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leurs sacrés font mention. Voilà sur quoi ils ne nous ont pas encore satisfaits. Un ignorant peut nier les faits avec autant d'opiniâtreté que le plus habile de tous les philosophes.
Le NouveauTestament fait mention de plusieurs opérations de l'esprit malin, mais auxquelles les magiciens n'avaient aucune part ; ainsi le démon tenta Jésus-Christ dans le désert, et lui montra dans un moment tous les royaumes de la terre (Lac. iv, 5). Jésus- Christ et ses apôtres, en chassant le démon du corps des possédés , ne nous insinuent point qu'aucun magicien ait été cause de cette possession. Le Sauveur prédit qu'il viendra de faux prophètes, qui feront de grands prodiges capables de séduire même les élus, su était possible; il ne décide point si ces prodiges seront réels ou apparents (Matth. xxiv, 2i; Marc, xui, 22). Les Actes des apôtres, c. vin, v. 11, rapportent que Simon le Magicien avait séduit les Samaritains, et leur avait tourné l'esprit par son art magique : mais on sait qu'il n'était pas nécessaire alors de mettre le démon en action pour venir à bout de tromper le peuple. Saint Paul [H Thess. ii, 9) dit que l'arrivée de l'antechtist sera signalée par les opérations de Satan, par des actes de puissance et par des prodiges trompeurs; cette expression semble désigner des prodiges faux et simulés, plutôt que des choses surnaturelles, des actions suggérées par Satan, sans être pour cela des merveilles supérieures aux forces humaines.
Aussi les Pères de l'Eglise ne sont point d'accord dans le sens qu'ils donnent à ces passages. Saint Juslin, Apol., n. 26, pense que le démon était l'auteur des prestiges de Simon le Magicien; mais saint Irénée décide que les prétendus miracles des hérétiques, sans excepter ceux de Simon, sont tous faux, ne sont que des impostures et des illusions, Adv. Hœr. , 1. n, c. 31; saint Clément d'Alexandrie , Cohort. ad Gent., p. 52 , dit que les magiciens se vantent d'être servis par les démons, parce qu'ils les ont assujettis à leurs volontés par leurs charmes, carminibus; il ne montre aucune confiance à cette jaciance des magiciens. Origène contre Celse , 1. n, n. 50, pen^e que les prodiges des magiciens d'Egypte étaient de purs prestiges; cependant il est ailleurs d'un autre sentiment. Homil. 13, in Num., n- 4. «Que penseronsnous de la magie? dit Tertullien. Ce que tout le monde en pense, que c'est une tromperie, mais dont la nature est connue des chrétiens seuls. » Conséquemment il juge que les magiciens de Pharaon ne tirent que tromper les yeux des spectateurs, /.. de Anima, c. 57. il parait avoir la même idée des prodiges de 1 antechrist. L. v, adv. Marcion., c. 17. Saint Jean Chrysostome, en expliquant le passage de saint Paul, doute si ces mêmes prodiges seront vrais ou faux; saint Augustin est dans une égale incertitude, Lib. xx, de Civ. Deiy c. 19; et les Pères ont eu de bonnes raisons pour ne pas penser comme les incrédules.
En effet, lorsque le christianisme fut prêché,
la ma^ie était plus commune que jamais parmi les païens; nous le voyons par ce qu'en disent Celse, Julien, les historiens romains, et nos anciens apologistes. Les Pères s'attachèrent avec raison à décrier cet art funeste : sans entrer dans des discussions philosophiques, plusieurs attribuèrent au démon les prétendus miracles dont les païens se vantaient; c'était la voie la plus courte et la plus sage de terminer la contestation. Le pouvoir des démons est attesté par l'Ecriture sainte, quoique leur commerce avec les magiciens ne le soit pas. Toutes les sectes des philosophes croyaient fermement l'un et l'autre ; les historiens citaient des faits qui paraissaient incontestables, et que l'on ne pouvait attribuer à aucune cause naturelle : si les Pères avaient embrassé le pyrrhenisme des incrédules, ils auraient révolté l'univers entier. Pour détromper efficacement le monde, il fallait non pas des arguments auxquels le peuple ne comprend rienr et auxquels il ne cède jamais, mais des faits: or, les Pères ont opposé aux païens un fait public et incontestable, le pouvoir des exorcismes do l'Eglise, dont les païens eux-mêmes furent souvent témoins oculaires, et qui en a converti un très-grand nombre : donc il n'est pas vrai que le sentiment et la conduite des Pères aient contribué à entretenir le préjugé populaire touchant les opérations du démon et de la magie.
III. Il en est de même de la conduite que l'Eglise a tenue dans les siècles suivants,- et qu'elle tient encore. Au iv" siècle, les nouveaux platoniciens remplirent le inonde des prétendues merveilles de leur théurgie ; c'était, comme nous l'avons déjà remarqué, une vraie magie, et l'on sait les abominations auxquelles elle donna lieu ; nos philosophes modernes n'ont pas osé les nier : plusieurs sectes d'hérétiques faisaient profession de magie ; il fallut donc augmenter alors la sévéiité des lois. Constantin, devenu chrétien» avait rigoureusement proscrit la magie goëtique, ou toutes les opérations qui tendaient à nuire à quelqu'un ; mais il n'avait établi aucune peine contre les pratiques superstitieuses destinées à faire du bien. Après le règne de Julien, qui avait été lui-même infatué de la théurgie, les empereurs furent forcés d'être plus sévères, et de défendre absolument tout ce qui tenait à la magie.
