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ula'isirs. Prendrons-nous pou* juges do la bonté divine dos voluptueux insensés, plutôt que dos âmes vertueuses ? C'est ici le cas de dire que c'est le goût qui décide, et non la raison; mais un philosophe doit prendre la raison pour guide, plutôt qu'un goût dépravé.
Le mal moral semble d'abord former une plus grande difficulté. Comment un Dieu bon a-t-il pu donner à l'homme la liberté de pécher, ou le pouvoir de se rendre éternellement malheureux? 11 ne pouvait lui faire un don plus funeste, surtout sachant très-bien que l'homme en abuserait. Mais il n'est pas vrai que la liberté soit seulement le pouvoir de pécher et de se rendre malheureux; c'est aussi le pouvoir de faire le bien et de s'assurer un bonheur éternel : un de c s doux pouvoirs n'est pas moins essentiel a la liberté que l'autre. Une nature impeccable, une volonté déterminée invinciblement au bien, serait sans doute meilleure qu'une liberté telle que la nôtre; mais il ne s'ensuit pas que celle-ci est un mal, un don pernicieux et funeste parlai-môme Entre le meilleur et le mat, il y a un milieu qui est le bien : c'est encore let réponse de saint Augustin. 11 s'ensuit seulement que le libre arbitre est une faculté imparfaite. Dieu aide la volonté de l'homme par des grâces plus ou moins puissantes et abondantes, ce sont toujours des bienfaits; l'abus que l'homme en fait n'en change point la nature; il ne faut pas confondre le don avec l'abus : celui-ci est libre et volontaire, il vient de l'homme et non de Dieu.
Bayle et les autres incrédules n'ont pu obscurcir ces notions que par des sophismes. ils disent, 1° que c'est le propre d'un ennemi d'accorder un bienfait dans les circonstances danslesqueiles il prévoit que l'on en abusera; (ju'un père, un ami, un médecin, etc., se gardent bien de mettre entre les mains d'un enfant ou d'un malade, des armes dont ils ont lieu de croire que l'usage lui sera pernicieux. Mais nous avons montré d'avance que toutes ces comparaisons sont fautives. Les hommes ne sont censés nous aimer, être bons à notre égard qu'autant qu'ils nous font tout le bien qu'ils peuvent, et qu'ils prennent toutes les précautions qui dépendent (Toux pour nous préserver du mal. Il n'en est pas de mémo à l'égard de Dieu, dont le pouvoir est infini, et qui doit gouv. rner 1 os hommes de la manière qui convient à des cires libres, capables de mériter et de démériter, de correspondre àlagrâce ou d'y résister. Nous avons déjà observé que vouloirque Dieu fasse tout ce qu il peut, c'est en exiger l'infini. — 2° Nos adversaires font, à l'égard de la grâce, le môme sophisme qu'à l'égard de la liberté; ils disent qu une grâce donnée dans un instant où Dieu prévoit que l'homme y résistera, est un don empoisonné plutôt qu'un bienfait, puisqu'elle ne sert qu'à rendre l'homme plus coupable. Ce raisonnement est absolument faux : la prescience de Dieu ne change rien h la nature do la grâce : or, celle ci donne à l'homme toute la force dont
il a besoin pour faire le bien; elle est donc destinée à rendre l'homme vertueux, et non aie rendre coupable. L'abus que l'homme en fait vient de lui seul et non de la grâce, puisqu'il y résiste. Lorsque Dieu dit aux Juifs : Vous m'avez fait servir à vos iniquité* (Isaie, c. xliii, v. 24), il est évident que servir ne signifie ni aider, ni contribuer, ni pousser au mal : cela signifie seulement, vous vous êtes servis de mes bienfaits pour faire le mal.
