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bert3.de dogmatiser; sous Jovien, son successeur, qui était attaché a la foi de Nicée, ils demandèrent la possession de plusieurs égi'ises ; ils ne purent rien obtenir : sous Valens, ils furent poursuivis par les ariens que cet empereur favorisait; ils se réunirent en apparence aux catholiques, mais cette union simulée de leur part ne dura pas. En 381, ils furent appelés au concile général de Constantinople, que Théodose avait convoqué pour rétablir la paix, dans les églises : ils ne voulurent jamais signer le symbole de Nicée, et furent condamnés comme hérétiques : Théodose les bannit de Constantinople et leur défendit de s'assembler. Tillemont pense que Macédonius n'a^sis'a point à ce concile. Depuis ce temps, l'histoire ecclésiastique ne fait plus mention des macédoniens; saint Athanase et saint Basile écrivirent contre eux.
Le concile de Nicée n'avait pis décidé en termes exprès et formels la divinitédu Saint- Esprit, parce que les ariens attaquaient uniquement la divinité du Fils; mais les Pères de Nicée tirent assez connaître leur croyance par leur symbole. Lorsqu'ils disent : « Nous
croyons en un seul Dieu tout-puissant
et en Jésus-Christ son Fi:s unique, Dieu de
Dieu, consubstantiel au Père ; nous
croyons aussi au Saint-Esprit, » ils supposent évidemment une égalité parfaite entre les trois Personnes, par conséquent la divinité de toutes les trois. Cela est encore évident par le symbole plus étendu que Eusèbe de Césarée adressa à son peuple, et qu'il avait présenté au concile de Nicée; il fonde l'égalité des trois personnes divines sur les paroles de Jésus-Christ qui sont la forme du baptême. Socrate (Hist. ecclés., liv. i, c. 8).
C'est donc sans aucune raison qu'il a plu aux incrédules de dire que le concile général de Constantinople, en déclarant la divinité du Saint-Esprit, avait créé un nouvel article de foi, et l'avait ajouté au symbole de Nicée; ni l'un ni l'autre de ces conciles n'a rien créé, rien inventé de nouveau; il n'a fait qu'attester ce qui avait' toujours été cru. Eusèbe lui-même, quoique très-suspect d'arianisme, proteste à ses diocésains que le symbole qu'il leur adresse est la doctrine qu'il leur a toujours enseignée, qu'il a reçue des évoques ses prédécesseurs, qu'il a apprise dans son enfance, et dans laquelle il a été baptisé. 11 atteste encore que tel a été le sentiment unanime des Pères de Nicée ; qu'il n'y a eu difficulté dans ce concile que sur le terme de consubstantiel, duquel on pouvait abuser en le prenant dans un mauvais sens. Une preuve que les évoques macédoniens se sentaient déjà condamnés par le concile de Nicée, c'est que jamais ils ne voulurent en souscrire le symbole; et Sabinus, l'un d'entre eux, soutenait que ce symbole avait été composé par des hommes simples et ignorants. Socrate, Ibid. Notes de Valois et de Bullus sur cet endroit. Sabinus n'en aurait pas parlé sur ce ton de mépris, s'il avait pu persuader nue les Pères deNicée avaient pensé comme lui.
Au mot Saixt-Esprit, nous avons appor;é les preuves de la divinité de celte troisième personne de la sainte Trinité. 11 est bon de remarquer que l'erreur des macédoniens n'était pas la même que celle des sociniens ; ^eux-ci prétendent, comme les sectateurs de Photin, que le Saint-Esprit n'est pas une personne; que ce nom désigne seulement l'opération de Dieu dans nos âmes ; les macédoniens, au contraire, pensaient que c'est une personne, un être réel et subsistant, un esprit créé semblable aux anges, mais d'une nature très-supérieure à la leur, quoique fort inférieure à Dieu. Nous ne savons pas sur quel fondement Mosheim a confondu l'erreur de Macédonius avec celle de Photin. Sozom., 1. iv, c. 27 ; Tillemont, t. VI, p. 413 et kik.
