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nomme Lollard-Walter, ou Gauthier-Lollard,
qui commença do dogmatise r en 1315. Il emprunta des albigeois la plus grande partie de ses erreurs; il enseigna que les démons avaient été chassés du ciel injustement, qu'ils y seraient un jour rétablis, au lieu que sa'nt Michel et les autres anges coupables de cette injustice seraient éternellement damnés, aussi bien que tous ceux qui n'embrasseraient pas la doctrine qu'il prêchait. Il se fit un grand nombre de disciples en Autriche, en Bohême et ailleurs. Ces sectaires rejetaient les cérémonies de l'Eglise, l'invocation ûqs saints, l'eucharistie et le sacrifice de la messe, l'extrême-onction et les satisfactions pour le péché, disant que celle de Jésus-Christ suffisait ; ils soutenaient que le baptême ne produit aucun effet ; que la pénitence est inutile; que le mariage n'est qu'une prostitution jurée. Lollard fut brûlé vif à Cologne, l'an 1322; on dit qu'il alla au bûcher sans frayeur et sans repentir.
En Ang'eterre, les sectateurs de Wiclef furent nommés lollards, parce que ces deux sectes se réunirent à cause de la conformité de leurs sentiments; les uns et les autres furent condamnés par Thomas Arundel, archevêque de Cantorbéry, dans le concile de Londres, en 1396, et dans celui d'Oxford, en 1408. On a observé, avec raison, que les wicléfites d'Angleterre disposèrent les esprits au scliisme de Henri VIII, et que les lollards de Bohême préparèrent les voies aux erreurs de Jean Hus.
C'est ainsi que la plupart des écrivains ont envisagé les lollards: mais Mosheim, Hist. eccl., xiy' siècle, n* part., c. 2, § 36, prétend qu'ils se sont trompés. Il dit que ce nom signifie gens qui chantent à voix basse; que dans l'origine il fut donné aux cellites de Flandre, confrérie d'hommes pieux, qui pen dant la peste noire, au commencement du xiv' siècle, se dévouèrent à soigner les malades et à enterrer les morts, et qui les porlaient à la sépulture en chantant des hymnes à voix basse et sur un ton lugubre. Voy. Cellites. 11 ajoute qu'il s'en trouva parmi eux qui, sous un extérieur modeste et dévot, avaient des mœurs Irès-corrompues ; désordiequi rendit bientôt odieux le nom de lollard. On le confondit avec celui de beggards, gens qui affectaient de prier beaucoup, et l'on désigna sous ces deux noms les hypocrites qui , sous un masque de piété , cachaient un libertinage réel. Ainsi, dit-il, le nom de lollard n'était point celui d'une secte particulière ; mais on le donna indistinctement à toutes les sectes et à toutes les personnes que l'on crut appliquées à cacher leur impiété envers Dieu et l'Eglise sous les dehors de la piété et de la religion. C'est pour cela qu'on le donna presque à toutes les sectes hétérodoxes du xivc et du xv' siècle. Voy. Beguards.
* LONGANIMITÉ. C'est le nom qu'on donne à la miséricorde de Dieu, qui attend le pécheur à repentir. Voy. Miséricorde, Conversion.
* LONGÉVITÉ. L'Ecriture nous assure que les patriarches vivaient trcs-longtcmps. Les incrédules
ont contesté la vérité de ce récit. U se trouve confirmé par tous les historiens anciens. Bérosc, Manéthon, Hiram, Estians, llécalée, Hellanicus, Hésiode , donnent une très-longue vie aux premiers hommes. Servais, dans ses commentaires sur Virgile, dit que les Arcadiens vivaient jusqu'à trois cents ans. Homère, Hésiode, Platon, Lucaiu, Senèque, parlent aussi de la longue vie des géants.
LOT , neveu d'Abraham. Les incrédules de notre siècle, marchant sur les traces des marcionites, des manichéens , et d'autres hérétiques, ont fait plusieurs objections sur li conduite de ce patriarche, et sur ce qui en est dit dans l'histoire sainte (Gen. c. xix). Ils ont dit, 1° que l'excès de la brutalité des sodomites n'est pas croyable. Mais si l'on veut comparer ce trait d'histoire avec ce que plusieurs voyageurs ont écrit touchant les mœurs de quelques nations idolâtres des Indesetdes autres partiesdu momie, on verra qu'en fait de corruption rien n'est incroyable; et plût à Dieu qu'il n'y eût jamais eu rien de semblable chez les nations où l'on professe le christianisme ! — 2° Ils soutiennent que Lot fut criminel lui-même d'offrir à ces brutaux ses deux filles pour assouvir leur passion. Nous convenons qu'il ne peut être excusé que par la crainte et le trouble dont il fut saisi, etqui lui ôtèrentlaréflexion.