L'Eglise fit de même. Le concile de Laodicée, tenu l'an 366; celui d'Agde, en 5U6; le concile in Trullo, l'an 6 J2 ; un concile de Rome, en 721 ; les capitulaires de Clia.lemagne, et plusieurs conciles postérieurs, le Pénitentiel romain , etc. , ont frappé d'ana.thème et ont soumis à une pénitence rigoureuse tous ceux qui auraient recours à la magie, de quoique espèce qu'elle fût ; il a souvent fallu renouveler ces lois, parce que cette peste publique n'a cessé de renaître de temps en temps. Nous soutenons que toutes ces lois, soit ecclésiastiques , soit civiles, sont justes, et qu'il y aurait de la folie à les blâmer. Bayle a très-bien prouvé que les sorciers, soit réels, soit imaginaires, soit si-
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mules, méritent les peines afflictives qu'on voulait reconnaître de règle et de loi que ce
leur fait subir, Re'p. aux quest. d'un Prov., qu'elle appelait la pure parole de Dieu, elle.
i" part., chap. 35. le raisons qu'il ap- se trouvait remplie d'astrologues, de mugi-
porte sont les mômes à. l'égard des ma- tiens, de sorciers. La liberté de penser, intro-
giciëns. duite depuis dans ce royaume, n'y a point
Quand il serait certain que tout commerce, guéri les meilleurs esprits de cette sotte cré-
tout pacte avec le démon est imaginaire et dulité. Hobbes, matérialiste décidé, avait
impossible, il n'en serait pas moins vrai peur des esprits : Charles II disait du célèbre
qu'un magicien a le dessein et la volonté Isaac Vossius : Cet homme croit à tout, excepté
d'avoir ce commerce , et qu'il fait tout ce à la Bible. Londres, tom. II, pag. 1 et sui-
qu'il peut pour y réussir ; y a-t-il une dis- vantes.
position d'âme plus exécrable et une mé- Lorsque les incrédules prétendent que les chanceté plus noire, ou quelque espèce de progrès de la philosophie, dans notre siècle, crime dont un tel homme ne soit pas capa- ont réduit à rien le pouvoir du démon et ceble?Les magiciens ne manquent jamais de lui des magiciens, que personne n'y croit mêler des profanations à leur pratiques, et plus , ils se vantent mal à propos d'un leur intention est toujours plutôt de faire du exploit auquel ils n'ont aucune part, et ils mal que de faire du bien ; l'on n'en connaît imitent en cela le caractère jongleur des maaucun qui ait été puni pour avoir voulu se- giciens. Sont-ce des philosophes qui sont courir les malheureux, ou pour avoir voulu allés instruire les habitants des Alpes, du rendre des services essentiels à quelqu'un. Mont-Jura, des Cévennes et des Pyrénées ? Baylc observe très-bien que, quand un pré- Ce sont les ministres delà religion; et ceuxtendu magicien ne croirait pas lui-môme à ci n'adopteront jamais les principes des phila magie, c'est assez qu'il ait voulu se donner losophes incrédules.
la réputation de magicien pour ôtre punis- L'unique moyen d'extirper entièrement la
sable, parce que l'opinion seule que l'on a magie, serait d'étouffer les passions qui l'ont
de lui suffit pour opérer les plus tristes effets fait naître ; l'incrédulité n'a pas ce pouvoir,
sur les caractères timides et les imaginations Déjà nous avons remarqué que les épicu-
faibles. D'autre part, que le pacte des magi- riens, quoique très-impies, ne furent cepen-
ciens avec le démon soit possible ou non, dant pas exempts de superstition. Il ne serait
les exorcismes n'en sont pas moins bons et pas impossible de citer des athées qui ont
utiles ; l'intention de l'Eglise qui lesemploie, cru à la magie sans croire en Dieu. Bayle a
étant de persuader les peuples que les bé- prouvé que, dans le système d'athéisme de
nédictions et les prières ont la vertu de dé- Spinosa, ce rêveur ne pouvait nier ni les mi-
truire toutes les opérations du démon, ce racles, ni la magie, ni les démons , ni les
qui, dans toute hypothèse, est vrai. Et cela enfers. Dict. crû. Spinosa. Nous ajoutons
suffit pour rassurer et tranquilliser les es- que, si les philosophes venaient jamais à
prits trop timides, pour écarter leurs soup- bout de la révolution qu'ils se flattent déjà
çons, pour les détourner de toute pratique d'avoir opérée, ils rendraient un très-grand
superstitie jse et impie. Dans ses inquiétudes service aux théologiens ; ils leur aideraient à
et dans ses peines, le peuple donne sa con- inculquer une grande vérité ; savoir, que le
fiance, non à la philosophie, mais à la re- pouvoir du démon a été détruit par la croix
ligion, et il n'a pas tort. Inutilement lui al- de Jésus-Christ ; qu'il n'en a plus aucun sur
léguerait-on des raisonnements pour le dé- des chrétiens consacrés à Dieu par le bap-
tromper de la magie; sur ce point, les tome, à moins qu'eux-mêmes ne veuillent
philosophes n'ont que des preuves néga- le lui accorder. Voy. sur ce sujet un pas-
tives : or ces preuves, dans l'esprit du peu- sage de saint Clément d'Alexandrie, au mot
pie, ne prévaudront jamais au récit qu'il a Démon.
entendu faire des opérations des magiciens, Quelques incrédules ont comparé les eé-
ni à la multitude des témoignages vrais eu rémonies et les formules sacramentelles usi-
faux que l'on peut lui citer. Le seul moyen tées dans l'Eglise catholique à la théurgie
de lui faire entendre raison est de luirepré- et aux pratiques des magiciens : ce sont les
senter que toute opération magique est im- protestants, et en particulier Beausobre, qui
nie, abominable, sévèrement défendue par leur ont suggéré cette ineptie ; ils comparent
la loi de Dieu, et punie de mort par les lois le saint-chrôme aux parfums et aux fumiga-
civiles ; que tous les magiciens de l'univers tions dont se servaient les Egyptiens pour
ne peuvent rien sur un chrétien qui met sa attirer les démons , ou pour les mettre en
confiance en Dieu et aux prières de l'Eglise, en fuite. Ils n'ont pas vu qu'ils donnaient
Une preuve que ce ne sont ni ces prières, ni lieu aux impies de comparer la forme du
les exorcismes, ni les lois, qui contribuent à baptême aux charmes ou aux paroles magi-
eutretenir les erreurs du peuple, c'est que ques des imposteurs. Cette absurdité sera
chez les protestants qui ont rejeté toutes réfutée au mot Théurgie. Voy. Charme, Di-
les pratiques de l'Eglise, en Suisse, en An- vination, Enchantement, etc.
