu'ils se flattent d'avoir élargi la voie qui conduit ai ciel. Le ministre Jurieu était de ce nombre, ou du moins il autorisait cette doclrine par sa manière de raisonner ; Bayle le bu a prouvé dans un ouvrage intitulé : Janua
cœlorum omnibus reserata, la Porte du ciel ouverte à tous. Ce livre est divisé en trois traités. Dans le premier. Bayle fait voir que, suivant les principes de Jurieu, l'on peut très-bien faire son salut dans la religion catholique, malgré tous les reproches d'erreurs fondamentales et d'idolâtrie que ce ministre fait à l'Eglise romaine. D'où il s'ensuit que les prétendus réformés ont eu trèsgrand tort de rompre avec cette Eglise, sous prétexte que l'on ne pouvait pas y faire son salut. Dans le second, Bayle prouve que, selon les mêmes principes, l'on peut aussi être sauvé dans toutes les communions chrétiennes, quelles que soient les erreurs qu'elles professent, par conséquent parmi les ariens, les nestoriens, les eutychiens ou jacobites, et les sociniens. C'est donc mal à propos que les protestants onlrefusé la tolérance à ces derniers. Dans le troisième, qu'en raisonnant toujours de même , on ne peut exclure du salut ni les juifs, ni les mahométans , ni les païens. OÈuvres de Bayle, tom. IL
M. Bossuet, dans son sixième Avertissement aux protestants, 3e partie, a traité cette même question plus profondément, et il a remonté plus haut. Il a démontré, 1" que le sentiment des latitudinaires , ou l'indifférence en fait de dogmes , est une conséquence inévitable du principe duqud est partie la prétendue réforme; savoir, que 1 Eglise n'est point infaillible dans ses décisions, que personne n'est obligé de s'y soumettre sans examen, que la seule règle de foi est l'Ecriture sainte. C'est aussi le principe sur lequel les sociniens se sont fondés, pour engager les protestants à les tolérer; ils ont posé pour maxime qu'il ne faut point regarder un homme comme un hérétique ou mécréant, dès qu'il fait profession de s'en tenir à l'Ecriture sainte. Jurieu lui-même est convenu que tel était le sentiment du très-grand nombre des calvinistes de France, qu'ils l'ont porté en Angleterre et en Hollande lorsqu'ils s'y sont réfugiés ; que dès ce moment cette opinion y fait chaque jour de nouveaux progrès. D'où il résulte évidemment que la prétendue réforme, par sa propre constiîution, entraine dans l'indifférence des religions ; la plupart des protestants n'ont point d'autre motif de persévérer dans la leur. Jurieu est encore convenu que la tolérance civile, c'est-à-dire l'impunité accordée à toutes les sectes parle magistrat, est liée nécessairement avec la tolérance ecclésiastique ou avec l'indifférence, et que ceux qui demandent la première n'ont d'autre dessein que d'obtenir la seconde. — 2° Il fait voir que les latitudinaires, ou indifférents, se fondent sur trois règles, dont aucune ne peut être contestée parles protestants ; savoir: 1° qu'il ne faut reconnaître nulle autorité que celle de l'Ecriture ; 2° que l'écriture, pour nous imposer l'obligation de la foi, doit être claire : en effet, ce qui est obscur ne décide rien et ne fait que donner lieu à la dispute; 3° qu'où l'Ecriture paraît enseigner des choses
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inintelligibles, et auxquelles la raisou ne peut
atteindre, comme les mystères de la Trinité, de l'Incarnation, etc., il faut la tourner au sens qui paraît (e plus conforme à la raison, quoiqu'il semble faire violence au texte. De la première de ces règles, il s'ensuit que les décisions des synodes et les confessions de foi des protestants ne méritent pas plus de déférence qu'ils n'en ont eu eux-mêmes pour les décisions des conciles de l'Eglise romaine ; que quand ils ont forcé leurs théologiens de souscrire au synode de Dordrecht, sous peine d'être privés de leurs chaires, etc., ils ont exercé une odieuse tyrannie. La seconde règle est universellement avouée parmi eux ; c'est pour cela qu'ils ont répété sans cesse que, sur tous les articles nécessaires au salut l'Ecriture est claire, expresse, à portée des plus ignorants. Or, peut-on supposer qu'elle le soit sur tous les articles contestés entre les sociniens, les arminiens, les luthériens et les calvinistes? Non, sans doute; tous sont donc très-hien fondés à persister dans leurs opinions. La troisième règle ne peut pas être contestée non plus par aucun d'eux, c'est sur cette base qu'ils se sont fondés pour expliquer dans un sens figuré ces paroles de Jésus-Christ : Ceci est mon corps ; si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang, etc., parce que, selon leur avis, le sens