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<»u plus mal qu'eux. Bcausobre n'a fait ni un ni l'autre. Il s'est mis dans l'esprit que c et hérésiarque était l'un des plus beaux génies de l'antiquité, et l'un des mieux instruits de la philosophie orientale; le croirons-nous sur 5.1 parole, quand nous voyons que le système de cet imposteur n'est qu'un composé bizarre de pièces rapportées, dont il a pris les unes chez les mages de Perse, les autres chez les gnostiques et les marcionites, les autres chez les chrétiens, dont il a défiguré tous les dogmes, et que ce système ne satisfait en aucune man:ère à la principale difficulté que l'auteur voulait éviter?
Enfin, quand la méthode de Beausobre serait plus juste et plus sensée, quand il aurait mieux deviné le plan du manichéisme, qu'en résulterait-il pour l'apologie de Mânes? Rien : plus on lui suppose de lumières, plus on le fait paraître coupable. C'était un imposteur, puisqu'il se donnait pour apôtre de Jésus Christ, sans avoir aucune preuve de mission; c'était un fanatique, puisqu'il préfé. ait la doctrine des philosophes orientaux a celle de Moïse, dont la mission divine était prouvée, et qu'il se flattait de concilier celle de Jésus-Christ avec ies rêveries de Zoroastre. Beausobre avoue ce? di'iix points ; mais ce n'est, pas tout. Manès était un séditieux, puisqu'il prétendait changer la religion des Perses, et en introduire une nouvelle qu'il avait forgée, sans élie revêtu d'une autorité diine; il méritait le supplice que le roi de Perse lui lit subir. C'était un mauvais raisonneur, puisque son hypothèse ne servait à rien pour résoudre la difficulté de l'origine du mal. Enfin, c'était un blasphémateur qui, sous prétexte de justifier la bonté de Dieu, défigurait tous ies autres attributs de la Divinité, la puissance, la sagesse, la justice, la véracité de Dieu. Est-ce à tort que les Pères de l'Eglise ont été indignés de ses attentats? Si, en faisant l'histoire du manichéisme, Beausobre n'a point eu d'autre dessein que de faire briller ses talents, il a parfaitement réussi; on ne peut pas montrer plus d'esprit, d'érudition, de sagacité, une logique plus subtile et plus insidieuse, plus d'habileté à donner une apparence de vérité aux conjectures les plus hardies, et aux paradoxes les plussinguliers;c'estàjuste titre que cet ouvrage lui a procuré beaucoupde réputation, surtout parmi les protestants. Mais il avaitd'autres vues. Par intérêt de système, il lui importait de confirmer les protestants dans le mépris qu'ils ont pour lesPèresetpour la tradition, et dans leurs préventions contre l'Eglise, parce qu'elle n'a jamais voulu tolérer les hérétiques; nous ne doutons pas qu'à cet égard il n'ait encore eu le plus grand succès. Il a produit un autre effet que l'auteur ne prévoyait peut-être pas; il a fourni aux incrédules une ample matière pour calomnier le christianisme dès sa naissance, pour prouver qu'immédiatement après la mort des apôtres, notre religion n'a eu pour défenseurs que des hommes crédules, mauvais raisonneurs, passionnés et fourbes, peu scrupuleux en
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fait de fraudes pieuses, auxquels on ne peut donner aucune confiance. Si elle avait Dieu pour auteur, sans doute il ne l'aurait pas mise en de si mauvaises mains. Mosheim n'a pas pu dissimuler cette pernicieuse conséquence qui s'ensuit de la critique trop hardie des protestants. Inst. Hist. christ., c. 5, p. 330. Nous répétons souvent cette remarque, parce qu'elle met au jour la blessure profonde que la prétendue réforme a faite à la religion et qu'elle prouve l'aveuglement dont l'hérésie ne manque jamais de frapper les esprits les plus éclairés d'ailleurs. Voy. Pères de l'Eglise, Hérétiques, etc.
MANIFESTAMES, secte d'anabaptistes qui parurent en Prusse dans le dernier siècle; on les nommait ainsi j arec qu'ils croyaient que c'était un crime de nier ou de dissimuler leur doctrine, lorsqu'ils étaient interrogés. Ceux qui pensaient au contraire qu'il leur était permis de la cacher, furent nommés clanculaires. Voy. Anabaptistes.