[déterre, dans les pays du Nord, la divina- IV. Plusieurs sectes d'hérétiques ont été
tien, la magie, les sortilèges sont beaucoup accusées de pratiquer la magie, en particulier
plus communs que chez les catholiques, les basilidicns et d'autres sectes de gnosti-
iarce que ces crimes demeurent impunis ques, les manichéens et les priscillianistes
parmi les protestants. leurs descendants ; on supposait que Manès
Dans le temps môme que l'Angleterre ne avait appris cet art odieux des mages de
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Verse, disciples de Zoroaslre. Beausobre, protecteur déclaré de tous les hérét'ques, a entrepris de les justifier contre ce reproche des Pères de l'Eglise ; il soutient que c'est une pure ca'omnie, qui n'a aucun fondement. Hist. du Manich., 1. i, c. 6, § 10; 1. iv, c. 3, §19;1. ix, c. 13.
En premier lieu, dit-il, le nom do magie. dans l'origine, n'a rien d'odieux ; il signifiait l'art d'employer des observations naturelles, des connaissances de physique , de médecine, d'astrologie et de théologie : un mage était un savant. En second lieu, les païens ont regardé les premiers chrétiens comme autant de magiciens, et de tout ternes l'on a renouvelé cette accusation, contre les personnages les plus respectables : elle ne mérite donc aucune attention. Quelques sectes d'hérétiques ont peut-être employé des pratiques superstitieuses, comme les amulettes, les talismans, les abraxas des basilidiens ; mais si c'est là de la magie, il faudra en accuser plusieurs Pères de l'Eglise. Origène, par exemple, liv. i, contre Cche, n"* 24 et 25, soutient qu'il y a une vertu surnaturelle attachée à certains noms des anges ou des génies ; que la magie n'est point un art vain et chimérique. Synésîus, de Jnsomn., était persuadé que l'on peut avoir un commerce immédiat avec ces êtres invisibles, et opérer des choses mer veilleuses par leur entremise. On ne doit appeler magie que le commerce avec les mauvais démons ; quant aux esprits bienfaisants, il n'est point défendu par la loi naturelle de s'adresser à eux : cela n'était interdit par la loi de Moïse que parce que c'était une source d'idolâtrie. Or, on ne peut pas prouver que Zoroastre, les basilidiens, les manichéens, ni les prisciilianistes, ont jamais invoqué les mauvais démons: c'est donc injustement qu'ils ont été taxés de magie.
Cette apologie n'est pas solide : elle porte sur un faux principe. 11 est vrai que les anciens ont nommé magie toute connaissance supérieure bonne ou mauvaise, ensuite le commerce avec les esprits ou génies bons ou mauvais ; mais si le commerce entretenu avec les mauvais démons, dans l'intention de nuire à quelqu'un, est l'espèce de magie la plus abominable, nous soutenons que l'autre, espèce n'est pas innocente ; non-seulement elle conduit à l'idolâtrie, comme le dit Beausobre, mais c'est une espèce de profession du polythéisme : nous l'avons fait voir ; donc elle e.^t défendue par la loi naturelle, puisqu'un des premiers préceptes de cette loi est de n'adorer qu'un seul Dieu. Les protestants sont forcés d'en convenir ou de se contredire. Lorsqu'ils argumentent contre l'usage des catholiques d'invoquer les anges et les saints, ils posent pour principe que l'invocation est un culte religieux, et que tout culte rendu à un autre être qu'à Dieu est une profanation et une impiété. Pourquoi, lorsqu'il s'agit de disculper des hérétiques raisonnent-ils sur une supposition contraire ?
Posons donc un principe plus solide et pk;s vrai : c'est que toute invocation d'es-
prits ou de génies supposés indépendants de Dieu, et non simples exécuteurs des ordres de Dieu, est un acte de polythéisme, parce que l'on attribue à ces prétendus génies un pouvoir qui n'appartient qu'à Dieu, et qu'on leur accorde une confiance qui n'est due qu'à Dieu : donc c'est une impiété défendue pir la loi naturelle. Qu'on l'appelle magie ou autrement,, n'importe à la grièveté du crime. L'invocation des anges et des saints n'est permise et louable que parce qu'on les suppose parfaitement soumis à Dieu, et revêtus du seul pouvoir que Dieu daigne leur accorder ; qu'ainsi nous ne pouvons avoir en eux de la confiance qu'autant que nous en avons en Dieu. Par conséquent le culte que nous leur rendons se rapporte immédiatement à Dieu. La question est de savoir quelle idée les manichéens avaient des esprits ou génies. Ils en admettaient de deux espèces, les uns bons, les autres mauvais ; mais ils ne les regardaient point comme des créatures de Dieu; ils disaient que les bons sont coéternels à Dieu, et que les mauvais sont sortis du sein de la ma1 1ère. Hist. du Manich., 1. v, c. G, § 18 ; 1. vi, c. 1 , § 1. Jamais ils n'ont représenté les bons génies comme de simples ministres des volontés de Dieu, comme nous considérons les anges. Puisqu'ils invoquaient ces génies, et désiraient d'être en commerce avec eux, ils ne pouvaient rapporter à Dieu les respects, la confiance, la reconnaissance qu'ils témoignaient aux génies; c'était donc une impiété, et nous ne voyons pas pourquoi l'on ne devait )as la taxer de magie. Est-il certain, d'ail— eurs, qu'aucune de leurs pratiques ne s'adressait aux mauvais démons, du moins pour les ap.nser et les empêcher de nu re ? Ils usaient certainement de caractères et do figures magiques. 11 est dit du pape Symmaquo qu'il fit brûler, devant le portail de la basilique Constantine, leurs livres et leurs simulacres. Ânast. in Sgmm. Beausobre, qui semble regretter la perte de ces livres, dit qu'il ne sait pas ce que c'était que ces simulacres, i&îd.jii'part. discprél., n. 1. Cela n'était pas fort difficile à deviner ; les auteurs ecclésiastiques nous ont assez donné à entendre que c'étaient des figures magiques.
