‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 33 sur 228 · LEV · texte numérisé non relu

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ôtre juges inférieurs dar;s les villes, et pour décider les choses qui touchaient à la religion, mais qui n'étaient pas de grande co; séquence ; quatre mille pour être portiers, et avoir soin des ornements du temple ; et le reste pour faire l'office de chantres. Mais tous ne servaient pas ensemble; ils étaient distribués en différentes classes, qui se relayaient et servaient tour à tour.

Comme Moïse était de la tribu de Lévi, les incrédules l'ont accusé d'avoir eu pour elle um> prédilection marquée , de lui avoir attribué le sacerdoce et l'autorité, au préjudice des autres tribus. C'est un injuste soupçon; il est aisé de le dissiper. — 1° Si Moïse avait agi par intérêt ou par prédilection, il aurait assuré le souverain sacerdoce à ses propres enfants, et non à ceux de son frère Aaron. Il atteste que Dieu lui-même est l'auteur de ce choix; c'est ce qui fut confirmé par le miracle de la verge d'Aaron, qui fleurit dans le tabernacle, et par la punition miraculeuse de Coré et de ses partisans qui voulaient s'arroger le sacerdoce. Si tous ces faits n'étaient pas vrais, les onze tribus intéressées à la chose ne les auraient pas laissé subsister dans les livres de Moïse; sous Josué ou sous les juges, ils auraient demandé que cet arrangement fût changé. — 2" Moïse, dans son histoire, ne ménage en aucune manière sa tribu ni sa propre famille. 11 rapporte, non-seulement ses propres fautes, celles d'Aaron son frère, celle de Nadab et d'Abiu ses neveux, et leur punition, mais l'ancienne faute de Lévi son a eul et de Siméon ; il rapporte le reproche que Jacob leur père leur en fit au lit de la mort, la prédiction qu'il leur adressa, en disant qu'ils seraient dispersés dans Israël; et les lévites le furent en effet. (Gen., c. xlix, v. 7). Moïse pouvait très-bien se dispenser de rappeler ce fait désavantageux à sa tribu; et si les lévites avaient été de mauvaise foi, comme les incrédules affectent de le supposer , ils n'auraient pas laissé subsister dans les livres de Moïse, dont ils étaient dépositaires, cette circonstance fâcheuse. — 3* L'on se trompe quand on imagine que le sort des lévites était meilleur que celui des autres Israélites. Cette tribu fut toujours la moins nombreuse; on le voit par les dénombrements qui se firent dans le désert (Num., c. m, v. 13 et 39). La subsistance des lévites était précaire, puisqu'ils vivaient des dîmes et des oblations ; elle était donc très-mal assurée, lorsque le peup.e se livra l à l'idôlatrie. Us n'avaient aucune autorité civile dans la république; elle était dévolue aux anciens de chaque tribu; dans la liste des juges qui le gouvernèrent avant q fil y eût des rois, le seul Héli était de la tribu de Lévi.

Quand Moïse n'aurait pas été guidé par les ordres de Dieu, il aurait évidemment compris que la nature du sacerdoce lévitique exigeait des hommes qui en fussent uniquement occupés, et qui formassent un ordre particulier de citoyens : il en a éto ainsi chez tous les peuples policés. Ec Egypte, le sort des prêtres était plus avan-

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