MANIPULE. Voy. Habits sacerdotaux.
MANNE DU DESERT. Lorsque les Israélites, sortis de l'Egypte et arrivés au désert de Sinaï, furent pressés par la faim, ils murmurèrent et se plaignirent de ne pas trouverde quoimanger.Nous lisons dans VExode, c. xvi, qu'il y eut le malin une abondante rosée autour de leur camp, et que l'on vit la terre couverte de grains menus, semblables à la gelée blanche. Voilà, dit Moïse aux Israélites, le pain ou la nourriture que Dieu vous donne. L'historien sacré ajoute que la manne ressemblait à la graine de coriandre blanche, et qu'elle avaif le goût de la plus pure farine mêlée avec le miel. Il est dit encore (Num. xi, 7), qu" le peuple, après l'avoir ramassée, la broyait sous la meule, ou la pilait dans un mortier, la faisait cuire dans un pot, et en faisait des gâteaux qui avaient le goût d'un pain pétri à l'huile.
Nous ne croyons pas qu'il snit fort nécessaire de disserter sur lét.mologie du nom hébreu man ; c'est un monosyllabe , mot primitif, qui, dans les langues anciennes et modernes, signifie ce qu'on mange, la nourriture. A la vérité, Moïse {Exod. xvi, 16) semble rapporter ce nom à 1 étoraiement des Israélites, qui, voyant la manne pour la première fois, dirent man hu, qu'est-ce que cela? Mais lo texte hébreu peut avoir un autre sens. Quelques littérateurs ont voulu persuader que la manne n'avait rien de miraculeux, puisqu'il en tombe encore aujourd'hui, soit dans le désert de Sinaï, soit dans d'autres lieux de la Palestine , dans la Perse et dans l'Arabie. C'est, disent-ils, une espèce de miel, et celte nourriture pouvait perdre sa vertu purgative dans les estomacs qui y étaient accou'umés. 11 est évident que celte conjecture n'est d'aucun poids. Niébuhr, dans son Voyage d'Arabie, dit que l'on recueille à Ispahan, sur un buisson épineux, une espèce de manne assez semblable à celle des Israélites , mais elle n'a pas les mêmes propriétés, et ce voyageur n'en a point vu de telle dans le désert de Sinaï. On aurait beau chercher parmi toutes les espèces de manne
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connues, on n'en trouvera aucune qui ressemble a celle que Dieu envoyait à son peuple ; il en résultera toujours que celle-ci était miraculeuse.
Kn Orient et ailleurs, la manne ordinaire ne tombe que dans certaines saisons de l'année ; celle du désert tombait tous les jours, excepté le jour du sabbat, et ce phénomène dura pendant quarante ans, jusqu'à ce que les Israélites fussent en possession de la terre promise. La manne ordinaire ne tombe qu'en petite quantité et insensiblement, elle peut se conserver assez longtemps ; c'est un remède plutôt qu'une nourriture : celle du désert venait tout d'un coup, et en assez grande quantité pour nourrir un peuple composé de près de deux millions d'hommes ; non-seulement elle se fondait au soleil, mais elle se corrompait dans les vingt-quatre heures. Il était ordonné a i peuple de recueillir la manne pour la journée seulement ; d'en amasser pour chaque personne une mesure égale, plein un gomor, ou environ trois pintes, d'en recueilfir le double la veille du sabbat, parce qu'il n'en tombait point le lendemain, et alors elle ne se corrompait point. Toutes ces circonstances ne pouvaient arriver naturellement. C'est donc avec raison que Moïse fait envisager aux Hébreux cette nourriture comme miraculeuse, leur dit qu'elle avait été inconnue à leurs pères, et que Dieu lui-même daignait la leur préparer (Dcut. vin, 3). Aussi Dieu ordonna d'en conserver dans un vase qui fut placé à côté de l'arche dans le tabernacle , afin de perpétuer la mémoire de ce bienfait.