littéral fait violence à la raison. Un socinien n'a donc pas moins de droit de prendre dans un sens figuré ces autres paroles, le Verbe était Dieu, le Verbe s'est fait chair, dès que le sens littéral lui paraît blesser la raison. Il n'est pas un des prétextes dont les calvinistes se sont servis pour éluder le sens littéral dans le premier cas, qui ne serve aussi aux sociniens pour l'esquiver dans le second. Vainement les protestants ont eu recours à la distinction des articles fondamentaux et non fondamentaux : de leur propre aveu, cette distinction ne se trouve pas dans l'Ecriture sainte. Peut-on d'ailleurs regarder comme fondamental, selon leurs principes, un article sur lequel on ne peut citer que des passages qui sont sujets à contestation, et susceptibles de plusieurs sens? Au jugement d'un socinien, les dogmes de la Trinité et de l'Incarnation ne sont pas plus fondamentaux que celui de la présence réelle aux yeux d'un calviniste. Voy. Fondamental. — 3° M. Bossuet montre que, pour réprimer les latitudinaires, les protestants ne peuvent employer aucune autorité que celle des magistrats. Mais ils se sont ôté d'avance celte ressource, en déclamant non-seulement contre les souverains catholiques qui n'ont pas voulu tolérer le protestantisme dans leurs Etats, mais encore contre les Pères de l'Eglise qui ont imploré, pour maintenir la foi, le secours du bras séculier, surtout contre saint Augustin, r>arce qu'il a trouvé bon que les donatistes fussent ainsi réprimés. A la vérité, Jurieu et d'autres ont été forcés d'avouer que leur prétendue réforme n'a été établie nulle part par un aulre moyen : à Genève, elle s'est
faite par le sénat; en Suisse, par le conseil souverain de chaque canton ; en Allemagne, par les princes de l'empire ; dans les Provinces-Unies, par les états; en Danemark, en Suède, en Angleterre, par les rois et les parlements : l'autorité civile ne s'est pas bornée à donner pleine liberté aux protestants; mais elle est allée jusqu'à ôter les églises aux papistes, à défendre l'exercice public de leur culte, à punir de mort ceux qui y persistaient. En France même , si les rois de Navarre et les princes du sang ne s'en étaient pas môles, on convient que le protestantisme aurait succombé. Ainsi ses sectateurs ont prêché successivement la tolérance et l'intolérance, selon l'intérêt du moment; les patients et les persécuteurs ont eu raison tour à tour, lorsqu'ils se sont trouvés les plus forts. — k° Il observe qu'en Angleterre la secte des brownistes, ou indépendants, est née de la même source.
Ces sectaires rejettent toutes les formules, les catéchismes, les symboles, même cel i des apôtres, comme des pièces sans autorité; ils s'en tiennent, disent-ils, à la seule parole de Dieu. D'autres enthousiastes ont été d'avis de supprimer tous les livres de religion , et de ne réserver que l'Ecriture sainte. — 5° Il prouve, comme a fait Baylc, que, selon les principes de Jurieu, qui sont ceux de la réforme, on ne peut exclure du salut ni les Juifs, ni les païens, ni les sectateurs d'aucune religion quelconque. L'Eglise catholique, plus sage et mieux d'accord avec elle-même, pose pour maxime que ce n'est point à nous, mais à Dieu, de décider qui sont ceux qui parviendront au salut, et qui sont ceux qui en seront exclus. Dès qu'il nous a commandé la foi à sa parole comme un moyen nécessaire et indispensable au salut, il ne nous appartient pas de dispenser personne de l'obligation de croire; et il est absurde d'imaginer que Dieu nous a donné la révélation, en nous laissant la liberté de l'entendre comme il nous plaira; ce serait comme s'il n'avait rien révélé du tout. Aussi a-t-il confié à son Eglise le dépôt de la révélation; et si, en la chargeant du soin d'enseigner toutes les nations^ il n'avait pas imposé à celle-ci l'obligation de se soumettre à cet enseignement, Jésus- Christ aurait été le plus imprudent de tous les législateurs. Depuis dix-huit siècles, cette Eglise n'a changé ni de principes ni de conduite ; elle a frappé d'anathème et a rejeté de son sein tous les sectaires qui ont voulu s'arroger l'indépendance. Les absurdités, les contradictions, les impiétés dans lesquelles ils sont tomués tous, dès qu'ils ont rompu avec l'Eglise, achèvent de démontrer la nécessité de lui être soumis. En prêchant l'indépendance, les latitudinaires, loin de faciliter le chemin du ciel, n'ont fait qu'élargir la voie de l'enfer. Voy. Indifférence.
LATKAN, était dans l'histoire romaine le nom d'un homme, de Plautius Latéranus, consul désigné, qui fut mis à mort par Néron ; il fut donné ensuite à un ancien palais