— 3" Que le changement de la femme de Lot en statue de sel est un phénomène impossible. Mais le texte signifie simplement qu'e//e fut statue, c'est-à-dire rendue immobile par le sel, et non changée réellement en sel. Or, qu'un air infecté de vapeurs de nitre, de soufre , de bitume , de vitriol , puisse tuer une femme et la rendre immobile comme une statue, ce n'est ni un prodige inouï, ni un phénomène impossible. Quant à ce qui a été dit par quelques historiens, que cette sta'.ue subsistait encore plusieurs siècles après l'événement, etc., nous ne sommes pas obligés de le croire. — 4° L'on ne conçoit pas, disent-ils, que Lot, plongé dans l'ivresse, ait commis deux incestes successifs avec ses deux filles, sans le sentir, comme il est dit dans le texte. Mais le texte signifie seulement qu'il ne s'en souvint point à son réveil et lorsque l'ivresse fut dissipée.
— 5° lis jugent que Moïse ou un autre historien juif a forcé cette narration, pour rendre infâme l'origine des Moabites et des Ammonites, et pour fournir à sa nation un prétexte de maltraiter et de dépouiller ces deux peuples. La vérité est que les Juifs n'ont dépouillé ni l'un ni l'autre, et n'ont pas envahi un seul pouce de leur terrain. Jephté le soutient ainsi aux Ammonites (Judic. c. xi, v. 15) ; et il cite pour preuve les faits rapportés dans le livre des Nombres [c. xxn), faits que les Ammonites ne pouvaient ignorer. Les guerres survenues dans la suite entre les Juifs et ces deux peuples furent toujours causées par des hostilités commencées par l'un des deux : on le voit par la suite de l'histoire.— G° Ils ont souvent répété que ces traits de l'histoire sainte sont de trèsmauvais exemples. Cela serait vrai, si l'histoire les approuvait ; mais on n'y voit aucun signe d'approbation. U s'ensuit seulement
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qucMoisu et les autres auteurs sacrés ont écrit avec toute la sincérité et l'impartialité possibles; qu'ils n'ont dissimulé aucun des crimes commis par les patriarches et par leurs descendants ; qu'ils n'ont pas cherché à nourrir l'orgueil des Juifs, ni h leur inspirer des prétentions injustes. Par le tableau qu'ils tracent des anciennes mœurs, ils nous font comprendre que, dans tous les temps, les bienfaits que Dieu a daigné accor.ier aux hommes ont été très-gratuits ; que s'il avait traité la race humaine commeellcleméritait, il n'aurait pas cessé un moment de tonner et de frapper. Comme cette vérité est très-importante, il a été nécessaire de l'inculquer dans tous les temps ; il n'est pas inutile de la répéter encore aujourd'hui. Voy. la Dissertation de D. Calmet sur la ruine de Sodotne, Bible d Avignon, t. I, p. 593.
Barbeyrac, dans son Traité de la morale des Pères, c. 3, § 7, a censuré saint îrénée et les autres Pères de l'Eglise, qui n'ont pas voulu condamner rigoureusement la conduite de Lot, et qui ont cherché à atténuer le crime qu'il a commis avec ses filles. Saint Irénée pose pour maxime que, quand l'Ecriture rapporte une action sans la blâmer, nous ne devons pas la condamner, quelque criminelle qu'elle nous paraisse, mais y chercher un type ou une figure. Barbeyrac dit à ce sujet que, quand nous y trouverions un type, cela ne peut pas effacer le crime ; que l'excuse dont se servent les Pères donne lieu à des conséquences très-pernicieuses aux mœurs.