Origène et Synésius ont pensé, comme tous les philosophes de leur temps, qu'il y avait des paroles efficaces, des noms doués d'un certaine vertu, des formules et des pratiques parle moyen desquelles on pouvait entrer en commerce avec les démons ou génies ; que les magiciens en possédaient la connaissance ; qu'ainsi leur art n'était ras une pure illusion. Mais ces deux auteurs ont-ils approuvé ce commerce ? ont-ils dit que l'on pouvait en user innocemment? Ils ont témoigné le contraire. Origène , dans l'ouvrage même cité, 1. i, n. 6, a réfuté la calomnie de Celse, qui accusait les chrétiens d'opérer des prodiges par des enchantements et par l'entremise des démons. Homil. 13, in Nwn, n. 5 ; il n'approuve que l'invocation des saints anges ; il dit que ces esprits ce-
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lestes n'obéiront jamais aux enchantements des magiciens, qu'ils ne peuvent taire que du hier» , au lieu que les démons ou prétendus génies ne peuvent faire que du mal, etc. Synésius n'en a pas eu meilleure opinion. Quelle superstition peut-on donc leur reprocher ? Un superstitieux n'est pas celui qui croit qu'une pratique abusive peut être efficace, mais celui qui en use et y met sa confiance. Nous avons montré ci-dessus que les autres Pères <le l'Eglise n'ont paspensé comme Origène et Synésius.
Dès qu'il était avéré que les premiers chrétiens faisaient des miracles par le nom de Jésus-Christ, par le signe de la croix, par la récitation des Evangiles , Origène contre Celse, ibid., il n'est pas étonnant que les païens les aient accusés de magie. Puisque l'on a formé le même reproche contre les manichéens, il faut donc qu'ils aient fait quelques prodiges apparents, ou qu'ils so soient vantés d'en faire, et qu'ils aient promis d'en apprendre le secret ; dans ce cas, ils ont mérité le nom de magiciens, le blâme des Pères de l'Eglise, et les châtiments décernés contre ce crime parles lois impériales. Pour être censé magicien, il n'était pas nécessaire d'avoir conversé réellement avec les démons, ni d'avoir fait des prestiges parleur secours ; il suffisait de l'avoir tenté, d'avoir invoqué leur assistance, et d'avoir enseigné aux autres ces pratiques abominables. Saint Paul lui-même a décidé que quiconque prenait part aux sacrifices des païens, participait à la table des démons (/ Cor. c. x, v. 21). Donc, toute relation avec eux était un culte qu'on leur rendait. Les Pères de l'Eglise n'ont donc pas eu tort de taxer de magie les hérétques coupables de ce crime, et Iîeausobre les a fort mai justifiés. Voy. Sorciers.
MAGISTRAT. Les vaudois et les anabaptistes ont soutenu qu'il n'est pas permis à un chrétien d'exercer la magistrature, parce que cette charge peut le mettre dans la nécessité de condamner quelqu'un à la mort ou à des peines alïlictives , ce qui est contraire, disent-ils, à la douceur et à la charité chrétiennes. Plusieurs sociniens ont adopté celte erreur. Voy. I' Histoire du socianianisme, \" part.,chap. 18. Barbeyrac s'est efforcé de prouver que Tertullien y est tombé. Traité de lamorale des Pères, chap. 6, § 21 et suiv. Les incrédules, sur la parole des hérétiques, n'ont pas manqué de supposer que c'est là effectivement un point de la morale chrétienne, et ils ont saisi cette occasion de déclamer contre l'Evangile.
Mais comment les hérétiques ont-ils prouvé ce paradoxe ? A leur ordinaire, en prenant de travers quelques passages de l'Evangile. Jésus-Christ a dit (Matlh. c. v, v. 38) : Vous savez qu'il a été dit aux anciens d'exiger œil pour œil et dent pour dent. Pour moi je vous dis de ne point résister au mal ou au méchant; mais si quelqu'un vous frappe sur une joue, tendez-lui l'autre ; s'il veut plaider contre vous et vous enlever votre robe, abandonnezlui encore votre manteau, e!c De là l'on a
conclu que le Sauveur a condamné les magistrats juifs, qui, selon la loi du talion, prescrite par Moïse, infligeaient aux criminels des peines afflictives ; que, puisqu'il défend à ses disciples de plaider, il défend aussi aux magistrats de condamner et de punir.
La conséquence est aussi fausse que le commentaire. Quand ce serait un crime de poursuivre quelqu'un en justice, ce qui n'est point, ce n'en serait pas un pour le juge de terminer la contestation. Il est évident que Jésus-Christ parle à ses disciples relativement aux circonstances dans lesquelles ils allaient bientôt se trouver, et à la fonction dont ils étaient chargés, qui était de prêcher l'Evangile a. des incrédules. Us ne pouvaient l'établir au milieu des persécutions, à moins de pousser la patience jusqu'à l'héroïsme ; il leur aurait été fort inutile de poursuivre la réparation d'une injure au tribunal des magistrats juifs ou païens, disposés à leur ôter môme la vie. Toute la suite du discours de Jésus-Christ tend au même but et prescrit la même morale II ne s'ensuit pas do laque le Sauveur a interdit la juste défense dans toute autre circonstance, ni condamné la fonction des juges. Il a seulement réprouvé la conduite de ceux qui voulaient abuser de la loi prescrite aux magistrats touchant la peine du talion, qui concluaient qu'il est permis aux particuliers de l'exercer par eux-mêmes, et de se venger par des représailles.