Plusieurs interprètes ont pris à la lettre ce qui est dit de la manne dans le livre de la Sagesse, qu'elle avait tous les agréments du goût et toute la douceur des nourritures les plus excellentes, qu'elle se proportionnait à l'a petit dî ceux qui en mangeaient, et se changeait en ce nue chacun souhait tit (Sap. xvt, 20). Mais, selon l'explication de Josèphe et d'autres commentateurs, crli signifie seulement que ceux qui en mangeaient la trouva ent si délicieus ■, qu'ils ne désiraient rien davantage. Ainsi, lo sque les Israélites en témoignèrent du dégoût (Num. xi, G; xxi, 5), ce fut par inconstance , par pur caprice, par un effet de l'esprit séditieux qui leur était naturel.
Pour faire disparaître le miracle de la manne, un de nos célèbres incrédules a soupçonné que ce pouvait être du vin de cocotier , parce que dans les Indes il sort des bourgeons de cet arbre une liqueur qui s'épaissit par la cuisson, et se réduit à une espèce de gelév blanche. C'est dommage que cet a: bre n'ait jamais crû dans les déserts de .Arabie, et que le terrain sur lequel les Israélites ont habité pendant quarante ans ait toujours été absolument stérile, comme il l'est encore aujourd'hui ; il aura t fallu des forêts entières de cocotiers pour nourrir pendant si longtemps environ deux millions d'hommes ; et il est permis de douter si la gelée dont on nous parle ?st un aliment fort substantiel. On peut faire des conjectures et
des suppositions tant que l'on voudra ; on ne nous fera jamais concevoir qu'un peuple immens? ait pu vivre et se multiplier dans un désert pendant quarante ans autrement que par un miracle. Il ne nous paraît pas fort nécessaire de rassembler ici les fables et les rêveries que les rabb ns ont forgées au sujet de la manne. Voy. la Bible d'Avignon, t. II, p. 74(1).
(1) « La manne dont Dieu, dit Bullet, nourrit son peuple pendant quarante ans dans le désert, tombait la nuit ; elle était semblable à la graine de coriandre ( Exod , c. xvi), ou à ces petits grains de gelée blanche que l'on voit sur la terre pendant l'hiver ( Hum. c. xi, v. 21 ) ; on en faisait des gâteaux qui avaient le goût d'un pain pétri avec de l'huile et du mit I (Sap., c. xvi ). On offrait au Seigneur de ces gâteaux pétris à l'huile, ou frits dans l'huile, ou frottés d'huile, ce qui marque que c'est tout ce que les Israélites avaient de plus exquis. Encore aujourd'hui les Arabes, voisins de la Palestine, n'ont point de plus grand régal que (lu pain pétri avec de l'huile ( Voy. de Mvnconis, tom. (, p. 206), Les gâteaux formés de manne, outre le goùl d huile, avaient encore celui de miel ; ce qui en faisait l'aliment le plus délicieux que les Hébreux connussent. Ainsi Dieu n'avait pas donné à son peuple une nourriture commune et grossière, mais une nourriture délicate, une nourriture dont ce peuple n'usait que dans ses festins, une nourriture qui était semblable à celle des princes et des grands ; car les termes hébreux, Lecliem Abirim, du psaume lxxvii, que la Vulgate a rendus par le pain des anges, peuvent être aussi traduits le pain des princes, des grands ; et Symmaque l'a ainsi rendu en deux endroits. Le Seigneur ne se contenta pas d'accorder un si grand bienfait à tous les Israélites ; il voulut encore donner des marques particulières de bienveillance à ceux qui, parmi eux, méritaient singulièrement le nom Je ses enfants par leur constante soumission à ses ordres. La manne prit pour eux tous les goûls qu'ils souhaitaient, et leur liai lieu de tous les aliments.
« Mais comment, dira-l-on, la multitude des Israélites pour laquelle la manne était un manger délicieux, s'en lassa-t-elle, et désira-t elle si ardemment les oignons d'Egypte ? Pourquoi ? parce que les hommes se dégoûtent bientôt des nieis les plus exquis, dès qu'il,; en l'ont un usage journalier et continuel. Ne voit-on pas souvent des personnes, lassées de la meilleure chère, se régaler avec un morceau de viande commune. Si le dégoût des meilleurs mets est naturel dès qu'on en fait un usage continu, celui des Hébreux , qui ne vivaient que de manne et qui n'y trouvaient jamais que le même goût, est donc excusable? Point du tout; parce qu'il dépendait d'eux de participer au prodige qui diversifiait le goût de la manne pour un petit nombre de leurs frères, en imitant leur parfaite docilité.
