‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 58 sur 228 · DE RELIGION · texte numérisé non relu

DE RELIGION

MACHASOR, mot hébreu , qui signifie cycle. C'est le nom d'un livre de prières fort en usage chez les Juifs dans leurs grandes fêtes. Il est très-difficile à entendre, parce que ces prières sont en vers et d'un style concis. Buxtorf remarque qu'il y en a eu un grand nombre d'éditions, tant en Italie qu'en Allemagne et en Pologne, et que l'on a corrigé, dans ceux qui sont imprimés à Venise , beaucoup de choses qui sont contre les chrétiens. Les exemplaires manuscrits n'en sont pas communs chez les Juifs, mais il y en a plusieurs dans la bibliothèque de Sorbonne à Paris. Buxlorf, in Biblioth.

Rabbin.

MACHICOT, officier de l'église de No're- Dame de Paris, qui est moins que les bénéficiera, et plus que les chantres à gages ; il porte chape aux fêtes serai-doubles, et tient le chœur. Du nom machicot, dont l'origine n'est pas trop connue, l'on a fait le verbe machicoter, qui signifie orner le chant, en le rendant plus léger et plus composé, en y joignant les notes de l'accord , pour lui donner de l'harmonie. Ce chant, qui est une espèce de faux-bourdon, se nomme autrement chant sur le livre.

MACHOST1CHE, écrit à longues lignes.

C'est ainsi que l'on appela la cinquième formule de foi que composèrent les euséhiens, Tune des factions des ariens, dans un concile qu'ils tinrent a Antioclie, l'an 3i5. Quelques modernes ont dit que cette profession de foi ne renfermait rien de répréhensible; mais ce n'est pas ainsi qu'en ont jugé saint Alhanase et Sozomène. Les eusébiens y reconnaissaient que le Fils de Dieu est semblable auPère entoutes choses, sans parler de substance. Ils condamnaient ceux qui prétendaient que le Fils a été tiré du néant, et les autres impiétés d'Arius, parce que ces paroles, disaient-ils, ne sont pas de l'Ecriture. Ils semblaient reconnaître l'unité de la divinité du Père et du Fils, mais ils supposaient en môme temps le Fils inférieur au Père; c'était une contradiction avec le m -t semblable en toutes choses : ils disaient positivement que le Fils a été fait, quoique d'une manière différente des autres créatures : en cela ils étaient opposés au symbole de Nicée, qui a dit engendre et non fait. Ils envoyèrent ce formulaire en Italie par trois ou quatre évoques; mais ceux d'Occident ne furent pas dupes de leur verbiage; ils leur déclarèrent qu'ils s'en tenaient au symbole de Nicée et qu'ils n'en voulaient point d'autre. Voy. Eusébiexs.

L'embarras des différentes factions qui partageaient l'arianisme, la multitude des

confessions de foi qu'ils proposaient, et qui

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ne pouvaient les satisfaire eux-mêmes, uc montrent assez le fonds de mauvaise foi avec lequel ils procédaient, et la sagesse de la conduite des orthodoxes qui no voulaient pas se départir du symbole de Nicée. Tille— mont, Hist. de VArian., c. 38, tom. VI, pag. 331.

MADIANITES. Nous lisons dans le livre des Nombres, c. 25, que les Israélites, pendant leur séjour dans le désert, se livrèrent à Timpudicité et à l'idolâtrie avec les filles des Madianites et des Moabites ; que le Seigneur irrité ordonna à Moïse de faire pendre [es principaux auteurs de ce désordre ; que les juges firent mettre à mort tous les coupables, et qu'il périt à cette occasion vingt-quatre mille hommes. Comme les Madianites avaient tendu ce piège aux Israélites, par pure méchanceté et afin de les corrompre, Moïse, pour venger son peuple, ordonna de mettre à feu et à sang le pays de Madian, d'exterminer cette nation, de n'en réserver que les filles vierges. 11 raconte lui-môme que le butin fait dans celte expédition fut do six cent soixante-quinze mille brebis, soixante-douze mille bœufs, soixante-un mille Anes et trente-deux mille fi I les vierges: que trente-deux de ces jeunes personnes furent la part du Seigneur (Num., c. 3i). A ce sujet, les censeurs de l'histoire sainte accusent Moïse de cruauté envers sa propre nation ; de perfidie, d'ingratitude envers les Madianites, chez lesquels il avait trouvé un asile dans sa fuite et avait pris une é; ouse; de barbarie, pour avoir fait égorger tous les mules et toutes les femmes mariées : ils disent que celte quantité énorme de bétail n'a jamais pu se trouver dans un pays aussi peu étendu qu'était celui de Madian ; ils pensent que les trente-deux filles réservées pour la part du Seigneur furent immolées en sacritice.