Nous ne pouvons mieux interpréter les paroles de Jésus-Christ que par la conduite des apôtres. « Nous sommes , dit sa:nt Paul, frappés, maudits, persécutés, regardés comme le rebut du monde, et nous le souffrons ; nous bénissons Dieu et nous prions pour nos ennemis (7 Cor., c. iv, v. 11). C'est par cette patience même que les apôtres ont converti le monde. Saint Paul propose pour exemple cette conduite aux fidèles, parce qu'elle leur était aussi nécessaire qu'aux apôtres. « Je vous en conjure, dit-il, soyez mes imitateurs, commejele suis de Jésus-Christ (Ibid., v. 16). Ensuite, c. vr, v. 1, il les reprend de ce qu'ils avaient entre eux des contestations, et se poursuivaient par-devant les magistrats païens ; il les exhorte à terminer leurs différends par arbitres. « C'est déjà une fauto de votre part, leur dit-il, d'avoir des procès entre vous. Pourquoi ne pas soufïVir plutôt une injure ou une fraude ? Mais c'est vousmêmes qui vous en rendez coupables envers vos frères. » On peut encore prêcher cette morale à tous les plaideurs, sans condamner pour cela les fonctions des magistrats.
Loin de donner dans cet excès, l'Apôtre veut qu'on les respecte et qu'on les honore, que l'on envisage l'ordre civil comme une chose que Dieu lui-même a établie (Rom. c. xm, v. 4 ). Il enseigne que le prince est le ministre de Dieu préposé pour venger le crime et punir ceux qui font le mal. 11 en est donc de même des magistrats, puisque c'est par eux que le prince exerce sou autorité.
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Comme Tcrtulhen ne pouvait pas ignorer cette décision de saint Paul, il est naturel de penser qu'il n'a interdit à un chrétien les fonctions de la magistrature, que relativement aux circonstances dans lesquelles on se trouvait pour lors ; qu'il n'a envisagé dans les magistrats que la nécessité de condamner et de punir des hommes pour cause de religion. De idolol., c. 17, p. 96. C'est le hut général de tout son traité sur V Idolâtrie; et si on l'entend autrement, ce qu'il dit de la fonction de condamner et de punir n'y aura plus aucun rapport, il en est de même de ce qu'il ajoute au sujet des marques de dignité et des ornements attachés aux charges ; ces ornements étaient pour lors une marque de paganisme, puisque, dans ce temps-là, on n'aurait pas souffert dans une charge quelconque un chrétien connu pour tel. 11 y a de l'injustice à supposer que Tertullien condamne absolument et en général tout jugement, toute sentence, toute condamnation, toute marque de dignité pendant que tout ce qu'il dit d'ailleurs se rapporte évidemment aux circonstances. Il est fâcheux que M. Nicole n'y ait pas regardé de plus près, et qu'il ait autorisé Harbeyrac à condamner Tertullien, Essais de morale, t. II, 1"-' partie, c. k. Mais ce n'est pas ici la seule occasion dans laquelle on a censuré mal à propos les Pères de l'Eglise.
Les lois seraient inutiles, s'il n'y avait pas des magistrats pour les exécuter ; la société ne subsisterait plus, si les méchants pouvaient la troubler impunément. Comment Jésus- Chiist aurait-il voulu la détruire, lui dont la doctrine a éclairé tous les législateurs, a consacré tous les liens de société, a introduit la civilisation chez les barbares, a rendu plus sages et plus heureuses toutes les nations policées ? L'entêtement de quelques hérétiques ne prouve rien; ils n'ont cherché à rend re les fonctions de la magistrature odieu ses qu'atin de se soustraire à son autorité, après avoir secoué le joug de celle de l'Eglise. D'autres ont donné dans l'excès opposé, en attribuant aux magistrats le droit de prononcer sur les questions de théologie, et de décider quelle religion l'on doit suivre. C'est ce qu'ont fait les protestants, partout où ils ont été les maîtres ; c'est par les arrêts des magistrats que le catholicisme a été proscrit, et la prétendue réforme introduite : les écrivains de ce parti ont été forcés d'en convenir. Mais ce n'est pas aux juges séculiers que Jésus-Christ a donné mission pour prêcher sou Evangile, pour en expliquer le sens, pour apprendre aux fidèles ce qu'ils doivent croire ; il a prédit au contraire à ses apôtres qu'ils seraient condamnés par les tribunaux, maltraités et persécutés par les magistrats, commeillaété lui-même (Malth. x,17,Ï8, etc.).
Mais telle a été la contradiction et l'artifice des hérétiques de tous les siècles ; lorsqu'ils ont espéré la faveur des magistrats, ils leur ont attribué une autorité pleine et entière de décider de la religion ; lorsqu'ils ont vu que cette autorité ne leur était pas favorable, ils ont tâché de l'anéantir et do la
saper par le fondement. Ce manège a été renouvelé tant de fois, qu'il ne peut plus en imposer à personne.
