‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 62 sur 228 · M.VA · texte numérisé non relu

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éternel. 11 a fallu que les incrédule.-, abjurassent toute pudeur, pour oser dire que le mahométisme est moins impur que le christianisme. Lorsqu'ils ont voulu justitior la polygamie et le divorce, parce que Moïse les a permis, ils devaient se souvenir que c<* législateur y avait mis des bornes, ot que Mahomet n'y en a mis aucune. La loi juive ne permettait point d'épouser des étrangères; elle n'autorisait le divorce que dans le cas d 'infidélité d'une femme; elle n'approuvait pas le commerce des maîtres avec leurs esclaves. Les autres lois juives n'étaient imposées qu'à une seule nation : la folie de Mahomet a été de vouloir que les siennes fussent données à tous les peuples.

Mais que diront nos philosophes toléran's de la loi que ce fanatique impose à ses sectateurs? « Comba:tez contre les infidèles jusqu'à ce que toute fausse religion soit exterminée; mettez-les à mort, ne les épargnez point; et lorsque vous les aurez affaiblis, à force de carnage, réduisez le reste en esclavage, et écrasez-les par des tributs » (Alcoran, c. 8, v. 12 et 39; c. 9, v. 30; c. 47, v. 4). Il n'est point de loi plus saciée que celle-là aux yeux des musulmans; ils se croient obligés, en conscience, de détester tous ceux qu'ils regardent comme infidèles, L's chrétiens, les juifs, les parsis, les Indiens; toutes les injustices, les extorsions, les insultes, les avanies, leur sont permises, leur sont même commandées à cet égard : c'est une des premières leçons qu'on leur donne dans l'enfance; et s"i 1 or n'avait pas la vertu d'apprivoiser ces êtres farouches, il serait impossible à quiconque n'est pas de leur religion de demeurer parmi eux. Observations sur la religion et les lois des Turcs, chap. 2, pag. 14 et suivantes. L'on a cependant osé écrire de nos jours et répéter vingt fois, que les Tu; es sont moins intolérants que les chrétiens.

Ce serait faire injure à la morale évangélique que de la mettre en parallèle avec un code aussi abominable que celui de Mahomet.

III. Comment donc a-t-il pu réussir? par quels moyens a-t-il gagné des sectateurs? C'est comme si l'on demandait par quels moyens un fanatique rusé, fourbe, violent, armé, a pu subjuguer des hommes ignorant» et vicieux.

11 gagna d'abord ses femmes et ses parentspar l'ambition, par l'espérance d'acquérir la supériorité sur les autres tribus arabes : reconnaître sa prétendue qualité de prophète,, c'était l'accepter pour maître souverain. Forcé de fuir de la Mecque, la cinquantetroisième année de sa vie, Mahomet ne se réfugia dans la ville de Médine qu'après avoir reçu le serment de soixante-quinze des principaux habitants, qui s'engagèrent à le défendre, et qui lui tinrent parole. Depuis ce moment jusqu'à sa mort, il ne cessa d'avoir les armes à la main; ces dix années ne furent qu'une suite de combats contre les Arabes idolâtres et contre les Juifs, ou plutôt ce fut un brigandage continuel, qui ne fit que s'augmenter après sa mort. Ses suc-

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cesseurs devinrent souvera'ns de l'Arabie, sous le nom de califes; et l'on sait de quoi les Arabes sont capables, lorsqu'ils sont excités par l'amour du pillage, toujours dominant chez cetle nation. Voy. la Vie de Mahomet, par Maracci, et V Histoire universelle des Anglais, t XV, in-4.

Leurs victoires cessent de nous étonner, lorsquo nous savons en quel état se trouvait alors l'Orient. Les empereurs de Constantinople, très-affaiblis, ne conservaient plus dins les provinces qu'une ombre d'autorité : l'Asie n'était presque peuplée que de la lio des nations; ce n'étaient plus ni des Romains ni des Grecs, mais un mélange de tuutes sortes de barbares, Thraces, IHvriens, Isaures, Arméniens, Perses, Scythes, Sarrnates, Bulgares, Russes; aucun de ces peuples ne pouvait être fort attaché au gouvernement ni à la religion.

Le christianisme était divisé en plusieurs sectes qui se détestaient. F.es ariens, les ncstonens, les eutychiens ou jacobites, tous divisés entre eux, se réunissaient pour désirer la ruine du catholicisme, et h s Juifs avai nt moins d'aversion pour les mahomélans circoncis que pour les chrétiens.