Une grâce efficace, une grâce donnée à l'homme dans le moment auquel Dieu prévoit que l'homme y correspondra, est sans doute un plus grand bienfait qu'une grâce inefficace; mais il n'e.-t pas vrai que celle-ci soit un don pernicieux etfuneste par lui-même, puisqu'il ne tient qu'à l'homme d'en suivre le mouvement. — 3° Us disent qu'on parlant do Dieu, permettre le péché et vouloir positivement le péché, c'est la même chose, puisque rien n'arrive sans une volonté expresse de Dieu ; ils prétondent le prouver par le sentiment des théologiens qui admettent des décrets prédéterminants pour toutes les actions des hommes. — Nous soutenons , au contraire, que permettre le péché signifie seulement ne pas l'empêcher, et qu'il n'est pas vrai que Dieu veuille jamais positivement le péché. Voy. Permission. Quant aux décrets prédéterminants, c'est une opinion que nous ne sommes pas obligés d'admettre. Voy.Vnv.mitermination. 11 est injuste de fonder des objections contre la Providence sur le système arbitraire do quelques théologiens. — k" Si Dieu, disent les incrédules, voulait sincèrement empêcher le mal moral, il donnerait toujours des grâces efficaces qui préviendraient le péché sans détruire la liberté de l'homme. Ces raisonneurs ne font pas attention que, par une suite de grâces toujours efficaces, l'homme serait déterminé d'une manière aussi uniforme qu'il l'est par une nécessité physique, ou par un penchant invincible. U serait donc gouverné comme s'il n'était pas libre ; ce qui est absurde. Une seconde absurdité est de supposer qu'en vertu de sa bonté Dieu doit accorder des grâces plus puissantes et plus abondantes, à proportion que l'homme est plus m 'chant et plus disposé à y résister.
Toutes ces objections ne nous paraissent pas assez redoutables poer en conclure que les difticultés tirées de l'existence du mal moral sont insolubles. Pour s'en débarrasser, les sociniens ont refusé à Dieulapresciencc; ils ont dit que si Dieu avait prévu le pèclîé d'Adam, il l'aurait prévenu ou empêché.
Mais Bayle et d'autres leur ont fait voir que cette fausse supposition ne les tire point d'embarras. En effet, quand Dieu n'aurait pas prévu l'avenir, du moins il connaît le présent; il voyait, dans le moment auquel Eve était tentée par le serpent, la faiblesse avec laquelle elle lui prêtait l'oreille, l'instant auquel elle selaissait vaincre ; Dieu était témoin de l'invitation qu'elle fit à son mari, de la facilité avec laquelle il reçut de sa main le fruit défendu : selon la supposition d< s socU
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niens, Dieu devait se montrer, intimider ces faibles époux, arrêter Feffet de la tentation.
Pour que les difficultés soient pleinement résolues, Bayle exige que l'on concilie ensemble un certain nombre de vérités théologiques avec plusieurs maximes de p' ilosophie qu'il y oppose. Les premières sont, 1* que Dieu infiniment parfait ne peut rien perdre de sa gloire ni de sa béatitude ; 2° qu'il a par conséquent créé l'univers trèslibrement et sans en avoir besoin ; 3° qu'il a donné à nos premiers parents le libre arbitre et les a menacés de la mort s*ilslui désobéissaient; 4° qu'en punition de leur désobéissance il les a condamnés, eux et leur postérité, à la damnation, aux souffrances de cette vie, à la concupiscence et à la mort ; 5° qu'il n'a délivré de cette proscription qu'un petit nombre d'hommps, et les a prédestinés au bonheur éternel ; (i° qu'il prévoit tous les péchés et peut les empocher comme bon lui semble; 7° que souvent il donne des grâces auxquelles il prévoit que l'homme résistera, et ne donne point celles auxquelles il pré voit que l'homme consentirait.