MACHABÉES. Il y a deux livres sous ce nom dans nos Bibles, qui contiennent l'un et l'autre l'histoire de Judas , surnommé Machabée, et de ses frères, les guerres qu'ils soutinrent con're les rois de Syrie, pour la défense de la religion et de la liberté des Juifs.
Selon l'opinion la plus probable, le nom de Machabée est venu de ce que Judas avait fait mettre sur ses étendards ces lettres initiales M., C, B., M., L, qui désignent en hébreu cette sentence de l'Exode, c. xv, v. 1 : Qui d'entre les dieux, Seigneur , est semblable à vous? De la, ce nom a été donné non-seulement à Judas et à sa famille, mais encore à tous ceux qui, dans la persécution suscitée contre les Juifs par les rois de Syrie, souffrirent pour la cause de la religion.
Le premier livre des Machabées avait été écrit en hébreu, ou plutôt en syro-chaldaïque, qui était alors la langue vulgaire de la Judée. Saint Jérôme, in Prologo Galeato, dit qu'il l'avait vu en hébreu; mais il n'en reste que la version grecque, de laquelle on ne connaît pas l'auteur, et dont Origène, Teitullien et d'autres Pères se sont servis. La version latine est plus ancienne que saint Jérôme, qui ne l'a pas retouchée. Ce livre contient l'histoire de quarante ans, depuis le commencement du règne d'Antiochus Epiphanes jusqu'à la mort du grand prêtre Simon. Soit qu'il ait été écrit par Jean Hircan, fils de Simon, qui fut pendant près de trente ans souverain sacrificateur, ou par un autre écrivain sous sa direction, l'auteur peut avoir été témoin de tout ce qu'il raconte; à la tin de son livre, il cite pour garants les mémoires du pontiticat de Jean Hircan.
Le second livre des Machabées est un abrégé de l'histoire des persécutions exercées contre les Juifs par Epiphanes et par Eupator, son fils ; histoire composée en cinq livres par un nommé Jason, et qui est perdue. Quoique celui-ci raconte les mêmes choses que l'auteur du premier livre, il ne paraît pas qu'ils se soient vus ni copiés l'un l'autre ; le second a écrit en grec.
Plusieurs anciens auteurs et le concile de Laodicée, qui ont donné le catalogue des livres saiuts, n'# ont pas placé h s dcuxli-
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vrcs des Machabées; d'autres, en plus grand nombre, les ont regardés comme canoniques L'épître aux Hébreux, c. xi, v. 35 et suiv., paraît faire allusion au supplice du saint vieillard Eléazar et des sept frères, rapporté, JIMachab., c, vi et vu. Le 84e ou 85e canon des apôtres, Tertullien, saint Cyprien, Lucifer de Cagliari, saint Hilaire de Poitiers, saint Ambroise, saint Augustin, saint Isidore de Séville, etc., les ont cités comme Ecriture sainte. Origène, après les avoir exclus du canon, les cite ailleurs comme ouvrages inspirés; saint Jérôme et saint Jean Damascène ont varié de même si;r ce sujet. Saint Clément d'Alexandrie, plus ancien que tous ces Pères, Strom., 1. v, c. 14, p. 705, cite le second livre des Machabées, c. i, v. 10. Le troisième concile de Carthage, en 397, et en dernipr lieu celui de Trente, les ont placés parmi les livres canoniques. Ces livres sont rejetés par les protestants, parce que le second livre, c. xii, v. 43 et suiv., parle de la prière pour les morts, pratique désapprouvée par les réformateurs. Ils déplaisent aussi aux incrédules, parce qu'ils sont fâchés d'y voir une famille de prêtres féconde en héros, et de ce que la nation juive, qu'ils ont tant déprimée, a défendu sa religion et sa liberté avec un courage dont il y a peu d'exemples. Us disent que l'Eglise n'a pas droit de placer dans le canon, des livres (pie plusieurs anciens en ont exclus. Au mot Deutéro-Caxonique„ nous avons prouvé le contraire, et nous avons fait voir que, sur ce point, les protestants ne sont d'accord ni entre eux, ni avec eux-mêmes. Ils n'ont pas de grandes objections à faire contre le premier livre des Machabées; plusieurs critiques parmi eux ont témoigné en faire beaucoup d'estime : mais ils argumentent surtout contre le second livre ; ils prétendent que les deux lettres des Juifs de Jérusalem h ceux d'Alexandrie, qui se trouvent chap. i et n, sont supposées : voyons les preuves de cette supposition.