Maîtres de l'Arabie, les califes subjuguèrent l'Egypte parla trahison des cophtes eutychiens, mécontents des empereurs : ces schismatiques espéraient un sort meilleur sous l'empire des mahométans, que sous la domination des Grecs. Mais ils furent étrangement trompés, puisque insensiblement ils ont été opprimés par les Arabes, et réduits près que à rien. Les conquérants de l'Egypte n'eurent besoin que de faire des courses pour assujettir les côtes de l'Afrique; bientôt ils furent appelés en Espagne par les (ils d'un roi goth, révoltés contre leur père, et par le comte Julien, mécontent de son roi. Dès ce moment ils infestèrent la Méditerranée par des flottes de corsaires; ils envahirent successivement la Sardaigne, la Corse, la Sicile, la Calabrc; et dans la plupart de ces expéditions, ils furent aidés par les Grecs, ennemis jurés des Latins. Dans toutes les capitulations, ils promirent de laisser aux peuples l'exercice lib;e delà religion chrétienne; mais ils n'ont tenu parole que dans les lieux où les anciens habitants ont conservé assez de force pour les y contraindre. Déjà ceux d'Espagne avaient passé les Pyrénées: ils allaient engloutir la France, si Charles Martel ne les eût arrêtés au commencement du vin' siècle; et sans les victoiies des princes normands en Italie, au commencement du xi% ils auraient subjugué l'Europe entière, et l'auraient pour toujours replongée dans la barbarie. Ce sont les croisades des xir et xin" siècles, et les conquêtes des Portugais dans les lnd> s, qui, en ôtant à cette puissance formidable la ressource du commerce et des richesses, l'ont enfin réduite au degré de faiblesse où nous la voyons aujourd'hui.

Que des conquérants favorisés par les circonstances, qui présentaient l'Alcoran d'une main et l'épie de l'autre , aient établi le

mahométisme dans une grande partie du monde, ce n'est pas là un prodige : nous chercherions vainement les con'rées dans lesquelles il a été porté par des missionnaires. Ce n'est pas ainsi que le christianisme a fait des progrès. Jésus-Ciirist el ses apôtres ont converti le monde, non en donnant la mort, mais en la souff ant ; non en enlevant des richesses, mais en y renonçant; non par l'épée, mais par la croix. Trois siècles de persécutions, souffertes avec une patience invincible, ont enfin désarmé les ennemis de l'Evangile; mais les martyrs que les mahométans ont envoyés au supplice n'ont pu adoucir leur férocité ; celle des baibaros du Nord a ce lé peu à peu aux instructions charitables des missionnaires ; mais celle des musulmans est encore la même depuis mille ans.

IV. Quand on ne le saurait pas d'ailleurs, il serait aisé de voir les effets terribles que le mahométisme a dû pro luire partout où il s'est établi. C'est ici surtout que les incrédules auraient dû faire le parallèle entre cetle religion funeste et le christianisme ; mais ils n'ont eu garde de le tenter, leur confusion aurait été trop sensible.

La corruption des deux sexes, l'avilissement et la captivité des femmes, la nécessité de les renfermer et de les faire garder par des eunuques, la multiplication de l'esclavage, une ignorance universelle et incurable, le despotisme des souverains, l'asservissement des peuples, la dépopulation des plus belles contrées de l'univers, la haine mutuelle et l'antipathie des nations, voilà ce que le mahométisme a produit constamment, et continue de produire partout où il est dominant. Cette religion seule a fait périr [dus d'hommes que toutes les autres ensemble. Ses sectateurs ont le cœur tellement g Hé, qu'ils ne croient pas qu'un homme et une femme puissent s'envisager l'un l'autre sans penser au crime, ni se trouver seuls ensemble sans se livrer à l'impudicité. Lorsque le christian'sme régnait en Asie, les maris comptaient sur la vertu de leurs femmes ; il y régnait à peu près la même liberté que parmi nous, et les mœurs n'étaient pas pour cela pljs mauvaises. Ceux qui ont écrit qu'en général les femmes turques, toujours enfermées, ont les mœurs trèsqjures, ont été mal informés ; en lisant les Observations sur la religion, les lois et le gouvernement des Turcs, n« partie, pag. 64, on verra ue quoi elles sont capables. Ce n'est donc pas le climat qui les corrompt, c'est la religion. Dans l'Ethiopie chrétienne, les femmes no sont point renfermées, et on ne les accuse pas de mauvaises mœurs. Il en était de même sur les côtes de l'Afrique, lorsque le christianisme y était établi.