Nous convenons qu'un type n'efface pas un crime ; ma;s les Pères ont-ils pensé le contraire, et n'ont-ils pas donné d'autre excuse ? Saint Irénée dit que Lot accomplit ce type, ou fit l'action dont nous avons parlé, non de propos délibé.é, ni par une affection criminelle, mais sans en avoir la pensée ni le sentiment. Adv. Hœr., 1. iv, c. 31 (olim 50 et 51). C'est donc principalement par le défaut de connaissance et de liberté dans l'ivresse, et non à cause du type de cette action, que saint Irénée excuse Lot. Origène, saint Jean Chryscstome, Théodoret, saint Ambroise, saint Augustin, ont fait de môme; et ils ont cru que Lot avait été enivré par surprise, et non par sensualité. Nous ne voyons pas quelle conséquence il en peut résulter contre la pureté des mœurs. Grabe, plus judicieux que Barbeyrac, dit qu'il y a de la témérité à porter un jugement sur tout cela. Voy. les Notes de Feuardent et de Grabe, sur saint Irénée.
LUC (saint), l'un des quatre évangélistes, auteur de l'Evangile qui porte son nom (1), et des Actes des Apôtres. Il était Syrien de nation, natif d'Antioche, et médecin de profession ; il fut compagnon des voyages et des travaux de saint Paul, jusqu'à la mort de cet apôtre ; mais depuis ce moment, on ne sait plus rien de certain sur les lieux dans les-
(1) L'Evangile de saint Luc est proto-canonique, à l'exception de l'histoire de la sueur de sang qui est deuiero-canonique.
quels saint Luc prêcha l'Evangile, ni sur le genre de sa mort.
Selon l'opinion la plus commune, il écrivit son Evangile l'an 53 de Jésus-Christ, et les Actes des Apôtres dix ans après ; il cite l'Ecriture sainte, selon la version des Septante, et non selon le texte I ébreu ; d'où l'on conclut qu'il était juif helléniste, et que l'hébreu n'était point sa Lmgue maternelle. Il parle un grec plus pur que les autres évangélistes, mais on y remarque encore plusieurs expressions propres aux juifs hellénistes, et d'autres qui tiennent de la langue syriaque, usitée à Antioche. Ce qu'il dit au commencement de son Evangile donne lieu à quelques discussions. « Comme plusieurs, dit-il, ont entrepris de faire l'histoire des choses qui sont arrivées parmi nous, de la manière que les ont rapportées ceux qui en ont été témoins dès le commencement, etqui étaient chargés de nous les annoncer, j'ai trouvé bon, mon cher Théophile , de vous les écrire par ordre, après m'en être soigneusement informé dès l'origine, afin que vous sachiez la vérité de ce que vous avez appris. »
11 n'est pas fort nécessaire de savoir si ce Théophile, auquel saint Luc adresse aussi les Actes des apôtres, était un personnage particulier, ousi c'estle nom appellatifde'tout homme qui aime Dieu. Il dit qu'il s'est informé soigneusement de tout; de la on conclut qu'il n'était point du nombre des soixante-douze disciples qui suivaient Jésus-Christ, mais qu'il avait été converti au christianisme par la prédication des apôtres. Cependant ces mots, des choses qui sont arrivées parmi nous, semblent insinuer qu'il avait été ténoin d'il? boa.ie partie cbs actions du Sauveur. Saint Luc ajoute qu'il a remonté à l'origine; en effet, il prend les faits de plus haut que les autres évangélistes, puisqu'il rapporte la naissance de saint Jean-Baptiste, î'annonciation faite à la sainte Vierge , et plusi urs événements de l'enfance du Sauveur, dont les autres n'ont point parlé. Ce qu'il dit de ceux qui avaient entrepris d'écrire la môme histoire a fait croire à saint Jérôme que saint Luc voulait désigner par là les Evangiles faux et apocryphes, et qu'il avait pris la plume pour les réfuter. Mais le texte, ne donne aucun lieu à cette conjecture, puisqu'il ajoute que ces écrivains avaient fait l'histoire selon le rapport des témoins. Saint Luc peut donc avoir eu en vue les Evangiles de saint Matthieu et de saint Marc, qui existaient déjà, quoique peut-être il ne les eût pas lus. il a pu se proposer de suivre leur exemple, et non de les réfuter, puisqu'il ne les contredit en rien, ou de faire une narration plus détaillée que la leur sans pour cela blâmer la leur. C'est mal à propos que les incrédules ont voulu tirer avantage de la conjecture de saint Jérôme, pour conclure que les Evangiles apocryphes existaient déjà du temps de saint Luc, et qu'ils sont plus anciens que nos vrais Evangiles. Le premier auteur qui ait parlé des Evangiles apocryphes est saint Irénée, qui n'a écrit que plus d'un siècle après saint Luc. D'autres n'ont pas
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