Jésus-Christ a placé lui-même la borne qui sépare les deux puissances, en disant : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu; ni l'une ni l'autre no peuvent rien gagner à la franchir
¥ Magnétisme. Dans notre Dictionnaire de Théologie morale, nous avons donné une idée du magnétisme, tant sous le rapport doctrinal que sous le rapport pratique. Nous nous contenterons de rapporter ici un fragment d'un rapport de M. L.-F. Guérin , sur un ouvrage de M. l'abbé Loubert , ouvrage qui a jeté du jour sur la question :
i L'homme, dit M. l'abbé Loubert, en dirigeant sur son semblable le fluide électro-nerveux, autrefois appelé esprits animaux, détermine chez celui qui est soumis à celte action une sécrétion plus abondante des esprits animaux, une disposition spéciale du fluide électro-nerveux , auparavant comme à l'état Latent, et, par son fluide propre qu'il surajoute, celui qui agit peut exercer une attraction physique comparable à l'action de l'aimant sur le fer doux. Ces premiers phénomènes, abstraction faite des autres, ont fait donner au principe de cette action de l'homme sur son semblable le nom de magnétisme animal, l'homme appartenant, par certain côté, au règne animal. Mais l'homme, celle intelligence unio à des organes, anima rationalis el caro unus est homo, formant aussi un règne spécial, à part, ce principe de l'action magnétique , chez Vhomme , a encore été nommé , d'une manière plus philosophique et plus chrétienne, magnétisme humain, non parce qu'il ne peut être dirigé que sur l'homme , mais parce qu'il est en Vhomme et qu'il vient de ï homme. »
Après avoir défini le magnétisme , M. Loubei t passe à une question dont la solution est purement historique; c'est-à-dire que l'étude historique, attentive, exacte, impartiale, est loin de nous montrer Mesmer comme un jongleur el un charlatan. Nous passons rapidement sur ces chapitres pour reprébenter la quintessence d'autres plus importants.
« Si les ennemis du magnétisme affirment que le magnétisme est essentiellement mauvais, hostile à la loi et aux mœurs ; qu'il n'y a pas de proportions entre les causes connues et les effets ; de nombreux défenseurs intelligents du magnétisme, d'après les faits et les théories généralement avoués, assurent <pie cette science , que cet art , comme toutes les choses humaines , n'est qu'accidentellement nuisible, et que, bien comprise, sa doctrine est amie de la foi et de la moralité publique et privée. Ils affirment en outre que l'élude physiologique et psychologique de Vhomme fournil des données suffisantes pour expliquer la causalité des fails aussi bien (ou aussi mal ) que nous le faisons dans les autres (tueslio):s débattue* ici-bas. Les magnétiseurs les plus éclairés, les plus moraux , les plus chrétiens, ne se constituent les défenseurs et les propagateurs que du magnétisme psycho-physiologique naturel, éclaire par un spiritualisme modéré et franchement orthodoxe. En plus grand nombre que les autres magnétiseurs , ce n'est que ce magnétisme naturel qu'ils conseillent, qu'ils approuvent et qu'ils tolèrent tout à fois; ce n'est que par ce magnétisme qu'ils réclament des franchises et des libertés intelligentes et réglées. Ils tolèrent seulement , el à ( :ause du silence de l'Eglise, et à cause de la boni.e foi d'un grand nombre de personnes sérieusement chrétiennes , le genre spécial de magnétisme dont les magnétiseurs spiritualistes (xatjérés prennent la défense. Mais ils haïssent , ils détestent , il abln rent, ils repoussent le magnétisme évidemment magique et diabolique. Us se réjouissent même, jusquM un certain pont*, que plusieurs ne croient pas à cette
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puissance magnéiîco-raagique et diabolique : l'impiélé cl l'immoralité des dieux de L'époque actuelle multiplieraient trop les avides et nombreux initiés. Les sages partisans du magnétisme et du somnambulisme ont doue déjà des raisons assez forles pour ee former une conscience pratiquement certaine sur la bonté et la moralité de leur science et de leur art comparés à un autre genre de magnétisme, illusoire, dangereux, ou même positivement mauvais et condamnable. >
Voilà, selon nous, de la franebise : on ne peut poser plus clairement et plus nettement les questions. Mais aux principes réilexes que l'auteur expose et qu'il lire (lu témoignage des hommes, attentivement examiné, viennent encore se joindre pour le plus grand nombre des amis du magnétisme, ces lumières que l'expérience seule donne , celte conviction \\\\&\'habl>tde seule affermit. Ceux qui les combattent, que peuvent-ils opposer? Rien de tout cela, lis se livrent à perle de vue et a priori, à une soif maladive de causalité qui n'est, sur aucune question, satisfaite comme ils le voudraient ici, et qui engendrerait le plus absolu et le plus désespérant scepticisme, si l'on l'appliquait à n'importe quelle science. Ils nous feraient douter que nous puissions mouvoir le bras, parce que nous ignorons absolument le c>mment .'... Ils s'obstinent à ne pas vouloir comprendre que, la question étant à la fois physiologique et psychologique, il ne suffit pas d'être théologien pour la saisir sous toutes ses faces, et pour la résoudre définitivement et complètement. Nous pensons que l'estimable auteur a parfaitement raison ici ; et nous approuvons complètement ce qu'il ajoute au sujet des antagonistes du magnétisme humain. Ils nous sont, en outre , dit-il, légitimement suspects, parce qu'ils ont toujours dressé des consultations ignorantes des premiers éléments du procès en litige, et qu'aussitôt qu'une réponse leur est arrivée de Rome, sans égard pour l'honneur du saint-siège, sans tenir compte des paroles conditionnelles, iront exponitur, ils ont faussé la conscience des fidèles en criant partout cl bien haut : Lemagnetismcest définitivement et absolument condamné. Mais la réponse du cardinal Caslracane à Mgr Gousset est venue faire jaillir la lumière dans les ténèbres aux yeux des plus obstinés. M. l'abbé Loubert n'énonce pas seulement ceci : il le prouve, et voici les points auxquels nous pouvons réduire son argumentation , et qu'il croit pouvoir rappeler avec indépendance et liberté aux pasteurs ci aux fidèles :
« 1° Rome ne s'est prononcée que sur des cas particuliers., et n'a pas entendu juger le magnétisme en lui-même, ni prononcer sur son opposition à la foi et aux mœurs ; 2° Mgr Bouvier, éveque du Mans, dit qu'i/ n'oserait pas condamner, par conséquent qu'on peut tolérer ; o" Mgr Gousset, archevêque de Reims, affirme non- seulement qiù.n confesseur peut , mais qu'jui confesseur doit tolérer, 4° Mgr Gousset a observé des laits par lui-même; 5° plusieurs archevêques , évèques , supérieurs de communautés , plusieurs prêtres, plusieurs confesseurs, ont conseillé ou approuvé , ou toléré l'usage du magnétisme, et accordé 1 absolution à ceux qui s'en occupaient; G0 plusieurs prêtres ou ecclésiastiques s'en sont occupes plus spécialement et plus directement en assistant à des expériences, ou en en faisant eux-mêmes o:i en consultant des somnambules pour eux ou pour d'autres personnes malades, en se soumettant eux-mêmes à la magnétisation, etc. »
De tous ces faits, — et considérant encore, et pardessus tout, quoi qu'il en soit au fond du magnétisme, qu'un confesseur n'a pas le droit, dans les matières controversées , d'imposer son opinion particulière à son pénitent ; que son devoir est de lui donner l'absolution, alors même que, dans les choses libres et débattues, le pénitent, ne veut pas se conformer ; u jugement de son confesseur et prendre l'opinion qui
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parait à ce dernier plus probable et plus sure ; — M. l'abbé Louberl conclut à l'obligation pour le confesseur,
et cela snb gravi, sous peine de faute grave, de tolérer l'usage du magnétisme, et au droit rigoureux et strict pour le pénitent de réclamer et d'obtenir l'absolution qui lui est due, posées de part et d'autre les conditions établies, dans un autre endroit de son ouvrage, pour éviter à tous l'illusion ou la mauvaise volonté.