« Mais peut-on souhaiter avec tant d'empressement des oignons ? celte plante ne parait guère propre à faire naître de si ardents désirs. Nous répondons qu'il ne «faut pas juger des oignons d'Egypte par les noires. La bonté de cette plante est proportionnée à la chaleur du climat sous lequel elle croît. M. Spon ( Voyage de Grèce, t. 1 ) dit qu'il a mangé en Grèce des oignons si excellents, qu'ils ne cédaient en rien aux meilleurs fruits de France. (Observations liv. m. c. 53. ) Belon écrit que les grands seigneurs turcs sont tellement accoutumés à manger des oignons crus, qu'il ne font point de repas qu'ils n'y en mangent. Mais ceux d'Egypte sont bien supérieurs eu boule a ceux dont parlent ces deux voyageurs. Ecoutons M. Maillet, qui a été dix ans consul au Caire. Voici ses paroles : « Que vous dirai-je de ces fameux oignons, autrefois si chers aux Egyptiens ( Desaip t. on d'Egypte, 1. il, p. 103 ), et que los Israélites ro-
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MANSIONNAIRE, officier eectésiastigae
connu dans les premiers siècles, sur les fonctions duquel les critiques sont partagés. Les Grecs le nom niaient 7r/p«uov«pto» , et on le trouve sous ce nom, distingué des économes et des défenseurs, dans le deuxième concile de Chalcédoine. Denis le Petit, dans sa version des canons de ce concile, rend ce mot par celui de mansionarius ; saint Grégoire en parle sous ce même nom dans ses Dialogues, 1. i, c. 5 ; 1. m, c. 14. Quelquesuns pensent q::e l'office de mansionnaire était le même que c lui de porlier, parce que saint Grégoire appelle Abùndiusle mansionnaire, le- gardien de l'église, custodem ecclesiœ. Dans un autre endroit, le même pape remarque que la fonction du mansionnaire était d avoir soin du luminaire, et d'allumer les lampes et les cierges, ce qui reviendrait à peu près à l'office des acolytes. M. Fleury, Mœurs des chrétiens , ri" 37. pense que ces officiers étaient chargés d'orner l'église aux jours solennels , soit avec des tapisseries de soie ou d'autres étoffes précieuses, soit avec des feuillages et des fleurs, et d'avoir soin que le lieu saint fût toujours dans un état de propreté et de décence capable d'inspirer le respect et la piété. Justel et Bévéridge prétendent que ces m«»sjonn«/res étaient des laïques et des fermiers qui faisaient valoir les biens de l'Eglise ; c'est aussi le sentiment de Cujas, de Godefroi, -de Suicer et de Vossius. Cette idée répond assez à l'étymologie du nom, mais elle s'accorde mal avec ce que dit saint Grégoire. Il se pourrait faire aussi que lesfonctions desmansionnaires n'aient pas été les mômes dans l'Eglise latine que dans l'Eglise grecque. Bingbam, Orig. ecclés., t. II, 1. ni, c. 13, § 1.