Les maximes philosophiques sont, 1" que la bonté seule a pu déterminer Dieu à créer le monde? 2° que cette bonté ne serait pas infinie si l'on pouvait en concevoir une plus grande ; 3° que par cette bonté môme il a voulu que toutes les créatures intelligentes trouvassent leur bonheur à l'aimer et à lui obéir; 4° qu'il ne peut donc pas permettre que ses bienfaits tournent à leur malheur; 5° qu'un être malfaisant est seul capable de faire des dons par lesquels il prévi it que l'homme se perdra; 6° que permettre le mal que l'on peut empêcher, ce n'est pas se soucier qu'il se commette ou ne se commette pas, ou souhaiter môme qu'il se commette ; i" que quand tout un peuple est coupable de rébellion, ce n'est point user de clémence que de pardonner à la cent millième partie, et de faire mourir tout le reste, sans en excepter même les enfants. Bayle s'efforce de prouver ces trois dernières maximes par les exemples d'un bienfaiteur, d'un roi, d'un ministre d'Etat, d'un père, d'une mère, d'un médecin, etc. Rép. aux que st. d'un Prov., ïc partie, c. 144; OEuvr., t. 111, p. 79G.
Quoique plusieurs des vérités théologiques supposées par Bayle demandent des explications, surtout la 5e qui regarde la prédestination, nous n'y toucherons pas ; mais nous soutenons que la plupart de ses maximes philosophiques sont captieuses et fausses. La 2' est de ce nombre ; la bonté de Dieu est infinie en elle-même, mais elle ne peut pas l'être dans ses effets, parce que l'infini actuel, hors de Dieu, est une contradiction. Nous ne pouvons estimer la bonté de l'homme que par ses effets, au lieu que la bonté infinie de Dieu se démontre par la notion d'Etre nécessaire, existant de soi-même. Voy. Infini. La 4e est encore fausse ; un homme, s'il est bon, doit faire tout ce qu'il peut pour empêcher qu'un bienfait tourne au malheur de quelqu'un, même par la faute de celui qui le reçoit; au contraire, il est absurde que Dieu
fasse tout ce qu'il peut, puisqu'il peut à l'infini ; une autre absurdité est de vouloir qu'il redouble ses grâces à mesure que l'hommu est plus disposé à y résister. La 5% qui compare Dieu à un être malfaisant, pèche par le môme endroit, aussi bien que la G' et la 7'. Toutes portent sur une comparaison fauti e entre la bonté de Dieu et celle des créatures ; Bayle n'en allègue point d'autre preuve. Or, il a reconnu formellement lui-même le faux de toutes ces compara;sons ; il déclare en propres termes « qu'il n'admet point pour règle de la bonté et de la sainteté de Dieu, les idées que nous avons de la bonté et de la sainteté en général;... de sorte que nos idées naturelles ne peuvent point être la mesure commune de la bonté et de la sainteté divine, et de la bonté et de la sainteté humaine; que n'y ayant point de proportion entre le fini et l'infini, il ne faut point se permettre de mesurer à la même aune la conduite de Dieu et la conduite des hommes ; et qu'ainsi ce qui serait incompatible avec la bonté et la saintetédeDieu, quoique nosfaibleslumières ne puissent apercevoir cet^e compatibilité. » Il ajoute avec raison, que cette déclaration est conforme aux principes des théologiens les plus orthodoxes. Rép. à M. Le Clerc, § 5, OEuvr., t. III, pag. Pourquoi donc Bayle s'obstine-t-il à ramener cette comparaison pour étayer tous ses arguments ? Ce n'est pas à tort que Leibnitz lui a reproché un anthropomorphisme continuel.