Les mahométans , persuadés de la prédestination absolue et d'un destin rig:de, ne prennent aucune précaution pour entretenir la salubrité de l'air et prévenir la contagion : ils se revêtent sans répugnance des habits d'un pestiféré, laiss nt pourrir les cadavres des animaux dans les rue-, ex.

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Cette paresse stupide a fait do l'Egypte le foyer continuel de la peste, l'entretient ha bituellement dans l'Asie, la fait souvent renaître sur les eûtes de l'Afrique , et l'a communiquée plus d'une fois à 1 Europe entière.

Un des plus fougueux ennemis que le christianisme ait eu dans notre sièele est forcé de convenir que si l'on n'eût arrêté jes progrès du fanatisme des musulmans, c'en était fait de la liberté du monde entier. « Sous le joug, dit-il, d'un religion qui consacre la tyrannie en fondant le trûne sur l'autel, qui semble imposer silence à l'ambition en permettant la volupté, qui favorise la paresse naturelle en interdisant les opérations de l'esprit, il n'y a point d'espérance pour les grandes révolutions ; l'esclavage est établi pour jamais. » Montesquieu, après avoir fait les mômes observations, ajoute : « La religion mahométane, qui ne parle que de glaive, agit encore sur les hommes avec cet esprit destructeur qui l'a fon iée. » Esprit des lois, livre xxiv, chap. 4. Bayle, en faisant valoir les maximes d* tolérance que Mahomet avait d'abord établies, passe sous silence la loi de persécuter qu'il imposa ensuite à ses sectateurs ; après avoir parlé des conventions qu'ils ont toujours faites avec les chrétiens, de leur accorder la liberté de religion, il est forcédcconvenirqu'ilsexercenttoujours une persécution sourde qui est souvent insupportable. Pensées sur la Comète, c. 244. L'auteur anglais des Observations sur la religion et le gouvernement des Turcs fait le même aveu, et M. Guys, dans son Voyage littéraire de la Grèce, le confirme. Ces derniers, témoins oculaires des faits, sont plus croyables que ceux qui n'ont rien vu et qui ne s'étudient qu'à tromper les lecteurs.

Le baron de Tott, dans ses Mémoires publiés en 1784, a décrit le désordre qui règne dans les sérails de la Turquie, la corruption énorme des deux sexes, qui est un etl'et de la polygamie ; le dérèglement des mœurs, le mépris des lois, le despotisme du gouvernement , l'abrutissement des hommes, que le mahométisme a introduits partout où il domine. Le ramadan, qui est le carême des Turcs, n'est pas fort rigoureux, si ce n'est pour le peuple; chez les gens aisés, c'est la mollesse qui s'endort dans les bras ue l'hypocrisie, et ne se réveille que pour se livier au plaisir de la bonne chère. Un jeune Turc, qui avait assassiné son père, évita le supplice par argent , quoique sa condamnation fût prononcée. Les frères du sultan sont renfermés dans le sérail, et on leur donne des femmes : mais s'ils ont des enfants, on les détruit. Ses filles et ses sœurs sont mariées aux visirs et aux grands de l'empire ; mais si elles mettent au monde un enfant mâle, il doit être étouffé en naissant : c'est la loi la plus publique et la moins enfreinte, etc.

Volney, dans son Voyage en Syrie et en Eyyptc* fait en 1783 et 1785, prouve démonstrativement que le gouvernement despotique des 'Fuies et tous les (léaux de res-

pect' humaine qu'il traîne h sa suite sont un effet naturel et inévitable de la doctrine insensée de l'Alcoran, tom. II, c. 40, pag. 432, etc.

On affecte de nous dire que les rnahométans ne disputent point sur la religion : ils sont trop ignorants pour le faire ; ils croient tout sur la parole de leur prophète. Cependant il y a différentes sectes parmi eux. Outre celles d'Ali et d'Omar, qui rendent les Turcs et les Persans ennemis irréconciliables, le prince Cantémir compte parmi eux douze sectes hérétiques; d'autres les font monter à soixante-douze ou davantage, et milady Montague, dans ses Lettres, atteste leur aversion mutuelle. Les incrédules, qui veulent nous persuader que le mahométisme est une religion de déistes, peuvent se convaincre par là des salutaires effets que le déisme produit dans le monde. Si, parmi les mahométans, l'on trouve encore quelques vertus morales, elles viennent de leur tempérament , et non de l'esprit de leur religion : celle-ci ne semble avoir été faito que pour étouffer jusqu'au moindre germe de vertu.

