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la faire avant et après. Voy. les Notes du Père Menant sur le Sacram. de saint Grénoire, p. 370 et 371.
LAVEMENT DES PIEDS , coutume que les anciens pratiquaient à l'égard de leurs hôtes, et qui est devenue dans le christianisme une cérémonie pieuse. — Les Orientaux lavaient les pieds aux étrangers qui arrivaient d'un voyage, parce que, pour l'ordinaire, on marchait les jambes nues et les pieds garnis seulement de sandales. Ainsi Abraham fit laver les pieds aux trois anges qu'il reçut chez lui {Gen., c. xvm, v. 4). On fit la même chose à Eliézer et à ceux qui l'accompagnaient, lorsqu'ils arrivèrent chez Laban, et aux frères de Joseph en Egypte (Gènes., cap. xxiv, v. 32, c. xmi, v. 24). Cet office s'exerçait ordinairement par des serviteurs et des esclaves. Abigaïl témoigne à David qu'elle s'estimerait heureuse de laver les pieds aux serviteurs du roi (/ Reg., c. xxv, v. 41). Jésus, invité à manger chez Simon le pharisien, lui reproche d'avoir manqué à ce devoir de politesse (Lite., c. vu, v. 44).
Jésus lui-môme, après la dernière cène qu'il lit avec ses apôtres, voulut leur donner une leçon d'humilité en leur lavant les pieds ; et cette action est devenue depuis un acte de piété. Ce que le Sauveur dit à saint Pierre d«ns cette occasion : Si je ne vous lave, vous n'aurez point de part avec moi, a fait croire à plusieurs anciens que le lavement des pieds avait des effets spirituels, et pouvait effacer les péchés. Saint Ambroise (t. de Myst. c. vi) témoigne que, de son temps, on lavait les pieds aux nouveaux baptisés, au sortir du bain sacré, et il semble croire que, comme le baptême efface les péchés actuels, le lavement des pieds, qui se fait ensuite, ôte le péché originel, ou du moins diminue la concupiscence. Ce sentiment lui est particulier.
Cet usage n'avait pas seulement Iipu dans l'église de Milan, mais encore dans d'autres églises d'Italie, des Gaules, de l'Espagne et de l'Afrique. Le concile d'Elvire le supprima on Espagne, à cause de la confiance superstitieuse que le peuple y mettait; il paraît que dans les autres églises il a été aboli, à mesure que la coutume de donner le baptême par immersion a cessé. Quelques anciens lui ont donné le nom de sacrement, et lui ont attribué le pouvoir d'etfacer les péchés véniels ; c'est le sentiment de saint Bernard, et saint Augustin a pensé de même. Il observe cependant, (Epist. 119 ad Januar), que plusieurs s'abstenaient de cette pratique, de peur qu'elle ne semblât faire partie du baptême. Un ancien auteur , dont les sermons sont dans l'appendix du Ve tome des ouvrages de ce Père, soutient que le lavement des pieds peut remettre les péchés mortels. Celte dernière opinion n'a nul fondement dans l'Ecriture sainte ni dans la tradition. Quant au nom de sacrement, duquel quelques-uns se sont servis, il parait qu'ils ont seulement entendu par là le signe u'une chose sainte, c'est-à-dire de l'humi-
lité chrétieun.' , mais auquel Jésus-CInïst n'a point attaché la grâce sanctifiante comme au* autres sacrements.
Il faut avouer cependant que la tradition et la croyance de l'Eglise sont ici la seule règle qui puisse nous faire distinguer cette cérémonie d'avec un sacrement ; nous ne voyons pas -pourquoi les protestants, qui s'en tiennent à l'Ecriture seule, refusent de mettre le lavement des pieds au nombre des sacrements. Rien n'y manque des conditions qu'ils exigent ; c'est un signe très-propre à représenter la grâce qui nous purifie de nos péchés; Jésus-Christ semble y avoir attaché cette grâce, en disant à saint Pierre, si je ne vous lave, vous n'aurez point de part avec moi; il ordonne à ses disciples de faire cette cérémonie à son exemple (Joan., cap. xm, v. 14). Que faut-il de plus?
Cette cérémonie se fait le Jeudi saint chez les Syriens et chez les Grecs, aussi bien que dans l'Eglise latine. A Home, le pape, a la tête du sacré collège, se rend dans une salle de son palais destinée à cette action ; il prend une étole violette, une chape rouge, une mitre simple; les cardinaux sont en chape violette. 11 met de l'encens dans l'encensoir, et donne la bénédiction au cardinaldiacre qui doit chanter l'évangile, Ante diem festum Paschœ, etc. (Joan., c. xm); c'est l'histoire de cette action même faite par Jésus-Christ. Après l'évangile, on lui présente le livre à baiser, et le cardinaldiacre lui donne l'encens. Alors un chœur de musiciens entonne l'antienne ou le répons Mandalum novum do vobis, etc. Le pape Ole sa chape, prend un tablier, lave les pieds à douze pauvres prêtres étrangers, qui sont assis sur une estrade, et vêtus d'un habit de camelot blanc, avec une espèce de capuchon fort ample. 11 leur fait distribuer à chacun par son trésorier, une médaille d'or et une d'argent, du poids d'une once. Le majordome leur donne à chacun une serviette, avec laquelle le doyen des cardinaux, ou le plus ancien, leur essuie tes pieds. Le pape retourne à sa chaire, lavo ses mains, reprend la chape et la mitre, dit l'oraison dominicale et d'autres prières. 11 ôte ensuite ses habits pontificaux, et rentre dans son appartement suivi du même cortège. Les douze pauvres sont conduits dans une autre salle du Vatican, où on leur sert à dîner; le pape vient leur présenter à chacun le premier plat, et leur verse le premier verre de vin, leur parle avec bonté, leur accorde des indulgences, et se retire. Pendant le reste du repas, le prédicateur ordinaire du pape fait un sermon. La cérémonie finit par le dîner que le saint-père donne aux cardinaux. Les empereurs de Constantinople faisaient la même cérémonie dans leur palais avant la messe. Voy. les Notes du père Ménard sur le Sacram. de saint Grégoire, p. 97. Au mot Cène, nous avons rapporté la manière dont le roi la fait en France. LAZARE. Un des miracles les plus éclatants que Jésus-Christ ait opérés est la résurrection de Lazare ; les incrédules ont
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fait tous leurs efforts pour le rendre douteux, mais la narration de l'évangélisle qui
le rapporte nous présente des caractères de vérité si frappants, qu'il n'est pas possible de les obscurcir : quiconque les examinera sans prévention sera convaincu que la fraude, l'imposture, l'erreur, le hasard, n'ont pu y avoir aucune part (Joan., c. xi et