Quoi qu'il en soit, nous ne devons pas omettre la réflexion que fait à ce sujet M. Fleury, que toutes les fonctions qui s'exerçaient dans les églises paraissaient si res-
gretlaient si fort dans le dé-ert, lorsque, sous la conduite de Moïse, ils eurent passé la mer Rouge? Ils n'ont encore certainement rien perdu aujourd'hui de leur boulé, cl ils sont plus doux qu'en aucun autre lieu du monde. On en a quelquefois cent livres pour dix sous, on les vend tout cuits au Caire ; il y en a en si grande abondance, que toutes les rues en sont remplies. >
« Les oignons de la Tliessalie ( Voyages d,- Brown dam la T lu stalle, p. 90' ) sont plus gros que deux on trois des nôtres , ils ont un bien meilleur goût, et l'o leur n'en est point du tout désagréable. Quoique je n'aimasse point les oignons auparavant, cependant je trouvais ceux-là très-bons, et je sentis fort bien qu'ils fortifiaient tout à l'ail mon eslomac. On en sert à la collation, et on ne l'ait point de difficulté d'en manger avec du pain, et même un assez grand nombre. Je demandai a un ch aonx qui était avec moi, et qui avait presque élé dans tous les pays des Jures, s'il avait jamais mangé d'aussi bons oignons que ceux de ïbess;die; mais il me répondit que ceux d'Egypte étaient e. coi e meilleurs. Ce qui me fit entendre pour la première Cois l'expression de la liante Ecivure, el ce qui m'e.npècba de m'élonner davantage pourquoi les Israélites désiraient si passionnéii eut de manger des oignons de ce pays, t — Hé- ?olvs critiques, par M. Huiler, t. Il, édit. in-8°, an.
pectablcs , que l'on ne permettait pas à des laïques de les faire ; l'on aima mieux établir exprès de nouveaux ordres de clercs, pour en décharger les diacres. On regardait donc les églises d'un tout autre œil que les hérétiques ne regardent leurs temples ou leurs prêches : ceux-ci ne sont que la demeure des hommes ; leségbses ont toujours été le tem,;le de Dieu, où il daigne habiter en personne.
MANTE LLATES, religieuses hospitalières de l'ordre des servîtes, instituées par saint Philippe Béniti, vers l'an 1286 ; sainte Julienne Falconiéri en fut la première religieuse, et ses filles furent nommé, s mantcllates, à cause des manches courtes qu'elles portent pour servir plus asément les malades, et exercer d'autres œuvres de charité. Cet institut s'est étendu en Italie, où il est né, et dans l'Autriche. Voy. Servîtes.
MAOS1M ou MOASIM, terme hébreu ou chaldéen, qui se trouve dans le livre de Daniel (xi, 38 et 39). Le prophète, parlant d'un roi, ait « qu'il bono cradanssa place le dieu Maosim, dieu que ses pères n'ont pas connu ; qu'il lui offrira de l'or, de l'argent, des pierreries, des choses précieuses ; il bâtira des lieux forts pour il/aos/m, auprès du heu étranger qu'il a reconnu. »
Les int rprètes conviennent que le roi dont parle Dauicl est Antiochus Epiphanes ; il est désigné dans cette prophétie par des traits si évidents, que l'on ne peut le méconnaîire. Daniel prédit les persécutions que ce roi de Syr e exerça contre les Juifs, et les efforts qu'il fit pour abolir dans la Judée le culte du vrai Dieu ; Diodore de Sicile et d'autres historiens profanes en ont fait mention. Cette prophétie a paru si claire à Porphyre et à d'autres incrédules , qu'ils ont décidé qu'elle a été faite après coup, et qu'elle n'a été écrite qu'après le règne d'Antiochus. Nous avons fait voir le contraire à l'article Damel. D'autres , qu'elle est très-obscure, qu'elle ressemble parfaitement aux oracles des fausses religions ; ils ont tourné en ridicule les commentateurs qui ont entrepris de l'expliquer. Ainsi s'accordent entre eux nos savants incrédules.
Mais quel est ce dieu Maosim qu'Antiochus devait honorer? Tous les interprètes conviennent que, selon le sens littéral du terme, c'est le dieu des forces. De là quelques-uns ont pensé que c'était Mars, dieu de la guerre ; d'autres ont entendu par là Jupiter Olympien; mais ces deux dieux n'avaient pas été inconnus aux aïeux d'Antiochus. Plusieurs ont dit que c'était le vrai Dieu, auquel Antiochus fut forcé de rendre hommage avant de mourir; mais ce roi n'a pas fait des offrandes au vrai Dieu, il ne lui a pas fait bâtir des forteresses. D'autres ont jugé avec plus de vraisemblance, queled/ew des forces est la ville de Borne , ou la puissance romaine, érigée en divinité par les Bomains, et dont le nom en grec signifie forée. Cette divinité avait été inconnue aux ancêtres d'Antiochus, et lorsque ce roi fut obligé de plier sous la puissance romaine, on ne peut pasdou-
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