Mais, disent nos adversaires, il n'est pas question de savoir si le christianisme est vrai, et si le mahométisme est faux; si le premier est fondé sur des preuves solides, et le second sur des raisons frivoles ; il s'agit de voir si un mahométan est en état de sentir cette différence, et de comprendre la fausseté des prétendues preuves de sa religion ; si, en raisonnant de môme, un Turc n'a pas autant de droit de présumer la vérité de sa croyai\ce, qu'un chrétien en a de soutenir la divinité de la sienne; si, en un mot, les preuves de l'une ne doivent pas faire autant d'impression sur l'esprit d'un ignorant que les preuves de l'autre. A cela nous répondons que l'ignorance est un vice partout où elle se trouve ; qu'elle doit produire sur tous les hommes le même effet, qui est l'erreur ; que si elle ne le produit pas , c'est par hasard. Un chrétien et un turc, ignorants par leur faute, sont tous deux coupables ; le premier résiste aux leçons de sa religion, qui lui ordonne de s'instruire, et qui lui en donne les moyens ; le second doit se défier de la sienne, dès qu'elle le lui défend : voilà ce que le bon sens dicte à tous les hommes. Il est donc absurde de mettre en question si deux ignorants sont exposés tous deux à se tromper, ou si des preuves fausses peuvent faire autant d'impression sur leur esprit que des preuves vraies : il est clair que le plus stupide des deux sera ordinairement le plus excusable.

Laissons de coté l'ignorance et la stupidité, parlons d'un homme raisonnable qui cherche à s'instruire. Un Turc, depuis son enfance, entend les docteurs musulmans attribuer mille prodiges à Mahomet, vanter surtout le merveilleux de ses succès, dire que chaque verset de l'Alcoran est un miracle, etc. S'il a du bon sens, il doit demander qui a vu les miracles du prophète, examiner par q .els

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moyens il a roussi, enfin lire au moins l'Alcoran. Que doit-il penser, quand il verra que Mahomet lui-môme y déclare qu'il n'est pas venu pour faire des miracles, qu'ils seraient inutiles, etc. ; quand il se trouvera que personne ne les a vus, qu'aucun témoin n'a osé dire, j'y étais présent ; quand il saura que le mahométisme s'est établi par des combats et par des victoires sanglantes? Si après cet examen, il croit encore aux miracles de Mahomet, son erreur sera-t-elle encore innocente et invincible ? et s'il ne fait pas cet examen très-facile, à qui faut-il s'en prendre ? Ajoutons les absurdités, les crimes, les fables dont ce livre est rempli, et jugeons s'il est possible d'y ajouter foi sans avoir l'esprit aliéné. On dira que ces absurdités qui nous révoltent ne font pas la même impression sur un Turc habitué à les respecter dès l'enfance. Mais ce respect d'affection purement machinal et non raisonné ne peut pas servir d'excuse à la prévention et à l'erreur. Quand on s'obstinerait à soutenir le contraire, il s'ensuivrait seulement que l'ignorance et l'erreur d'un mahométan peuvent être moralement invincibles; et cela ne prouverait rien. Nous ne prendrons pas la peine de comparer cette disposition d'un Turc avec le résultat de l'examen que peut faire un chrétien des miracles do Jésus-Christ et des autres motifs de crédibilité du christianisme ; nous en avons parlé ailleurs.