Dès que l'on éddircit les termes, il est aisé de répondre au raisonnement d'Epicure : ou Dieu peut empêcher le mal et ne le veut pas, ou il le veut et ne le peut pas ; dans le premier cas il n'est pas bon, dans le second il est impuissant. Nous répondons qu'il y a des maux que Dieu ne peut pas, d'autres qu'il ne veut pas empêcher , et qu'il ne s'ensuit rien contre sa puissance infinie ni contre sa bonté, parce que la pu:ssance de Dieu ne consiste point à faire des contradictions, ni sa bonté à faire tout ce qu'il peut. — C'est donc injustement que les sceptiques, ou incrédules indifférents, prétendent qu'entre les preuves de l'existence de Dieu et d'une providence, et les objections tirées de l'existence du mal, c'est le goût se al et non la raison qui décide ; que le choix de la relig on ou de l'athéisme dépend uniquement de la manière dont un homme est affecté. 1° Quand ce'a serait vrai, le goût pour la vertu qui détermine un homme à croire en Dieu est certainement plus louable que le goût pour l'indépendance qui décide un philosophe à l'athéisme; il en résulte déjà que ce dernier est un mauvais cœur. 2° Les preuves posi.ivesde l'existence de Dieu et d'une providence sont démonstratives et sans réplique, au lieu que les objections tirées de l'existence du mal ne sont fondées que sur des équivoques et de fausses comparaisons. 3° Quand ces objections seraient insolubles, c'est un inconvénient commun à tous les systèmes, soit de religion, soit d'incrédulité; or il est absurde de rejeter un système prouvé par des démonstrations di-
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rectes, quoique sujet à de? difficultés insolubles, pour eu embrasser un qui n'a point de preuve que ces ditficul'és mêmes, et dans lequel on est forcé de dévorer des absurdités et des contradictions.
A l'article Manichéisme, nous examinerons les différentes réfutations que l'on a faites dessophismes de Bayle. Le Clerc, King, Jacquelot, Lapîacetfe, Leibnitz, le Père Malebranche, Jean Clarke et d'autres ont écrit c 'titre lui; mais les uns se sont fondés sur des systèmes arbitraires et sujets h contestation, les autres ont mêlé à la question principale beaucoup de choses accessoires qui l'ont souvent fait perdre de vue. Quelques-uns ont enseigné des erreurs ; aucun ne s'est appliqué à démêler les équivoques sur lesquelles Bayle n"a cessé d'argumenter; c'est ce qui lui a donné plusieurs fois une apparence de supériorité sur ses adversaires. Cependant, après avoir longtemps disputé, il a été forcé de se rétracter dans ses derniers ouvrages. Voy. Optimisme.
Nos philosophes n'ont pas seulement pu convenir entre eux sur la quantité de mal qu'il y a dans le monde. Bayle et ses copistes ont décidé qu'il y a plus de mal que de bien; la plupart des autres ont soutenu qu'il y a plus de bien que de mal : quelquesuns ont pensé qu'il y a une égale quantité de l'un et de l'autre. Si on voulait écouter les athées et les épicuriens, tout est mal dans l'univers; si nous en croyons les optimistes, au contraire, tout est bien. Comment pourraient s'accorder ensemble des disputeurs qui ne sont pas encore convenus de ce qu'ils entendent par bien et mal? Telle fut déjà l'origine des anciennes disputes entre les stoïciens et les autres philosophes, sur la nature du bien et du mal. — Un des p.ineipaux sujets de plaintes de nos adversaires est l'inégalité avec laquelle Dieu distribue aux créatures sensibles les biens et les maux ; nous y avons répondu dans l'article Inégalité.
Pourquoi les objections tirées de l'existence du mal paraissent-elles difficiles à résoudre ? Poui plusieurs raisons : la première, c'est que l'on argumente sur l'infini, notion qui induit aisément en erreur, à moins que l'on n'y regarde de près. La seconde, est que ces objections sont proposées dans le langage ordinaire que tout le monde entend ou croit entendre; mais ce langage est un abus continuel des termes, bien, mal, bonheur, malheur, bonté, malice; on les prend dans un sens absolu, au lieu que ce sont des termes de comparaison; pour éclaircir les difficultés, il faut les réduire à toute la précision du langage philosophique, à laquelle peu de personnes sont accoutumées, et de laquelle les incrédules ont grand soin de se dispenser. En troisième lieu, on voudrait pouvoir donner aux objections une réponse directe tirée des notions de la bonté humaine, et c'est justement l'application que l'on fait de ces notions à la bonté divine qui est la source de tous les sophismes.
