‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 31 sur 228 · LEO · texte numérisé non relu

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d'abord a Paris en 1G75, ensuite à Lyon, in-fol., en 1700, enfin à Rome, en 3 vol. in- fol. Celle-ci est la plus complète. Comme ce saint pape a vécu précisément dans le temps auquel la dureté des expressions desquelles l'Eglise d'Afrique s'était servie en condamnant les pélagiens, faisait de la >eine à plusieurs personnes, il s'est appliqué Principalement à relever le prix, l'étendue, 'efficacité de la grâce de la rédemption ; aucun des Pères n'en a parlé avec plus de force et de dignité, et n'a mieux réussi à nous inspirer une tendre reconnaissance envers Jésus-Christ, Sauveur du genre humain.

Barbeyrac, Traité de la morale des Pères , c. 17, § 2, dit que saint Léon n'est [tas fertile en leçons de morale, qu'il l'a traitée assez sèchement et d'une manière qui divertit plutôt qu'elle ne touche. 11 lui reproche d'avoir approuvé la violence envers les hérétiques et même l'effusion de leur sang ; il cite pour preuve la lettre quinzième de ce Père à Turibius, évolue d'Espagne, au sujet des priscillianistes. 11 est cependant certain que la très-grande partie des sermons de saint Léon, et de ses lettres, roule sur des points de mora'e, et qu'il en donne des leçons très-judicieuses. Quant à la manière dont il les traite, nous disons aussi bien que les censeurs de ce Père : Qu'on lise ses ouvrages, et que l'on juge. Si quelqu'un n'est pas touché de l'éloquence de ce grand pape, que l'on a souvent nommé le Cicéron chrétien, il est d'un goût bien dépravé. Mais Barbeyrac avait très-peu lu les ouvrages des Pères qu'd ose censurer ; il copie Daillé, Scultet, Bayle, le Clerc, sans s'embarrasser si leur critique est juste ou absurde. A l'article Pères de l'Eglise, nous ferons voir l'ineptie des reproches que l'on fait en général à ces grands hommes.

Avant de savoir si saint Léon est blâmable d'avoir approuvé le supplice des priscillianistes, il faudrait commencer à examiner leur doctrine et les effets qu'elle pouvait produire. Ils soutenaient que l'homme n'est pas libre, mais dominé par l'influence des astres ; que le mariage et la conception de l'homme sont l'ouvrage du démon; ils pratiquaient la magie et des turp'tudes infâmes dans leurs assemblées ; ils prétendaient que le mensonge et le parjure leur étaient permis. C'était la même doctrine que celle des manichéens. Saint Léon en était instruit et convaincu par l'aveu des coupab'es ; on le voit par la lettre même à Turibius. Y eut-il jamais une hérésie plus propre à dépeupler les Etats, à justifier tous les crimes, à troubler l'ordre et la paix de la société ? Un souverain sage ne pouvait se dispenser de sév.r contre ses partisans, et un moraliste ne pouvait blâmer cette rigueur sans se couvrir de ridicule. Nous savons très-bien que saint Martin et d'autres saints personnages désapprouvèrent hautement les deux évêques Idace et Ithace, qui se rendaient accusateurs et persécuteurs des priscillianistes : ce personnage ne convenait pas à des évêques, c'était l'affaire des magistrats et des officiers

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de l'empereur. Il ne s'ensuit pas de là qu« ces derniers aient été injustes, lorsqu ils poursuivaient et punissaient ces hérétiques, ni que saint /.don ait dû blâmer cette rigueur : le bien public exigeait que cette secte abominablefûtexternnnée. C'est pour cela même que l'on poursuivit en France, au xu' siècle, les Albigeois, qui enseignaient à peu près la même doctrine. On peut tolérer des erreurs qui n'ont aucun rapport à l'ordre public ni à. la pureté des mœurs ; mais prêcher la tolérance générale et absolue pour toute doctrine quelconque, c'est une morale absurde et détestable. Voy. Priscillianistes.

Beausobre, dans son Hist. du Munich., 1. ix, c. 9, t. IF, p. 756, a forgé contre saint Léon une calomnie plus atroce ; il l'accuse d'avoir imputé faussement aux manichéens et aux priscillianistes des turpitudes dont ils n'étaient pas coupables; d'avoir suborné des témoins pour attester ces laits, afin de décrier ces hérétiques à ltome. Pour toute preuve, il dit que de tout temps les Pères ont usé sansscruple de fraudes pieuses pour le salut des hommes ; par exemple, délivres faux et supposés : que, si l'on on croit saint Grégoire , pape, L. 3, Epist. 30, saint Léon joua une comédie en faisant sortir du sang des linges qui avaient touché les corps des saints, afin de prouver que ces linges faisaient autant de miracles que les corps mêmes. Nous pourrions nous borner à répondre que ceux qui ne croient pas à la vertu des Pères sont incapables d'en avoir ; personne n'est aussi soupçonneux que les malhonnêtes gens. La première preuve de Beausobre est une nouvelle imposture. Nous prouverons ailleurs que quand les Pères ont cité des ouvrages supposés, ils les croyaient authentiques ; c'était, de leur part, une erreur et non une fraude. La seconde preuve est détruite par Beausobre lui-même : il juge que la lettre trentième de saint Grégoire, 1. 3, est un tissu de fables; donc, selon lui , la prétendue comédie attribuée à saint Léon est fabuleuse ; donc elle n'a pas été jouée par saint Léon. L'on nepeut pas prouver que c'est saint Grégoire qui l'a forgée; on ne peut l'accuser, tout au plus, que d'avoir été trop crédule. Voy. Saint Grégoire, pape.

LETTRES (belles). Plusieurs ennemis du christianisme ont osé soutenir que rétablissement de cette religion a nui à la culture et au progrès des lettres : la plus légère te nture de l'histoire suffit pour démontrer l'injustice et la fausseté de ce reproche. Nous soutenons, au contraire, que, sans le christianisme, l'Europe entière serait aujourd'hui plongée dans la même barbarie que l'Asie et l'Afrique. Avant d'exposer les faits qui le prouvent, il est bon de voir l'idée que les livres saints nous donnent de l'étude et des connaissances humaines. Les auteurs sacrés, aussi bien que les profanes, ont compris sous le nom de sagesse, toutes les connaissances utiles et agréables, a Heureux l'homme, ditSalomon,qui s'est procuré la sagesse et qui a multiplié ses connaissances ; il a fait une acquisition plus précieuse que toutes

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