Il n'est pas un seul de ces reproches qui ne soit injuste et mal fondé. 1" La loi, qui condamnait à mort tout Israélite coupable d'idolâtrie, était formelle, le peuple s'y était soumis; ce n'est qu'à cette condition que Dieu avait promis de le protéger : déjà ce peuple avait vu l'exemple d'une pareille sévérité, à l'occasion du culte rendu au veau d'or (Exod., c. xxxii, v. 27 et 28); il était donc inexcusable. C'est une fausseté de dire, comme quelques incrédules, que les coupables furent mis à mort, simplement pour avoir pris des femmes madianites ; ils le furent pour s'être livrés avec elles à Timpudicité et à l'idolâtrie (Num. c. xxv, v. 3). Ce crime suffisait pour attirer les châtiments de Dieu sur la nation entière si elle l'avait laissé impuni. 2" Lorsque les Madianites exercèrent ce trait de perfidie envers les Israélites, ils n'y avaient été provoqués par aucune injure ; ils craignaient à la vérité d'ôtre traités comme les Amorrhéens : ils avaient tort ; s'ils avaient envoyé des députés à Moïse, il leur aurait répondu qu'ils n'avaient rien à craindre, qu'Israël ne devait point s'emparer de leur territoire, parce qu'ils descendaient d'Abraham par Céthura. En effet, dans la

mâg m

conquête du pays des Chaninécns, les Israélites n'enlevèrent pas un seul pouce do terrain aux Madianites, aux Moabites ni aux Ammonites (Jud. c. xi , v. 13). Les Madianites, chez lesquels Moïse s'était réfugié dans sa fuite d'Egypte, n'étaient point les mêmes que ceux dont il lit dévaster le pays [tour les punir. Les premiers habitaient l'es bords de la mer Rouge, et n'étaient pas éloignés de l'Egypte; les seconds étaient placés à l'orient et au nord de la Palestine, près de la mer Morte et des .Moabites, à cinquante lieues au moins des autres Madianites. Ce n'était pas la même nation; l'une descendait de Chus, petit-ti's de Noé, l'autre d'Abraham : la première adorait le vrai Dieu ; cela est prouvé par l'exemple de Jéthro, beau-père de Moïse; la seconde honorait Béelphégor, dieu des Moabites. La cruauté avec laquelle celle-ci fut traitée était la manière ordinaire de faire la guerre chez les anciens peuples. Mais il s'en faut beaucoup que le pays de Madian ait été entièrement dépeuplé et dévasté, puisque deux cents ans après, ces mêmes Madianites asservirent les Israélites, cl furent vaincus par Cédéon (Jud. c. vi). 3° Avant de décider que ce pays ne pouvait pas nourrir la quantité d'hommes et de bétail dont parle Moïse , il faudrait commencer par en fixer les limites; les incrédules les restreignent à leur gré, et il était au moins du doubl : plus étendu qu'ils ne le supposent. On leur a prouvé, par dos calculs et par des exemples incontestables, que dans un pays médiocrement fertile et (j'une égale étendue, il ne serait pas difficile de trouver le même nombre d'hommes et d'animaux. Voy. les Lettres de quelques Juifs. etc., tom. 11, p. 3 et suiv. Le pays habité aujourd'hui par les Druses, qui est celui des Madianites, n'est ni stérile ni désert, sel m le récit des voyageurs; il est cultivé et peuplé. Voy. le Voyage autour du monde? par M. de Pag 's, fait depuis 1767 jusqu'en 1776, tom. I, p. 373 et suiv., et 386. — h" Le texte de Moïse nous apprend assez claiiement ce que l'on fit des trente-deux filles réservées pour la part du Seigneur : il est dit que les prémices du butin destinées au Seigneur, soit en hommes, soit en bétail, furent données au grand prêtre Eléazar (Num., c. li, v. âO, 21), 40 et 41). Ces filles furent donc réduites a l'esclavage comme les autres, et d. stinées au service du tabernacle. 11 n'est point ici question de sacrifice ni d'immolation : jamais les Israélites n'ont offert à Dieu des victimes humaines. Voy. ce mot.

MAFORTE, espèce de manteau qui était à l'usage des moines d'Egypte; il se mettait sur la tunique, et couvrait le cou et les épaules : il était de toile de lin comme la tunique, et il y avait par dessus une melotte ou peau de mouton.