La date de ces lettres paraît fausse, elle ne s'accorde pas avec la chronologie; la seconde est écrite au nom de Machabée, et ce juif était mort depuis trente-six ans. Mais, en premier lieu, le nom de Machabée n'est point ajouté à celui de Judas ; ce peut donc être un autre juif de même nom. En second heu, dans les Mémoires de V Académie des Inscriptions, tome XL1I1, in-12, p. 491, il y a une dissertation sur la chronologie de l'histoire des Machabées, dans laquelle l'auteur concilie parfaitement toutes les dates qui y sont marquées, soit entre elles, soit avec les monuments de l'histoire profane, et répond solidement à toutes les difficultés. Nous nous contentons d'y renvoyer le lecteur. Dans la première de ces lettres, la fête de la Puriiication et de la Dédicace du temple est nommée mal à propos fête des Tabernacles, c. i, " v. 9. Mais ce terme est expliqué ailleurs ; il est dit, c. x, v. G, que cette fête fut célébrée, comme celle des Tabernacles, pendant huit jours. Nous y lisons, c. iv, v. 23, que Ménélaiis, qui obtint la souveraine sacrîficature, était frère de Simon le Benjamite ; selon Ju~
sèphe, il était frère d'Onias cl de Jasoti, et fils de Simon II, par conséquent de la race d'Aaron et do la tribu de Lévi : nous en convenons : il est clair que, dans le texte, il y a un mot transposé et un autre omis : toute cette difticulté se réduit a une faute d» copiste.
Chap. xi, v. 21, il est parlé d'un mois dioscorus ou dioscorinthius, mois inconnu, disent nos critiques, dans le calendrier syromacédonien. lisse trompent; l'auteur de la dissertation dont nous venons de parler, a fait voir que ôtôo-x^^ en grec est la même ebose que gemini en latin ; qu'ainsi le mois dioscorus est celui qui commence à l'entrée du soleil dans le signe des gémeaux, le 25 de mai, selon notre manière de compter; c'est le troisième mois du printemps, dans l'année syio-macédonienne. Quant au mot dioscorinthius, ce peut être encore une faute de copiste.
Il y a une difticulté plus grave, sur laquelle plusieurs incrédules ont insisté. Dans le premier livre des Machabées, c. vi, il est dit que Antiochus Epiphanes, forcé de lever le siège d'Elymaïde, retourna dans la Babylonie; qu'étant encore en Perse, il apprit que son armée avait été défaite dans la Judée, qu'il tomba malade de mélancolie, et qu'il y mourut. On croit que ce fut à Tabis, ville de Perse. Dans le second livre, c. i, v. 13, il est dit au contraire qu'il périt dans le temple de Nanée qu'il voulait piller ; or, ce temple était dans la ville même d'Elymaïde. Enfin, c. ix, v. 28 de ce même livre, on lit que Antiochus mourut dans les montagnes, et loin de son pays. Voilà, disent les critiques, une contradiction formelle entre ces deux livres. Nous n'y en apercevons aucune. Il est clair d'abord qu'il n'y en a point entre la manière dont la mort d'Antiochus est rapportée, 1. i, c 6, et celle dont elle est racontée, 1. n, c. 9, puisqu'il est vrai que ce roi,, après avoir été repoussé par les habitants d'Elymaïde, que l'on nommait aussi Persépoli's, et marchant à grandes journées pour regagner la Babylonie, tomba malade et mourut à Tabis, dans les montagnes de Perse.
