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douteux; il se nommait lui-même le prophète non-lettré; et quand il ne l'aurait pas avoué, sou livre en fait foi. 11 est rempli de fables, d'absurdités , de fautes grossières en fait d'histoire, de physique, de géographie et de 'î'ironolog'e. C'est un composé bizarre des rêveries du Talmud, diï contes tirés des livres apocryphes qui avaient cours dans l'Orient, et de quelques traditions arabes. Mahomet mit ensemble ce qu'il avait ouï dire à des Juifs, à des hérétiques ariens, nestoriens, cutychiens, et à ses compatriotes. Il savait bien que ceux-ci n'étaient pas assez instruits pour le contredire. Convaincu que leur ignorance lui était absolument nécessaire pour réussir, il défendit à ses sectateurs l'éluda des lettres et de la philosophie; c'est un fait avoué par les musulmans. Brucker, Eist.
philos., t. III, p. 15. Cette défense fut exactement exécutée parmi eux pendant plus d'un siècle, ibid., p. 21 ; et c'est en conséquence de cette loi funeste que les califes tirent brûler la riche bibliothèque d'Alexandrie et toutes celles qui tombèrent entre leurs mains. Aujourd'hui encore les mahométans détestent l'imprimerie.
Les ennemis du christianisme peuvent-ils le couvrir d'un pareil opprobre ? Vainement ils disent que Jésus-Christ lui-môme n'avait fait aucune étude, qu'il a choisi des ignorants pour ses apôtres, que saint Paul a décrédité la philosophie. Jésus-Christ, éclairé d'une lumière divine, savait les lettres sans les avoir apprises (Joan. vu, 15). Souvent il a confondu les docteurs Juifs. Il avait promis le Saint-Esprit à ses apôtres, et il le leur a donné en effet ; ils ont prêché l'Evangile dans le siècle le plus éclairé qui fut jamais, sous les yeux des sages d'Athènes et de Rome , et en ont converti plusieurs. Jusqu'à présent les incrédules n'ont pas réussi à montrer des erreurs dans leurs écrits. Saint Paul n'a décrédité que la fausse philosophie qui égarait les hommes, comme elle aveuglï encore les incrédules. Partout où le christianisme s'est établi, il a banni la barbarie, et les lettres ne sont encore aujourd'hui cultivées que chez les nations chrétiennes. Voy. Lettkks. Voilà des faits aussi incontestables que l'ignorance grossière de Mahomet et de ses sectateurs. La corruption de ses mœurs n'est pas moins prouvée ; jamais homme n'a poussé plus loin la luxure. Il ne se contuita pas d'avoir plusieurs femmes, il s'attribua le privilège d'enlever celles d'aulrui ; il abusa de ses esclaves, même d'une pe'ite fille de huit ans. 11 poussa l'impudence jusqu'à vou!oir( justifier ces turpitudes pir une permission formelle de Dieu, et, forgea dans ce dessein les chapitres 33 et 3G de l'Alcoran. Il ne respecta ni l'âge, ni les degrés de parenté, ni la décence publique. 11 prétendit qu'il lui était permis de prendre, sur les dépouilles des ennemis, tout ce qu'il voulait, avant le partage ; d'enlever encore pour sa part le cinquième du tout ; de commettre des meurtres dans la ville de la Mecque ; de juger selon sa volonté ; de recevoir des présents de ses clients, malgré la défense de la loi ; de
partager les terres d'autrui , même avant qu'il s'en fût rendu maître; parce que Dieu lui avait donné, disait-il, la possession de toute la terre. Gagnier, Vie de Mahomet, tom. II, pag. 323, 382, 384, etc. 11 ajouta encore pour ses sectateurs le privilège de fausser leurs serments, parce qu'il était lui-môme coupable de ce crime. Après avoir défendu !a fornication dans l'Alcoran , il s'y livra, et forgea le 6G' chapitre, pour persuader que Dieu le lui avait permis par une révélation. Notes de Muracci sur ce chapitre. Pour peu que l'on ait lu son histoire, et que l'on ait consulté son livre , on voit que cet homme ('tait naturellement rusé, fourbe, hypocrite, perfide, vindicatif, ambitieux, violent ; qu'un crime ne lui coûtait rien pour satisfaire ses passions. Ses sectateurs mômes n'osent en disconvenir; la seule excuse qu'ils donnent est dédire qu'en tout cela Mahomet était inspiré deDieu, comme si Dieu pouvait inspirer des crimes.