MALABARES. Chrétiens malabares ou
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chrétiens de saint Thomas. C'est une peuplade nombreuse de chrétiens, établie dans les Indes à la côte de Malabar, depuis les premiers siècles de l'Eglise, et qui prétendent que le premier fondateur de leurs Eglises a été l'apôtre saint Thomas. Voy. Saint Thomas. Ils sont tombés dans le nestorianisme au v" siècle. Voy. Nestoriamsme, § 4.
Malabares (rites). On n'entend point sous ce nom les rites des chrétiens de saint Thomas dont nous venons de parler, mais ceux des Indiens genlils ou idolâtres convertis au christianisme. Quelques missionnaires envoyés dans ce pays-là se persuadèrent que, pour amener plus aisément les Indiens gentils a la religion chrétienne, on pouvait tolérer quelques-uns de leurs usages, et leur permettre de les conserver après leur conversion. Cette condescendance consistait à omettre quelques cérémonies du baptême, à différer l'administration de ce sacrement aux enfants, à laisser aux femmes une image qui ressemblait à une idole, à refuser quelques secours spirituels peu importants aux parias, nommés aussi parés ou sooders, qui sont une caste méprisée et abhorrée parmi les Indiens gentous. 11 s'agissait encore de permettre aux musiciens chrétiens d'exercer leur art dans les fêtes des idolâtres, d'interdire aux femmes les sacrements lorsqu'elles éprouvaient les infirmités de leur sexe. Cette tolérance a été co damnée par le cardinal de Tournon sous Clément XI, par Benoît XIII en 1727, par Clément XII en 1739, par Benoit XIV en 1744. Ce dernier pape a néanmoins permis de destiner des prêtres particuliers pour les parias seuls, et d'auîres prêtres pour les castes plus nobles qui ne veulent avoir aucune communication avec les parias. Il s'ensuit de là que le christianisme, s'il était établi dans les Indes, tirerait de l'opprobre et de la misère au moins la quatrième partie des Indiens écrasés par l'orgueil et parla tyrannie des nobles. Voy. Indes, Indiens.
MALACHIE est le dernier des prophètes ; i! n'a paru qu'après la captivité de Babylone, et dans le temps que Néhémie travailla t à rétablir chez les Juifs la parfaite observation de la loi de Dieu; ces deux personnages leur reprochent les mêmes désordres et la même négligence dans le culte du Seigneur. Agg^e et Zacharie avaient vécu lorsque le temple commencé par Zorobabel n'était pas encore achevé; il l'était du temps de Mulachie, et les prêtres y avaient recommencé leurs fonctions : selon le sentiment le plus probable, il a prophétisé sius le règne d'Artaxerce à la longue main, environ l'an 428 avant Jésus-Christ, sous le pontificat de Joiadas IL Voy. Prideaux, t.I, 1. vi. Comme le nom de Malachie signifie envoyé de Dieu, quelques anciens ont cru que ce prophète n'était pas un homme, mais un ange revêtu d'une forme humaine. Sa prophétie, qui est contenue dans quatre chapitres, renferme des prédictions importantes. C. i,v. 10: «Vous ne m'êtes] il us agréables, dit
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le Seigneur des armées : je n'accepterai plus d'Offrandes de votre tuain. Depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, mon nom est grand parmi les nations; en tout lieu on m'ofl're des sacrifices, et l'on me présente une victime pure. C. m, v. 1 : Je vais envoyer mon ange, et il préparera le chemin devant moi, et incontinent le maître souverain que vous cherchez, et l'ange de l'alliance que vous désirez, viendra dans son temple. Il vient déjà, dit le Seigneur des années. C. iv, v. 2: Lorsque vous craindrez mon nom, le soleil de justice se lèvera pour vous, il apportera le salut sur ses ai es, etc.; v. 4 : Souvenez-vous de la loi, des ordonnances et des préceptes que j'ai donnés pour tout Israël à Moïse, mon serviteur, sur le mont Horeb. Je vous enverrai le prophète Elie avant que n'arrive le grand et terrible jour du Seigneur; il réconciliera les pères avec les enfants, de peur que je ne vienne frapper la terre d'anathème. »
Les anciens doct. urs juifs, et les plus habiles d'entre les modernes, comme Maimonide, Aben-Esra, David Kimchi , reconnaissent que Vange de Vaillance , annoncé par Malamie , est le Messie, et les Juifs étaient persuadés qu'il devait venir pendant que le second temple subsisterait. C'est ce qu'avait prédit Aggée,c. n, v. 8 : « Dans peu de temps le désiré des nations viendra, et je remplirai cette maison de gloire, dit le Seigneur ; » il parlait du temple que l'on bâtissait pour lors ; c'est donc de ce même temple que parlait aussi Malachie , en reprochant aux prêtres juifs les profanations qui s'y commettaient. Voy. G.datin, 1. m, c. 12; 1. iv, c 10 et 11 ; 1. xi, c. 9, etc.