< Si nous sommes assez heureux, dit M. Loubert, pour concourir, seulement en quelque chose, par ce travail plus imparlait encore que le premier, à obtenir ce que nous demandons en finissant, une tolérance intelligente et charitable, nous aurons servi suffisamment la cause de la religion , celle du clergé, des fidèles et de la science. La religion verra s'étendre d'autant plus ses pacifiques conquêtes , qu'elle apparaîtra, comme elle est , seule amie de la vérité, de la science et de la liberté véritable. Le clergé réclamera plus efficacement sa part légitime d'action dans le mouvement providentiel du progrès et des lumières, s'il montre qu'il saisit en maître les harmonies sublimes de la vérité religieuse et de la vérité scientifique. Les fidèles seront plus sûrement prémunis contre l'erreur, le charlatanisme, l'immoralité et la superstition, s'ils retrouvent les guides éclairés et purs qui les conduisent et les dirigent dans ces voies mystérieuses où ils entrent souvent tète baissée, parce qu'une parole trop humainement légère est sortie de Ivres sacrées et a compromis la dignité de sa puissance tutéiaire , la sagesse et la prudence de sa paternelle autorité, en disant : Tout n'est qu'illusion, jonglerie, séduction dangereuse, superstition coupable, manœuvres illicites et condamnée;. Montrer le mal où il n'est pas, c'est ne pas le faire voir où il est; le montrer partout et toujours, c'est exposer à ne le faire soupçonner nulle part et jamais. On m'a assuré que tout est faux et criminel dans le magnétisme, dit le fidèle; mais j'ai vu de mes i eux et touché de mes mains quelque chose d'innocent et de réel. Là-dessus, comme sur tout le rette , on s'est Iront] é , on m'a trompé. Et la conclusion lui est funeste, parce qu'elle est trop absolue, trop générale. Un excès amène un autre excès. L'ennemi de Dieu et des hommes est l'instigateur principal et l'ami de tous les excès. «
Notre auteur ajoute : « La science enfin, si ce fravail obtient son modeste but , trouvera des esprits éclairés par la foi, des cœurs vivifiés par la charité, des volontés fortifiées par les vertus chrétiennes ; et les ténèbres épaisses des théories de l'impiété terrestre et grossière se dissiperont à l'instant comme les vapeurs infectes et malsaines des marais fangeux chassées par les rayons bienfaisants de la lumière du ciel. Et l'empirisme égoïste ou imprudent, la spéculation basse, dévorée de la soif de l'or, fera place à l'observation généreuse et mesurée , plus soucieuse de la dignité de l'homme et du chrétien, de sa santé et de sa vie, que d'un métal qui dégrade , ou d'une philanthropie qui n'est qu'un prétexte pour se passer de Dieu, de son Eglise et des dons de sa grâce. Et la faiblesse des volontés humaines et les chutes et les souillures d'une moralité suspecte, énervée par l'amour-pioprc et par son isolement de la venu d'en haut, céderont l'empire à la modestie céleste qui s'effraie de l'apparence du mal , qui l'évite avec sollicitude , qui sait courageusement fuir une lutte où vouloir combattre, c'est être déjà vaincu ; qui sait cependant accepter sans hésitation et sans crainte ces dangers où le devoir nous appelle, où la charité nous demande, où la grâce d'état nous attend, où Dieu nous veut, nous assiste et nous fortifie, nous enrichit de la sainteté de ses dons et les couronne en nous.... Mais que nous ayons contribué ou non à quelque chose de tout cela , nous offrirons toujours à Dieu et à son Eglise, à Jésus-Christ et à son vicaire sur la ferre, notre intention à bénir , notre œuvre à condamner ou à absoudre, noire soumission à accueillir, à sanctifier, j
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MAGNIFICAT. Cantique prononcé par la sainte Vierge, lorsqu'elle visita sa cousine Elisabeth (Luc. i, 46). L'usage actuel de l'Eglise est de le chanter ou de le réciter tous les jours à vêpres.