Jésus-Christ a dit hardiment aux Juifs : Qui de vous me convaincra de péché (Joan., vin, 46) ? Jamais en etfet ils ne lui ont reproché autre chose que de faire de bonnes œuvres le jour du sabbat, de violer les traditions des pharisiens, de fréquenter les publicains et les pécheurs, de s'attribuer une autorité divine, de se faire suivre par des troupes de peuples; en quoi tout cela était-il contraire à la loi de Dieu ? Ils l'ont condamné à mort, non pour avoir commis d s crimes, mais pour avoir assuré qu'il était le Fils de Dieu : le juge romain lui-même attesta publiquement son innocence. Dans le Talmud et dans les autres livres des Juifs, il n'est accusé de môme que de s'ôtre donné faussement pour le Messie. Malgré la malignité avec laquelle les incrédules de tous les siècles ont examiné ses discours et toutes ses actions, ils n'ont jamais rien pu trouver qui fût véritablement digne de censure. Ils ont échoué de même à l'égard des leçons et de la conduite des apôtres ; et quand nous n'aurions point d'autres monuments pour justifier les mœurs des premiers chrétiens, le témoignage que Pline le Jeune en rendit à Trajan suffirait pour fermer la bouche à nos adversaires.
Mais enfin, Mahomet a-t-il eu quelques signes d'une mission divine? Non-seulement il n'a point fait de miracles, mais il a déclaré formellement qu'il n'était pas venu pour en faire. Lorsque les habitants de la Mecque lui en demandèrent pour preuve de sa mission, il répondit que la foi est un don de Dieu, et que les miracles ne persuadent point pir eux-mêmes; que Moïse et Jésus-Christ avaient fait assez de miracles pour convertir tous les hommes ; que cependant plusieurs n'y avaient pas cru ; que les miracles ne servaient qu'à rendre les incrédules plus coupables; qu'il n'était point envoyé pour faire des miracles, mais pour annoncer les promesses et les menaces de la justice divine ; que les miracles dépendent de Dieu seul, et qu'il donne à qui lui plaît le pouvoir d'en faire. 11 ne pouvait pas avouer
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plus clairement que Dieu ne lui avait pas donné ce pouvoir. Maracci, Prodrom., h* part., chap. 3. A la vérité, cela n'a pas empêché ses sectateurs de lui en attribuer des milliers ; mais presque tous sont absurdes et indignes de Dieu ; personne n'a osé attester qu'il les avait vus, qu'il en était témoin oculaire ; ces prétendus prodiges n'ont été forgés que longtemps après la mort de Mahomet ; ils ne sont confirmés par aucun monument, ne tiennent à aucune pratique, à aucun dogme, à aucune loi du mahométisme ; les premiers propagateurs de cette religion ne les ont point allégués pour engager les peuples à croire la mission de leur législateur : ils ont dit : Croyez, sinon vous serez exterminés. Aujourd'hui môme , les mahométans un peu instruits désavouent les miracles de Mahomet, Mém. des Inscrip., tom. LVlli, in-12, p. 283 ; ils ne citent en preuve de sa mission que ses succès, qui leur paraissent tenir du prodige : nous verrons ce que l'on doit en penser. Mais le commun du peuple croit fermement tous les prétendus miracles attribués à ce faux prophète.