Ainsi les évangélistes n'ont pas eu tort d'appliquer à Jésus-Christ, et aux circonstances dans lesquelles il e>tvenu,la prophétie de Malachie. L'ange qui annonça au prêtre Zacharie la naissance de son fils Jean- Bapl ste, lui dit : « Il précédera le Seigneur avec l'esprit et avec le pouvoir d'Elie, pour réconcilier les pères avec les enfants [Luc. i, 17).» Zacharie lui-même, après la naissance de son fils, se félicite de ce que cet enfant prépare la venue du Seigneur, qui va paraître comme la lumière du soleil pour éclairer ceux qui sont dans les ténèbres (lbid., 78). C'est une allusion au soleil de justice annoncé par Malachie ; elle fut répétée par Siméon , lorsqu'il tint dans ses bras Jésus enfant (h, 32). Lorsque Jean-Baptiste eut commencé à prêcher, les Juifs lui envoyèrent demander s'il était le prophète Elie (Joan. i, 31). Jésus-Christ dit en parlant de lui : Si vous voulez le recevoir, il est véritablement Elie qui doit venir (Matth. xi, li). Et lorsque Jean-Baptiste eut été mis à mort, le Sauveur répéta la même chose : Elie est déjà venu et on ne l'a pas connu ; mais on Va traité comme on a voulu (xvn, 14).
En effet, Jésus-Christ a été Vange de l'alliance que les Juifs attendaient, puisqu'il a établi une nouvelle alliance ; il a rempli de gloire le second temple, puisqu'il y a fait plusieurs miracles, el a révélé les desseins
de Dieu. Il a institué un nouveau sacrifice qui est offert chez toutes les nations, et leur a enseigné le culte de Dieu qu'elles ne connaissaient pas. 11 a fait cesser les offrandes et les sacrifices des Juifs, le grand et terrible jour du Seigneur est arrivé pour eux ; lorsque leur république, leur ville, leur temple, ont été détruits par les Bomains, alors le Seigneur a frappé leur terre d'anathème, puisqu'ils en ont été bannis, et depuis ce tempsla elle est dans un état de dévastation et de ruine. La prophétie de Malachie a donc été accomplie dans toutes ses circonstances . Pour en esquiver les conséquences, les Juifs disent que dans cette prophétie il n'est pas question du second temple, mais du troisième qui doit être bâti sous le règne du Messie. Nous avons fait voir que l'espérance d'un troisième temple est une illusion contraire à la lettre même des prophéties. Voy. Temple. Us disent que le Messie n'est pas encore venu, puisque Elie n'a pas encore paru . S'il n'est pas encore venu lui-même, il a paru dans la personne de Jean-Baptis'e qui Je représentait. De savoir s'il doit revenir à la fin du monde, c'est une autre question. Voy. Elie. Ils soutiennent que le Messe n'a pas dû abolir la loi de Moïse ni les sacrifices, puisque le dernier des prophètes finit ses prédictions en exhortant les Juifs à les observer. Mais il n'a pu leur recommander de les observer que jusqu'à l'arrivée du Messie ; puisque celui-ci est l'ange de l'alliance, le souverain maître que les Juifs attendaient, c'est de lui qu'ils ont dû apprendre si la loi et les sacrifices devaient cesser ou continuer : or il a déclaré formellement qu'ils allaient cesser, et les prophètes l'avaient déjà prédit d'avance. Voy. Loi cékémonielle.