MAGDELE1NE , l'une des saintes femmes qui suivaient Jésus-Christ, qui écoulaient sa doctrine, et qui pourvoyaient à sa subsistance. Plusieurs incrédules modernes se sont appliqués à jeter des soupçons sur

MAG

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l'attachement que cette femme pieuse a montré pour le Sauveur, soit pendant sa vie, soit après sa mort; ils en ont parlé sur L1 ton le plus indécent. Us ont confondu Magdeleine avec Marie, sœur de Lazare, et avec la pécheresse de Naïm, convertie par Jésus-Christ; c'est une opinion très-douteuse : il y a longtemps que d'habiles critiques ont soutenu que ce sont trois personnes différentes. Voyez Vies des Pères et des Mart i/rs, lom. VI, p*438; Bible d'Avignon, t. XIII, p. 331.

Quand môme le fait serait mieux prouvé, il y aurait déjà de la témérité à peindre Magdelcine comme une femme perduede mœurs et de réputation, dont la conversion n'était rien moins que sincère. Il est seulement dit dans l'Evangile que Magdelcine avait été délivrée de sept démons (Luc. c. vin, v. 2). Sans examiner si cette expression doit être prise à la lettre, ou si l'on doit l'entendre d'une maladie cruelle, il en résulte que la reconnaissance a suffi pour attacher au Sauveur une personne honnête et bien née.

On connaît d'ailleurs la sévérité des mœurs juives, l'attention avec laquelle les scribes, les pharisiens, les docteurs de la loi examinaient la conduite de Jésus-Christ, toutes ses démarches et toutes ses paroles, pour y trouver un sujet d'accusation ; l'assiduité avec laquelle ses disciples l'ont suivi, et ont été témoins de toutes ses actions. Les Juifs auraient-ils souffert qu'il enseignât le peuple, qu'il se donnât pour le Messie, qu'il censurât leur doctrine et leurs vices, s'ils avaient pu lui reprocher des mœurs vicieuses et des fréquentations suspectes ? Us l'ont accusé de séduire le peuple, d'être l'ami des publicains et des pécheurs, de violer le sabbat, de s'attribuer une autorité qui ne lui appartenait pas, de s'entendre avec les démons qu'il chassait des corps ; auraient-ils oublié ses liaisons avec des femmes perdues, s'ils avaient eu là-dessus quelque soupçon ? Ce reproche ne se trouve ni dans les évangélistes, ni dans le Talmud, ni dans les écrits des rabbins. Les évangélistes eux-mêmes n'auraient pas été assez imprudents pour faire mention de ces femmes, si leur assiduité à suivre le Sauveur avait donné à ses ennemis quelque avantage contre lui.

C'est surtout pendant la passion et après la mort de Jésus, que Magdelcine fit éclater son attachement pour lui; elle se tint constamment au pied de la croix avec saint Jean et avec la Vierge Marie ; cette sainte Mère de Dieu n'aurait pas souffert dans sa compagnie unepersonne dont la conduite pouvait faire tort à la gloire de son Fils. Magdelcine fut du nombre des femmes qui vinrent au tombeau de Jésus , pour embaumer son corps et lui rendre les honneurs de la sépulture : les femmes perdues n'ont pas coutume de se charger du soin d'ensevelir les morts. Au moment de la résurrection, lorsque Jésus lui apparaît, et qu'elle veut se prosterner à ses pieds, il lui dit : Ne me touchez pas; allez dire à mes frères que je vais re-

monter vers mon Père (Joan. c. xx, v. 17). Il permet aux autres femmes de lui embrasser les pieds et de l'adorer (Matth. e» xxvm, v. 9). Il n'y a là aucun vestige d'attachement suspect. Il est bien étonnant que les incrédules de notre siècle aient poussé plus loin la prévention et la fureur contre Jésus-Christ, que ne l'ont fait les Juifs. Voy. Femme.

MAGDELONNETTES. Il y a plusieurs sortes de religieuses qui portent le nom de Sainte-Magdeleine, et que le peuple appelle magdelonncttes. Telles sont celles de Metz, établies en 1452; celles de Paris, qui furent instituées en 1V92 ; celles de Naplcs, fondées en 152V, et dotées par la reine Sanche d'Aragon, pour servir de retraite aux pécheresses ; celles de Rouen et de Bordeaux, qui prirent naissance à Paris en 1618. Il y a ordinairement trois sortes de personnes et de congrégations dans ces monastères. La première est de celles qui, après un temps d'épreuve suffisante, sont admises à embrasser l'état religieux et à faire des vœux ; elles portent le nom de la Magdeleine. La congrégation de Sainte-Marthe, qui est la seconde, est composée de celles qui ne peuvent être admises à faire des vœux. La congrégation de Lazare est de celles qui sont dans ces maisons par force et pour correction.

