‹ Œuvres completes de Bergier (volume 3)Chapitre 67 sur 228 · KIT · texte numérisé non relu

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potamic. Celui-ci (Haut entré en conférence avec Manès, vers l'an 277, lui prouva qu'il n'était point l'envoyé de Dieu, qu'il n'avait aucun signe de mission, que sa doctrine était directement contraire à l'Ecriture sainte, et absurde en elle-môme. Les actes de cette conférence sont encore existants; ils ont été publiés par Zacagni, Collcctan. monum. vet. Kccl.,grœcœ et latinœ, in-V, Romœ, 1698. C'est de ces actes que Socrate avait tiré ce qu'il dit de Manès et de ses sentiments. Saint Cyrille de Jérusalem, Catech. 6, et saint Epiphane, tfor. 26, paraissent aussi les avoir consultés. Beausobre a voulu très-mal à propos révoquer en doute l'authenticité de ce monument . parce qu'il renferme des choses opposées à ses idées; mas si les raisons qu'il y oppose étaient solides, il n'y aurait pas un seul livre ancien duquel on pût contester l'authenticité. Manès confondu fut obligé de s'éloigner et de repasser dans la Perse. Les uns disent que Sapor le fit mourir, d'autres prétendent que ce fut Vatane I" ou Varane II, successeurs de Sapor. Mais il laissa des disciples qui eurent plus de succès que lui : ils allèrent en Egypte, en Syrie, au fond de la Perse et dans l'Inde, porter la doctrine de leur maître.

II. Erreurs enseignées par les manichéens. Les disciples de Manès ne s'astreignirent point à suivre sa doctrine en toutes choses ; chacun d'eux l'arrangea selon son goût, et de la manière qui lui sembla la pluspropre à séduire les ignorants ; Théodoret a compté plus de soixante-dix sectes de manichéens, qui, réunis dans la croyance des deux principes, ne s accordaient ni sur la nature de ces deux êtres, ni sur leurs opérations, ni sur les conséquences spéculatives ou morales qu'ils en tiraient. Cette remarque est essentielle. Comme les gnostiques étaient aussi divisés en plusieurs sectes, et que la plu; art se réunirent aux manichéens, on ne doit pas être étonné de la multitude des erreurs qu'ils rassemblèrent : dès le nie siècle, plusieurs de ces partis furent nommés brachites ; ce nom peut signifier vil et méprisable.

Parlaformule de rétractation que l'on obligeait les manichéens de faire, lorsqu'ils revenaient à l'Eglise catholique , on voit quelle était leur croyance ; Cotelier l'a rapportée, t. I des Pères apostoliques, p. 5V3 et suiv. Ce sont les mêmes erreurs que Manès avait soutenues dans sa conférence avec Archélaùs. Selon leur opinion, les âmes ou les esprits sont une émanation du bon principe qu'ils regardaient comme une lumière incréée ; et tous les corps ont été formés par le mauvais principe qu'ils nommaient Satan et la puissance des ténèbres. Ils disaient qu'il y a des portions de lumière renfermées dans tous les corps de la nature, qui leur donnent le mouvement et la vie, qu'ainsi tous les corps sont animés ; que ces âmes ne peuvent se réunir au bon principe que quand elles ont été purifiées par diil'rentes transmigrations d'un corps dans un autre : conséquemment ils niaient la résurrection future et les supplices de l'enfer. Ils

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