‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 56 sur 228 · SI · texte numérisé non relu

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renfermer dans les bornes du plus étroit nécessaire.

Les grands hommes qui ont honoré l'Eglise par leurs talents et par leurs vertus étaient tous pauvres ; ceux mêmes qui étaient riches par leur naissance, renonçaient à leur patrimoine en embrassant l'état ecclésiastique, quoique cette obligation ne leur fût imposée par aucune loi. Parmi les évoques du me siècle, le seul Paul de Samosate se fit remarquer par un luxe scandaleux ; mais il fut hérétique , méchant homme, déposé et excommunié pour ses erreurs et pour ses vices. Ammien Marcellin, auteur païen du ivc siècle, atteste que plusieurs évoques des provinces se rendaient recommandables devant Dieu et devant les hommes par leur sobriété et leur auslérité, paf la simplicité de leurs habits , par un extérieur humble et mortifié. Hist., 1. xxvn, pag. 458. Voy. Bingham, Oriq. ccclésiast., I. vi, c. 2, § 8', tome II, pag. 326.

LUXURE. Voy. Impudicité.

LYON. Il y a eu deux conciles généraux tenus dans cette ville ; le premier, de l'an 1245, sous le pape Innocent IV qui y présidait, est compté pour le treizième concile général. Il fut convoqué, 1° à cause de l'irruption des Tartares dans l'empire ; 2° pour travailler à la réunion des Grecs à l'Eglise romaine ; 3° pour condamner les hérésies qui se répandaient pour lors; h" pour procurer des secours aux fidèles de la terre sainte contre les Sarrasins ; 5° pour examiner les crimes dont l'empereur Frédéric II était accusé. Baudouin, empereur de Constantinople, y assista, et il s'y trouva environ cent quarante évoques.

Nous ne trouvons rien dans les décrets de ce concile qui ait rapport à aucune hérésie en particulier, ni aux moyens d'éteindre le schisme des Grecs ; nous y voyons seulement des taxes imposées sur les bénéfices pour secourir la terre sainte, le projet d'une croisade contre les Sarrasins et contre les Tartares.

La grande affa're était les démêlés entre le saint- siège et l'empereur Frédéric : ce prince était accusé d'hérésie, de sacrilège et do félonie. L'empire étant regardé pour lors comme un fief relevant du saiut-siége, la résistance de Frédéric au pape paraissait être la révolte d'un vassal contre son seigneur. Consêquemment Innocent IV prononça contre lui l'excommunication et une sentence de déposition. Les évoques approuvèrent l'excommunication et répétèrent l'anathème ; quant à la déposition, il est seulement dit qu'elle fut portée en présence du concile (1). Ce n'est pas ici le lieu de prou-

(1) < Nos itaque super pramiissis et conipluribus aliis ejus nefandis excessibus, cum fratribus noslris et sacro concilie) deliberatione pramabita diligenti, cum Jesu Clïrîsli vices licet immerilo icneamus in terris, nobisque in beali Pétri apostoli përsorïa sit dictuni : Quodcunujur. ligaveris super terrant , etc. ; inemoralmn principe;!), qui se imperio et regfiis omniqiie honore acdi^nitaieicJdidiuainindigiumi, quique proi'>toF yjas iniquitalcs à Oco ne regncl. vel nu-

ver que cette sentence était nulle, et que le pape excédait son pouvoir. Voy. Sou ver ai. \ , Temporel des rois. Aussi cette démarche irrégulière eut-elle les suites les plus fâcheuses ; elle partagea l'Italie en deux factions, celle des guelfes qui tenaient pour le pape, l'autre des gibelins qui étaient du parti de l'empereur, et qui désolèrent l'Italie pendant trois siècles. S'il est étonnant que les évêques n'aient pas réclamé contre cette entreprise du pape, il l'est bien davantage que l'empereur Baudouin, les comtes de Provence et de Toulouse, les ambassadeurs des autres souverains qui étaient présents, ne s'y soient pas opposés. Voy. l'Histoire de l'Eglise gallicane, tome XI, 1. xxxn, an. 12't5. Le deuxième concile général de Lyon, qui est le quatorzième œcuménique , fut indiqué l'an 1274 par Grégoire X. 11 avait aussi nour objet la réunion de l'Eglise grecque, le secours de la terre sainte, et la réforme de la discipline ecclésiastique. Le pape y présida encore en personne, à la tète de plus de cinq cents évêques ; Jacques, roi d'Aragon, s'y trouva, et l'on y vit les ambassadeurs de l'empereur Michel Paléologue, ceux des rois de France, d'Allemagne, d'Angleterre et de Sicile. C'est la plus nombreuse assemblée qui se soit formée dans l'Eglise. Elle eut aussi un succès plus heureux que la précédente, puisque les Grecs, au nom de leur empereur et de trente-huit évêques de leur Eglise, y signèrent avec les Latins la même profession de foi, y reconnurent le souverain pontife comme chef de l'Eglise universelle (1), et y chantèrent le symbole avec l'addition qui a Paire Filioque procedit.