Les religieuses de la Magdeleine à Rome, dites les converties , furent établies par Léon X. Clément VIII assigna , pour celles qui y seraient renfermées, cinquante écus d'aumône par mois ; il ordonna que tous les biens des femmes publiques qui mourraient sans lester, appartiendraient à ce monastère, et que le testament de celles qui en feraient serait nul, si elles ne lui laissaient au moins le cinquième de leurs biens. A Paiis, les filles de la Magdeleine sont actuellement gouvernées par les religieuses de Notre- IJame-de-Charité, ou filles de Saint-Michel ; mais il y a plusieurs autres maisons dans lesquelles on reçoit les filles ou femmes pénitentes, ou dans lesquelles on enferme par autorité celles qui ont mérité ce traitement. Il n'y a qu'une charité très-pure qui puisse inspirer à des filles pieuses le courage de se dévouer à la conversion des personnes de leur sexe qui ont perdu la pudeur. Celles-ci sont ordinairement des âmes si avilies, si perverses, si intraitables, que l'on peut difficilement espérer un changement sincère et constant de leur part. « Mais la charité est douce, patiente, compatissante.... ; elle souffre tout, espère tout, et ne se rebute jamais » (/ Cor. c. xhi, v. k). On doit encore avouer que, parmi les personnes du sexe qui se perdent, il en est un grand nombre qui y ont été réduites par la misère, plutôt que par un goût décidé pour le libertinage.

Il est bon de remarquer que la plupart des établissements charitables dont nous parlons ont été formés dans des siècles où l'on ne se piquait pas de philosophie; mais ils n'ont jamais été plus nécessaires que dans le nôtre, depuis que les prétendus philosophes ont travaillé de leur mieux à augmenter la corruption des mœurs, et ont étouffé dans les

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femmes les pnnei; es de religion, afin de leur

(Mer plus aisément la pudeur.

MAGES, savants ou sages de l'Orient, qui,

avertis par une étoile miraculeuse, vinrent adorer è Bethléem Jésus enfant,quelquetemps -•«près sa naissance. On sait que, chez les Orientaux, lenomdc mage a désigné un savant, un homme appliqué a l'étudedela nature et de ],i religion, et qui possède des connaissances supérieures. Tout homme qui avait cette réputation jouissait d'une grande considération et avait beaucoup d'autorité parmi ses concitoyens ; il n'est donc pas étonnant quel'on ; il pensé que les mages qui vinrent adorer J 'sus étaient des rois ; alors chez les peuples voisins de la Judée , les rois n'étaient rien moins que des monarques puissants. Il est dit dans l'Evangile que ceux-ci vinrent de Varient, et l'on a disserté savamment pour découvrir de quelle contrée orientale ils étaient venus. Nous ne voyons aucune nécessité de les faire venir de fort loin ; il est très-probable qu'ils partirent du pays situe a l'orient de la mer Morte, habité autrefois par les Madianites, par les Moabites et par les Ammonites, et clans lequel sont aujourd'hui les Druses. Selon le témoignage des voyageurs, l'on retrouve encore chez ce peuple indépendant la plupart des anciens usages des Juifs. Les mages n'eurent donc que trois ou quatre journées de chemin à faire pour arriver à Bethléem.

On ne peut pas douter que, dans cette contrée, si voisine de la Judée, l'on n'eût l'idée de l'avènement prochain du Messie, puisque, selon Tacite et Suétone, c'était une opinion ancienne, constante et répandue dans tout l'Orient, qu'un conquérant ou des conquérants, sortis de la Judée, seraient les maîtres du monde. Il se peut faire môme que l'on y eût conservé le souvenir de la prophétie de Balaam, qui annonçait le Messie sous le nom d'une étoile sortie de Jaeob. L'étoile qui apparut aux mages n'était pointune étoile ordinaire, mais un astre miraculeux, puisqu'il dirigeait leur marche et s'arrêta sur Bethléem. Jusqu'ici nous n'apercevons pas qu'il y ait lieu à do grandes difficultés. Voyez Vies des Pères et des Martyrs, tom. I, pag. 107.

Maislcs incrédules ont fait des dissertations pour {trouver que l'adoration des mages, rapportée par saint Matthieu, ne peut absolument se concilier avec la narration de saint Luc ; selon leur coutume, ils ont conclu victorieusement qu'aucun docteur ne pourra jamais mettre les faits rapportés dans l'Evangile hors d'atteinte, lorsque les difficultés seront proposées dans toute leur force. Ce ton triomphant ne doit pas nous en imposer : la force de nos adversaires n'est rien moins qu'invincible. Il s'agit de comparer le second chapitre de saint Matthieu avec le second de saint Luc ; toute la différence entre ces deux éyangélistes consiste en ce que l'un rapporte plusieurs faits de l'enfance du S? iveur, desquels l'autre ne parle pas.

Saint Matthieu rapporte de suite la naissance de Jésus , l'adoration des mages, la

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