MALADE. Les anciens Juifs ont été persuadés que la guérison des imladies était un des principaux signes par lesquels le Messie devait prouver sa mission ; ils se fondaient sur la prophétie d'Isaïe (xxxv, k) : « Dieu viendra et noussauve.a ; alors la vue sera rendue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, les boiteux marcheront et sauteront de joie. » 11 n'est pas nécessaire d'examiner si c'est là le sens littéral de cette prophétie ; il nous suffit de savoir que telle était l'opinion des Juifs, et qu'ils y persistent encore aujourd'hui. Galatin, 1. vin, c. 5. C'est pour cela même que Jésus-Christ opéra tant de guérisons, et n'en refusa jamais aucune; saint Pierre le faisait remarquer aux Juifs (Act. x, 38), pour leur prouver que Jésus était le messie. Quoique les évangélistes en aient rapporté un très-grand nombre, ils nous font comprendre qu'ils en ont passé sous silence encore davantage. Saint Marc dit (vu, 5G), que « dai s toutes les villes et villages où J^sus allait, on exposait les malades dans les rues et dans les places publiques; qu'en le pria. t de permettre qu'ils touchassent seulement le bord de ses babils, et que tous ceux qui les touchaient étaient guéris. » Saint Luc s'exprime de même, c iv, V0.
Au mot Guérison, nous avons fait voir
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tliic toutes celles qu'à opérées notre divin Sauveur étaient véritablement surnaturelles, que Ton ne peut y soupçonner de la fraude ou de la collusion, ni des causes naturelles, ni de la magie. Il y a lieu de penser que les malades qui avaient ainsi recouvré la santé crurent eu Jésus-Christ et le reconnurent pour le Messie. Parmi les Juifs qui entendirent la première prédication de saint Pierre, il y avait sans doute un grand nombre de ceux qui avaient été ainsi guéris ; c'étaient autant de témoins irréprochables de ce que disait cet apôtre; nous ne devons pas être surpris de ce que trois mille se tient baptiser (Art. n,il), et de ce que le discours suivant convertit encore cinq mille hommes ; leur foi avait été préparée par les miracles de Jésus-Christ même , desquels ils avaient été ou les objets ou les témoins.
Ce divin M dtre avait donné à ses apôtres l'ordre et le pouvoir de guérir 1 s malades, par pur motif de charité {Matth. x, 8); ils en user, nt à son exemple. 11 est dit dans les Actes, c. v, v. 15 et 16, que l'on présentait à saint Pierre tous L>s malades, non-seulement de Jérusalem, unis des lieux circonvoisins ; que tous s'en retournaient guéris ; que l'ombre sei.le de cet apôtre suffisait p iur leur rendre la santé ; c'était sous les yeux des magistrats et des chefs de la synagogue. Mais Jésus-Christ avait aussi recommandé de visiter et de consoler les malades : il fait envisager cette œuvre de charité comme un des moyen d'obtenir miséricorde au jugement de Dieu (Matth. xxv, 30>. Ses apôtres ont répété cette leçon (1 Thess. xv, li, etc.) : elle fut exactement pratiquée par les premiers fidèles ; leur charité envers les malades fut poussée jusqu'à l'héroïsme. Pendant une peste qui ravagea l'enpire romain l'an 252, et qui dura quinze ans, les chrétiens se dévouèrent à soigner les malades, sans en excepter les païens, et à donner la sépulture aux morts. Les prêtres surtout et les diacres se firent remarquer par leur zèle à procurer aux montants les secours de la religion; plusieurs furent victimes de leur courage et furent honorés comme des martyrs, pendant que les païens abandonnaient même leurs parents malades, fuyaient au loin et laissaient les cadavres sans sépulture. Eusèbe, 1. vu, c. 22; S. Cyprien, de Mortalitate; Pouce, Vie de S. Cyprien. L'empereur Julien , ennemi déclaré des chrétiens, était forcé de leur rendre cette justice, et en avait de la jalousie. Ce phénomène s'est renouvelé plus d'une fois dans les diverses contrées où le christianisme s'est établi.