peret est abjeelus, suis ligatum peccalis et abjeclum, omnique honore et dignitate privatum a Domino ostendimus, denuntiamus, ac nihilominus sententiando privamus ; omnes, qui ei juramento fidelitatis tenentur adstricti , a juramento hujusmodi perpetuo absolvenles ; auctoritale apostolica rîrmitcr itihibendo, ne quisquam de caîtero sibi tanquam imperatori vel régi pareat vel intendat , et decernendo quoslibet , qui deinceps ci , velut imperatori aut régi, consilium vel auxilium prastiterint seu favorem , ipso facto excommunicationis vinculo subjacere. Mi autem ad quos in eodem imperio imperatoris spectat clectio,eligant libère successcrcm.t — Labb., Concil. coUect., tom. XI, part, i, col. Gi">.

(i) Les termes de celte réconciliation sont bien remarquables. Ils montrent l'idée qu'on se formait de la primauté du pape, idée bien plus absolue que ce que supposent nos gallicans. L'Eglise ne s'arrêta pas alors à ces prétendus sages tempéraments du gallicanisme. Voici les expressions du concile :

« Sancta romana Ecclesia summum et plénum primatutn et principatum super universani Ecclesiam catbolicam obiinet , quem ab ipso Domino in beaJo Petro apostolorum principe sive verlice, cujus romarms pontifex est successor, cum po;estatis plenitudine récépissé veraciter et humihter rceognoscit. Et sicut prse cœteris tenelur fidei veritatem dcfe:idere, sic et si qu;c de iide suborla? fucrinl qusestio- Dés, suo debent judicio definiri. A J quam potest gravalus quilibet super negotiisad ecclesiasticum forum pertinentibus appellare , et in onnubus causis ad examen ecclesiasticum spectantibus, ad jpsius polesl judicium recurri : el cidem omnes Ecclesia: suni subjectoe, ipsarum prèelaiti <■! i\licn!ian.> et reverettHam sibi dam. Ad banc r.ulcm sic noiesîalis plcniludu

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Conséquomment, le premier des décrets de ce concile regarde le dogme de la procession du Saint-Esprit ; les autres concernant In discipline. Le vingt-troisième est remarquable, en ce qu'il défend de former de nouveaux ordres religieux et d'en prendre l'habit, et supprime tous les ordres mendiants nés depuis le concile général de Latran, sous Innocent III, en 1215, et non confirmés par le saint-siége.

Cependant la réunion des Grecs à l'Eglise romaine ne fut ni générale de leur part, ni de longue durée, puisqu'il fallut la recommencer à Fctrare en 1438, et à Florence en 1439. Cetle dernière même n'a pas été solide, puisque les Grecs persévèrent encore dans leur schisme, et y sont aussi obstinés qu'ils l'étaient pour lors. Voy. Florence. Hist. de iEijlisr (jallic, tome XII, 1. xxxiv, an. 1272 et 127G.

