‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 26 sur 228 · LAV · texte numérisé non relu

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le moyen d'éclaircir une question. Un militaire sert le roi, un magistrat sert le public; : nous rendons service à nos amis; nous disons même a un inférieur, je suis votre serviteur. Si un disputeur soutenait que, dans tous ces exemples, le mot servir a le même sens, il se rendrait très-ridicule.

Servir Dieu, ce n'est pas seulement lui rendre des honneurs et du respect, mais c'est lui témoigner l'amour, la reconnais sauce, la confiance, la soumission et l'obéissance que nous lui devons comme au souverain maître de toutes choses ; peut-on dire, dans le même sens, que nous serrons les saints et les images, parce que nous les honorons, et que nous leur donnons des signes de respect? Nous honorons les saints, parce qu'ils sont eux-mêmes les serviteurs de Dieu ; en cela nous n'obéissons pas aux saints, mais à Dieu. Il est dit qu'ils régneront avec Dieu (Apoc, c. xxn, v. 5) ; leur récompense est appelée un royaume {Matth., c. xxv, v. 3i) : en quel sens, s'il n est pas permis de leur adresser des respects ni des prières ? Nous honorons les images, parce qu'elles nous représentent des objets respectables, et c'est à ces objets mêmes que s'adressent nos respects ; mais ce respect n'est ni égal, ni insjiiré par le même motif que celui que nous rendons à Dieu.

Quelques ordres religieux, plusieurs dévots à la sainte Vierge, se sont nommés serviteur de Marie ; cela ne signifie point qu'ils voulaient obéir à la sainte Vierge comme à Dieu : nous appelons les prières pour les morts un service pour eux, et il ne s'ensuit rien.

Posons donc pour principe que les mots latrie, dulie, culte, service, etc., changent do signification, selon les divers objets auxquels ils sont appliqués ; que de même le culte change de nature, selon la diversité des objets auxquels il est adressé, et des motifs par lesquels il est inspiré ; que c'est l'intention seule qui décide si un culte est religieux ou superstitieux, légitime ou criminel.

V idolâtrie, c'est-à-dire le culte ou le respect rendu au simulacre d'un dieu du paganisme , était un crime, non-seulement parce que Dieu l'avait défendu par une loi positive, mais parce qu'il était absurde et impie en lui-même. 11 était adressé à un être imaginaire et fantastique, à un prétendu génie ou démon, que l'on supposait f résent et logé dans une statue, en vertu de sa consécration ; à un personnage auquel on attribuait tout à la fois les vices de l'humanité et un pouvoir absolu sur tous les hommes, auquel on voulait témoigner par là un respect, une soumission, une confiance qui ne sont dus qu'au Créateur et au souverain Maître de l'univers. Viconolâtrie, ou le culte rendu à un image de Jésus- Christ ou d'un saint, porte-t-elle aucun de ces caractères ? Y a-t-il aucune ressemblance entre ces deux cultes ?

Daillé, qui a tant écrit contre le culte prétendu superstitieux de l'Eglise romaine, est forcé de convenir que, dès le ive siècle, les

Pères de l'Eglise ont mis une différence entre latrie et dulie ; que par le premier de ces termes ils ont désigné le culte rendu à Dieu, et par le second le culte adressé aux saints ; puisque l'Eglise a trouvé bon d'adopter cette distinction, il est de notre devoir de nous y conformer : c'est à elle de fixer le langage de la religion et de la théologie, comme c'est à la société civile de déterminer le sens du langage ordinaire. Mais il ne faut pas croire que le culte des saints, des images et des reliques, n'ait commencé qu'au ive siècle, comme Daillé et les autres protestants le prétendent : nous prouverons en son lieu qu'il date du temps des apôtres. Yoy. Culte, Dulie, Saints, etc.

LAUDES. Yoy. Heures canoniales.

LAUUE , demeure des anciens moines. Ce mot vient du grec loup*, place, rue, village, hameau. Les auteurs ne conviennent point de la différence qu'il y avait entre taure et monastère. Quelques-uns prétendent que laurc signifiait un vaste édifice, qui pouvait contenir jusqu'à mille moines et plus ; mais il paraît par l'histoire ecclésiastique, que les anciens monastères de la Thébaïde n'ont jamais été de cette étendue. L'opinion la plus probable est que les monastères étaient, comme ceux d'aujourd'hui, do grands bâtiments divisés en salles, chapelles, cloître, dortoirs et cellules pour chaque moine; au lieu que les laures étaient des espèces de villages ou hameaux dont chaque maison était occupée par un ou deux moines au plus. Ainsi les couvents des chartreux d'aujourd'hui paraissent représenter les laures, au lieu que les maisons des autres moines répondent aux monastères proprement dits.

Les différents quartiers d'Alexandrie furent d'abord appelés laures ; mais après l'institution de la vie monastique, ce terme fut borné à signifier les espèces de hameaux habités par des moines. Ceux-ci ne se rassemblaient qu'une fois la semaine pour assister au service divin, et s'édifier mutuellement. Ce que l'on avait d'abord appelé laure dans les villes fut nommé paroisse.

LAVABO, ou LAVEMENT DES DOIGTS, cérémonie qui se fait par le prêtre à la messe ; il lave ses doigts du côté de l'épître, en récitant plusieurs versets du psaume xxv, qui commence par ces mots : Lavabo inter innocentes manus mcas. Au ive siècle, saint Cyrille de Jérusalem, Catech. Mystag., 5, et l'auteur des Constitutions apostoliques, 1. n, c. 8, n. 11, observent que cette action de se laver les mains est un symbole de la pureté d'àme que les prêtres doivent apporter à la célébration du saint sacrifice.

On peut voir dans le P. Lebrun , Explicat. des cérémonies de la sainte messe, tome II, pag. 3k3, qu'il y a des variétés dans la manière de placer cette ac ion. Selon l'ord. e romain, elle se fait immédiatement avant l'oblation; dans les Eglises de France et d'Allemagne , elle se fait immédiatement après ; dans quelques-unes, l'usage est de

r.AV

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