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de Rome et aux bAliments que l'on a faits à sa place ; enfin à l'église de Saint-Jean-de- Lalran, qui passe pour être la plus ancienne de Rome, et qui est le siège de la papauté ; mais il est probable que son nom lui vient plutôt de later, brique, que du consul Latéranus.
On appelle conciles de Latran crux qui ont été lenus à Rome dans la basilique de ce nom, et h% y en a eu onze, dont quatre générauxou œcuméniques; nous ne parlerons que de ces derniers. — L'un est celui de l'an 1123, sous le pape Calixte 11, clans lequel on fit plusieurs canons touchant la discipline , surtout contre la simonie, contre le pillage des biens de l'Eglise, contre l'ambition des moines qui usurpaient la juridiction et les fonctions ecclésiastiques. C'est le neuvième concile général. On y voit que les mœurs de l'Europe étaient alors très-corrompues, que la licence des séculiers, portée à son comble, s'était communiquée au clergé. — Le dixième fut tenu en 1139, sous le pape Innocent II, immédiatement après le schisme formé par Pierre de Léon, ou l'antipape Anaclet. Comme Innocent II n'avait pas encore été reconnu par les rois de Sicile et d'Ecosse, un des premiers objets du concile fut d'éteindre enfin tout reste de schisme, et de réformer les abus qui s'étaient introduits à cette occasion. 11 condamna ensuite les erreurs de Pierre de Bruis et d'Arnaud de Bresse, l'un des disciples d'Abailard. Voy. Aunalmstes et Pétrohrusiens. On fut obligé de renouveler la plupart des canons de discipline qui avaient été faits dans le concile précédent, et qui avaient produit très-peu d'effet. — Le onzième, l'an 1179, fut présidé par Alexandre III, et il fut encore destiné à éteindre un nouveau schisme formé par un antipape Calixte, soutenu par l'empereur Frédéric. Ce concile prit des mesures et fit des règlements pour prévenir, dans la suite, les schismes à l'occasion de l'élection des papes. Il condamna les vaudois , les cathares, appelés aussi patarins ou poplicains, et les albigeois. Il renouvela les canons des conciles précédents touchant la discipline, et fit de nouveaux efforts pour réprimer le brigandage des seigneurs, le luxe des prélats , le dérèglement des ordres , soit militaires soit religieux . Mais que pouvaient produire les lois ecclésiastiques au milieu des désordres et de l'anarchie qui régnaient dans l'Europe entière ? — Le douzième fut convoqué l'an 1215 par Innocent 111. Ce pape y fit recevoir soixante-dix canons de discipline, à la tête desquels est une exposition de la foi catholique contre les albigeois et les vaudois. La présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie y est établie ; c'était la confirmation des conciles précédents, qui avaient con-r damné l'hérésie de Bérenger. On y trouve, pour la première fois, le terme de transsubstantiation , pour exprimer le changement du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ. Le concile condamna ensuite le traité que l'abbé Joachim avait fait
contre Pierre Lombard sur la Trinité, et dans lequel il avait enseigné des erreurs. On y trouve enfin la condamnation de la doctrine d'Amauri. — Le onzième canon renouvelle l'ordonnance qui avait été portée dans le concile précédent, d'établir des maîtres de grammaire dans les églises cathédrales et collégiales ; il veut que l'on établisse aussi des théologaux dans les églises métropolitaines : règlement sage, mais triste monument de l'ignorance dans laquelle l'on était plongé, et que les pasteurs s'efforçaient en vain de dissiper. — Le vingt-unième est le célèbre canon Omnis utriusque sexus, qui ordonne à tous les fidèles de se confesser au moins une fois l'an, a leur propre prêtre, et de recevoir la sainte eucharistie au moins à Pâques. Il fut fait à l'occasion des albigeois et des vaudois, qui méprisaient la confession et la pénitence administrée par les prêtres, et prétendaient recevoir l'absolution de leurs péchés par la seule imposition des mains de leurs chefs. La plupart des lois portées dans ce concile ont été renouvelées par celui de Trente, et sont aujourd'hui assez généralement observées.
Voy. YHistoire de l'Eglise gallicane, tome X, 1. 30, an. 1215.
Latran (chanoines de) ou de Saint-Saveur. C'est une congrégation de chanoines réguliers, dont le chef-lieu est l'église de Saint-J ean-de- Lr/£m/i. Quelques auteurs ont prétendu qu'il y avait eu à Rome, depuis les apôtres, une succession continuelle* de clercs vivant en commun, et attachés à cette église; mais ce ne fut que sous Léon III, vers le milieu du vme siècle, qu'il se forma des congrégations de chanoines réguliers vivant en commun. On ne peut donc pas prouver que les clercs de Saint-Jean-de- Latran aient possédé cette église pendant huit cents ans, et jusqu'à Boniface VIII qui la leur ôta, pour mettre à leur place dos chanoines réguliers. Eugène IV, cent cinquante ans après, y rétablit les anciens possesseurs. Aujourd'hui une partie de ces chanoines sont des cardinaux.
LATBIE, mot grec dérivé de ).«r/>t5-, serviteur. Dans l'origine, \ocTpil« désignait le respect, les services et tous les devoirs qu'un esclave rend à son maître : de là l'on s'est servi de ce terme pour signifier le culte que nous rendons à Dieu. Comme nous honorons aussi les saints par respect pour Dieu luimême, l'on a nommé dulie le culte rendu aux saints, afin de témoigner que ce culte n'est point égala celui que l'on rend à Dieu, qu'il lui est inférieur et subordonné. Cette distinction n'a pas satisfait les protestants ; ils disent que chez les Grecs lûrptç et ck-vAo? signifient également un serviteur ; qu'ainsi dulie et latrie expriment l'un et l'autre le service ; d'où ils concluent que nous servons indifféremment Dieu, les saints, les reliques, les images, puisque nous rendons un culte à ces divers objets : qu'entre idolâtrie, service des idoles, et iconolâtrie, service des images, il n'y a évidemment aucune différence. Mais argumenter sur un mot équivoque a'est pas