MACARIENS, nom que les donatistes d'Afrique donnaient par haine et par mépris aux catholiques. Voici quelle en fut l'occasion. L'an 348, l'empereur Constant envoya en Afrique deux personnages consulaires, l'aul et Macarius ou Macaire, pour veiller à l'ordre public, pour porter des aumônes aux pauvres, pour engager les donatistes, par des voies de douceur, à rentrer dans le sein de l'Eglise. Macaire eut des conférences avec quelques-uns de leurs évoques, et leur témoigna le désir qu'avait l'empereur de les voir réunis aux catholiques. Ces schismatiques , toujours séditieux, répondirent que l'empereur n'avait rien à voir dans les affaires ecclésiastiques : ils soulevèrent le peuple ; on fut obligé de leur opposer des soldats ; dans ce tumulte, il y eut du sang répandu, et Macaire fit punir quelques-uns des donatistes les plus furieux. Ces sectaires s'en prirent aux catholiques, comme si c'avait été ces derniers qui avaient aigri l'cmpereur, et avaient été cause de la punition des coupables ; ils ne cessaient de leur reprocher les temps macariens, c'est-à-dire les exécutions faites par Macaire, et nommaient les catholiques macariens.

Saint Augustin, dans ses ouvrages contre les donatistes, leur représenta qu'ils ne devaient atiribuer qu'à eux-mêmes les châtiments et les supplices dont ils se plaignaient; que quand Macaire aurait poussé la sévérité trop loin, ce qui n'était pas vrai, les catholiques n'en étaient point responsables ; que les prétendues cruautés exercées par cet envoyé de l'empereur, n'approchaient pas de celles qu'avaient commises les circoncellions. Optât de Milève nous apprend, aussi bien que saint Augustin, que cette sévérité de Macaire produisit un bon effet. Un grand nombre de donatistes, confus de leur révolte

consislit , quod Ecclesias cseteras ad sollicitudinis partem admklit; quarum militas et palriarehales pra> cipue diversis privilegiis eadem romana Ecclesia honoravit, sua tamen observata prarogaliva tum in generalibus conciliis, tu m in aliquibus aliis, semper salva. s — Lab., Concit. collecl., tom. XI, part. 1 , col. 966.

Si l'on considère avec attention la manière dent tes Grecs se sont expliqués au second concile de Lyon au sujet de la principauté du pape, on reconnaîtra facilement qu'il est impossible de concilier les libertés gallicanes avec la doctrine de ce concile. Voy. aussi l'art. Florence

et craignant le châtiment, renoncèrent à leur schisme, et se réconcilièrent à l'Eglise. Voy. Donatistes. Tillcmont,t.VI, p. 109 et 119.

MACARISME. Dans l'office des Grecs, les macarismes sont des hymnes ou tropains à. l'honneur des saints ou des bienheureux : ce terme vient de paxéipt*;, bealus. On donne le même nom aux psaumes qui commencent par ce mot, et aux neuf versets du cinquième chapitre de saint Matthieu , depuis le troisième jusqu'au onzième, qui renferment les huit béatitudes.

MACÉDONIENS, hérétiques du ivc siècle qui niaient la divinité du Saint-Esprit. Macédonius, auteur de cetle hérésie, fut placé sur le siège de Comtnntinople en 432, par les ariens, dont il suivait les sentiments, et son élection causa une sédition dans laquelle il y eut du sang répandu. Les violences qu'il exerça contre les novatiens et contre les catholiques le rendirent odieux à l'empereur Constance, quoique ce prince fût protecteur déclaré de l'arianîsme ; conséquemment Macédonius fut déposé par les ariens mêmes , dans un concile qu'ils tinrent à Constantinople l'an 359. Egalement irrité contre eux et contre les catholiques, il soutint , malgré les, premiers , la divinité du Verbe ; et contre les seconds, il soutint que le Saint-Esprit n'est pas une personne divine, mais une créature plus parfaite que les autres. 11 tourna contre la divinité du Saint-Esprit la plupart des objections que les ariens avaient faites contre la divini'é du Verbe ; son hérésie fut l'ouvrage de l'orgueil, de la vengeance et de l'esprit de contradiction, il entraîna dans son parti quelques évèqics ariens qui avaient été déposés aussi bien que lui; et ils eurent des sectet 'i;rs qui se répandirent dans la Thrace, dans la province de l'Hellespont et dans la Bithynie.

Ces macédoniens furent nommés par les Grecs pneumatomaques, c'est-à-dire ennemis du Saint-Esprit, et marathoniens, à cause de Marathone, évoque de Nicomédie, l'un des plus connus d'entre eux. Ils séduisaient Je peuple par un extérieur grave et par des mœurs austères, artifice ordinaire des hérétiques; ils imitaient la vie des moines, et semaient particulièrement leurs erreurs dans les monastères.

Sous le règne de Julien, ils curent la H-

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