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mieux rencontré, quand ils ont conclu que cet Évangéliste n'était pas content des Evangiles do saint Matthieu et de saint Marc, puisque le sien n'est pas opposé aux leurs et ne les contredit en rien.
Quelques anciens, comme Tertullien et l'auteur de la Synapse attribuée à saint Athanase, pensent que l'Evangile de saint Luc était proprement l'Evangile de saint Paul ; que cet apôtre l'avait dicté à saint Luc; que «raand il dit, mon Evanç)ile,\\ entend l'Evangile de saint Luc. Mais saint Irénée, 1. m, c. 1, dit simplement que saint Luc mit par écrit ce que saint Paul prêchait aux nations; et saint Grégoire de Nazianze, que cet évangéliste écrivit aidé du secours de saint Paul. Il est vrai que saint Paul cite ordinairement l'Evangile de la manière la plus conforme au texte de saint Luc ; on peut en voir des exemples (ICor.c. xi,v.23 et 24 ; c.xv,v. 5, etc.). Mais saint Luc ne dit nulle part qu'il ait été aidé par saint Paul : cette conjecture n'est fondée que sur la liaison qui a régné constamment entre l'évangélistc et l'apôtre.
Les marcionites ne recevaient que le seul Evangile de saint Luc, encore en retranchaient-ils plusieurs choses, en particulières deux premiers chapitres, comme l'ont remarqué Tertullien, L. v, contra Marcion., et saint Epiphane, Ilœr., 42. Voy. Tillemont, t. II, p. 130, etc.
LUCIANISTES, nom de secte tiré de Lucianus ou Lucanus, hérétique du w siècle. Il fut disciple de Marcion, duquel il suivit les erreurs, et y en ajouta de nouvelles. Saint Epiphane dit que Lucianus abandonna Marcion, en enseignant aux hommes à ne point se marier, de peur d'enrichir le Créalcur. Cependant, comme l'a remarqué le père Le Ouien, c'était là une erreurde Marcion et des autres gnostiques. 11 niait l'immortalité de Famé, qu'il croyait matérielle.
Les ariens furent aussi appelés lucieinistes, et l'origine de ce nom est assez douteuse. 11 parait que ces hérétiques, en se nommant lucianistes, avaient envie de persuader que saint Lucien, prêtre d'Antiochc, qui avait beaucoup travaillé sur l'Ecriture sainte, et qui souffrit le martyre l'an 312, était dans le même sentiment qu'eux, et peut-être le persuadèrent-ils à quelques saints évoques de ce temps-là. Mais, ou il faut distinguer ce saint martyr d'avec un autre Lucien, disciple de Paul de Samosate, qui vivait dans le même temps, ou il faut supposer que saint Lucien d'Anfiocho, après avoir été séduit d'abord par Paul de Samosate, reconnut son erreur, et revint à la doctrine catholique touchant la divinité du Verbe, puisqu'il est certain qu'il mourut dans le sein et dans la communion de l'Eglise. On peut en voir les preuves. Vies des Pères et des Martyrs, t. I,p. 124.
UJCIFÉRIENS. Ce nom fut donné à ceux qui adhérèrent au schisme de Lucifer, évoque de Cagliari en Sardaigne ; schisme qui arriva au ive siècle de l'Eglise.
Voici quelle en fut l'occasion. Après la mort de l'empereur Constance, fauteur des ariens , Julien, son successeur, rendit aux
évoques exilés la liberté de retourner dans leurs sièges. Saint Athanase et saint Eusèbe de Vcrceil, dans le dessein de rétablir la paix, assemblèrent, en 362, un concile à Alexandrie, où il fut résolu de recevoir à la communion les évoques qui, dans celui de Rhnini, avaient par faiblesse trahi la vérité catholique, mais qui reconnaissaient leur faute. Cette assemblée députa Eusèbe pour aller calmer les divisions qui régnaient dans l'Eglise d'Antioche, où les uns étaient attachés à leur évêqueEustathe, qui avait été chassé de son siège à cause de son attachement à la foi catholique; les autres à Mélèce, qui, après avoir été dans le parti des semi-ariens, était revenu à cette même foi. Lucifer, au lieu d'aller avec Eusèbe au concile d'Alexandrie, était allé directement à Antioche, et y avait ordonné pour évoque Paulin, dont il espérait que les vertus réuniraient les deux partis. Ce choix déplut à la plupart des évoques d'Orient, et augmenta le trouble, puisqu'au lieu de deux évêques et de deux partis, il s'en trouva trois. Lucifer, offensé do ce qu'Eusèbe et les autres n'approuvaient pas ce qu'il avait fait, se sépara de leur communion, ne voulut avoir aucune société avec les évêques reçus à la pénitence, ni avec ceux qui leur avaient fait grâce. Cependant les marques de repentir que les premiers avaient données les rendaient dignes de l'indulgence de leurs collègues. Ainsi ce prélat, recommandable d'ailleurs par ses talents, par ses vertus, par son attachement à la foi catholique, par ses travaux, trouhla l'Eglise par un rigorisme outré, et persévéra dans le schisme jusqu'à la mort. On ne lui a reproché aucune erreur sur le dogme ; mais ses adhérents furent moins réservés; l'un d'entre eux, nommé Hilaire, diacre de Rome, soutenait que les ariens, ainsi que les autres hérétiques et les schismatiques, devaient être rebaptisés lorsqu'ils rentraient dans le sein de l'Eglise catholique. Saint Jérôme le réfuta solidement dans son Dialogue contre les lucifériens ; il soutint que les Pères de Rimini n'avaient péché que par surprise; que leur cœur n'avait point été complice de leur faiblesse, puisque, s'ils n'avaient pas professé assez exactement le dogme catholique, ils n'avaient pas non plus énoncé l'erreur; il le prouva par les actes mêmes du concile. Les lucifériens étaient répandus, mais en petit nombre, dans la Sardaigne et en Espa • gne. Dans une requête qu'ils présentèrent aux empereurs Théodose, Valentinien et Arcade, ils tirent profession de ne vouloir communiquer ni avec ceux qui avaient consenti à l'hérésie, ni avec ceux qui leur accordaient la paix ; ils soutenaient que le pape Damase, saint Hilaire de Poitiers, saint Athanase et les autres confesseurs, en recevant à la pénitence les ariens, avaient trahi la vérité. V. Pélau, t. II, 1. iv, e.4, § 10 et 11; Tillemont, t. VII, p. 514.
LUMIÈRE. Dans l'Ecriture sainte, ce mot est souvent employé dans sa signification propre, mais il a aussi très-fréquemment un sens figuré (Job. c. xxxi, v. 26), la lumière est
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