Pour prouver les miracles de Jésus-Christ, nous n'alléguons pas seulement le témoignage de ses disciples , témoins oculaires des faits, qui disent : « Nous vous annonçons ce que nous avons vu, ce que nous avons examiné, ce que nous avons touché de nos mains (Joan. i, 1); mais l'aveu forcé des Juif--, des païens, des premiers hérétiques intéressés à les nier, de Celse, qui a vécu peu de temps après, et qui fait profession d'avoir tout examiné. Tous ont attribué ces miracles àla magie: mais aucun n'a osé s'inscrire en faux contre le récit d?s apôtres. Ces miracles tiennent tellement à notre religion, qu'il n'a pas été possible de l'embrasser sans les croire. Le plus grand de tous , la résurrection de Jésus-Christ, est couché dans le symbole ; il est attesté par un monument érigé par les apôtres mêmes, par la célébration du dimanche. Aucun de ces miracles n'est ridicule ou indigne de Dieu ; ce sont des œuvres de charité, des guérisons subites, des aliments fournis à un icuple entier, des résurrections de morts, e don des langues accordé aux apôtres pour instruire toutes les nations, etc. Les mêmes prodiges ont continué dans l'Eglise primitive pendant plusieurs siècles. Lorsque ceux de Mahomet seront attestés de même, nous pourrons consentir à les croire.
On ne peut donc en imposer plus grossièrement que l'a fait un incrédule de nos jours, lorsqu'il a dit que les musulmans allèguent des miracles de leur prophète les mêmes preuves que nous donnons des miracles de Jésus-Christ. Ils croient, dit-il, que l'ange Gabriel apportait à Mahomet des feuillets de l'Alcoran écrits en lettres d'or sur du vélin bleu, parce que Abubekrc, Ali, Aisha, Omar etOtman, parents ou amis de Mahomet, l'ont ainsi certifié à cinquante mille hommes ; parce que cet Alcoran n'a jamais été contredit par un autre Alcoran, et que ce livre n'a jamais été falsifié ; parce que les dogmes et
les préceptes qu'il contient sont ta perfection de la raison, et parce que Mahomet est venu à bout de soumettre à cette loi la moitié de la terre.
Il est faux d'abord que les Mahométans un peu instruits eroient au prétendu miracle de l'ange Gabriel ; il est encore faux que les parents et amis de Mahomet se soient donnés pour témoins du fait et l'aient ainsi attesté à cinquante mille hommes. Puisque alcoran signifie le livre, il est faux que celui de Mahomet n'ait pas été contredit par d'autres livres; et de plus il se contredit luimôme. Puisqu'il n'a jamais été falsifié, rien n'est plus authentique que l'aveu fait et répété par Mahomet, qu'il n'était pas envoyé pour faire des miracles : aucune preuve ne peut prévaloir à celle-là. Nous allons voir que les dogmes, la morale, les lois, contenus dans ce livre, ne sont rien moins que raisonnibles, et que les succès de son auteur n'ont rien de merveilleux. Toutes les prétendues preuves de ses miracles sont donc nulles et fausses. Nous ne craignons pas que l'on renverse de même celles que nous donnons des miracles de Jésus-Christ.
II. Si nous examinons la doctrine, la morale, les lois de Mahomet, nous n'y verrons aucune marque de divinité.
La profession de foi des mahoraétans se réduit à treize articles, savoir : J'existenco d'un seul Dieu créateur; la mission de Mahomet et la divinité de l'Alcoran; la providence de Dieu ei la prédestination absolue; l'interrogation du sépulcre, ou le jugement particulier de l'homme après la mort ; l'anéantissement de toutes choses, même des anges et des hommes, à la fin du monde; 1 1 résurrection future des anges et des hommes; le jugement universel; l'intercession de Mahomet dans ce jugement, et le salut exclusif des seuls mahométans; 1-a compensation des torts et des injures que les hommes se sont faits les uns aux autres; un purgatoire pour ceux dont les bonnes et les mauvaises actions se trouveront égales dans la balance; le saut du pont aigu, qui conduit les justes au paradis, et précipite les méchants en enfer; les délices du paradis, que les mahométans font consister principalement clans les voluptés sensuelles; enfin, le feu éternel de l'enfer. Reland. Confession de foi des mahome'tans.