Pour avoir une idée juste de Mahomet , de son livre, de sa religion, il ne faut pas s'en lier à la vie de ce personnage faite par le comte de Boulainvilliers ; il avait copié sans discernement les auteurs arabes, et il semble n'avoir écrit que pour insulter au christirnisme ; le comte de Bonneval, quoique apostat, avait remarqué dans cet ouvrage plusieurs fautes essentielles. Voij. le Voyage littéraire de la Grèce, par M. Guys, tom. 1, pag. 478. La préface que Sale a mise à la tète de sa traduction anglaise de l'Alcoran, et que l'on a donnée dans notre langue avec la version française de ce livre, par Durier , ne mérite pas plus de contiance que Boulainvilliers. Cet auteur anglais, qui paraît déiste, a dissimulé les endroits de l'Alcoran qui révoltent davantage ; il a fait un parallèle très-fautif des lois de Mahomet avec celles des Juifs : il a été solidement réfuté par les auteurs de l'Histoire universelle, tome XV, in-4°. Celui des Essais sur l'Histoire générale et des Questions sur l'Encyclopédie, a copié Sale et Boulainvil.iers ; mais avec son infidélité or>ii nahe, il a voulu peindre Mahomet comme un héros, et il a été copié h son tour par le rédacteur de l'article Mahométisme de l'ancienne Encyclopédie : ni l'un ni l'autre ne se sont souciés de garder seulement la vraisemblance. Enfin le savant académicien qui a fait le parallèle entre Zoroastre, Confucius et Mahomet, ne nous parait pas avoir parlé de ce dernier avec assez de sincérité.

La Vie de Mahomet, par Gagnicr, et celle qii'a faite Maracci, sont beaucoup plus tidèles; ce dernier a donné une réfutation complète et très-solide de l'Alcoran : Alcorani textus

universus, etc., Tatavii, 1G98, in-fol. Il n'avance rien qu'il ne prouve par les textes formels de ce livre et par le témoignage des auteurs arabes ; il avait étude leur langue pendant quarante ans. On peut consulter encore avec sûreté les Mémoires de l'Acad. det Inscript., tom. XXXII in-4", et lom LVIÎI,in- 12, pag. 259 ; les Observations sur la religion^ les lois et le gouvernement des Turcs ; les Mém. du baron de Tott sur les Turcs, les Tar tares et les Egyptiens ; le Voyage de Volney, etc. Quant aux brochures faites par des incrédules qui professaient le déisme, et qui voulaient montrer que le mahométisme a les mêmes preuves que le christianisme, que les défenseurs de l'une et de l'autre de ces religions raisonnent de môme, ce sont des productions trop viles pour qu'elles méritent d'être citées. Outre le mauvais ton qui y règne, la mauvaise foi y éclate de toutes parts. On y suppose, 1° que les seules preuves ou les seuls motifs de crédibilité du christianisme, sont les prophéties et les miracles de Jésus-Christ et des apôtres. Nous avons fait voirie contraire à l'article Christianisme; nous avons exposé en abrégé les autres preuves, et il y en a plusieurs qui sont à la portée des chrétiens les mobns instruits. 2" Les mômes écrivains supposent qu'un simple fidèle ne peut point avoir d'autres preuves des miracles de Jésus-Christ et des apôtres que la tradition qui en existe parmi les chrétiens, et la présomption qu'ils ont de la bonne foi des témoins qui les ont rapportés ; qu'il est donc précisément dans le même cas qu'un musulman à l'égard des prétendus miracles de Mahomet. Cependant la ditl'érence est palpable. Ceux de Mahomet sont absurdes et indignes de Dieu, un peu de bon sens suffit pour le comprendre ; il n'en est pas de même de ceux de Jésus-Christ et des apôtres. Ceuxci sont tellement incorporés au christianisme, qu'il ne peut pas subsister sans eux, au lieu que le mahométisme est absolument indépendant des miracles de Mahomet ; ce n'est point là-dessus que les docteurs musulmans fondent la vérité de leur religion, et ils ne pourraient le faire sans contredire l'Alcoran. Les miracles de Jésus-Christ et des apôtres sont avoués par les ennemis du christianisme , sans en excepter Mahomet lui-même ; non- Sv'ulement les siens ne sont pas avoués par les sectateurs des autres religions , mais ils sont désavoués par les mahométaus les plus sensés.

Une troisième supposition des déistes est qu'une preuve, pour être solide, doit être également à portée des savants et des ignorants, de ceux qui ont reçu une bonne ou une mauvaise éducation. C'est une absurdité. Il est évident qu'un ignorant ne peut pas avoir autant de preuves de l'existence de Dieu et de la religion naturelle qu'un philosophe; plusieurs incrédules ont même soutenu qu'un sauvage est incapable d'en avoir aucune. Nous ne sommes pas de leur avis ; mais si un enfant avait été élevé dès le berceau dans les principes de l'athéisme, cl infatué de tous les sopbismes des athées,

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