C'est cet esp.it de charité, commandé par Jésus-Christ même, qi i a fait fonder les hôpitaux dans des temps de calamité, et a inspiré à une multitude de personnes de l'un et de 1 autre sexe le courage de se consacrer pour toute leur vie au service des malades. Nous a-ons fait remarquer ailleurs avec quelle témérité les incrédules de notre siècle ont déprimé et censuré ces établissements si honorables à la religion, et dont
les sages du paganisme n'ont jamais eu l'idée. Les Romains exposaient leurs esclaves, vieux ou malades, dans une i!e du Tibre, et les y laissaient mourir de faim ; chez nous l'on a vu des reines panser de leurs mains 1 s malades, et leur rendre les services les [dus bas. Voy. Hôpitaux, Hospitaliers, Fondation.
MALÉDICTION. Voy. Imprécation.
MALÉFICE, pratique superstitieuse employée dans le dessein de nuire aux hommes, aux animaux ou aux fruits de la terre- On a souvent donné le nom de maléfice à toute espèce de magie, et celui de malfaiteur, maie ficus , aux magiciens en général ; mais, en rigueur, le maléfice est l'espèce de magie la plus noire et la plus détestable, puisqu'elle a pour but, non de faire du bien à quelqu'un, mais de lui faire du mal ; au crime de recourir au démon elle réunit celui de la haine et de l'injustice envers le prochain. La malice humaine ne peut al'er [dus loin que de s'adresser aux puissances de l'enfer pour satisfaire une passion effrénée de haine; de jalousie, de vengeance; ma s, à la honte de l'humanité, aucun crime n'est incroyable.
Il ne faut pas confondre les maléfices avec les poisons. Il est très-possible de causer des maladies et même la mort aux hommes ou aux animaux, par des poisons très-subtils qui agissent sans que l'on s'en aperçoive, et dont l'effet paraît une espèce de magie à ceux qui ont peu de connaissance des causes naturelles, li est ass"z probable que plusieurs malfaiteurs, qui ont été punis comme magiciens, étaient seulement des empoisonneurs, qui, pour causer du ma!, n'avaient employé que des drogues. Mais il est prouvé ..ussi par le témoignage d'auteurs instruits et dignes de foi, par les procédures et les arrêts des tribunaux, par la confession même de plusieurs de ces malheureux, qu'ils avaient mis en usage des pratiques impies et diaboliques, qui ne pouvaient produire aucun effet que par l'entremise du démon; par conséquent ils avaient ajouté à la malice des empoisonneurs, la profanation, le sacrilège, et une espèce de culte rendu à l'ennemi du salut. On met à juste titre au rang des maléfices les philtres que l'un des sexes donne à l'autre pour s'en faire aimer, parce que cela ne se peut pas faire sans déranger les organes, et sans troubler la raison des personnes qui en sont l'objet.
Puisque les lois divines et humaines ont décerné des supplices eontre les empoisonneurs et les meurtriers, à plus forte raison doit-on sévir avec la dernière rigueur contre ceux qui vont chercher jusque dans l'enfer les moyens de nuire à leurs semblables. Quand même leur malice ne pourrait produire aucun effet, quand la confiance qu'ils ont au démon serait absolument illusoire, leur crime ne serait pas moins énorme, puisqu'ils ont eu la volonté de nuire par ce moyen détestable.
Lorsque Constantin porta une loi contre les auteurs des maléfices, il excepta les pratiques qui avaient pour but défaire du bien,
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