Il est évident que Mahomet n'est point créateur de ces dogmes. Il avait reçu des Juifs et des ariens celui de l'unité de Dieu, il l'entend comme eux, il nie que Jésus- Christ soit Fils de Dieu; selon lui, Dieu ne peut avoir un Fils, puisqu'il n'a point do femme : telle est sa théologie. La prédestination absolue est une erreur des Arabes idolâtres; Mahomet avait été idolâtre luimême : c? dogme détruit la liberté de l'homme et fait Dieu auteur du péché. Les idées grossières du pont aigu, de la balance des œuvres, de la compensation des torts, des plaisirs sensuels du paradis, sont des expressions métaphoriques d'anciens écrivains, (pie Mahomet a prises à la lettre. L'anéan-
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tissement des anges et des hommes, el leur résurrection, n'est qu'une rêverie; c'est le dogme de la résurrection future mal entendu et mal rendu par un ignorant. Il ne faut pas croire que ces points de doctrine, bons ou mauvais soient clairement exposés dans l'Alcoran; ils y sont noyés dans un fatras d'erreurs, de fableSj de puérilités et d'obscénités, dont la plupart sont tirées du Talmud des Juifs, des évangiles apocryphes et des bis toires romanesques, qui, de tout temps, ont été en vogue oans l'Orient; et tout musulman est obligé de croire toutes ces absurdités comme autant de révélations sorties immédiatement de la bouche de Dieu même. Lorsque les incrédules ont voulu faire envisager le mahométisme comme une espèco de déisme, ils en ont imposé aux personnes peu instruites; aucun déiste voudrait-il signer la profession de foi d'un mahométan? 11 y a de la mauvaise foi à ne présenter que ce qu'il y a de moins révoltant dans cette religion, et de laisser de coté le reste, comme si Mahomet avait dispensé ses sectateurs de le croire. 11 commence l'Alcoran par déclarer que ce livre n'admet point de doute, et qu'une punition terrible attend tous ceux qui n'y croient pas.
La morale de cet imposteur est encore plus mauvaise que ses dogmes; elle prescrit avec la plus grande sévérité des rites et des actions extérieures, et semble dispenser ses sectateurs de toutes les vertus. Les purifications ou ablutions avant la prière, le pèlerinage de la Mecque, la circoncision, étaient des usages anciens dans l'Arabie; Mahomet les a conservés : il y ajoute l'obligation de prier cinq fois par jour, de faire l'aumône et d'observer le jeûne du ramadan qui est de vingt-neuf jours. Quant aux vertus intérieures, comme l'amour de Dieu et du prochain , la piété, la mortification des sens, l'humilité, la reconnaissance envers Dieu, la confiance en sa bonté, la pénitence, etc., il n'en est pas question dans l'Alcoran; un musulman croit fermement que, sans l'observation scrupuleuse et minutieuse du cérémonial, le cœur le plus pur, la foi la plus sincère, la charité la plus ardente, ne suftiraient pas pour le rendre agréable à Dieu ; mais que le pèlerinage de la Mecque, ou l'action de boire de l'eau dans laquelle a trempé la vieille robe du prophète, effacent tous les crimes. Observation sur la religion et les lois des Turcs, c. 2.
Loin de faire aucun cas de la chasteté, Mahomet permet tout ce qui lui est le plus opposé, la polygamie, le commerce des maîtres avec leurs esclaves, l'impudicité la plus grossière entre les maris et les femmes, la liberté de faire divorce et de changer de femmes autant de fois que l'on veut. 11 n'a pourvu, par aucune loi, au traitement des esclaves, et n'a point condamné la coutume barbare de faire des eunuques. Il permet la vengeance, la peine du talion, l'apostasie forcée, le parjure en fait de religion; il décide que l'idolâtrie est le seul crime qui puisse exclure un musulman du bonheur