Sans nous arrêter à la manière dont on explique ordinairement le chap. i, v. 3 du second livre, il nous parait qu'il y a une solution fort simple. Ce n'est pas l'auteur do ce livre, mais les Juifs de Jérusalem, qui parlent dans la lettre qu'ils écrivaient à ceux d'Egypte. Cette lettre fut écrite immédiatement après la purification du temple, par conséquent à la première nouvelle que l'on reçut en Judée de la mort d'Antiochus. Or, par cette première nouvelle, les Juifs de Jérusalem ne furent pas informés des vraies circonstances de cette mort ; on publia d'abord qu'il avait été tué dans le temple de Nanée, à Elymaïde ; mais, dans la suite, l'on apprit qu'il était seulement entré dans cette ville, qu'il avait été repoussé par les habitants, et forcé de s'enfuir [Machab. I. I, vi, 3, et 4; 1. II, ix, 2) ; qu'il était tombé malade dans les montagnes, à Tabis ou ailleurs, et qu'il y était mort. L'auteur de ce second livre le sa-
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vait très-bien, puisqu'il le dit; mais comme il voulait copier fidèlement la lettre des Juifs, (elle qu'elle était, il n'a fias voulu toucher a la manière dont ils racontaient la mort d'Anliochus, en se réservant d'en rapporter plus exactement les circonstances dans la suite de son histoire. Ce n'est donc pas ici une méprise de la part de l'historien, mais un témoignage de sa fidélité.
Il ne faut pas oublier que la persécution exercée contre les Juifs par Anliochus Epipi îanes avait été clairement prédite par le prophète Daniel, c. vin, plus de deux cents ans auparavant. L'événement a répondu si parfaitement à la prédiction, que les incrédules ont été réduits h dire que les prophéties de Daniel ont été écrites après coup , et dans des temps postérieurs au règne d'Antiochus ; mais la date du livre de Daniel est constatée par des preuves que les incrédules ne renverseront jamais. On peut voir dans Prideaux, liv. xi, à la On, l'exactitude avec laquelle ses prophéties ont été accomplies, et les preuves qu'en ont fournies les auteurs profanes. Voy. Daniel. C'est pour cela même que le plus célèbre de nos professeurs d'incrédulité a rassemblé toutes les objections qu'il a pu imaginer contre l'histoire des Machabées; elles ont été solidement réfutées dans un ouvrage récent, intitulé : l'Authenticité des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament démontrée, etc., Paris, 1782; mais cette discussion est trop longue pour que nous puissions y entrer.
On a nommé troisième livre des Machabées, une histoire de la persécution suscitée en Egypte contre les Juifs, par rtolémée Philopalor; et quatrième livre, l'histoire qœ Josèphe a écrite du martyre des sept frères mis à mort par Antiochus Epiphanes, martyre rapporté, // Machab., c. vu. Mais ces deux derniers ouvrages n'ont jamais été mis au nombre des livres saints. Voyez Bible (l'Avignon, tome XII, p. 489 et 839.
Les protestants, pour justifier leurs révoltes contre les souverains, avaient allégué l'exemple des Machabées. Bossuet, 5e ^U'erfissement, § 2V, a fait voir qu'ils ne peuvent pas s'en prévaloir. La révolte des Juifs contre Antiochus était légitime; il n'était pas leur roi naturel, mais un conquérant oppresseur; }\ voulait Les exterminer et les chasser de la Judée. Or, la religion juive, par sa constitution môme, était attachée à la Terre promise et au temple de Jérusalem; les Juifs ne pouvaient y renoncer sans crime. Antiochus les forçait, sous peine de la vie, d'abandonner le culte du vrai Dieu, de sacrifier aux idoles, de changer de lois et de mœurs. Us furent autorisés a la résistance par les miracles que Dieu fit en leur faveur, par les prophéties de Daniel et de Zacharie, qui leur avaient prédit cette persécution, et leur avaient promis le secours de Dieu.
Aucune circonstance semblable n'a rendu légitimes les séditions des protestants : ils n'ont pas pris les armes pour conserver l'ancienne religion de leurs pères, mais pour l'abolir et en établir une nouvelle ; personne
n'a voulu les forcer de renoncer au culte du vrai Dieu, ni d'abjurer le christianisme; ils n'avaient en leur faveur ni prophéties, ni miracles : leur dessein capital était moins d'obtenir l'exercice de leur religion que do se rendre indépendants et d'écraser le catholicisme ; c'est ce qu'ils ont fait partout où ils ont été les plus forts. Voy. Guerres