Bingham pense, comme le Père Mabillon, que cet usage n'a commencé dans l'Eglise latine que vers l'an 506, parce que c'est dans ce temps-là que saint Césaire , évêque d'Arles, et Aurélien, son successeur, dressant une règle monastique , prescrivirent aux moines de chanter ce cantique et le Gloria in excelsis, dans l'office du matin (Orig. ecclés.,].xi\, c. 2, § 2 et 7). Mais Bingham observe lui-môme que l'usage de chanter le Gloria in excelsis est beaucoup plus ancien que ces deux évoques, et qu'il remonte aux premiers siècles de l'Eglise. Puisque la règle de saint Césaire et d'Aurélien ne prouve pas que le cantique Gloria n'ait pas été déjà chanté avant eux, il en peut être de même du Magnificat. 11 serait étonnant que ce cantique si sublime et si édiliant, tiré de l'Ecriture sainte, et inspiré par le Saint-Esprit, eût été négligé pendant que l'on chantait le Gloria in excelsis , duquel l'auteur est inconnu. Voy. Doxologie.
Nous faisons ctte remarque, afin de montrer qu'en fait d'antiquités, soit ecclésiastiques, soit profanes, il y a du danger à s'en tenir aux preuves négatives , à conclure qu'une chose n'a commencé que dans tel temps, parce qu'avant cette époque on n'en voit point de preuves positives. C'est un argument très -faible et trop souvent répété par les critiques protestants. Au sujet du Magnificat, il y a du moins une preuve générale ; c'est l'invitation que fait saint Paul aux fidèles de s'exciter mutuellement à la piété par des hymnes et des cantiques spirituels {Eph., v, 1; Col., ni, 10). Saint Ignace, qui a suivi de près les apôtres, en établit l'usage dans l'Eglise d'Antioche. Socrate, Hisl. eccl., 1. xi, c. 8. 11 est à présumer que l'on chanta par préférence ceux que l'on trouvait dans l'Ecriture sainte, puisque l'on chantait les psaumes ; or le Magnificat est de ce nombre ; à tous égards il devait être préféré à ceux de l'Ancien Testament. Voy. Cantique.
MAHOAJÉTiSME. Système de religion qui a pour auteur Mahomet , imposteur arabe, né vers l'an 570, mort en G31. Quoique la connaissance des fausses religions fasse partie de l'histoire plutôt que de la théologie, on a droit d'exiger de nous une notion du mahométisme. Les incrédules de no'.re siècle, pour déprimer la vraie religion, se sont attachés à justifier les fausses : plusieurs ont tenté de iàire l'apologie de Mahomet et de ses rêveries; ils ont prétendu que sa religion, tout absurde qu'elle paraît, est néanmoins fondée sur le même genre de preuves que la nôtre ; qu'un mahométan raisonne aussi sensément qu'un chrétien, lorsqu'il croit sa religion divine, et traite d'infidèles ceux qui ne pensent pas comme lui. Quelques-uns ont poussé l'entêtement jusqu'à soutenir que le mahométisme est une religion moins impure que le christianisme. Nous somme-
donc obligés d'examiner les caractères do mission divine dont Mahomet a pu paraître revêtu, et si la religion qu'il a établie porte quelques marques de vérité. Le livre qui la renferme est nommé Alcoran, le livre par excellence ; il est attribué à Mahomet ; c'est la règle de foi de ses sectateurs, et ils en adorent pour ainsi dire toutes les paroles. C'est dans cette source même que nous examinerons les caractères personnels du législateur de l'Arabie, la doctrine qu'il a enseignée, les moyens dont il s'est servi pour l'établir , les effets qu'elle a produits. Nous rougissons d'être réduits à mettre le christianisme en parallèle avec une religion aussi absurde ; mais nous ne devons rien négliger pour mettre dans tout son jour l'aveuglement et la méchanceté des incrédules. Prideaux, dans la Vie de Mahomet; Maracci, dans sa réfutation de l'Alcoran, et d'autres, ont déjà fait cette comparaison ; mais nous sommes forcés do l'abréger et de perdre ainsi une partie de nos avantages.
Un de nos philosophes, qui a pris le ton de législateur dans les choses qu'il entendait le moins, a décidé que l'on ne doit pas dire Y Alcoran, mais le Coran; et la plupart de nos littérateurs ont humblement adopté cette correction. Par la même raison il ne nous sera plus permis dédire, alambic, alcade, alcali, alchimie, algèbre, almanach, etc.; tous ces termes, empruntés des Arabes, portent l'article avec eux. Nous ne faisons cette remarque que-pour démontrerl'ineptied'un personnage auquel on prodigue très-mal à propos le titre de grand homme.
I. On prétend d'abord que Mahomet était né dans une des plus anciennes tribus arabes,que sa famille y avait tenu de tout temps un rang distingué , qu'elle était chargée de la garde et de l'inspection du temple de la Mecque, édifice également respecté par les chrétiens, par les juifs et par les idolâtres, en mémoire d'Abraham, ou plutôt d'Ismaël, son fils; que Ma' omet avait donc plus qu'un autre le dn it de s'ériger en réformateur de la religion des Arabes. Quand tous ces faits seraient vrais, la conséquence serait encore nulle. La réforme de la religion, à plus forte raison l'établissement, d'une religion nouvelle, n'est pas un droit de f mille ; il faut, pour cela, une mission du ciel: or, Mahomet n'en avait point. Il s'ensuit seulement de sa naissance, que les Arabes étaient disposés à l'écouter plutôt qu'un autre, et qu'il avait plus d'avantage qu'un autre pour leur e;i imposer. Durant quinze ans, il s'enfermt tous les ans pendant un mois dans une caverne du mont Héra, pour disposer ainsi les Arabes à croire à sa miss on; il ne s'annonça d'abord que comme envoyé pour rétablir l'ancienne religion d'Abraham, d'Ismaël, de Jésus et des prophètes. En cela, il trompa déjà ses compatriotes ; la religion qu'il a établie n'est ni celle d'Abraham, ni celle des Juifs, ses descendants, ni celle de Jésus ; elle ne ressemble à aucune des tro's. Mém. des Inscr., t. LVHI, in-12. p. 277, 279, L'ignorance de Mahomet n'est pas un f a ï
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